Blog d'Engagés pour Argenteuil

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Opinions-Tribunes-Entretiens

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mercredi 18 septembre 2019

Stopper le complexe immobilier sur Jean Vilar

par Frédéric Lefebvre-Naré, tribune dans le magazine municipal, envoyée le 6 septembre.

J’apprends, au moment d’envoyer cette tribune, que le Préfet du Val d’Oise aurait donné son autorisation pour la construction du complexe Fiminco sur le site de Jean Vilar : un multiplexe à plus de 43 mètres de haut (la hauteur de 14 étages) à 450 m du Figuier Blanc, un centre commercial similaire à Côté Seine à 400 m de Côté Seine, une nouvelle salle de spectacles désormais privée en lieu et place de salle des fêtes municipale, 156 logements en zone inondable dans les remblais de l’ancien bras de Seine.

Le Préfet n’a pas vu l’absurdité pourtant dénoncée depuis deux ans par l’Autorité environnementale.

L’enquête publique, la participation nombreuse et diverse des Argenteuillais, la multitude et la convergence de leurs arguments, compteraient pour rien ?

Le maire avait remarqué que le projet "transcende les clivages politiques", et en effet, il est rejeté par des personnes de tous horizons partisans, y compris les personnes qui rejettent une politique partisane qui leur semble trahir l’intérêt général.

L’avant-dernier barrage possible à ce complexe, serait que le maire refuse le permis de construire… Mais il porte ce projet à bout de bras, depuis trois ans, contre l’avis général.

Le dernier barrage possible, ce sera un rejet formel par les Argenteuillaises et les Argenteuillais. Je le crois, j’en suis sûr, nous parviendrons à faire respecter notre sentiment, nos projets, notre patrimoine arboré et fluvial, notre héritage culturel.

Argenteuil, ses « magnifiques promenades », son paysage de Seine, sa convivialité, ont de belles décennies à vivre, si nous nous serrons les coudes pour être, enfin, entendus.

Version 2

vendredi 6 septembre 2019

Un appel porté par des partis de gauche à Argenteuil : "ACCES"

par Frédéric Lefebvre-Naré

Plus de 70 Argenteuillais·es, qui revendiquent le soutien de trois partis politiques sur Argenteuil (PCF, France Insoumise et Génération·s), ont lancé le 2 septembre un appel au rassemblement en vue des municipales : "Argenteuil Commune Citoyenne Égalité-S" (ACCÉS). Leurs animateurs ont tenu une conférence de presse dont la vidéo se trouve sur Facebook ici.

La plupart des questions qui leur ont été posées portait sur Argenteuil en commun, le collectif dont je fais partie et qui organise des primaires, largement ouvertes, le 4 octobre au soir (et jusqu'au 6), primaires auxquelles je suis candidat.

Voici une retranscription, approximative, de cette partie de la conférence de presse.


Journaliste : Quelle différence par rapport à l’autre projet un petit peu participatif, citoyen, collaboratif,…

Patrice Allaux (anciennement PCF, LFI) : lequel ?

Journaliste : autour de Lefebvre-Naré et…

Patrice Allaux : ah, Argenteuil en commun !

Omar Slaouti (ancien candidat NPA, animateur du collectif Vérité et Justice pour Ali Ziri) : là-dessus,…

Journaliste : laissez-moi finir : qui sont aussi soutenus par d’ex-LFI, des ex-écolos, des gens de la gauche, des anciens du PS, des centristes, un peu de tout entre guillemets, des Gilets Jaunes…

Patrice Allaux : je donnerai un point de vue au regard de la FI.

Omar Slaouti : on ne se définit pas par rapport aux autres listes. Chacun a le droit de faire comme il l’entend. Nous avons pour objectif de nous attaquer à toutes les inégalités, qu’elles viennent de l’échelle Macron, nationale, jusqu’au niveau local. Cette liste se dit apolitique, nous la situons clairement à gauche, sur des valeurs d’émancipation sociale et de gauche. Chez nous il n’y aura pas des centristes de droite, il y a un jalonnement politique qui est lié à notre histoire sociale. La deuxième chose, ce n’est pas un cartel d’organisations politiques, ce sont des citoyennes et citoyens qui sont « soutenus par ». Nous faisons le pari que ce qui est à l’ordre du jour, c’est la question des égalités de tous points de vue, y compris la péréquation entre les villes. On va exiger plus de péréquation ; que les villes les plus riches, que l’État, prenne ses responsabilités. Le mouvement des GJ, les travailleurs et travailleuses en grève, certains ouvriers de Semperit sont avec nous, on va faire le lien entre le national et le local. Cette autre liste se dit citoyenne, j’entends bien, nous c’est : citoyens à gauche sur des valeurs sociales à gauche, soutenus par des partis politiques, et on assume pleinement la dimension politique qui est la nôtre.

Pierre Mirsalis (anciennement NPA, LFI) : On ne peut pas déconnecter national et local. Défendre l’hôpital public à Argenteuil, c’est aussi se battre pour une autre politique de la santé, pour d’autres priorités. Il y a des marges de manœuvre, il faut élargir ces marges de manœuvre en se battant contre les politiques nationales de la droite et du PS.

Journaliste : si vous êtes au pouvoir, très bien ; ce n’est pas en tant que Municipalité que vous allez pouvoir réclamer plus de l’État…

Omar Slaouti : concernant l’endettement, il y a ici, sous Mothron, sous Doucet, des dettes phénoménales liées à des emprunts toxiques. Certaines municipalités ont fait le choix de ne pas payer ces dettes illégales et illégitimes. Elles sont allées au tribunal. Une dizaine en France. Elles ont gagné en justice. Ici le choix a été fait de faire payer la dette à tous les citoyens. Nous estimons que c’est le rôle d’une municipalité de mobiliser des citoyennes, les citoyens, de garder nos services publics. Ce n’et pas une posture technocratique, c’est de mettre en mouvement la population, ça nécessite des prises de conscience très importantes.

Journaliste : je vois bien que vous avez des différences avec Argenteuil en commun, mais au final vous faits une deuxième liste sur les questions environnementales, sociales, … vous avez tout de même beaucoup de choses en commun !

Francis Gabouleaud (PCF) : il faut examiner les divergences. Qu’est-ce qui différencie ? Nous on s’engage à contrecarrer les politiques nationales, comme le manque de péréquation sur Argenteuil ; il y a des villes mieux loties au niveau budgétaire. On vient de supprimer deux agences postales : Monsieur Mothron n’a rien fait ! À l ‘ARS, rien n’est fait pour renforcer les urgences à l’hôpital. Il faut une gestion qui n’est pas un étranglement pour la population. Sur la formation : quelle politique municipale pour les jeunes qui ne sont pas formés ? C’est tout ça qu’on veut télescoper.

Patrice Allaux : on ne se cache pas derrière son petit doigt. Le collectif que vous venez de citer est très hétéroclite. Leur programme est très léger (sur) ce qui vient d’être dit, le fait que les villes sont malmenées au niveau central et national, n’y fait pas référence. Ils parlent d’espaces verts ( ?), ils parlent de mettre un certain nombre de choses en place comme des travaux citoyens pour que les jeunes puissent faire (inaudible), leur dernière publication est sur leur barbecue, une fête, je ne veux pas ironiser de trop, mais le contenu politique de cette liste… On va voir ce que va devenir le prochain rendez-vous, mais comment vont-ils s’en sortir, quel programme de fond, politique, vont)-ils avancer ? Pas seulement sur un peu plus d’espaces verts ou la reconstruction de Jean Vilar. Le déficit démocratique dans cette ville est terrible. Jean Vilar, le Lidl, le maire décide de tout dans son bureau avec les promoteurs, la ville est livrée aux promoteurs, la population a hurlé. Il faut en finir avec ça. Vous mettez cette liste à gauche. Nous à la FI, la gauche, la droite, euh… Eux non plus, on ne sait pas où ils se mettent. Nous voulons mettre en place avec les citoyens une liste qui va vraiment changer leur vie. Pour l’égalité, l’écologie, et en finir avec cette politique qui décide à leur place.

Question : (inaudible) sur la tête de liste.

Patrice Allaux : la tête de liste : avec les citoyens, c’est ce que j’ai dit tout à l’heure.

Mustapha Mansouri (Collectif contre les violences policières et contre l’islamophobie) : Nous en tant qu’associatifs dans les quartiers, ce qui nous a attiré dans ce soutien de liste, c’est de rappeler aux urnes tous les oubliés, les jeunes qui n’y sont plus et qui ne sont pas représentés par les grands groupes politiques dans la liste dont vous parlez.

Brice Mbouani (militant animaliste) : par rapport à la tête de liste, notre démarche reste cohérente : rassemble de citoyens. On ne va pas aller avec une tête de liste déjà toute faite et un programme déjà tout fait. Argenteuil en commun et d’autres font l’inverse, des primaires classiques, ils vont aller devant les citoyens avec une tête de liste, un programme. Nous on est pour le bien commun, pour l’intérêt général. Si ensuite émerge une tête de liste parce qu’il y aura eu une alchimie avec les citoyens, très bien !

André Normand (LFI) : sur la liste que vous citez, j’ai un souvenir comme quoi les gens se sont déjà distribués les postes. Nous ce n’est pas notre propos, on est des acteurs de terrain. La politique elle crève de gens qui sont dans des bureaux et prennent des décisions dans consulter les citoyens. Vous avez certainement suivi en tant que journaliste l’histoire de Jean Vilar, la somme énorme pour une tente qui ne va jamais servir ! Notre construction, c’est une construction citoyenne. Il y a une différence, c’est qu’on est (inaudible). Moi je suis syndicaliste, conseiller du salarié, c’est du social, aujourd’hui il n’y a plus (de lien social ?).

Omar Slaouti : eux préfèrent le casting au scénario, nous on préfère le scénario au casting.


Bien sûr, il y a là des affirmations inexactes à notre sujet, mais c'est la loi du genre (pour s'informer sur AeC, mieux vaut s'adresser à AeC ; pour s'informer sur ACCÉS, ACCÉS réunit les bons interlocuteurs !).

Je retiens la volonté de s'engager exprimée par tous ces militants ; la capacité qu'ils ont eue à se rassembler au-delà du long historique de querelles au sein de la gauche argenteuillaise ; les sujets qu'ils soulèvent et qui sont tous importants. Ils insistent sur le lien entre action municipale et décisions prises au niveau national et ils ont parfaitement raison.

Sur l'hôpital, je cherche à promouvoir à mon très petit niveau les innovations lancées par le service des Urgences pour faire face à une fréquentation parmi les plus fortes de France. Le programme présidentiel de Jean Lassalle comprenait une proposition allant exactement dans ce sens, unique je crois parmi les candidats, et issue d'un atelier participatif que j'avais animé. Ça me fait d'autant plus plaisir !

Les emprunts toxiques sont un autre cas dramatique de phénomène national qui, à Argenteuil, a tout emporté, puisqu'il nous coûteront au total environ 100 M€ dont la majorité restent à payer par le contribuable ! Je ferai une proposition à ce sujet… dès que j'aurais tenu mon engagement de publier les calculs et données que j'ai rassemblées sur le sujet (il reste un peu de nettoyage et formatage à faire, qui attend depuis 3 mois).

Voilà donc une contribution bienvenue au débat municipal argenteuillais. J'en espère bien d'autres !

samedi 24 août 2019

Paysage, patrimoine et mémoire industrielle d'Argenteuil

par François DEMAY - billet invité

Sur le projet Jean Vilar il semblerait que l’on s’achemine vers un enterrement de première classe.

J’ai toujours dit aux élus, que ce lieu était hanté de mauvais esprits. Ils haïssaient le béton mais n’aimaient que la verdure.

La preuve ?

A part Doucet pour le parc très réussi, aussi bien Montdargent avec l’auditorium, qui avec le conservatoire avait du sens, Ouvrard–Leikine avec le multiplexe, et Mothron qui double la mise avec, lors de la 1° mandature des galeries marchandes, et du deuxième mandat habitations, multiplexe et galeries marchandes : Plouf dans la Seine !

Que d’énergie, de plans, de coûts financiers perdus.

Bon, on se console, il nous reste au Val Nord une structure type "Zeppelin" pour une grande serre tropicale. Un peu cher si on doit rembourser au promoteur 750 000 Euros.

Sur un autre sujet : la politique culturelle d’Argenteuil.

On nous sert Claude Monet depuis Montdargent ! Les coquelicots et les canots sur la Seine, c’est comme au ciné club dans la série voir et revoir…

Pourquoi ne pas consacrer un cycle sur Georges Braque, né à Argenteuil en 1882, autour du fauvisme dans une première phase. Reproductions sur l'avenue Gabriel Péri :

G Braque/ H Mangin/ P Gauguin/ A Marquet/ A Derain.

Dans le deuxième semestre, le cubisme :

G Braque/ P Picasso/ F Léger / P Cézanne/ R Delaunay.

Egalement, pour éclairer certains jeunes sur leur quartier, mettre sur les plaques nominatives des rues aux extrémités : la qualité (musicien, écrivain, politique…) et leurs dates de vie.

Enfin et surtout le projet du musée d’Argenteuil !

Celui-ci est fermé au public depuis de nombreuses années.

Je souhaite que l’on ressorte le projet de la mandature de Doucet sur

« Mémoires industrielles »

et plus particulièrement : Aviation - Automobiles.

Nous avons deux spécimens :

Un Mirage Dassault

Un véhicule Lorraine Dietrich A4 de 1924 (à vérifier), usine en 1907 à Argenteuil

Intégrer ce projet plus largement avec le grand Paris.

Cette contribution personnelle est sans prétention, car dire est facile, mais faire c’est autre chose.

François DEMAY

vendredi 26 juillet 2019

Le renouveau d'Argenteuil : vraie ou fausse nouvelle ?

par Frédéric Lefebvre-Naré

Dans un hors-série du magazine municipal, consacré à l'économie, le maire vante le "renouveau d'Argenteuil".

Il y a certainement des signes de renouveau comme des signes de déclin.

Lesquels l'emportent ? Autrement dit, par rapport aux autres villes, est-ce qu'Argenteuil progresse ou régresse ?

En population, c'est sûr, Argenteuil progresse : avec plus de 110000 habitants (113000 maintenant), c'est la 35 ou 36ème commune de France, contre le 40ème rang en 2011. Mais cette "densification" est-elle un progrès, ou une régression ?

Selon une étude du Figaro en 2017, parmi 113 villes françaises, la plus dynamique est Cergy ; Argenteuil vient en 30ème position. Pas d'historique sur ce classement, malheureusement.

L'ONISEP fait un classement des "villes les plus vertes" parmi les 50 plus grandes communes : Argenteuil n'apparaît ni dans le "top 10" général ni dans les "top 5" réalisés sur différents thèmes. Mais là encore, pas d'historique.

La FNAIM a classé en termes d'attractivité (pour un acheteur d'immobilier) à peu près toutes les villes franciliennes. Argenteuil n'apparaît même pas dans le "top 15" départemental du Val d'Oise. Avec une note de 4,64 sur 10, elle est plutôt lâchée dans le gruppetto, avec Bezons, Garges-les-Gonesse, Gonesse, Goussainville, Montigny-lès-Cormeilles, Pierrelaye, Roissy-en-France, Sarcelles et Villiers-le-Bel.

Les 39 plus grandes villes ont été classées selon leur attractivité "pour planifier son départ en retraite". Argenteuil arrive 34ème sur 39. Fin 2017.

Le Parisien a aussi classé 385 communes franciliennes en cherchant "où il fait bon vivre". Argenteuil arrive 308ème. Fin 2017.

Toujours pas d'historique dans ces différents classements : Argenteuil est bien bas, mais peut-être était-elle auparavant encore plus bas ?

Sur le site ville-ideale.net, où des habitants notent leur ville, sur 47 villes de plus de 100000 habitants, Argenteuil arrive 35ème. C'est là encore, en queue de classement. Mais on peut voir l'évolution des avis, qui suggère une amélioration récente, puisque, en 2009, Argenteuil a bénéficié d'un plus grand nombre d'avis positifs, on le voit sur ce graphique (un point = un avis ; la ligne noire donne la tendance d'évolution) :

Argenteuil_ville_ideale.png

Le plus frappant dans ce graphique est la rareté des notes proches de la moyenne, 5. Les habitants qui répondent au questionnaire voient, les uns une ville en plein renouveau, les autres une ville qui s'enfonce. Peut-être avons-nous bien les deux à la fois.

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