Blog d'Engagés pour Argenteuil

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Opinions-Tribunes-Entretiens

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mardi 9 juillet 2019

Autour de 100 millions coulés : aucune équipe n’aura autant ruiné Argenteuil

par Frédéric Lefebvre-Naré. Envoyé pour la tribune EpA dans le magazine municipal de juillet-août.

Combien ont coûté ou rapporté aux Argenteuillais les emprunts structurés (dits « toxiques ») que la Ville avait souscrits à partir de 2002 ? L’opposition avait obtenu la création d’une mission spéciale pour le chiffrer.

Nous espérions faire enfin la clarté, pour que la confiance puisse revenir entre les Argenteuillais et leurs élus, quelle que soit leur étiquette et leur mandat.

La municipalité a grossièrement étouffé cette mission. Elle a payé des consultants pour NE PAS chiffrer coûts ou économies. Elle a prétendu ne pas retrouver deux anciens directeurs des finances … cadres dans des municipalités voisines. Elle a refusé d’écouter un autre ancien directeur des finances … « par souci d’équité et de transparence » !

Nous avons proposé un chiffrage, basé sur les comptes de la Ville. Alors la municipalité a demandé à ses consultants de critiquer nos résultats… sans lui fournir nos calculs !

Le « rapport de la mission » enchaîne erreurs, mensonges, et faux purs et simples. Il se contredit même en prétendant qu’il est « impossible » de conclure.

Restons-en donc à notre chiffrage : 93 millions, dont 71 à la charge des Argenteuillais. Plus ce que nous sur-payons pour les emprunts structurés de l’ex-Agglomération et d’Azur : au total, ça nous coûtera environ 100 millions d’€.

Un coulage inégalé dans l’histoire d’Argenteuil.

Sans cela, nous aurions pu construire 3 écoles primaires, 3 écoles maternelles, 3 centres de loisirs, 1 nouvelle piscine, et 1 nouvelle salle Jean Vilar, publique, municipale.

Tout le monde peut prendre une décision catastrophique. La différence entre responsabilité et irresponsabilité se juge à la capacité à assumer cette décision.

L’équipe actuelle s’en est montrée incapable.

samedi 22 juin 2019

Les emprunts toxiques en une colonne

par Frédéric Lefebvre-Naré — Tribune dans le magazine municipal de juin 2019

D’où vient l’énorme dette d’Argenteuil ? Trois sortes de mauvaises décisions ont pesé lourd.

  • Dès les années 80, quand des industries sont parties, la ville a racheté leurs terrains à prix d’or ;
  • Les municipalités ont choisi pour certains équipements (centre aquatique, Figuier Blanc…) des emplacements à problèmes, et les travaux ont coûté bien trop cher ; l’Atrium est le dernier exemple de ces investissements ruineux.
  • De 2002 à 2007, la Ville a transformé plus de 150 millions d’€ de dette en emprunts « structurés », dits « toxiques ».

Dans un contrat structuré, la Ville

  • reçoit, par exemple, 10 millions prêtés sur 15 ans ;
  • tout en pariant 2, 5 ou 10 fois plus sur un indice financier, par exemple, le cours du yen en dollars. Si ce cours dépasse une limite, la Ville doit rembourser comme si elle avait emprunté 20, 50 ou 100 millions. Elle joue le rôle de la ‘banque’ d’un casino, qui paye leurs gains aux joueurs, des spéculateurs professionnels.

La Ville faisait des économies tant que les indices n’avaient pas trop bougé ; puis certains indices ont dépassé les limites, et les spéculateurs ont touché le jackpot.

Si tous les indices explosaient, c’était la faillite. La Ville a préféré, à partir de 2012, racheter ses paris. Très cher, forcément.

  • En renégociant, en 2015, 48 M€ d’emprunts, la Ville a dû accepter 47 M€ de pénalités, dont la majorité restent à notre charge, malgré une aide de l’État ;
  • Sur les autres emprunts, la facture avoisine 46 M€ à la charge des Argenteuillais ; c’est notre estimation à partir des comptes, qui sont publics.

Une mission d’étude sur les emprunts, décidée en novembre, devrait rendre ses conclusions fin juin (au Conseil Municipal du 26 juin).

Espérons que plus jamais, une municipalité ne joue avec une telle légèreté l’argent des Argenteuillais.

mercredi 5 juin 2019

Renouveler notre ville, Argenteuil

par Frédéric Lefebvre-Naré

Depuis un an, je participe à la démarche « Argenteuil en commun » : nous essayons de faire émerger un projet d’avenir pour Argenteuil. Un projet citoyen, participatif, écologique, qui corresponde profondément à l’identité et au potentiel de notre ville.

Nous avons largement diffusé un texte fondateur, enquêté auprès de nos concitoyens, organisé des réunions publiques ouvertes. Nous avons publié une charte qui nous engage. Nous avons, le week-end dernier, convergé sur 28 engagements qui couvrent les différents domaines de l’action municipale : ensemble, ces 28 engagements représentent bien l’Argenteuil où nous voudrions vivre en 2026. Je me reconnais dans ce résultat, très riche, du travail collectif.

Le moment est maintenant venu de nous entendre sur une équipe qui se proposera, face à nos concitoyens, pour réaliser ce projet. Une équipe qui donnera envie de la rejoindre ; qui inspirera confiance ; qui garantira à chaque Argenteuillais·e qu’il ou elle garde la main, garde la parole, est invité·e à agir pour sa ville.

Comme plusieurs participants à « Argenteuil en commun » l’ont fait, je me propose pour la tête de liste.

Je conçois ce rôle comme celui d’un facilitateur. La tête de liste, ou, avant que la liste soit constituée, le chef de file, doit veiller à ce que chaque personne de l’équipe soit reconnue dans ce qu’elle apporte, trouve sa place, coopère efficacement avec les autres.

Ceci pendant la campagne ; au-delà de la campagne, parmi les élu·e·s, de la majorité comme de l’opposition ; et dans l’animation des 2300 agents de la Ville ; et dans la vie commune des 113000 Argenteuillais·es ; et dans la relation avec les communes voisines, les partenaires privés, les autorités publiques.

Je crois avoir beaucoup développé cette capacité, à la fois dans ma vie professionnelle, dans mes engagements associatifs à Argenteuil ou ailleurs, dans mon engagement politique à Argenteuil depuis maintenant vingt ans.

Depuis ces vingt ans aussi, j’ai tenu à la transparence de mon activité. J’ai cherché à expliciter mes idées, de blogs en tweets ou au Conseil municipal, à les défendre publiquement. Chacun·e peut savoir à quoi s’attendre de ma part. C’est une démarche inhabituelle dans la vie politique comme dans la vie professionnelle… mais elle a toujours eu, à ma connaissance, de bons résultats.

Je crois garder l’esprit clair devant les enjeux les plus lourds, comme devant les acteurs les plus puissants auquel le maire d’une grande ville a affaire.

Mais « une seule main ne peut moudre la farine » : que la personne en tête de liste apporte peu ou beaucoup, c’est une équipe qui réussira ou échouera.

Il faut être nombreux pour détecter les opportunités et les risques, les contacts, les occasions de faire avancer nos projets.

Il faut être nombreux pour maintenir une relation proche avec toutes nos concitoyennes et tous nos concitoyens ; pour croiser nos regards et nos expériences sur les situations ; pour s’entraider tout simplement dans nos missions.

Il faut être nombreux… Plus nombreux, bien sûr, que ne l’est actuellement l’équipe d’Argenteuil en commun.

J’espère être bien placé pour construire une coopération constructive avec d’autres leaders politiques ou associatifs de la ville. Le chemin du succès de notre démarche, ce sera de fédérer beaucoup d’Argenteuillais·es qui partagent notre vision de l’avenir de la ville, qui sont prêts à partager nos engagements, même si, jusqu’ici, ils hésitaient à nous rejoindre.

Je serai heureux d’animer une équipe où chacun·e trouvera du bonheur à participer !

samedi 1 juin 2019

Argenteuil, du bilan au renouveau

par Frédéric Lefebvre-Naré. Tribune dans le dernier magazine municipal.

La Municipalité a présenté ses comptes 2018.

Le mandat avait commencé par un « plan de redressement ».

  • Il annonçait 30 millions d’€ de cessions immobilières : très peu ont été réalisées.
  • Il annonçait aussi la suppression d’environ 400 emplois : cela a été réalisé, aux dépens des Argenteuillais.

La Municipalité dit les comptes meilleurs que la moyenne des grandes villes françaises : alors pourquoi ses belles promesses de campagne restent-elles, 5 ans après, lettre morte ?

Avec le groupe « Argenteuil en commun », nous enquêtons actuellement auprès des Argenteuillaises et Argenteuillais sur ce qui va bien… ou pas.

Beaucoup nous répondent : ce qui va le mieux, c’est la diversité sociale et culturelle d’Argenteuil, le respect mutuel, la vie associative.

C’est aussi un sujet d’inquiétude : inquiétude devant les incivilités, inquiétude d’une séparation entre communautés, inquiétude qu’une partie des Argenteuillais fuient la ville quand ils font leurs achats, quand ils mettent leurs enfants au collège, quand ils sortent.

Nous devons en discuter ensemble. Remettre à plat les priorités budgétaires, les choix d’urbanisme, d’équipements : comment pourront-ils ramener la cohésion sociale ?

Nous devons susciter des propositions nouvelles pour répondre aux difficultés des enfants, des familles, des personnes âgées ; pour rendre notre ville accessible malgré les handicaps ; pour sortir les jeunes qui tournent en circuit fermé ; pour intégrer les milliers de nouveaux habitants qui arrivent chaque année ; pour aider les personnes qui traversent une crise, éviter la marginalisation ; pour donner envie aux agents de s’investir, de prendre des risques, les réconcilier avec leur travail, et faire enfin reculer l’absentéisme.

Le renouveau d’Argenteuil est dans nos mains !

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