par Frédéric Lefebvre-Naré

Détruire Jean Vilar, vendre ce terrain à un promoteur privé, lui permettre de construire 40000 m2 pile à l'entrée de ville en bord de Seine, voilà un choix majeur pour l'identité et l'avenir de notre ville.

La majorité de droite argenteuillaise l'a voté[1]. Avec quel mandat des Argenteuillais ? Une décision de cette importance ne demanderait-elle pas un minimum d'accord ou de concertation ?

Relisons les programmes des deux listes de 2014 (celle du Maire élu, et celle que soutenait EpA) : il n'y figurait pas la moindre allusion à la suppression de Jean Vilar ou à un bétonnage des bords de Seine. Bien au contraire.

Le blog de Dominique Mariette le rappelait tout récemment, pour ce qui est du programme de Georges Mothron, et extrayait cette pépite : "Urbanisme : aucune décision sans concertation"[2] !

Le plus drôle est que M. Mothron a prétendu, en Conseil Municipal, qu'il y aurait concertation… mais en décembre prochain, deux mois après le vote !

Quant au programme de Philippe Doucet, nous l'avions évidemment regardé à la virgule près, nous l'avions entièrement approuvé et vous pouvez imaginer que ce type de mégaplexe ne figurait à aucune page.

Soyons cohérents avec notre vote de 2014, que ce soit pour la liste qui l'a emportée ou pour l'actuelle opposition : exigeons le respect des promesses faites, au lieu de consacrer les efforts de la ville à un nouvel éléphant blanc.

Nous, EpA, avions même formulé huit propositions complémentaires qui nous semblaient entièrement cohérentes avec le programme de la liste "Tous fiers d'être Argenteuillais". Voici des extraits des 4 et 7ème :

4. Un effort rapide pour rendre plus accueillants des parkings existants, en particulier celui du centre ville, en facilitant la sortie piétonne vers Gabriel Péri pour les courses. Cela donnera l’occasion d’inciter les automobilistes à préférer un parking sûr au danger et à la gêne du stationnement en double file !

7. Chercher des recettes nouvelles : les investissements immobiliers déjà réalisés (Figuier Blanc, centre aquatique…) nous coûtent en remboursement d’emprunts, mais ils contribueront à les rembourser s’ils sont proposés plus activement au public non Argenteuillais, aux entreprises, pour des événements ; en conservant une priorité absolue à leur usage par les habitants. Ce sera aussi une façon de faire découvrir Argenteuil aux entreprises extérieures : un élément dans une stratégie d’attractivité pour faire revenir les emplois chez nous.

Cela reste des urgences, et des pistes prometteuses, bien plus que d'ajouter un nouveau vaisseau vide à côté de Figuier Blanc et Côté Seine trop peu fréquentés.

Notes

[1] Correction du 19 novembre 2016 : il était écrit ici "avec l'appui du PS", formulation inexacte puisque les élus PS se sont abstenus.

[2] Occasion de saluer son engagement sur ce sujet : "Argenteuil et Jean Vilar : pièces à conviction" (13 mai 2016), "Argenteuil, conseil municipal, projet Héloïse : ah les yeux de l'amour ! Un problème géographique ancien. Mais qu'importe…" (15 octobre 2016).