par Frédéric Lefebvre-Naré

Un éléphant blanc est une réalisation d’envergure et prestigieuse, souvent d’initiative publique, mais qui s’avère plus coûteuse que bénéfique, et dont l’exploitation ou l’entretien devient un fardeau financier.

Wikipedia oublie de préciser que le kraal des éléphants blancs s'appelle Argenteuil.

Hôtel de Ville actuel, centre aquatique, Figuier Blanc, Côté Seine, les municipalités Montdargent et "Mothron 1" nous ont légué une belle série de fardeaux financiers.

Le complexe de 40000 m2 + 900 parkings annoncé à la place de Jean Vilar, en serait un bouquet… final.

C'est un réflexe bien regrettable : quand une équipe au pouvoir se sent perdue, quand elle ne voit plus comment redresser une situation qui lui échappe, elle risque de miser tous les moyens qu'elle a, et même ceux qu'elle n'a pas, sur un seul "gros projet" censé, à lui seul, inverser la tendance.

La maladie d'Argenteuil depuis 1978-79, c'est que notre ville, deuxième pôle industriel d'Île-de-France, a vu partir les usines, et avec elles à la fois une richesse pour la Ville (la taxe professionnelle), des emplois pour ses habitants, une culture sociale et politique, une identité.

Et depuis près de quarante ans, les Municipalités accumulent ces méga équipements publics mal copiés d'ailleurs, mal adaptés, mal dimensionnés, mal situés, incohérents entre eux.

Quel effet pour l'identité argenteuillaise, la culture, l'emploi, la richesse de la Ville ? Un effet dévastateur.

Quand on nous dit "il faut bien faire quelque chose", "il faut bien faire comme les autres", un cri d'alarme devrait retentir à nos oreilles : Mensonge !

Faisons des projets pour notre ville, oui, des projets de développement durable, cohérents économiquement et géographiquement, sensés, tout simplement. Et ils marcheront.