Blog d'Engagés pour Argenteuil

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Tag - Restaurants scolaires

Fil des billets - Fil des commentaires

lundi 17 décembre 2018

Conseil municipal : budget 2019 d'Argenteuil

par Frédéric Lefebvre-Naré

20 sujets du jour ! Pas de PV du Conseil précédent, récent, qui n'est pas encore prêt.

Le Maire fait une déclaration liminaire, "heureux de retrouver les Argenteuillais" pour ce Conseil, mais ils sont très peu nombreux dans la salle ! 26 représentants de la majorité municipale (sur 40), moins que le quorum.

Le Maire confirme que la situation financière est très bonne et que le propriétaire du terrain "La ferme du Spahi" l'a vendu en novembre, "ouf".

"Trois équipes créatives planchent sur l'avenir du site Yoplait. 'Inventons la métropole' devient 'Inventons Argenteuil'."

"De nouveaux locaux et un hôtel" déjà annoncé plusieurs fois, sur le site Bricqueville.

"Le projet Argenteuil Littoral va entrer en phase active pour recréer de l'activité sur le site de la gare" centrale. (…)

"Notre pays connaît un mouvement social inédit. Les Français attendent des réponses. Le préfet nous a choisi pour le dispositif "Carte blanche" permettant à tous les acteurs de travailler ensemble pour casser les carcans. Le programme a rencontré 130 intervenants" (mystère). "Philippe Métézeau y représentait le conseil départemental" (le Maire veille à citer bon nombre de ses adjoints dans cette déclaration liminaire).

La mission d'études sur les emprunts "illustre notre devoir de vérité envers les Argenteuillais".

"Nous avions promis de baisser la fiscalité : nous pourrons le faire ce soir enfin, pour la première fois. C'est arrivé tard, chacun sait pourquoi."

"Nos concitoyens nous demandent des actes et des résultats : ils en auront ce soir."

Philippe Doucet demande la parole pour un "point d'ordre", le Maire la lui refuse et passe au point 1.

1. Taux d'imposition 2019 : Xavier Péricat annonce que la taxe foncière sera à 21,84% soit -6,23% (Powerpoint à l'écran)… évidemment la présentation est fallacieuse : c'est 21,84% au lieu de 23,29% auparavant. "Taux de variation n'est pas variation de taux", commente mon voisin Nicolas Bougeard, de l'Éducation nationale, à l'attention de son autre voisin, l'économiste Kader Slifi :-)

baisse_TF.jpg

Dans les documents écrits que nous avions reçus, c'était "6,6%" : Fabien Bénédic s'en amuse dans sa réponse. (que l'on pourra certainement retrouver sur son blog — je termine pendant ce temps d'écrire mon intervention sur le budget !). Fabien Bénédic analyse le projet de budget en faisant la liste des hausses de recettes sur les "tarifs et taxes diverses" : +1,2 M€, "et si on y ajoute les baisses de subventions aux associations, on arrive à 1,55 M€, précisément la baisse annoncée de la taxe foncière." Mais le groupe Tous Fiers d'Être Argenteuillais votera pour.

Philippe Métézeau répond que la taxe foncière ne touche pas seulement les propriétaires aisés mais surtout les classes moyennes.

Franck Debeaud revient sur l'engagement de 2014, celui d'une baisse des impôts dès avril 2014. "Vous me répondiez, Monsieur le Maire, qu'une baisse ne servait à rien si elle est symbolique. Force est de constater qu'elle le sera pourtant. Vous nous expliquiez début 2018 que toute baisse était impossible, les compensations n'étant garanties par l'État que jusqu'en 2020. M. Métézeau y voyait un risque pour la commune. M. Péricat demandait de maintenir les recettes. Mais l'horizon des municipales de 2020 a aboli toutes les incertitudes…"

J'avais recommandé en Conseil Municipal, en 2014, une baisse modérée de ce type. J'étais donc le seul de cet avis ! Je me réjouis d'être enfin rejoint et approuve cette décision même tardive :-)

Gilles Savry s'amuse des interventions de l'opposition, en particulier du comptage de Fabien Bénédic, "il faut connaître un tout petit peu mieux ces dossiers."

Xavier Péricat "n'a jamais connu de propos aussi acerbes pour arriver à un vote unanime !".

2. Budget 2019 Le Maire annonce qu'il donnera la parole à plusieurs de ses adjoints sur le budget.

Je suis de loin la présentation de Xavier Péricat, adjoint aux Finances, qui répète en partie le "débat d'orientation budgétaire" du mois dernier.

J'attends les éventuelles réponses à deux questions que j'ai posées en commission des Finances :

  • de quoi sont constitués les 7,5 millions d'€ de "produits de cessions" annoncés ?
  • comment expliquer l'énorme hausse annoncée des effectifs de la Ville dans les métiers administratifs ? (malgré les transferts au Territoire, malgré le numérique; malgré la privatisation d'une crèche…).

Xavier Péricat dit que "l'ouverture d'une nouvelle école et la réouverture du vieux bassin du centre aquatique, c'est du personnel"… mais pas du personnel administratif, ou très peu.

Xavier Péricat souligne la diminution de 17 M€ de la dette entre 2017 et 2018… mais elle ne diminuerait plus que de 120000 € en 2019. "Il ne faudra emprunter que 23 M€" pour rembourser le capital des emprunts arrivant à échéance.

Georges Mothron ouvre la description des dépenses prévues, en donnant d'abord la parole à Gilles Savry, adjoint à l'Urbanisme.

Gilles Savry estime que "depuis qu'on a pris la responsabilité de la voirie" (à la dissolution de l'Agglomération), 11 M€ ont été dépensés sur la voirie, "cette régularité ne s'est pas vue depuis très longtemps". Nicolas Bougeard me précise que "on mettait 10,5 M€ par an" au temps de l'Agglomération…

Réaménagement prévu du carrefour rue du Nord / Youri Gagarine.

Nouvelle voie entre Henri Barbusse et Michel Carré, le long du nouveau groupe scolaire (site Casse center), (voilà qui augmente d'autant le coût, faramineux, de cette école…)

Sur Salvador Allende et Georges Braque, "résidentialiser ce qui n'est plus un espace vert depuis longtemps, et enlever les problèmes de squatt et autres sur ce secteur".

Les LED pour l'éclairage public permettent des économies d'électricité.

Marie-France Le Nagard, adjointe aux Sports, évoque la "réouverture du bassin de 25 m et du bassin de 20 m du centre aquatique (3,8 M€), avec réfection complète de la toiture et de la façade, et du traitement d'air", "après on abordera la fosse à plongeon, c'est une forte demande des associations".

Rénovation du sol du terrain Auguste Delaune (900000 €) et rénovation du gymnase Coubertin + quelques autres travaux (1,3 M€).

Martine Rousseau : "au niveau de la cuisine centrale, des travaux conséquents seront menés pour le système de ventilation qui date de 1987. Coût de 306000 €. Je rappelle le changement déjà réalisé des carrelages de la plonge bac, l'étanchéité (?) du toit terrasse… pour garantir le respect des normes d'hygiène et améliorer les conditions de travail des agents, qui confectionnent un million de repas par an. Elle a obtenu la mention "très satisfaisant" au dernier contrôle."

Philippe Pierre évoque la rénovation du patrimoine bâti : le "rafraîchissement de l'agora" de l'Hôtel de Ville, avec "remplacement du groupe froid en toiture" pour 600000 €. "Dans le cadre de l'interacting (sic), 70 actions possibles d'économies d'énergie ont été identifiées". Il poursuit avec les études préalables, pour 200000 €, à l'agenda de mise en accessibilité.

Philippe Vasseur évoque de nombreux travaux dans les écoles primaires et maternelles, dont l'achat du terrain situé derrière Ambroise Thomas.

Création prévue d'un centre de loisirs dans la "très grande cour de récréation" de l'école PVC.

Plan propreté : "on a choisi de poursuivre nos efforts, de maintenir l'investissement dans le renouvellement du matériel".

"Création d'une brigade de l'environnement de 4 agents". (selon Nicolas Bougeard, cette création est ainsi annoncée pour la 3ème fois en 3 ans).

"Avec TellMyCity, on résout les problèmes de propreté dans les 24 heures". Le silence de l'opposition laisse ici place au rire.

Jean-François Ploteau parle "promotion de la nature dans la ville" : "nous avons réussi à convaincre le jury des Villes fleuries de nous conserver les 3 fleurs, ils ont même proposé que le jury revienne l'an prochain pour évaluer si on peut nous accorder une 4ème fleur".

Nous voulons "intégrer plus d'espaces verts dans les réaménagements de voirie, et sur des terrains délaissés." (…)

"Tout ça pour un budget prévu de 1 M€".

François Poletti évoque la "stratégie territoriale de sécurité", avec "l'optimisation de l'activité Fourrière" et un plan de lutte contre la radicalisation violente.

Benoît Clavel parle de "relations citoyens et informatique", car "la proximité n'est pas seulement géographique, elle se traduit aussi par les services numériques : inscriptions scolaires et sportives, réservations en centres de loisirs, inscriptions comme demandeurs de logement… Bientôt les inscriptions au Conservatoire, en crèche, ou les cartes de stationnement".

"Pour terminer", précise le Maire, Philippe Métézeau : "les investissements produisent souvent des dépenses de fonctionnement, c'est particulièrement vrai dans le secteur social. Nous avons dépassé notre objectif de 1000 places en crèches : nous sommes à 1087 et allons passer à 1165. Nous allons faire un audit de fonctionnement des crèches municipales, pour arriver à réattribuer plus rapidement les places qui se libèrent."

"Nous contractualisons avec Pôle emploi et le Département pour un accueil renforcé des familles en insertion", particulièrement les "mamans isolées".

"Nous allons aller plus loin dans la transparence en formalisant dans un texte la méthode pour attribuer les places en crèche".

Philippe Métézeau annonce aussi le "renouvellement du Conseil des sages", "'avec un bilan de la façon dont il a fonctionné et des services qu'il peut nous rendre — qu'il peut rendre à la Ville". (Ce Conseil ne semble pas avoir été réuni depuis plus de 6 mois. Sa sagesse aurait-elle déplu ?).

Et la mise en place du "Contrat local de santé mentale" déjà annoncé depuis assez longtemps sauf erreur de ma part. Il devra commencer par un "état des lieux des forces et faiblesses du territoire"…

Et une rénovation du Centre municipal de santé Fernand Goulène pour environ 400000 €.

Et un "parcours e-santé".

Concernant le handicap, "Alain Crevau représente la Ville dans différentes instances". Nous faisons "un appel à projets pour un conseil des usagers porteurs de handicap". (Tiens. En plus de la commission tant attendue sur l'accessibilité ?)

"Nous avons rapproché la programmation de l'Université inter-âges, du service culture, ce partenariat commence à porter des fruits.".

"Je voudrais rappeler comment fonctionne le Centre d'Hébergement d'Urgence (de personnes sans abri) : ouvert 24/24, 7/7 toute l'année, géré par la Municipalité et non par une association, contrairement à d'autres villes. Un certain nombre de places est réservé par le 115, comme dans les autres CHU ; le 115 du Val d'Oise est géré par une association. Nous restons vigilants à ce que le CHU d'Argenteuil bénéficie en priorité aux Argenteuillais, qui y sont la majorité. Il propose aussi des repas, des douches, un café… sans demander si les personnes sont d'Argenteuil, je crois que personne ne trouvera à y redire. Le plan Grand Froid a été décidé. Nous n'avons pas attendu qu'il fasse froid pour nous y inscrire."

Fabien Bénédic n'espère pas arriver à "dissiper le flou" que laisse "une heure de présentation" pour "seulement 12 pages de présentation, en plus des 12 pages de description du contexte."

Fabien Bénédic reprend des points évoqués au débat d'orientation budgétaire, regrettant la dissolution de l'Agglomération pour rejoindre "6 communes qui n'ont aucune envie de travailler avec nous."

Il estime que la masse salariale devrait augmenter de "4,1 M€", bien plus que la Municipalité ne l'indique. "À notre place, vous n'auriez pas manqué de parler de dérapage, je n'irai pas dans ce caniveau." "Vous recrutez à tout va : 95,5 M€ de charges de personnel, ce montant n'a jamais été atteint par le passé. Tout ça, comme la baisse de la taxe foncière, sent la fin de mandat."

"À chacune de vos présentations les chiffres changent, ce n'est pas un gage de crédibilité".

Fabien Bénédic accorde à Xavier Péricat une "palme d'or de la mauvaise gestion".

"Vous parlez de transferts d'investissements à l'EPT (Boucle Nord de Seine) : depuis 3 ans, nous n'avons rien vu ! Nous pouvons être sceptiques."

"Nous avons dénoncé le dérapage du prix de la construction du groupe scolaire au Val Notre Dame et de la dépollution du terrain."

"3,8 M€ sur le bassin du centre aquatique ? C'est bien moins qu'i! n'en faudrait pour des travaux qui le rendraient durables."

"Vous vous vantez de 11 millions d'€ en 3 ans sur la voirie ? C'est trois fois moins que nous ne faisions."

"Moins on en fait, plus on l'étale."

"Plan propreté : renouveler le matériel ? comme si ça n'était pas fait par le passé ! Chacun peut constater dans Argenteuil l'efficacité de la propreté quand vous l'avez en charge. Je n'ai jamais vu une porcherie comme ça."

"La diminution de la taxe foncière sera payée par les Argenteuillais, c'est planqué dans le budget." Fabien Bénédic revient sur les réponses de Gilles Savry sur le point 1 et maintient, si je comprends bien, ses propres chiffres.

Fabien Bénédic revient également sur la Taxe d'Enlèvement des Ordures Ménagères créée par l'équipe Mothron en 2007, mais sans en fixer le taux. (Très ancienne controverse).

"Ce budget illustre le mépris de la majorité municipale envers les Argenteulllais. Ce n'est pas le patchwork que vous avez présenté, le saupoudrage d'argent public, qui changeront notre opinion."

Franck Debeaud ne voit dans ce budget "pas de vision d'envergure, pas de projet structurant. Vous vendez les bijoux de famille aux promoteurs, vous abîmez notre patrimoine, vous densifiez le centre ville et détruisez son commerce, un cauchemar pour les Argenteuillais."

"La dette par habitant est, à Argenteuil, 3 fois supérieure à la moyenne nationale".

"Les charges de personnel augmentent de façon inquiétante, alors que le bassin de la piscine ne rouvrira sans doute pas dès 2019, et que l'ouverture de la nouvelle école du Val Notre-Dame sera sans doute partielle. Ne sommes-nous pas en période pré-électorale ?"

J'interviens dans les termes suivants ou à peu près :

"Vous avez affiché pendant 4 ans une ambition bien modeste, celle de mettre fin à ce que vous présentiez comme de la mauvaise gestion : la saleté dans les rues, les circuits de décision ou de financement compliqués entre Ville et Agglomération, les risques de fragmentation communautaire dans la société argenteuillaise, les investissements qui selon vous ne prévoyaient pas assez l’étape suivante, l’endettement non maîtrisé, les embauches selon vous difficilement justifiables.

Chacune et chacun s’en rend bien compte : ce je viens de décrire, c’est le présent, la situation actuelle d’Argenteuil. Or le budget 2019 que vous nous proposez confirme et aggrave cette situation, ce pourquoi je voterai contre.

L’endettement : vous aviez annoncé l’an dernier qu’il baisserait en 2019, vous ne le prévoyez plus, mais seulement de le maintenir, à 120000 € près soit 0,04%. Vous aviez annoncé l’an dernier que tous les emprunts à risque seraient supprimés, or il en reste encore pour 30 millions d’€ dont 24 millions dans la seule catégorie E, la plus risquée dans l’échelle Gissler (à part la catégorie F dite « hors charte »). Pour ceux que nous avons renégociés cette année, nous payons plein pot les indemnités, puisque vous ne les aviez pas présentés au guichet d’aide d’État tant qu’il en était temps. Une hirondelle qui ne fait pas le printemps : nous allons travailler tous ensemble à éclairer tout cela, dans la mission spéciale proposée au Conseil de septembre et votée à celui de novembre ; malheureusement elle ne commencera que le 23 janvier et rendra donc ses conclusions qu’en été ; j’aurais préféré plus tôt pour interférer le moins possible avec la campagne municipale, mais nous ferons avec.

Autre sujet, les embauches difficilement justifiables. Depuis deux ans, vous avez jugé utile d’augmenter de 8 personnes l’effectif d’adjoints administratifs (les agents de catégorie C de la filière administrative), passant de 283 à 291. Aujourd’hui vous budgétez d’en employer 45 de plus d’ici fin 2019, donc de multiplier par 11 votre rythme d’embauche. Comment l’expliquer ? alors que des fonctions administratives partent au contraire vers le territoire T5, ce qui est censé nous permettre des économies ?

Est-ce pour compenser une baisse d’effectifs dans la catégorie de qualification intermédiaire, la catégorie B : au contraire, en catégorie B de la filière administrative, vous avez recruté 4 personnes net en 2 ans et vous budgétez 24 nouveaux recrutements nets en 2019, donc un rythme d’embauche multiplié par 12.

Même situation incroyable dans les services techniques : vous prévoyez une forte augmentation des effectifs de catégorie A et B, mais en catégorie C c’est la folie ! Je comprends bien que les nouveaux équipements qui ne sont pas encore ouverts, demanderont du personnel municipal : mais demanderont-ils vraiment les 62 nouveaux agents techniques de catégorie C que vous budgétez ? Si oui, on se demande comment tournent les équipements actuels. Et comment cela explique-t-il les 59 emplois supplémentaires depuis 2 ans, alors que ces équipements ne sont pas encore ouverts ?

Vous nous dites que les besoins augmentent avec l’arrivée de nouveaux enfants puis adolescents, alors que la Ville crée des dizaines de classes en primaire et maternelle ; soit, mais alors, pourquoi avez-vous, au contraire, depuis 2 ans, réduit les effectifs d’animateurs et réduit les effectifs d’ATSEM, de 9 postes au total ?

Est-ce à cause de l’absentéisme ? En principe, si nous comparons l’absentéisme à Argenteuil, environ 18%, à la moyenne des collectivités territoriales, environ 8%, la différence, 10%, représente plus de 200 personnes à temps plein qui devraient nous dispenser de toutes ces embauches. Alors voilà une vraie priorité pour les habitants et contribuables d’Argenteuil. Alors où sont les résultats des mesures successives que vous avez prises depuis le début de votre mandat ? J’ai posé la question en commission et j’attends toujours la réponse.

Au total, vous budgétez 258 emplois de plus que l’effectif actuel, qui a déjà augmenté de 97 agents rien qu’en 2018.

Est-ce que ces embauches de 2018-2019 sont simplement destinées à rattraper les dégâts qu’ont fait vos suppressions massives de postes de 2014 à 2016 ? Vous nous feriez payer la double peine, puisque vous budgétez encore 900 000 € d’indemnités chômage pour ces anciens agents qui n’ont toujours pas retrouvé de travail : certainement plus de 50 personnes que vous nous obligez à payer à ne rien faire, tandis que vous en embauchez d’autres en parallèle.

Alors vous pouvez parler de « Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences » et vanter vos capacités d’anticipation, vous comprendrez que personne n’y croie, même dans votre propre équipe municipale.

Quant à la gestion prévisionnelle des investissements. Vous nous avez annoncé le mois dernier deux plans pluriannuels : un plan général d’investissements, et un plan d’investissements spécifique pour rendre les bâtiments municipaux accessibles aux personnes à mobilité réduite. Les investissements, c’est fait pour durer une quarantaine d’années : vos plans auraient pu exprimer votre vision de l’avenir de notre ville. Malheureusement, sur le plan d’investissements « accessibilité », il va falloir attendre la fin de votre mandat, puisque en 2019, vous ne prévoyez que des études préalables. Et même ça : le mois dernier, vous annonciez 272000 € d’études pour l’an prochain ; tout à l’heure, dans l’exposé de Philippe Pierre, ils sont devenus 200000 €. Il vaut mieux ne pas être "à mobilité réduite" à Argenteuil.

Et le plan pluriannuel, difficile d'en voir la logique. Ce que nous en voyons, c’est, d’une part une nouvelle école éloignée des quartiers d’habitation et au coût faramineux ; d’autre part, une longue liste des dépenses destinées à remettre en état des équipements existants. Ces travaux de réhabilitation, pris un par un, sont légitimes et seront certainement utiles, ce n’est pas la question, mais en quoi, comment, préparent-ils l’avenir de la ville, mystère.

Remettre en état le bassin de 1969 du centre aquatique, alors que ce centre aquatique est éloigné de la majorité des collèges et des quartiers les plus denses, et alors que le sous-sol est un gruyère : est-ce le meilleur choix ? En quoi les études que vous avez faites cette année démontrent-elles que c’est la bonne solution ? Vous n’en avez publié aucune. A Engagés pour Argenteuil, nous aurions préféré un nouveau bassin sur le site SAGEM, vous avez refusé pour n’y mettre que des logements, hors site déjà réservé pour une école. Partout en France on cherche à regrouper les équipements qui demandent du chauffage et ceux qui demandent du froid, comme les piscines et les patinoires, pour économiser l’énergie ; vous avez préféré réinvestir sur les sites existants, ça prépare mal l’avenir.

Rénover les « dalles » de Georges Braque et Salvador Allende, très bien, mais comment cette rénovation ouvrira-t-elle le centre ville sur la Seine, ce que vous dites vouloir ; comment recréera-t-elle des circulations traversantes, comment luttera-t-elle contre l’enclavement ?

Refaire des rues, très bien. Mais à chaque endroit où on parle de la circulation, en comité de quartier ou ailleurs, on fait le même constat : les gens ont Waze. Les tactiques pour orienter la circulation vers quelques grandes rues ne marchent plus. La circulation diffuse maintenant dans toutes les rues grandes ou petites. Alors, quand nous refaisons des rues, comment est-ce que nous répondons à cette nouvelle façon de circuler en ville ? Par exemple, pour quand prévoyez-vous que la ville ait des feux tricolores « intelligents », qui s’adaptent à la circulation ? Nancy en a depuis 40 ans, est-ce qu’Argenteuil devra attendre le 22ème siècle ? Les trotinettes électriques se multiplient, les vélos électriques sont annoncés à Argenteuil : où vont-ils rouler ? Les voies de bus ne sont pas cyclables à Argenteuil, et les quelques bouts de pistes cyclables, faits comme ils sont, sont plus dangereux pour les cyclistes, que de rouler sur la route.

Certains croiront peut-être que j’ai été injuste, que vous avez au moins un grand projet, "qui tournera la ville vers la Seine en donnant un signal fort à l’entrée de la ville sous forme de multiplexe à 45 mètres de haut, qui apportera de nouveaux services aux Argenteuillais en garantissant aux associations l’accès à une nouvelle salle plus grande que Jean Vilar aux mêmes conditions qu’aujourd’hui"…

Mais non ! Votre avocat, et celui du promoteur Fiminco, nous expliquent à longueur de pages que ce n’est pas votre projet, que ce n’est pas non plus celui de votre prédécesseur, mais un projet purement privé, qui n’a aucune dimension de service au public, et que la location de la salle à la Municipalité qui elle-même la mettrait à disposition des associations, ne constitue qu’une pure hypothèse, rien de ce type n’ayant été conclu, contrairement à ce que M. Savry déclarait en réunion publique. Alors c'est logique, puisque c’est purement privé et que vous ne vous en mêlez pas, que vous n’ayez pas répondu, depuis 6 mois, à la demande de rendez-vous du comité Jean Vilar ou à la proposition de l’association ARBRES…

Pourtant, ce projet purement privé, vous espérez le concrétiser dès 2019, puisque vous prévoyez dans votre budget 7 millions 1/2 d’€ de ventes immobilières (j'ai demandé en Commission de quoi il s'agissait, mais pas de réponse, comme d'habitude), ce qui suggère que vous espérez vendre le terrain de Jean Vilar en 2019, et que nous pouvons craindre de premières désaffectations ou démolitions dès cette année. Alors sachez que si vous avancez d’un pas dans cette direction, vous nous trouverez contre vous (et "nous", c'est, je crois, 80 si ce n'est 90% des Argenteullais). Avec ou sans gilet jaune, vert, bleu, orange ou rouge. Non à toute privatisation de Jean Vilar. Non au bétonnage de l’île d’Argenteuil. Non au signal fort bouchant l’horizon et barrant la Seine. Oui à un autre projet vert et paysager, culturel et social, un projet authentiquement argenteuillais, que la Ville assumerait avec fierté comme le sien, un projet qui ouvrirait un avenir meilleur pour Argenteuil.

Je vous remercie."

Dans sa réponse aux différentes interventions, Xavier Péricat confirme le chiffre de "environ 200000 €" d'études sur le plan accessibilité, donc moins que la somme déjà ridicule annoncée il y a un mois.

"Monsieur le Maire me dit qu'il est bon d'arrêter là pour ne pas aller vers une heure tardive."

Aminata Badiane : "J'ai une question à poser, j'ai l'impression qu'on est en train de vendre tout le patrimoine. Qu'en est-il de ce que le Grand Paris avait promis de ramener à Argenteuil ?"

Le Maire lui répond qu'elle le saurait mieux si elle était venue plus souvent aux Conseils Municipaux (il me semble que non…).

Toute l'opposition vote contre. Aminata Badiane estime que, "ne comprenant pas", elle ne prendra pas part au vote.

3. Subventions aux associations sportives pour 2019

Enveloppe équivalente à celle de 2018, dit Marie-France Le Nagard. "L'Union Sportive Argenteuillaise" (mon club) "n'a pas été en mesure de fournir les bilans financiers", la Ville ne lui verse donc qu'une avance de 10000 € en attendant ses comptes.

Unanimité moins une personne qui ne participe pas au vote vu ses responsabilités dans l'une de ces associations.

Le Conseil continue ici !

samedi 1 décembre 2018

Comment va le développement durable d'Argenteuil (ou pas)

par Pierre Belot

Au Conseil Municipal d'Argenteuil, ce 27 novembre, le conseiller municipal délégué au développement durable, Jean-François Ploteau[1], a présenté le rapport annuel sur le développement durable à Argenteuil, en tant que point annuel sur le Plan Climat de la ville.

Saluons la performance du rédacteur : 62 pages, pour peu de nouveau.

On y trouve beaucoup de "suivi", "d'accompagnement", de "sensibilisation". On anime des ateliers, on participe à la semaine européenne machin, à la journée mondiale bidule. De café-rencontre en confection de nichoirs à oiseaux, pour paraphraser François de Rugy, "l'écologie est une opportunité".

Bref, "notre maison brûle" et nous arrivons avec un verre d'eau[2].

Il y a des nouveaux mots aussi. "Grafiteria" pourrait être une boutique de graffitis, mais ça n'existe pas. Il faut lire "gratiferia". Et là, j'apprends que c'est un marché gratuit. J'ignorais également l'existence des candidathèques ou du job dating.

Parmi les "4 enjeux prioritaires", la maîtrise de la consommation.

Un nouveau mot aussi dans cette rubrique, l'intracting…

  • L’intracting est un instrument financier innovant (... comme la titrisation !) qui consiste à créer un fonds pour des petits travaux d’optimisation énergétique, et rembourser les avances grâce aux économies réalisées. En France, ce fonds est abondé à 50% par la commune et 50% par la Caisse des dépôts (CDC). Exemple : une commune verse 100 € et la CDC 100 également. Avec ces 200 €, la commune remplace des ampoules à filament par des ampoules LED. Chaque année, les économies réalisées sont comptabilisées et affectées au remboursement du fonds. Cela suppose, dans cet exemple, un suivi rigoureux des consommations d'électricité. Pour aller plus loin : l'intracting à Struttgart (pp. 7 à 13 de cette présentation en PDF).

Et beaucoup de positif : l'extension annoncée du chauffage urbain, l'éclairage urbain par LED.

Mais quand on voit la température dans la salle du conseil municipal, on peut se demander s'il n'y a pas à faire aussi de ce côté-là !

Les déplacements : le rapport annonce des évolutions qui auraient eu lieu même sans ce plan. Par exemple pour les gares :

  • augmentation places de parking vélos
  • télé-opération par caméra
  • mises en conformité pour l'accessibilité aux personnes à mobilité réduite.

Il y aurait tout un chapitre à ouvrir sur les déplacements en vélo ! Ce qui dissuade beaucoup de gens de rouler à vélo à Argenteuil, c'est l'étroitesse des rues et l'incivilité des automobilistes. Les limitations à 30 ne sont pas respectées. Les chicanes de voitures en stationnement (Coteaux) masquent les vélos aux voitures, et remonter ces rues à contre-sens est une aventure à haut risque, malgré l'autorisation.

Les modes de consommation : on trouve dans cette rubrique un fatras de choses hétéroclites. Exemple : "réduction du gaspillage alimentaire et des émissions de gaz à effet de serre à la cuisine centrale". Quel rapport entre les deux ?

La gaspillage est dénoncé depuis des décennies, avec ou sans Plan Climat. Toutes ces mesures sont assez dérisoires, et la Ville ne parle pas de la mesure qui serait la plus efficace : réduire notre consommation de viande !

L'adaptation au changement climatique

Le rapport vante les ruches en ville, et le "concours de miels métropolitains" risque d'accentuer cette mode. Des spécialistes sont pourtant très sceptiques quant au bien-fondé de ces ruches en ville, qui seraient selon eux une fausse bonne idée, conduisant au déséquilibre d'une espèce d'abeilles par rapport aux autres : mieux vaudraient "des plantations de fleurs sauvages et d’arbustes indigènes".

Ce n'est pas le choix d'Argenteuil, bien qu'elle prétende à une 4ème fleur au jury des Villes fleuries… "en même temps" qu'elle annonce vouloir couper une partie arborée de l'Île Héloïse !

Il y a enfin une partie sur la "sensibilisation des habitants à la nature et à la biodiversité".

On croit rêver.

Les "habitants" sont déjà très sensibles à la nature et à la biodiversité. Ce n'est pas eux qu'il faut sensibiliser. C'est Fiminco, Monsanto, Macron et Cie.

Notes

[1] Adjoint de l'adjoint au maire délégué à l'urbanisme-habitat-espaces verts-environnement-voirie", Gilles Savry.

[2] "Notre maison brûle et nous regardons ailleurs". Chirac au Sommet de la terre, Johannesburg, 2002.

mardi 7 juillet 2015

Conseil Municipal du 7 juillet 2015 : activités scolaires et périscolaires

par Frédéric Lefebvre-Naré

Madame Fatiha Bacha, nouvelle Adjointe au Maire, présente le nouveau règlement intérieur et les tarifs. À l'en croire, éducation et petite enfance étant les priorités de l'équipe municipale, les activités se multiplient, les horaires d'ouverture s'étendent et la tarification est plus favorable aux familles. La pénalité de 5€ en cas d'absence sans décommander, est supprimée.

Fabien Bénédic, pour l'opposition, reconnaît quelques améliorations par rapport au règlement voté en 2014 par la même équipe. Les horaires un peu étendus en vacances scolaires sont une bonne chose. Les règles plus claires sur les annulations sont également un progrès. Le dialogue autour des menus scolaires est une bonne chose.

Mais…!

Si la pénalité de 5€ est supprimée, elle est remplacée par bien pire, spécialement pour les familles à faibles revenus ! Les désistements hors délais seront en effet facturés au "tarif non subventionné", soit, par rapport au tarif normal (au quotient familial) une pénalité de 4,07€ pour les ménages aisés… et 7,10€ pour les plus modestes ! Ceci par repas manqué au restaurant scolaire. Même chose en pire pour les temps périscolaires.

La "Collectivité se réserve le droit de suspendre l'admission d'un enfant" dès le premier retard de 30 minutes ! Fabien Bénédic rappelle gentiment le blocage de la ligne J SNCF qui m'a valu trois quarts d'heure de "pénalité" tout à l'heure.

L'augmentation uniforme de 20 centimes sur le tarif de la restauration représente +5% pour les plus aisés, +17% pour les plus pauvres.

La Ville compare avec d'autres communes… jusqu'à Paris, la plus chère (7 € par repas) mais sans indiquer que Paris offre un repas sur 3 en bio ! Tandis qu'Argenteuil envisageait de supprimer l'entrée

Quant aux "ajustements visant principalement à corriger des incohérences", annoncés par la Municipalité, ils vont jusqu'à +110% d'augmentation ! (pour le mercredi, à la tranche C de quotient familial).

J'avais souligné en commission ce montant délirant… donnant une chance à l'équipe actuelle de corriger sa copie. Peine perdue.

Fabien reprend les exemples de deux familles-types, qu'il avait utilisés par le passé : le coût total passe de 1600 à 2200 € !

"Votre objectif, c'est de réduire le nombre d'enfants accueillis. Et le plus grave c'est que ça marche : 400 enfants en moins en 2014 à la cantine, chiffre annoncé au Conseil d'Administration de la Caisse des Écoles, alors que c'était auparavant +100 à +200 à chaque rentrée". (Et, les équipements étant là, cette moindre fréquentation risque fort de pénaliser les finances de la ville autant que celles des familles).

"Votre politique de droite est dévastatrice pour les ménages Argenteuillais, spécialement les plus pauvres."

Fatiha Bacha répond qu’il n’y a plus de pénalité… « mais un coût majoré non subventionné » !!! La pénalité représentait 9000 € par mois en hiver, 5000 € par mois au printemps, « vous voyez la prise de conscience »

Monsieur Mothron trouve « moral » de payer le coût complet « lorsqu’on se fiche de prévenir », beau procès d’intention envers les parents.

Monsieur Péricat veut "rappeler quelques chiffres" sur les "circonstances dans lesquelles nous sommes". Dans "la plus basse tranche, le repas est à 1,40€, je défie quiconque de trouver un repas à 1,40€".

Mon voisin Nicolas Bougeard m'indique qu'à Colombes, pour les familles les plus pauvres, c'est 0,60 €.

Monsieur Péricat indique le montant des impayés sur la restauration et les activités périscolaires et extra-scolaires : 3 millions d'euros.

"Je n'admets pas que vous considériez que nous prenons les familles pour des vaches à lait", après la hausse de la fiscalité décidée au cours du mandat précédent.

Et "ces augmentations de tarifs ne sont que la conséquence de la politique (nationale) que vous soutenez envers les collectivités locales."

"Toutes ces mesures font partie du plan de redressement qui a été validé par le Préfet, sans quoi nous allions directement vers la tutelle et une augmentation des impôts, et les contribuables vaches à lait n'en peuvent plus".

Madame Fatima Amarir insiste sur le ait que la pénalité n'existe plus, "on a été pas mal sollicités par les parents en colère, l'enfant malade, le parent appelle… Demain, ce même parent ne paye que la facture de la prestation réservée." (Mme Amarir s'emmêle un peu, je lui épargne la retranscription. Le Maire l'invite d'ailleurs à conclure). "L"équipe municipale qui est devant vous est là pour écouter les familles".

"Dans (sa) grande mansuétude", le Maire redonne la parole à Fabien Bénédic. Qui relève (était-ce nécessaire) la drôle de finesse sémantique entre la pénalité supprimée à 5 € et le "coût complet" à 8,50 €… Et invite Xavier Péricat à relire le débat d'orientation budgétaire 2015 de la Caisse des Écoles, qui dément "l'augmentation constante des rationnaires" que l'Adjoint aux Finances avait revendiquée. Quand au règlement intérieur "maintenant plus détaillé", Fabien Bénédic s'étonne qu'il n'évoque plus les enfants de moins de 3 ans…

Philippe Doucet tient un "scoop" : "Xavier Péricat ne soutiendra ni François Fillon, ni Alain Juppé, ni Nicolas Sarkozy", qui proposent des plans d'économie bien plus radicaux que celui du gouvernement actuel. Enfin, "rectifions une fois de plus vos propos : la Ville n'a pas eu en 2014, grâce à la DDU, de baisse des dotations de l'État."

Par vos augmentations, "on sait très bien qui va être pénalisé : les familles qui bénéficiaient de la solidarité collective ; les familles éclatées. Il faut trouver un équilibre entre la solidarité et la responsabilité."

Georges Mothron estime que les 150 milliards d'économie envisagés par l'ex-UMP seront demandés à l'État et non aux collectivités : il semble ignorer que le budget de l'État est de 455 milliards. Prévoit-il vraiment que les salaires des fonctionnaires et leurs retraites seront baissées d'un tiers ?

Mickaël Camilleri, adjoint au Logement, "ne s'étonne pas qu'une partie de la population finisse par traverser la Seine" (!) compte tenu du niveau des impôts. "Pour financer les services publics, il faut ne pas organiser la fuite massive des contribuables". Je vois "un nombre massif de maisons à vendre". (ouh là, on est en plein dans le sujet de la délibération ! mais j'attends avec impatience les statistiques sur la vente de logements à Argenteuil).

L'opposition, dont moi-même, vote contre.