Blog d'Engagés pour Argenteuil

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Tag - Restaurants scolaires

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samedi 1 décembre 2018

Comment va le développement durable d'Argenteuil (ou pas)

par Pierre Belot

Au Conseil Municipal d'Argenteuil, ce 27 novembre, le conseiller municipal délégué au développement durable, Jean-François Ploteau[1], a présenté le rapport annuel sur le développement durable à Argenteuil, en tant que point annuel sur le Plan Climat de la ville.

Saluons la performance du rédacteur : 62 pages, pour peu de nouveau.

On y trouve beaucoup de "suivi", "d'accompagnement", de "sensibilisation". On anime des ateliers, on participe à la semaine européenne machin, à la journée mondiale bidule. De café-rencontre en confection de nichoirs à oiseaux, pour paraphraser François de Rugy, "l'écologie est une opportunité".

Bref, "notre maison brûle" et nous arrivons avec un verre d'eau[2].

Il y a des nouveaux mots aussi. "Grafiteria" pourrait être une boutique de graffitis, mais ça n'existe pas. Il faut lire "gratiferia". Et là, j'apprends que c'est un marché gratuit. J'ignorais également l'existence des candidathèques ou du job dating.

Parmi les "4 enjeux prioritaires", la maîtrise de la consommation.

Un nouveau mot aussi dans cette rubrique, l'intracting…

  • L’intracting est un instrument financier innovant (... comme la titrisation !) qui consiste à créer un fonds pour des petits travaux d’optimisation énergétique, et rembourser les avances grâce aux économies réalisées. En France, ce fonds est abondé à 50% par la commune et 50% par la Caisse des dépôts (CDC). Exemple : une commune verse 100 € et la CDC 100 également. Avec ces 200 €, la commune remplace des ampoules à filament par des ampoules LED. Chaque année, les économies réalisées sont comptabilisées et affectées au remboursement du fonds. Cela suppose, dans cet exemple, un suivi rigoureux des consommations d'électricité. Pour aller plus loin : l'intracting à Struttgart (pp. 7 à 13 de cette présentation en PDF).

Et beaucoup de positif : l'extension annoncée du chauffage urbain, l'éclairage urbain par LED.

Mais quand on voit la température dans la salle du conseil municipal, on peut se demander s'il n'y a pas à faire aussi de ce côté-là !

Les déplacements : le rapport annonce des évolutions qui auraient eu lieu même sans ce plan. Par exemple pour les gares :

  • augmentation places de parking vélos
  • télé-opération par caméra
  • mises en conformité pour l'accessibilité aux personnes à mobilité réduite.

Il y aurait tout un chapitre à ouvrir sur les déplacements en vélo ! Ce qui dissuade beaucoup de gens de rouler à vélo à Argenteuil, c'est l'étroitesse des rues et l'incivilité des automobilistes. Les limitations à 30 ne sont pas respectées. Les chicanes de voitures en stationnement (Coteaux) masquent les vélos aux voitures, et remonter ces rues à contre-sens est une aventure à haut risque, malgré l'autorisation.

Les modes de consommation : on trouve dans cette rubrique un fatras de choses hétéroclites. Exemple : "réduction du gaspillage alimentaire et des émissions de gaz à effet de serre à la cuisine centrale". Quel rapport entre les deux ?

La gaspillage est dénoncé depuis des décennies, avec ou sans Plan Climat. Toutes ces mesures sont assez dérisoires, et la Ville ne parle pas de la mesure qui serait la plus efficace : réduire notre consommation de viande !

L'adaptation au changement climatique

Le rapport vante les ruches en ville, et le "concours de miels métropolitains" risque d'accentuer cette mode. Des spécialistes sont pourtant très sceptiques quant au bien-fondé de ces ruches en ville, qui seraient selon eux une fausse bonne idée, conduisant au déséquilibre d'une espèce d'abeilles par rapport aux autres : mieux vaudraient "des plantations de fleurs sauvages et d’arbustes indigènes".

Ce n'est pas le choix d'Argenteuil, bien qu'elle prétende à une 4ème fleur au jury des Villes fleuries… "en même temps" qu'elle annonce vouloir couper une partie arborée de l'Île Héloïse !

Il y a enfin une partie sur la "sensibilisation des habitants à la nature et à la biodiversité".

On croit rêver.

Les "habitants" sont déjà très sensibles à la nature et à la biodiversité. Ce n'est pas eux qu'il faut sensibiliser. C'est Fiminco, Monsanto, Macron et Cie.

Notes

[1] Adjoint de l'adjoint au maire délégué à l'urbanisme-habitat-espaces verts-environnement-voirie", Gilles Savry.

[2] "Notre maison brûle et nous regardons ailleurs". Chirac au Sommet de la terre, Johannesburg, 2002.

mardi 7 juillet 2015

Conseil Municipal du 7 juillet 2015 : activités scolaires et périscolaires

par Frédéric Lefebvre-Naré

Madame Fatiha Bacha, nouvelle Adjointe au Maire, présente le nouveau règlement intérieur et les tarifs. À l'en croire, éducation et petite enfance étant les priorités de l'équipe municipale, les activités se multiplient, les horaires d'ouverture s'étendent et la tarification est plus favorable aux familles. La pénalité de 5€ en cas d'absence sans décommander, est supprimée.

Fabien Bénédic, pour l'opposition, reconnaît quelques améliorations par rapport au règlement voté en 2014 par la même équipe. Les horaires un peu étendus en vacances scolaires sont une bonne chose. Les règles plus claires sur les annulations sont également un progrès. Le dialogue autour des menus scolaires est une bonne chose.

Mais…!

Si la pénalité de 5€ est supprimée, elle est remplacée par bien pire, spécialement pour les familles à faibles revenus ! Les désistements hors délais seront en effet facturés au "tarif non subventionné", soit, par rapport au tarif normal (au quotient familial) une pénalité de 4,07€ pour les ménages aisés… et 7,10€ pour les plus modestes ! Ceci par repas manqué au restaurant scolaire. Même chose en pire pour les temps périscolaires.

La "Collectivité se réserve le droit de suspendre l'admission d'un enfant" dès le premier retard de 30 minutes ! Fabien Bénédic rappelle gentiment le blocage de la ligne J SNCF qui m'a valu trois quarts d'heure de "pénalité" tout à l'heure.

L'augmentation uniforme de 20 centimes sur le tarif de la restauration représente +5% pour les plus aisés, +17% pour les plus pauvres.

La Ville compare avec d'autres communes… jusqu'à Paris, la plus chère (7 € par repas) mais sans indiquer que Paris offre un repas sur 3 en bio ! Tandis qu'Argenteuil envisageait de supprimer l'entrée

Quant aux "ajustements visant principalement à corriger des incohérences", annoncés par la Municipalité, ils vont jusqu'à +110% d'augmentation ! (pour le mercredi, à la tranche C de quotient familial).

J'avais souligné en commission ce montant délirant… donnant une chance à l'équipe actuelle de corriger sa copie. Peine perdue.

Fabien reprend les exemples de deux familles-types, qu'il avait utilisés par le passé : le coût total passe de 1600 à 2200 € !

"Votre objectif, c'est de réduire le nombre d'enfants accueillis. Et le plus grave c'est que ça marche : 400 enfants en moins en 2014 à la cantine, chiffre annoncé au Conseil d'Administration de la Caisse des Écoles, alors que c'était auparavant +100 à +200 à chaque rentrée". (Et, les équipements étant là, cette moindre fréquentation risque fort de pénaliser les finances de la ville autant que celles des familles).

"Votre politique de droite est dévastatrice pour les ménages Argenteuillais, spécialement les plus pauvres."

Fatiha Bacha répond qu’il n’y a plus de pénalité… « mais un coût majoré non subventionné » !!! La pénalité représentait 9000 € par mois en hiver, 5000 € par mois au printemps, « vous voyez la prise de conscience »

Monsieur Mothron trouve « moral » de payer le coût complet « lorsqu’on se fiche de prévenir », beau procès d’intention envers les parents.

Monsieur Péricat veut "rappeler quelques chiffres" sur les "circonstances dans lesquelles nous sommes". Dans "la plus basse tranche, le repas est à 1,40€, je défie quiconque de trouver un repas à 1,40€".

Mon voisin Nicolas Bougeard m'indique qu'à Colombes, pour les familles les plus pauvres, c'est 0,60 €.

Monsieur Péricat indique le montant des impayés sur la restauration et les activités périscolaires et extra-scolaires : 3 millions d'euros.

"Je n'admets pas que vous considériez que nous prenons les familles pour des vaches à lait", après la hausse de la fiscalité décidée au cours du mandat précédent.

Et "ces augmentations de tarifs ne sont que la conséquence de la politique (nationale) que vous soutenez envers les collectivités locales."

"Toutes ces mesures font partie du plan de redressement qui a été validé par le Préfet, sans quoi nous allions directement vers la tutelle et une augmentation des impôts, et les contribuables vaches à lait n'en peuvent plus".

Madame Fatima Amarir insiste sur le ait que la pénalité n'existe plus, "on a été pas mal sollicités par les parents en colère, l'enfant malade, le parent appelle… Demain, ce même parent ne paye que la facture de la prestation réservée." (Mme Amarir s'emmêle un peu, je lui épargne la retranscription. Le Maire l'invite d'ailleurs à conclure). "L"équipe municipale qui est devant vous est là pour écouter les familles".

"Dans (sa) grande mansuétude", le Maire redonne la parole à Fabien Bénédic. Qui relève (était-ce nécessaire) la drôle de finesse sémantique entre la pénalité supprimée à 5 € et le "coût complet" à 8,50 €… Et invite Xavier Péricat à relire le débat d'orientation budgétaire 2015 de la Caisse des Écoles, qui dément "l'augmentation constante des rationnaires" que l'Adjoint aux Finances avait revendiquée. Quand au règlement intérieur "maintenant plus détaillé", Fabien Bénédic s'étonne qu'il n'évoque plus les enfants de moins de 3 ans…

Philippe Doucet tient un "scoop" : "Xavier Péricat ne soutiendra ni François Fillon, ni Alain Juppé, ni Nicolas Sarkozy", qui proposent des plans d'économie bien plus radicaux que celui du gouvernement actuel. Enfin, "rectifions une fois de plus vos propos : la Ville n'a pas eu en 2014, grâce à la DDU, de baisse des dotations de l'État."

Par vos augmentations, "on sait très bien qui va être pénalisé : les familles qui bénéficiaient de la solidarité collective ; les familles éclatées. Il faut trouver un équilibre entre la solidarité et la responsabilité."

Georges Mothron estime que les 150 milliards d'économie envisagés par l'ex-UMP seront demandés à l'État et non aux collectivités : il semble ignorer que le budget de l'État est de 455 milliards. Prévoit-il vraiment que les salaires des fonctionnaires et leurs retraites seront baissées d'un tiers ?

Mickaël Camilleri, adjoint au Logement, "ne s'étonne pas qu'une partie de la population finisse par traverser la Seine" (!) compte tenu du niveau des impôts. "Pour financer les services publics, il faut ne pas organiser la fuite massive des contribuables". Je vois "un nombre massif de maisons à vendre". (ouh là, on est en plein dans le sujet de la délibération ! mais j'attends avec impatience les statistiques sur la vente de logements à Argenteuil).

L'opposition, dont moi-même, vote contre.