Blog d'Engagés pour Argenteuil

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mercredi 1 mars 2017

41. 45 mètres de haut sur l'île Héloïse #40JeanVilar

par Frédéric Lefebvre-Naré

Ce blog a consacré une quarantaine de billets aux raisons toutes suffisantes d'arrêter le projet de destruction de Jean Vilar, la vente du terrain au promoteur Fiminco censé bâtir sur cette parcelle de 22000 m2, où tiennent tout juste Jean Vilar, son parking et quelques beaux arbres, une multitude d'équipements tous différents.

À ma surprise, il y en a une 41ème : le projet est pire que tout ce que j'avais imaginé.

Nous nous inquiétions de la concurrence directe entre ce nouveau centre commercial et Côté Seine : trop loin pour être desservis par le même parking, trop près pour attirer une clientèle différente. Et Côté Seine a de la marge de développement.

Mais au moins, la Municipalité annonçait des types de commerces nouveaux, absents de Côté Seine.

Eh non : Gilles Savry annonce maintenant prévoir un supermarché. Concurrence directissime.

Nous nous inquiétions du bétonnage d'un espace historiquement naturel. C'était l'un des arguments de notre recours, avec le Comité Jean Vilar, contre la décision de la CDAC.

Mais le Maire assurait vouloir un projet vert, préservant le plus possible d'arbres.

Eh non : le PLU qu'il propose annonce 80% d'emprise au sol, et un arbre tous les … 1000 mètres carrés seulement. Comprendre que ceux dans le square actuel seraient conservés, que l'élégant jardin entre Pierre Dux et Héloïse sauterait, et que pour le reste il faudra se contenter de pots de fleurs.

Je pensais que le bâtiment monterait à au moins 20 mètres, voire 30.

Mais la Municipalité insistait sur sa bonne intégration avec le centre ville : il masquerait même certains éléments architecturaux peu appréciés de l'actuelle entrée de ville…

C'était peu dire ! Le PLU prévoit de monter à 45 mètres sur 8% de l'emprise, soit 1800 mètres carrés (30 m x 60 !) ! Et à 30 mètres de haut sur 24% de plus, soit 5400 m2 ! C'est le "château" de l'école de Musique qui va être écrasé, avec ses 8 ou 10 12 ou 15[1] mètres de haut.

La présentation du projet indique "répondre à des objectifs de densification". C'est peu dire.


Et ce soir 1er mars, la Municipalité présentera son "rapport sur le développement durable d'Argenteuil", avec de belles perspectives sur 2017 et au-delà, mais sans un mot, m'a-t-il semblé, sur ce projet aberrant.

Attention : seule la mobilisation des Argenteuillais(es) pourra l'arrêter. Sinon, peut-être s'arrêtera-t-il de lui-même en 2019 ou 2020 faute de viabilité économique, mais en nous laissant en entrée de ville une nouvelle friche Henri Barbusse, un nouveau trou Balzac et une salle de fêtes provisoire, en toile en ou algeco, aussi peu "durable" que le grand projet du Maire.

Pour dire STOP, il y a un cahier d'enquête publique en Mairie, service Droit des sols au rez-de-chaussée à gauche, ouvert en permanence (sans passer par la file d'attente de l'accueil) aux heures d'ouverture de l'Hôtel de Ville.

Notes

[1] 3 étages et un toit. Sans doute plus de 15 mètres pour le clocheton ! Correction du 17 janvier 2018.

vendredi 18 novembre 2016

31 (et 200). Priorité au centre ville historique, comme disait Georges Mothron !

par Frédéric Lefebvre-Naré

31ème de 40 raisons toutes suffisantes d'arrêter la vente de Jean Vilar au promoteur Fiminco et la construction de 60000 m2 sur cette parcelle.

Et 200ème billet sur ce blog argenteuillais et engagé — merci pour votre fidélité au long de ces 3 ans !

En commentaire au billet précédent, "Moirsol" remarquait :

La tendance en aménagement urbain est de faire en sorte que l'humain retrouve sa place dans la ville en ne favorisant plus le "tout pour la voiture", nos édiles foncent droit dans le mur avec de tels projets. Si celui-ci aboutit Argenteuil ne déclinera que davantage.

Que l'humain retrouve sa place dans la ville. Comment les partisans d'un "Argenteuil que nous aimons" ont-ils pu l'oublier ?

Lire les 3 minces tomes d'Argenteuil au XVème siècle, d'Eliane Hartmann (1996-1998), est une expérience saisissante : cent traits de la société argenteuillaise d'aujourd'hui étaient déjà bien tracés à l'époque. La rue des Gobelins n'a pas bougé, ni la rue de Seine, ni la rue "où vit l'Évêque" (qui y avait une maison), ni la rue "Pierre Guienne" (la pierre du gué). Les réfugiés de pays en guerre inquiétaient. La débrouille et le système D constituaient le sport communal. Des bagarres trop alcoolisées tournaient mal. La richesse venait de Paris, ou de l'étranger (l'Angleterre à l'époque). Il y avait des "friches urbaines", des maisons à l'abandon après la crise. Mais tout le monde travaillait. La première puissance locale était une communauté religieuse, qui étendait son emprise sur le commerce local et rabotait le pouvoir du Maire. Les Argenteuillais ne la ramenaient pas — pas de dépenses de prestige, pas de façades princières, pas de rayonnement culturel — mais ils veillaient les uns sur les autres. Aux fêtes, on faisait processions.

220px-Argenteuil-Carte_de_Cassini1.jpg

Quelle autre ville, en Ile-de-France, a ce trésor[1] ? Ce patrimoine vivant, humain, imprimé sur la trame des rues et sur le paysage, transmis à travers le renouvellement des générations et des couleurs de peau ?

Après six siècles, guerres, révolutions, industrie, villes nouvelles, désindustrialisation, après six siècles Argenteuil est toujours Argenteuil. Entre Seine et montagne. La géographie a été la plus forte. Le petit bras de Seine a été remblayé au début du XIXème siècle, c'est le boulevard Héloïse, large et bosselé. Les piétons accèderaient donc à la Seine à pied ;-) … si une 4 voies n'était venue barrer la route. Le grand marché, jadis entre l'église (la Basilique) et l'abbaye, s'est déplacé sur l'ancienne île. Les commerces, jadis concentrés autour de l'église, sont montés un peu au Nord, sur Gabriel Péri, entre la basilique et la gare : les plus modernes sont les plus au Nord, les plus en difficulté près de la basilique.

Il ne faudrait pas grand chose pour que tout cela tienne. Que la prospérité revienne. Que l'ensemble se rééquilibre, vers la Basilique et vers la Seine. Quelques promenades tracées, quelques allées cyclables, quelques spectacles en plein air, quelques artisans visibles des fenêtres[2], quelques visiteurs et touristes étrangers pour nous aider à voir ce que nos yeux ont fini par trouver banal.

Il avait bien raison, en avance sur son temps, ce conseiller municipal qui, il a 20 ans, votait contre le projet "Côté Seine" parce qu'il y manquait l'essentiel : la revitalisation du centre ville. Il craignait le bétonnage et « l'impact sur le petit commerce ».

Finalement, ce conseiller devenu Maire, Georges Mothron, a transformé le projet, selon lui, pour le rendre très bien :

« Nous avons mis l'accent sur la nécessité d'un nouveau plan de circulation, afin que l'accessibilité à Côté Seine, ainsi qu'à tous les commerces de proximité, soit facilitée. L'originalité de cet édifice commercial est de se situer en centre-ville, d'offrir une architecture harmonieuse et, enfin, de s'intégrer le mieux possible dans le tissu urbain existant. »

Harmonie, intégration, circulation, commerces de proximité.

Et l'humain retrouve sa place dans la ville.

Si nous arrêtons le mégaplexe Fiminco.

Notes

[1] Carte de Cassini, extrait sur wikimedia, repris de ce blog.

[2] Au Moyen-Âge, les fenestres étaient des volets en bois horizontaux que l'on relevait, comme les façades des camionnettes de marché. La fenestre ouverte, l'artisan travaillait à la lumière du jour.

dimanche 13 novembre 2016

25. Zéro coordination avec l'autre côté de la Seine

par Frédéric Lefebvre-Naré

Le projet de mégaplexe à la place de Jean Vilar devrait se faire sans aucun financement du Territoire Boucle Nord, alors même que ce grand équipement culturel bénéficierait évidemment aux habitants de Colombes, Gennevilliers ou Asnières qui habitent plus près du pont d'Argenteuil que beaucoup d'Argenteuillais !

Il y a plus incroyable encore : une énorme zone d'aménagement, très hypocritement nommée "Arc Sportif", se déploie à 400 mètres au Sud de Jean Vilar, sur ce même territoire Boucle Nord, et pas la moindre coordination n'apparaît entre les Municipalités concernées.

  • Pas le moindre avis de la Municipalité d'Argenteuil sur l'Arc Sportif, aucune mention de ces équipements dans le projet de mégaplexe,
  • Pas la moindre évocation du mégaplexe par le Municipalité de Colombes, pas la moindre prise en compte de ce projet argenteuillais dans l'étude de l'Arc Sportif.

À 400 mètres !

Bien sûr je ne demande qu'à être démenti et à apprendre que tout cela se fait dans la plus parfaite coordination (… donc dans la plus totale opacité).

Mais soyons positifs et constructifs, voici à l'attention des Argenteuillais quelques éléments sur l'Arc Sportif[1] :

  • Environ 1900 logements, dont 20 % seront des logements sociaux — donc environ 5000 habitants supplémentaires à proximité immédiate de Jean Vilar et du centre ville d'Argenteuil ;
  • Des équipements sportifs dont un "structurant",
  • 15000 mètres carrés environ de commerces dont "en option" une grande surface commerciale jusqu'à 4500 m2 (soit plus du double des Fnac d'Herblay ou Gennevilliers), à la place de l'ancien siège Thalès, donc à 500 mètres du projet de mégaplexe,
  • une "ceinture verte" au Nord et au Sud de l’A86, qu'il n'est malheureusement pas prévu de prolonger vers le pont d'Argenteuil;
  • un "cône de vue" ouvert vers la Seine… précisément face au projet de mégaplexe !

Arc_sportif.png

Voilà qui mériterait quelque débat. Public. À Jean Vilar ? :-)

Notes

[1] Le plan ci-dessous en est extrait, avec les compléments vers le Nord esquissés par votre serviteur.

mercredi 9 novembre 2016

22. Non à Fiminco car il y a un meilleur projet : celui de Georges Mothron, "Quai de Seine"

par Frédéric Lefebvre-Naré

Ce lundi, avant la victoire pas tout à fait annoncée mais plausible de Donald Trump, je faisais une pause dans la série des 40 raisons toutes suffisantes de dire NON à la vente de Jean Vilar au promoteur Fiminco, et à son projet de 40000 m2.

Je proposais de "réfléchir ensemble à l'avenir de cet espace, cœur et patrimoine d'Argenteuil", et demandais : "Que suggéreriez-vous pour Jean Vilar ? Pour les commerces, les logements, les spectacles, le cinéma à Argenteuil, l'accès aux berges de Seine ?"

Les trois premières réponses ont consisté à me retourner la question ! J'espérais mieux :-) mais cette réaction est légitime : une lectrice ou lecteur de nos critiques envers ce projet insensé, peut bien se demander si nous avons en tête des projets sensés.

Évidemment, la question du meilleur projet restera ouverte — tant que le monstre annoncé ne sera pas empilé sur la pauvre parcelle de Jean Vilar, il restera possible d'imaginer et développer des alternatives.

Mais rassurons-nous tout de suite : oui, de bien meilleurs projets, il en existe !

À commencer par celui que Georges Mothron, Maire d'Argenteuil et même député-Maire à l'époque, a fait valider par la Commission départementale d'équipement commercial (CDEC) du Val-d'Oise, le 24 avril 2007 : le projet "Quai de Seine". Un centre commercial de près de 10000 m2, l'équivalent du rez-de chaussée de Côté Seine, ce qui permettrait d'accueillir les différents magasins successivement espérés : bricolage, jardinerie, "Fnac"… sans construire de gratte-ciel qui fermerait le paysage avant le fleuve.

Le site idéal est celui de l'actuel Parc des Berges, ce qui permettrait de transférer le parc sur la partie Sud-Ouest de l'île Héloïse, bien plus grande et agréable, l'ancienne "Promenade", d'ailleurs inconstructible. (Une amie de passage à Argenteuil nous plaignait pour notre pelouse pelée entre quatre quatre-voies… nous Argenteuillais pouvons ne pas en voir la misère, car nous nous souvenons de la friche antérieure, encore pire !).

La salle Jean Vilar resterait la salle Jean Vilar ! Sa structure est superbe et adaptée. Elle a besoin, je présume, d'être désiamantée (travail contraignant, mais inévitable aussi dans le projet Fiminco), l'aménagement intérieur a besoin d'être refait, notamment pour l'acoustique. (Complément : il semble plutôt qu'elle ait besoin d'être reconstruite, cf. billet 28).

La salle Pierre Dux pourrait être reconstruite en auditorium pour l'école de musique et la musique classique en général. La salle actuelle, sujette aux vibrations, est inconfortable et inadaptée à la musique. Des cloisons intérieures dans Jean Vilar permettraient de recréer une salle de fêtes, réunions ou banquets de taille intermédiaire.

Cette offre de salles serait évidemment d'intérêt intercommunal, à quelques hectomètres de Colombes, Gennevilliers et Asnières, qui font partie du même territoire au sein du Grand Paris. Un financement par ce territoire serait tout naturel.

Si le terrain du parc des Berges était vendu au promoteur des commerces, sachant qu'il est de même taille que celui de Jean Vilar et mieux situé, et que le projet architectural serait bien plus facile à réaliser (peu de charge au sol, pas de cuvelage), nous pourrions sans doute le vendre plus de 20 millions[1], ce qui financerait le reste. Certes, nous vendrions de nouveau une partie de l'île (comme à Pathé avant 2001), mais au moins nous garderions en propriété communale un ensemble continu du pont jusqu'à la pointe de l'île et à la rue Verte.

Les magasins auraient un accès direct à la 4 voies par le rond-point Dassault : cela permettrait (contrairement au projet Fiminco) de passer la voie sur berges à 2x1 voies, avec l'autre moitié de la surface pour le vélo et la promenade, tout le long de l'île.

En matière de cinémas, Argenteuil a déjà un bel équipement, dans la moyenne du département. Il reste à le faire vivre : étendre les horaires d'ouverture, aménager le parking et les itinéraires du parking au Figuier Blanc, rejoindre les billetteries par internet… et faire marcher le bar / snack !

Enfin, la municipalité Mothron, se découvrant adepte du bétonnage, a prévu 145 logements sur cette seule parcelle inondable de Jean Vilar ! Il va sans dire qu'il vaut mieux y renoncer purement et simplement. Et préférer reconstruire en zone naturellement constructible, sur les friches et les parcelles dégradées, en particulier aux alentours de la gare, où beaucoup de bâtiments sont obsolètes.

Je serais heureux de voir un éco-quartier, un peu à la façon danoise, réhabiliter et transformer les bâtiments de l'ancien hôpital d'Argenteuil, rue Pierre Guienne : cette rue était déjà construite et habitée au Moyen-Âge ! quel dommage qu'elle soit à l'abandon. L'éco-quartier pourrait se prolonger sur toute l'emprise du centre technique, qui serait bien plus commodément installé dans la ZI près d'Otis. (Complément : et sur la parcelle de l'ex-gendarmerie, qui s'est rapidement transformée en parking sauvage sinon en dépotoir…).

Ce ne sont que des exemples ; certains y reconnaîtront les idées qu'ils m'ont suggérées !

Est-ce que ce projet, "Mothron 2007+", ne serait pas cent fois plus prometteur, plus agréable à vivre, et plus rentable économiquement, que le projet "Mothron 2016" ?

Notes

[1] Correction du 24 novembre : non ! Une valeur pareille supposerait la construction de 100 logements ou plus, comme le Maire l'a prévu sur le terrain de Jean Vilar, mais ce n'est pas ce que je proposerais, ni sur Jean Vilar, ni sur l'actuel parc des Berges. Avec des activités commerciales seulement, le prix de vente sera moindre.

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