Blog d'Engagés pour Argenteuil

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dimanche 4 novembre 2018

Une écologie sans lobbies et sans taxes : possible ? Retour sur 3 faits marquants d’octobre 2018

par Bernard Rols

L’actualité a été dramatique : nous déplorons 14 victimes, conséquence des inondations dans le département de l’Aude.

Nous nous associons à la douleur des familles endeuillées et des habitants des communes sinistrées.

Il est facile de déclarer que les épisodes cévenols sont imprévisibles dans la région languedocienne ; qu’à la mi-octobre, la température de la Méditerranée était exceptionnellement élevée (22°) provoquant des orages particulièrement violents.

Il est aussi facile d’accuser Météo France pour ne pas avoir mis la veille ce département en vigilance rouge.

Pour autant, le danger réel de crues catastrophiques était bien connu des Pouvoirs Publics.

Pour les communes de l’Aude dévastées, puis classées en Catastrophes Naturelles par arrêté pris au 17/10/2018 permettant aux assureurs d’indemniser les victimes, des Plans de Prévention des Risques d’Inondations (PPRI) avaient déjà été validés.

Pourquoi, alors, des quartiers entiers d’habitations, construits récemment, ont-ils été inondés ?

Les départements du Littoral en Languedoc (et la région PACA n’est pas mieux lotie) subissent, depuis des décennies, le bétonnage intensif d’anciennes parcelles agricoles (souvent viticoles) sous la pression immobilière de promoteurs cupides.

Beaucoup d’élus locaux, confrontés aux difficultés économiques de leurs territoires, déplorant la baisse de leur population, livrent ceux-ci aux grands groupes du BTP quand il n’y a pas en plus, des « arrangements locaux » entre les parties.

Un PPRI définit 3 zones pour les constructions : rouge, bleue et blanche.

Devrons-nous légiférer pour que la délivrance des permis de construire (lotissements, zones commerciales ou industrielles) dans les zones critiques, ne soit plus de la compétence administrative des maires et des présidents d’agglomérations ou des communautés de communes, et pour qu'elle relève directement du Ministère de la Transition écologique et solidaire ?

L’autre actualité particulièrement atterrante a été la révélation de plusieurs naissances de bébés, en Bretagne et dans l’Ain, sans bras ou sans mains. Au moment où j’écris ces lignes, 11 nouveaux cas dont certains remontent à 10 - 15 ans, ont été recensés par les hôpitaux de l’Ain.

Certains mettent en cause l’utilisation de pesticides dont le glyphosate dans l’agriculture productiviste.

Aux dernières nouvelles, les ministres de la Santé et de la Transition écologique lancent de nouvelles investigations. Madame Agnès Buzyn, ministre de la Santé ne privilégie aucune hypothèse.

Certes, les pesticides sont utilisés partout en France, alors que ces malformations sont localisées dans 2 ou 3 départements ; mais ces bébés sont tous nés dans des territoires ruraux.

Les seules statistiques ne peuvent expliquer la fréquence élevée de ces malformations congénitales.

L’interdiction totale des pesticides dangereux pour notre santé et pour l’environnement devrait être appliquée immédiatement, dans l’intérêt général, même si je dois reconnaître que leur emploi garantit aux agriculteurs une production moins dépendante des aléas climatiques.

Il nous faut par ailleurs revoir en profondeur notre agriculture productiviste et nos modes de consommation ; il nous faut privilégier la production locale et de saison, évitant les traitements superflus nécessaires pour le transport et la conservation des récoltes.

La troisième et dernière actualité du mois, qui concerne notre pouvoir d’achat, porte sur l’augmentation des taxes sur les carburants, décidée par le Gouvernement pour nous inciter à la transition énergétique et à la lutte contre le réchauffement climatique.

Notre Premier Ministre a déclaré devant les députés : « nous avons indiqué très tôt que si nous voulions mettre en place la transition énergétique, il fallait envoyer un signal prix ».

Les « pics de pollution » restent problématiques dans les grandes agglomérations comme la nôtre. Et la pollution atmosphérique est responsable d'un décès sur 11 en France.

Néanmoins, ce « signal prix » est violent et surtout discriminatoire pour une majorité de Français.

Il est vrai que par habitude, nous effectuons souvent en voiture, de courts trajets qui pourraient être fait à pied, en vélo ou en transports en commun.

Ceci étant, à l’inverse de l’agglomération parisienne et des grandes métropoles régionales, l’offre de transports en commun dans les villes moyennes est peu fiable (fréquence de passage des bus trop faible, voire inexistante en fin de soirée et le dimanche)

En milieu rural ou semi urbain, l’utilisation de la voiture n’est plus un choix personnel, mais l’unique moyen pour se déplacer.

Mes détracteurs me rétorqueront qu’il faut investir dans les voitures électriques.

Bien sûr, mais aujourd’hui, en ce qui concerne les batteries usagées des voitures électriques, les perspectives de valorisation sont plutôt au reconditionnement qu’au recyclage ; en clair, ce n'est pas tout à fait au point.

Ayons aussi l’esprit cartésien.

La grande majorité des véhicules n’a pas la voie publique comme lieu de garage. Dans l’hypothèse où les voitures électriques remplaceraient les véhicules actuels, nous devroins alors avoir des « forêts » de bornes de rechargement sur les trottoirs.

Nous voulons sortir du « tout nucléaire » compte tenu de l’âge avancé de nos centrales nucléaires.

Comment pourrions-nous sortir du nucléaire si dans le futur, toutes les nuits, nous rechargeons nos voitures électriques en sus de nos téléphones portables, de nos tablettes numériques, nos télévisions et nos ordinateurs laissés inutilement en veille ?

Restons sérieux, ce n’est pas pour demain que les énergies renouvelables remplaceront l’énergie nucléaire, si nous augmentons considérablement notre consommation d’électricité.

J’ai plutôt le sentiment que le lobby des constructeurs automobiles veut désormais nous « vendre » de la voiture électrique comme il y a 2 décennies, il avait promu le diesel. Il n’était alors pas question à des « particules fines » cancérigènes.

La transition énergétique et la lutte contre le réchauffement climatique sont une question de survie pour les prochaines générations, mais en aucun cas, elles ne doivent être faites de manière aussi brutale et punitive.

Des mesures non coercitives peuvent être mises en place ; en voici quelques unes qui me semblent être consensuelles :

  • développement et modernisation accélérés des transports en commun (ferroviaire, bus électriques)
  • gratuité de tous les moyens de transports en commun en prévision et pendant les pics de pollution avec l’obligation pour les opérateurs publics (SNCF RATP) et privés d’assurer ces jours là, leurs prestations de Service Public
  • en contrepartie, il pourrait être envisagé lors des pics de pollution, la fermeture de certaines voies périphériques ou d’autoroutes urbaines obligeant l’utilisation des transports en commun
  • prioriser le transport ferroviaire sur le transport routier (trop de convois de camions sur nos autoroutes)
  • gratuité systématique des parkings au pourtour des gares et en entrées des centres villes
  • développer encore plus le covoiturage (à Los Angeles, la voie de gauche sur les autoroutes est exclusivement réservée aux bus, taxis et aux véhicules transportant au minimum 2 personnes)
  • taxer plus lourdement les véhicules à forte puissance (les 4x4) et les grosses cylindrées
  • aides financières ou crédits d’impôts à hauteur minimum de 50 % des frais engagés pour le remplacement sous 5 ans des chaudières au fioul
  • accélérer l’isolation thermique des logements en les recensant
  • campagnes publicitaires régulières (sur le modèle de la Sécurité Routière) pour inciter les Français à se déplacer autrement.

Nous avons pris conscience des conséquences futures du réchauffement climatique : nos mentalités sont en train d’évoluer dans le bon sens.

Nombreux sont ceux qui n’ont pas attendu l’augmentation du prix de l’essence pour limiter leurs déplacements automobiles.

La voiture n’est plus un signe de propriété et de reconnaissance sociale pour la jeune génération urbaine.

Plutôt que de pénaliser par des taxes, pourquoi ne pas employer la « tolérance zéro » pour les stationnements en double file, à cheval sur le trottoir particulièrement près des écoles…, pour dissuader d'utiliser son véhicule sur de courts trajets ?

En revanche, la contrainte fiscale alimente à court terme le populisme et engendrera de graves troubles sociaux si les prix des carburants ne restent plus à la portée des personnes aux revenus les plus précaires.

Dans notre longue histoire, les révolutions ou les émeutes populaires ont souvent eu pour origine, non pas l’oppression et l’absence de liberté, mais l’augmentation du prix du pain ! L’essence est (malheureusement) encore le « pain » de notre société et de notre économie.

En résumé, les prémices du réchauffement climatique devenant visibles, devant l'impossibilité actuelle de renoncer entièrement aux énergies fossiles et au nucléaire, chacun, chacune d’entre nous doit aller vers sa gestion maitrisée de sa propre consommation d’électricité et d’essence.

En diminuant ainsi volontairement notre consommation d’essence, l’argumentation de l’État pour justifier l’augmentation des taxes sur les carburants deviendra plus difficilement soutenable, et notre balance commerciale déficitaire depuis plusieurs années s’en portera mieux.

Refusons de nous laisser taxer par Bercy. Devenons civiques et responsables. Ne consommons en énergies non renouvelables que le « strict nécessaire ».

vendredi 29 juin 2018

Conseil municipal, 29 juin 2018 : notre centre ville a-t-il un avenir ? (live)

Le Conseil applaudit le remplaçant de Mickaël Camilleri : Fabrice Trichot.

Heureusement qu'il est là pour éviter que les rangs de la majorité ne soient trop déserts.

Conseil_29juin2018.jpg

Le Maire Georges Mothron fait une "courte intervention" liminaire sur le drame qui a touché une famille au centre commercial Côté Seine, la mort du petit Ismaël ; il souhaite que l'instruction avance vite.

Le Maire salue Mme Clavel, sous-préfète qui a quitté ses fonctions il y a quelques jours, "même si nous avons parfois eu des désaccords".

(Au titre du comité Jean Vilar, je la remercie également : elle avait accepté de nous recevoir ; le Maire, à ce jour, non).

La candidature au 2ème appel à projets 'Inventons la métropole" vient de cette collaboration.

Le Maire évoque le passage souterrain sous la gare : la SNCF dit que la solution "trouvée en son temps pour maintenir l'accès libre ne lui permet plus de lutter contre la fraude" : "Nous avons obtenu de la SNCF que tous les riverains jusqu'à l'A15 y gardent accès" (avec un badge ad hoc).

L'effondrement d'un mur de soutènement de l'A15 a paralysé les rues d'Argenteuil pendant "6 longues journées invivables pour les Argenteuillais mais aussi les acteurs économiques du territoire. L'entretien de l'ouvrage était défectueux, nous avons signalé il y a 2 ans des fuites de sablons, j'attends toujours les retours des services de l'État (DIRIF). Nous devons aussi nettoyer à nos frais les dépôts sauvages sur les voies d'accès. Nous avons dû mettre nous-mêmes en place les signalisations en centre ville pour avertir de la fermeture de la bretelle d'Orgemont (suite à l'effondrement du mur). Nous n'avons eu aucun renfort de forces de l'ordre. Cette situation est inadmissible, quand ce même État réduit en même temps notre liberté financière.

Il nous appartiendra de nous prononcer sur le 'contrat' qui nous est proposé par l'État, visant à limiter nos dépenses de fonctionnement. Donner moins pour demander plus, telle semble être la nouvelle devise de l'État.

Le dédoublement des CP et de CE1 en REP+ nous demande d'ouvrir 61 classes à la rentrée prochaine, plus 10 en raison de l'augmentation des effectifs ! ce sont aussi des frais de personnel et d'entretien qui viendront s'ajouter au budget."

Philippe Doucet répond (un peu plus tard) que "c'est la SNCF qui a décidé de détruire la passerelle et de la remplacer par un souterrain. La carte d'accès que propose la SNCF ne serait pas systématiquement accordée aux habitants de Joliot-Curie."

"Sur l'A15, nous pensions qu'il y aurait une motion ce soir à ce Conseil ! Sur la voirie départementale, il y a des vérifications décennale des infrastructures lourdes. Pour ce qui relève de l'État (DRIF), l'état de l'A15 comme de l'A86 nous amène à l'état d'un pays du tiers monde. Et on nous annonce comme calendrier de réouverture : début 2019 ! C'est du mépris de la part de l'État. Nous regrettons que vous soyons moins réactif que Mme Cavecchi" (présidente du Conseil départemental du Val d'Oise).

M. Pierre Abrinas présente la candidature d'Argenteuil à l'appel à projets "centres villes vivants" de la Métropole du Grand Paris. Avec le budget demandé, nous :

  • ouvririons un lieu partagé dans une coque actuellement vide,
  • mettrions en place une gouvernance coopérative,
  • organiserions un événement d'ampleur régionale, par exemple des "rencontres du commerce connecté".

Philippe Doucet compte "8 nouvelles sandwicheries ouvertes sur la rue Paul Vaillant-Couturier, alors que la Ville avait adopté la possibilité de choisir la nature des commerces (décret Dutreil). Nous présenter des "rencontres du commerce connecté" ! Si ce n'était triste, ce serait comique."

Le Maire répond que Philippe Doucet a annoncé au nom d'AB Habitat une "boucherie traditionnelle" sur Gabriel Péri, qui a été attendue 2 ans 1/2, et une fois installée, s'est avérée une nouvelle boucherie hallal. "Les Argenteuillais espéraient de la diversité. Vous les avez trompés. Vous saviez qui vous faisiez venir".

Insistant pour obtenir la parole,… je "suis heureux de saluer deux éléments positifs dans cette candidature.

  • D'abord son existence. Nous, Argenteuil, voyons tellement de trains passer sans y monter, qu'essayer de prendre celui-ci, c'est déjà quelque chose.
  • Ensuite, la 2ème des trois actions que vous demandez au Grand Paris de financer : l'idée d'une gestion coopérative des espaces du centre ville. J'ai déjà eu quelques occasions, dans ce Conseil, de le recommander, puisque l'union nationale du commerce indépendant a lancé cette formule depuis deux ans, avec l'accord des pouvoirs publics. Nous pouvons recréer une vie commerçante, une relation de travail entre commerçants indépendants, autour d'intérêts communs que ont la circulation, le stationnemet, l'animation et les festivités, et la communication de tout cela.

Malheureusement, pour le reste, cette candidature me semble tissée de généralités creuses, et très loin des difficultés mais aussi du potentiel de notre commerce de centre ville.

Entendre qu'on va organiser des rencontres du commerce connecté, il faut se pincer pour le croire : y a-t-il dans notre centre ville un seul commerce connecté ? Il y a bien les nouvelles bornes de stationnement, mais j'ai peur que leur électronique moisisse quand elles sont bâchées depuis 6 mois, à Jean Vilar et la plataneraie.

Notre problème c'est la nature et l'attrait de l'offre commerciale du centre ville dans son ensemble. Le problème, c'est que nous n'ayons le choix qu'entre sandwicherie, ou coque vide. Pourtant les possibilités de développer notre centre ville sont multiples, vous me permettrez d'en citer cinq qui répondent tous aux objectifs de la Métropole.

  • Premièrement, comment appuyer notre commerce sur la richesse culturelle de la ville ? Quelles offres de shopping, de jeux, de restauration, en complément du cinéma, des spectacles à la Cave ou au Figuier Blanc ? On dit partout que les centres commerçants qui restent attractifs à l'ère d'internet, ce sont ceux qui créent l'événement culturel, social : mais il y a zéro idée là-dessus dans votre candidature.
  • Deuxièmement, comment valoriser l'image internationale d'Argenteuil, liée à Monet et à l'impressionisme ? Vous avez demandé au comité départemental du tourisme une étude ; elle semble avancer à la vitesse de l'escargot malade, mais je suis sûr qu'entre votre équipe et l'association Eau et Lumières à laquelle la Ville a versé une coûteuse adhésion[1], il aurait pu y avoir quelques idées aussi.
  • Troisièmement, comment faire du parking PVC un véritable parking de centre ville, élément de l'offre commerciale et culturelle, point d'entrée vers les différents commerces ?
  • Quatrièmement, comment faire la transition de la géographie actuelle du centre, vers Argenteuil Littoral et la future gare de la tangentielle ? Vous dites, M. le Maire, qu'elle mettra longtemps à arriver, mais de toute façon il faut des décennies pour réorganiser un commerce de centre ville, alors autant commencer maintenant ! Le blocage du souterrain est l'exemple de ce qu'il ne faut pas faire. Une usine à gaz, alors qu'il aurait suffi de déplacer les portillons.
  • Cinquièmement, comment utiliser les espaces extérieurs ? Nous en avons énormément qui ont un très beau potentiel , entre l'esplanade Allende, le parvis de la basilique, l'île Héloïse bien qu'elle soit un peu plus loin, et bien sûr l'avenue Gabriel Péri ! depuis 20 ans tout ce qui a changé à Gabriel Péri c'est de la peinture jaune pour marquer les accès pompiers. Alors qu'elle a une localisation, un flux de passage, notamment de non-Argenteuillais, et une diversité, à rendre jalouses la plupart des grandes villes. Mais nous la laissons dépérir.

Pour résumer, tout ce que vous prétendez vouloir créer sur le site de Jean Vilar, nous l'avons déjà, à condition de le mettre en valeur, et cet appel à candidature en était l'occasion.

Alors je serai heureux si notre candidature est acceptée et que la ville reçoit les subventions demandées, mais je trouve désolant qu'elle présente une candidature aussi peu convaincante, aussi plate et aussi loin des enjeux."

Franck Debeaud fait (pendant que je colle ce qui précède) une intervention sévère que je lui demanderai (je me repose les doigts) ; notamment, la "concertation entre acteurs du commerce" le "laisse pantois" : "permettra-t-elle de remettre en cause votre politique de stationnement, et le projet Cap Héloïse ? Le passage annoncé de Cap Héloïse vers le centre ville est purement fictif."

"Toute l'opposition", dit le Maire, donc Franck Debeaud, le groupe TFdEA et moi-même, nous abstenons.

Tout le reste de ce Conseil dans un autre billet.

Notes

[1] Coûteuse pour une adhésion : en termes de subventions, des associations reçoivent beaucoup plus.

mercredi 1 mars 2017

Réunion de quartier des Coteaux, re-fusion du quartier du Moulin d'Orgemont avec Orgemont-Joliot

par Frédéric Lefebvre-Naré

Ce mercredi 1er mars 2017, en toute fin de Conseil Municipal, le Maire mettra au vote quelques changements dans la "démocratie participative" à Argenteuil :

  • Il n'y aura plus qu'une réunion publique par quartier et par an ;
  • Il n'y aura plus que 6 quartiers au lieu de 7 : la Municipalité re-fusionne, deux ans après les avoir distingués, les deux quartiers d'Orgemont séparés par l'A15 (Cf. le document "2014-2020" sur le site de la Ville).

Il n'avait été question d'une telle re-fusion, ni à la… réunion de quartier du Moulin d'Orgemont (Les Larris / la Colonie), que Bernard vient de raconter, ni au comité de quartier où je siège.

Profitons donc des quelques réunions qui restent concédées… Pour celle des Coteaux jeudi dernier 23 février, voici une compilation de mes tweets, revus pour Facebook.

1er intervenant : Veolia présente le "service de l'eau potable".

Reunion_quartier_23fev17.png

Le comité de quartier présente son bilan : 25 réunions tenues dont 5 plénières. Concours de dessins d'enfants. Un changement de sens de circulation. Un cahier des charges pour le terrain Védrines/Poitou.

Alain Leikine a obtenu "que les principaux industriels rejoignent le Conseil économique d'Argenteuil" (mais ça ne suffit pas). "Une équipe a déterminé les filières sur lesquelles nous pourrons mobiliser les acteurs". 5 projets économiques[1] :

  • 1 "créer un pôle régional de l'entrepreneuriat et de l'innovation"
  • 2-3-4 "s'inscrire dans" des pôles de compétitivité et filières
  • 5 "améliorer l'attractivité (certes !) des parcs d'activité".

Gilles Savry présente les "3 secteurs en contrat d'intérêt national", dont le croissant ferré. Gilles Savry déplore le "millefeuilles administratif" qui rend tout compliqué, Grand Paris etc. Gilles Savry a, dit-il, négocié un transport en commun en site propre (TCSP) vers Pont de Bezons "dès l'arrivée" de la nouvelle équipe. (Mais cela a commencé bien avant cette arrivée ;-) ).

Gilles Savry annonce l'objectif de "80000 m2 d'immobilier d'entreprise" sur la Porte Saint-Germain, "30 à 40000 m2" d'immobilier d'entreprises le long de la gare d'Argenteuil côté Nord.

Gilles Savry annonce les premiers coups de pioche pour détruire Jean Vilar "les mois qui viennent". Il annonce un supermarché sur l'îlot Héloïse (Géant, à 400 mètres, va être content), et 100-150 appartements … et prétend que le projet sur Héloïse "s'intègre à la ville". Une blague : ce terrain en bord de Seine serait construit à 45 mètres de haut ! J'avais annoncé sur ce blog "au moins 20 mètres", j'étais loin d'imaginer le délire. Les intervenants de la Municipalité critiquent au passage Qwartz comme mal intégré à la ville, mais Qwartz a été construit en zone industrielle… et ne grimpe qu'à 26 mètres.

Jean Vilar fermé cet été, on créera une salle provisoire pour 18 mois à 2 ans. La nouvelle : 2019-2020. Ça peut durer car, sur l'île Héloïse, "quand on creuse il y a la Seine". Eh oui !

Présentation du nouveau site de la Ville. "La page la plus consultée de argenteuil.fr, ce sont les menus des cantines scolaires". (Mais il faut 6 clics pour y arriver !).

Philippe Vasseur sur TellMyCity : 4011 problèmes ont été signalés, surtout de propreté, voirie… en quelques mois à Argenteuil.

Question des habitants présents.

1ère question : "Dans cette réunion, on a parlé de tout Argenteuil sauf des Coteaux. On fait quoi ?"

Xavier Péricat annonce l'embauche de policiers municipaux (pour la 3ème année de suite, et sans effet jusqu'ici : leur nombre est passé de 39 à 23 depuis l'arrivée de la nouvelle Municipalité).

Réponse à une question sur les ménages ou immeubles les plus en difficulté : "On a des réunions avec les acteurs pour définir les projets qui concernent les publics et les quartiers." Waouh. Politique de la ville, politique du vide.

Question sur la fibre qui ne vient pas : Georges Mothron : "On (l'État) a imposé SFR à Argenteuil, on a perdu au moins un an. SFR a commencé par le Val d'Argent Nord où il y a le moins de clients potentiels directs."

Gilles Savry : "La fibre Orange arrive en haut de Sannois mais SFR n'a pas le droit d'y raccorder les Argenteuillais."

Question sur la circulation dense rue du Trouillet etc.: "un sujet abordé, ou qui ne concerne pas la Mairie ?". Réponse de G.Mothron "il faudra un jour trouver des solutions". Philippe Vasseur : "il y a déjà plein de ralentisseurs naturels !". Philippe Vasseur a apprécié la solution proposée par Renée Karcher lors du mandat précédent (un stationnement en quinconce rue du Trouillet), mais cette option avait été refusée par les habitants sondés.

Rue des Vergers, un scooter a été incendié près d'un transfo, l'habitante qui en témoigne soupçonne des trafics en véhicules en soirée, et pas de rondes de police. Réponse de G. Mothron : "on l'a appris par votre courrier la semaine dernière".

Question : "La piscine d'Argenteuil, je peux y aller le soir en semaine sauf que tout est fermé, je vais ailleurs". Georges Mothron : "Réhabiliter le bassin de 1969, un spécialiste qui fabrique 50% des piscines en France est en train d'estimer le coût". Conflit d'intérêts ? À quoi servent les bureaux d'études indépendants ?

Habitante : l'accès à l'école Volembert est mal protégé. Philippe Vasseur : beaucoup de travaux ont été faits pour le sécuriser. Philippe Vasseur propose de poser un potelet amovible. Renée Karcher me précise qu'il y est déjà.

Habitante : si on crée un nouveau cinéma, que deviendra le Figuier Blanc déjà bien peu rempli ? Georges Mothron le déplore mais répond tout à fait à côté : #Argenteuil a laissé partir Continent à Sannois… puis dit que "ce qui est art et essai sera conservé, et renforcé si je puis dire". Il peut tellement… qu'au Conseil de ce soir, il fera voter de fermer le Figuier Blanc les "jours creux" où des entreprises voudront louer les salles.

Habitante: les platanes rue du Nord, 25 m de haut, ne sont pas élagués. G. Mothron répond que leurs racines bousillent les chaussées, et qu'il faut changer les essences.

Xavier Péricat annonce vouloir "continuer dans la modération fiscale" à Argenteuil, au débat d'orientation budgétaire qui aura lieu ce 1er mars.

Autre habitant : le projet sur l'île Héloïse, avec restaurant sur Seine sans enfouir la 4 voies RD311… ça ne marche pas !

Un habitant, ami du Musée, dit que nous avons besoin d'une salle d'exposition, aucun tableau de Monet n'est à Argenteuil sur 150[2] qu'il y a peints !

Habitante : "Mes enfants, 15 mois, sont massacrés par les punaises qui se cachent dans les câbles et les caves cité Champagne". Réponse de G. Mothron : "vous posez votre question trop tard, le vice-président d'ABHabitat vient de partir". Habitante : le traitement est prévu par ABHabitat, elle est donc obligée de quitter son appartement 2-3 jours. G. Mothron répète à plusieurs reprises qu'elle devrait en parler au vice-président d'ABHabitat.

La réunion se termine ainsi, je salue au passage Mme Mothron… qui m'invite à aller parler des punaises au vice-président d'ABHabitat.

Vous savez à peu près tout ! sur Argenteuil, ses punaises et ses rêves de gratte-ciel.

Notes

[1] Alain Leikine m'a fait observer que c'est là "une manière un peu simple de résumer des projets qui aujourd'hui rassemblent de nombreux partenaires économiques", je lui en donne volontiers acte !

[2] En fait plutôt 250 !

vendredi 4 novembre 2016

18. Ce n'est pas aux Argenteuillais d'embellir les comptes d'un promoteur

par Frédéric Lefebvre-Naré

Après un détour très demandé par le Presse-Papier (bonjour à ses animateurs), je reviens au cadeau incroyable, environ 12 millions d'euros, que les contribuables argenteuillais font au promoteur privé Fiminco.

Comment un promoteur sensé peut-il s'embarquer dans un projet aussi absurde, aussi mal placé, et aux multiples risques techniques ou, évidemment, commerciaux ?

Un défenseur professionnel des centres villes, Franck Gintrand, a publié début 2015 quelques tribunes alertant sur la prolifération des zones commerciales et projets type Polygone. Voici quelques extraits de l'un de ces articles, sur le cas de l'Hérault justement. À méditer avec discernement, mais sans modération[1].

"La consommation est en berne mais rien n’y fait : les zones commerciales continuent de pousser comme des champignons en automne. Et les difficultés financières des collectivités ne vont sans doute pas contribuer à stopper cette course à l’étalement urbain. Au contraire : avec des recettes en berne et des entreprises qui ferment ou se délocalisent, les villes se rabattent sur le foncier pour remplir des caisses vides et les centres commerciaux pour annoncer la création d’emplois.

Il faut construire, quoi qu’il en coûte et jusqu’à la folie. Même si ces projets sont dépourvus de pertinence économique. Même si les centres-villes du Sud sont les plus malades de France et que les friches se développent en périphérie.

Un vrai paradoxe, que pointe Pascal Madry, directeur du bureau d'études Procos : quel que soit le contexte économique, les baux commerciaux ne cessent d’augmenter. A l’origine de ce mécanisme, des procédés comptables qui permettent aux promoteurs de «faire figurer la valeur de leurs murs commerciaux (...) à l’actif de leur compte de bilan», même s’ils ne perçoivent aucun loyer et que «leurs locaux restent vides». «Plus les investisseurs pratiquent des loyers élevés (...) plus ils valorisent leurs murs.»

Autrement dit, chaque projet, même s’il n’est pas rentable, permet au promoteur de trouver les fonds pour financer le projet suivant.

Parmi les opposants aux centres commerciaux, les plus remontés sont les commerçants de centre-ville, qui voient leurs activités sérieusement menacées par cette concurrence déloyale.

Les écologistes prennent également part à la bataille. Pour ces derniers, le problème n’est pas tant la concurrence que les dégâts…

Dans les rangs des opposants, on compte aussi les riverains. De plus en plus exaspérés par la construction de centres commerciaux à quelques centaines de mètres de chez eux. Lors d’une réunion publique à propos d'Ode, un projet de méga centre commercial au sud de Montpellier, les inquiétudes et la colère ont explosé au grand jour. Les habitants, jusqu'alors peu ou pas informés sur ce projet, ont soudainement pris conscience des conséquences qu’aurait ce centre sur la circulation automobile sur un axe déjà saturé: 2.000 voitures de plus chaque jour aux heures de pointe !

(Mais) les villes n’ont plus les moyens de financer des constructions spectaculaires. A défaut, un centre commercial apparaît alors souvent comme le seul projet réaliste d’un mandat. Car non seulement le privé le financera entièrement, mais en plus la vente des terrains permettra à la ville de faire rentrer de l’argent dans des caisses désespérément vides.

Les zones commerciales remplacent les usines pour maintenir un semblant de dynamisme et d’emploi. Les promoteurs l’ont bien compris et arrivent toujours avec des promesses de créations d’emplois, qu'ils agitent en guise de drapeau blanc. (Sans) préciser qu’un emploi créé en périphérie détruit trois emplois en centre-ville.

Lorsque le maire de Béziers (de l'époque) a refusé que (le promoteur Orchestra) s'implante en périphérie de la ville, (son) dirigeant déclarait dès le lendemain dans Midi Libre: «Je n’ai quand même pas l’habitude d’être accueilli comme ça!», avant d’ajouter «aujourd’hui, les municipalités, quand on leur met sur la table des emplois sérieux, solides en CDI... ne refusent pas ce genre de propositions». Une interview qui en dit long sur l’état d’esprit du promoteur, habitué à avoir face à lui des maires moins téméraires.

La machine s'est donc emballée.

(Les) pouvoirs publics (essayent de) mettre un terme à la prolifération des zones commerciales : la loi Pinel prévoit un renforcement du contrôle des commissions chargées de délivrer les autorisations et complexifie les critères d’implantation pour les promoteurs.

Des mesures nécessaires mais insuffisantes. Car tant que les bilans (comptables) des (sociétés d'investissement) ne seront pas représentatifs de la réalité du marché immobilier, les promoteurs continueront à implanter de nouveaux centres commerciaux.

(Rappel) pour les élus : c’est dans les villes dont le centre était malade que le FN a réalisé ses meilleurs scores aux dernières municipales."

Notes

[1] Je ne marque pas les coupes. Merci de se référer à l'article original. Le lien en fin de citation est un ajout de ma part.

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