par Frédéric Lefebvre-Naré

Plus de 70 Argenteuillais·es, qui revendiquent le soutien de trois partis politiques sur Argenteuil (PCF, France Insoumise et Génération·s), ont lancé le 2 septembre un appel au rassemblement en vue des municipales : "Argenteuil Commune Citoyenne Égalité-S" (ACCÉS). Leurs animateurs ont tenu une conférence de presse dont la vidéo se trouve sur Facebook ici.

La plupart des questions qui leur ont été posées portait sur Argenteuil en commun, le collectif dont je fais partie et qui organise des primaires, largement ouvertes, le 4 octobre au soir (et jusqu'au 6), primaires auxquelles je suis candidat.

Voici une retranscription, approximative, de cette partie de la conférence de presse.


Journaliste : Quelle différence par rapport à l’autre projet un petit peu participatif, citoyen, collaboratif,…

Patrice Allaux (anciennement PCF, LFI) : lequel ?

Journaliste : autour de Lefebvre-Naré et…

Patrice Allaux : ah, Argenteuil en commun !

Omar Slaouti (ancien candidat NPA, animateur du collectif Vérité et Justice pour Ali Ziri) : là-dessus,…

Journaliste : laissez-moi finir : qui sont aussi soutenus par d’ex-LFI, des ex-écolos, des gens de la gauche, des anciens du PS, des centristes, un peu de tout entre guillemets, des Gilets Jaunes…

Patrice Allaux : je donnerai un point de vue au regard de la FI.

Omar Slaouti : on ne se définit pas par rapport aux autres listes. Chacun a le droit de faire comme il l’entend. Nous avons pour objectif de nous attaquer à toutes les inégalités, qu’elles viennent de l’échelle Macron, nationale, jusqu’au niveau local. Cette liste se dit apolitique, nous la situons clairement à gauche, sur des valeurs d’émancipation sociale et de gauche. Chez nous il n’y aura pas des centristes de droite, il y a un jalonnement politique qui est lié à notre histoire sociale. La deuxième chose, ce n’est pas un cartel d’organisations politiques, ce sont des citoyennes et citoyens qui sont « soutenus par ». Nous faisons le pari que ce qui est à l’ordre du jour, c’est la question des égalités de tous points de vue, y compris la péréquation entre les villes. On va exiger plus de péréquation ; que les villes les plus riches, que l’État, prenne ses responsabilités. Le mouvement des GJ, les travailleurs et travailleuses en grève, certains ouvriers de Semperit sont avec nous, on va faire le lien entre le national et le local. Cette autre liste se dit citoyenne, j’entends bien, nous c’est : citoyens à gauche sur des valeurs sociales à gauche, soutenus par des partis politiques, et on assume pleinement la dimension politique qui est la nôtre.

Pierre Mirsalis (anciennement NPA, LFI) : On ne peut pas déconnecter national et local. Défendre l’hôpital public à Argenteuil, c’est aussi se battre pour une autre politique de la santé, pour d’autres priorités. Il y a des marges de manœuvre, il faut élargir ces marges de manœuvre en se battant contre les politiques nationales de la droite et du PS.

Journaliste : si vous êtes au pouvoir, très bien ; ce n’est pas en tant que Municipalité que vous allez pouvoir réclamer plus de l’État…

Omar Slaouti : concernant l’endettement, il y a ici, sous Mothron, sous Doucet, des dettes phénoménales liées à des emprunts toxiques. Certaines municipalités ont fait le choix de ne pas payer ces dettes illégales et illégitimes. Elles sont allées au tribunal. Une dizaine en France. Elles ont gagné en justice. Ici le choix a été fait de faire payer la dette à tous les citoyens. Nous estimons que c’est le rôle d’une municipalité de mobiliser des citoyennes, les citoyens, de garder nos services publics. Ce n’et pas une posture technocratique, c’est de mettre en mouvement la population, ça nécessite des prises de conscience très importantes.

Journaliste : je vois bien que vous avez des différences avec Argenteuil en commun, mais au final vous faits une deuxième liste sur les questions environnementales, sociales, … vous avez tout de même beaucoup de choses en commun !

Francis Gabouleaud (PCF) : il faut examiner les divergences. Qu’est-ce qui différencie ? Nous on s’engage à contrecarrer les politiques nationales, comme le manque de péréquation sur Argenteuil ; il y a des villes mieux loties au niveau budgétaire. On vient de supprimer deux agences postales : Monsieur Mothron n’a rien fait ! À l ‘ARS, rien n’est fait pour renforcer les urgences à l’hôpital. Il faut une gestion qui n’est pas un étranglement pour la population. Sur la formation : quelle politique municipale pour les jeunes qui ne sont pas formés ? C’est tout ça qu’on veut télescoper.

Patrice Allaux : on ne se cache pas derrière son petit doigt. Le collectif que vous venez de citer est très hétéroclite. Leur programme est très léger (sur) ce qui vient d’être dit, le fait que les villes sont malmenées au niveau central et national, n’y fait pas référence. Ils parlent d’espaces verts ( ?), ils parlent de mettre un certain nombre de choses en place comme des travaux citoyens pour que les jeunes puissent faire (inaudible), leur dernière publication est sur leur barbecue, une fête, je ne veux pas ironiser de trop, mais le contenu politique de cette liste… On va voir ce que va devenir le prochain rendez-vous, mais comment vont-ils s’en sortir, quel programme de fond, politique, vont)-ils avancer ? Pas seulement sur un peu plus d’espaces verts ou la reconstruction de Jean Vilar. Le déficit démocratique dans cette ville est terrible. Jean Vilar, le Lidl, le maire décide de tout dans son bureau avec les promoteurs, la ville est livrée aux promoteurs, la population a hurlé. Il faut en finir avec ça. Vous mettez cette liste à gauche. Nous à la FI, la gauche, la droite, euh… Eux non plus, on ne sait pas où ils se mettent. Nous voulons mettre en place avec les citoyens une liste qui va vraiment changer leur vie. Pour l’égalité, l’écologie, et en finir avec cette politique qui décide à leur place.

Question : (inaudible) sur la tête de liste.

Patrice Allaux : la tête de liste : avec les citoyens, c’est ce que j’ai dit tout à l’heure.

Mustapha Mansouri (Collectif contre les violences policières et contre l’islamophobie) : Nous en tant qu’associatifs dans les quartiers, ce qui nous a attiré dans ce soutien de liste, c’est de rappeler aux urnes tous les oubliés, les jeunes qui n’y sont plus et qui ne sont pas représentés par les grands groupes politiques dans la liste dont vous parlez.

Brice Mbouani (militant animaliste) : par rapport à la tête de liste, notre démarche reste cohérente : rassemble de citoyens. On ne va pas aller avec une tête de liste déjà toute faite et un programme déjà tout fait. Argenteuil en commun et d’autres font l’inverse, des primaires classiques, ils vont aller devant les citoyens avec une tête de liste, un programme. Nous on est pour le bien commun, pour l’intérêt général. Si ensuite émerge une tête de liste parce qu’il y aura eu une alchimie avec les citoyens, très bien !

André Normand (LFI) : sur la liste que vous citez, j’ai un souvenir comme quoi les gens se sont déjà distribués les postes. Nous ce n’est pas notre propos, on est des acteurs de terrain. La politique elle crève de gens qui sont dans des bureaux et prennent des décisions dans consulter les citoyens. Vous avez certainement suivi en tant que journaliste l’histoire de Jean Vilar, la somme énorme pour une tente qui ne va jamais servir ! Notre construction, c’est une construction citoyenne. Il y a une différence, c’est qu’on est (inaudible). Moi je suis syndicaliste, conseiller du salarié, c’est du social, aujourd’hui il n’y a plus (de lien social ?).

Omar Slaouti : eux préfèrent le casting au scénario, nous on préfère le scénario au casting.


Bien sûr, il y a là des affirmations inexactes à notre sujet, mais c'est la loi du genre (pour s'informer sur AeC, mieux vaut s'adresser à AeC ; pour s'informer sur ACCÉS, ACCÉS réunit les bons interlocuteurs !).

Je retiens la volonté de s'engager exprimée par tous ces militants ; la capacité qu'ils ont eue à se rassembler au-delà du long historique de querelles au sein de la gauche argenteuillaise ; les sujets qu'ils soulèvent et qui sont tous importants. Ils insistent sur le lien entre action municipale et décisions prises au niveau national et ils ont parfaitement raison.

Sur l'hôpital, je cherche à promouvoir à mon très petit niveau les innovations lancées par le service des Urgences pour faire face à une fréquentation parmi les plus fortes de France. Le programme présidentiel de Jean Lassalle comprenait une proposition allant exactement dans ce sens, unique je crois parmi les candidats, et issue d'un atelier participatif que j'avais animé. Ça me fait d'autant plus plaisir !

Les emprunts toxiques sont un autre cas dramatique de phénomène national qui, à Argenteuil, a tout emporté, puisqu'il nous coûteront au total environ 100 M€ dont la majorité restent à payer par le contribuable ! Je ferai une proposition à ce sujet… dès que j'aurais tenu mon engagement de publier les calculs et données que j'ai rassemblées sur le sujet (il reste un peu de nettoyage et formatage à faire, qui attend depuis 3 mois).

Voilà donc une contribution bienvenue au débat municipal argenteuillais. J'en espère bien d'autres !