par Frédéric Lefebvre-Naré

Ce marathon de 40 billets pour sauver la salle Jean Vilar et l'île Héloïse, je l'ai commencé en rappelant que le Conseil a vendu le terrain sans la moindre esquisse du projet censé justifier cette vente ; et que l'argument "il faut bien faire des projets" a fait passer tous les éléphants blancs que nous payons cher par nos impôts. Il endort la conscience là où il faudrait du discernement.

Même si le projet était parfait, au plan architectural, financier, à celui des usages, il serait de toute évidence encore meilleur de l'autre côté du pont, là où la municipalité Ouvrard le situait. Et encore meilleur ailleurs que dans le périmètre de la ville ancienne, bouchée matin et soir, semaine et week-end, adaptée à tout sauf à des mégaplexes de dizaines de milliers de mètres carrés et milliers de places de spectacle…

Revenons maintenant sur le projet lui-même, aux plans architectural, financier, fonctionnel. A-t-il le moindre sens ?

De façon étonnante, le Maire n'en a pas dit un mot lors de sa présentation en Conseil Municipal, pas plus qu'en mars dernier quand le Conseil a "déclassé" le terrain pour ouvrir la voie à cette même vente. Tout au plus trouve-t-il "lamentable que les Argenteuillais doivent quitter leur ville pour profiter d'une offre" commerciale sur Herblay, Sannois ou Villeneuve-la-Garenne : les Argenteuillais devraient-ils être confinés dans les limites de la commune ? Ne devrions-nous pas être complémentaires de nos voisins, notamment sur le territoire du Grand Paris ? Nous en reparlerons.

Mais sur le sens du projet, le Maire et le Conseiller départemental de sa majorité[1] s'en sont pris aux opposants et habitants qui expriment, sur le blog du Comité Jean Vilar par exemple, de la "nostalgie" pour tout ce qui se passe, jusqu'à aujourd'hui, dans cet ensemble municipal.

L'attachement à ce qui marche, à ce qui vit, à ce qui nous tient ensemble et nous enrichit, à l'Argenteuil que nous aimons, serait donc une tare, selon MM. Mothron et Métézeau. De même sans doute que l'attachement à la France et à ses terroirs, à nos racines régionales et à notre histoire, à notre patrimoine architectural et culturel, à notre art de vivre et de faire la fête, à tout ce qui fait le prestige et l'attrait de la France dans le monde.

Coincer une pile d'étages de béton entre Seine, "château", marché et pont d'Argenteuil, comment y trouver plus de sens qu'à cette "nostalgie"-là ?

P.S. Si vous voulez exprimer de la nostalgie, ou de l'espoir, ça peut être ici !

Notes

[1] Précision, le 16 octobre : le terme de "nostalgie" est de M. Métézeau.