Blog d'Engagés pour Argenteuil

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jeudi 18 avril 2019

"Une liste" aux élections municipales : pour ou contre ? On en parle ce vendredi 19 avril, 20h à Mandela

par Frédéric Lefebvre-Naré

Avec plusieurs membres d'Engagés pour Argenteuil, je participe depuis l'été dernier au groupe "Argenteuil en commun" qui s'est constitué "pour élaborer un projet municipal qui répondra aux besoins et aux souhaits des habitantes et habitants d’Argenteuil, dans un esprit de transparence, convivial, écologique et solidaire".

Nous avons mené quelques activités, bon an mal an, à travers la multiplicité des événements locaux et nationaux depuis la rentrée de septembre 2018 :

  • présence publique sur quelques marchés, avec une enquête à laquelle on peut répondre aussi en ligne ;
  • rédaction et publication d'un texte d'intention, que l'on peut cosigner (53 cosignataires à ce jour) — et sur lequel mon intervention d'hier au Conseil municipal était construite (version complète / résumé) ;
  • trois réunions publiques sur Henri Barbusse, à Mandela et à Saint-Just : j'ai pu participer aux deux dernières et ai vu se construire, assez vite, très spontanément, des consensus, entre participants de bords bien différents, sur ce que l'on pourrait faire à Argenteuil, et sur la façon dont la prochaine Municipalité devrait travailler.

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Comment ces intentions peuvent-elles se concrétiser ? Comment ces idées communes peuvent-elles prendre vie dans le prochain mandat municipal ?

À un an des élections, la question peut se formuler : faire une liste, ou ne pas en faire, et faire autre chose.

Nous invitons à en discuter, très simplement et ouvertement, lors d'une quatrième réunion publique : ce vendredi 19 avril, 20h à Mandela.

Nous n'avons pas trouvé le temps ou la disponibilité de faire énormément de publicité pour cette invitation, la salle sera certainement trop grande pour nous, mais c'est comme ça : la discussion avec celles et ceux qui viendront sera intéressante, constructive (nous l'avons déjà vérifié sur le même sujet en plus petit comité), mes excuses à celles et ceux qui n'auront pas été au courant, et bienvenue à vous qui lisez ce message à temps : venez comme vous êtes et avec vos chips / jus d'orange / … !

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Cent jeunes briefés sur les 'fake news', ce 17 avril à Jean Vilar

par Frédéric Lefebvre-Naré

Une centaine de jeunes et une quarantaine de moins jeunes, dont votre serviteur, ont répondu à l’invitation de la Municipalité pour une conférence sur les « fake news », dans la grande salle de Jean Vilar ce 17 avril, talentueusement animée par Gilles Clavreul.

J'ai pris peu de notes de la première partie, interactive et animée, voir l'article du Parisien.

La suite avait un format plus "conférence", avec trois intervenants.

Pour le directeur de Conspiracy Watch, Rudy Reichstadt, c’est à celui qui avance une théorie du complot (par exemple sur les vaccins) de la prouver. La salle ne semble pas convaincue. Gilles Clavreul vient en renfort :
— « Vous avez payé le professeur de Français pour avoir un 18. C’est faux ? Prouvez-le…
Vous n’y arriverez pas : vous ne pourrez jamais prouver que quelque chose n’existe pas. »

Un jeune répond par le cas Monsanto : « il est prouvé que Monsanto a payé des études qui démontreraient que ses produits ne sont pas dangereux. Elles sont fausses »[1].

Rudy Reichstadt : « le CICR a classé le glyphosate comme cancérigène, comme la viande rouge ; mais toutes les agences sanitaires ont montré qu’il n’est pas dangereux s’il est utilisé dans des conditions normales ».

Un jeune (peut-être le même) : « vous nous dites de faire attention aux études… mais si elles sont payées par Monsanto ? »

Rudy Reichstadt : « il ne faut pas être naïf : les études selon lesquelles le glyphosate serait dangereux peuvent avoir été payées par des opposants à Monsanto. Si on arrête d’utiliser le glyphosate, il faudra d’autres pesticides ; lesquels sont les moins dangereux ? ».

Gilles Clavreul revient au secours en appelant à « continuer », parce que « l’heure tourne ».

Une jeune demande « comment on sait si c’est une théorie du complot ? »

Rudy Reichstadt répond qu’il y a 3 éléments : « une accusation de se livrer à une activité secrète et malveillante ; cette accusation n’est pas prouvée, elle se dispense des modalités normales d’administration de la preuve » (ouh là, jargon) ; « et cette accusation est invraisemblable par rapport à une autre explication plus simple ». « Les complots, ça existe ; le problème avec les théories du complot, c’est qu’elles compliquent le raisonnement ».

Gilles Clavreul voudrait « qu’on continue sur la présentation ».

L’exposé se prolonge avec plein de pourcentages sur les « gilets jaunes », les « réseaux sociaux » ; plein d’affirmations qui, toutes, traitent les « personnes perméables à la pensée complotiste » comme des Autres, des étrangers, des rats de laboratoire, comme « les gens à qui ‘on’ a demandé »…

Le dialogue est coupé, les jeunes discutent entre eux.

Gilles Clavreul presse l’intervenant, et passe la parole à Fabrice d’Almeida : « les rumeurs, ça n’est pas nouveau ; qu’est-ce qui est nouveau ? ».

Fabrice d’Almeida : « en France, on a un droit exceptionnel, la liberté d’expression. Le 29 juillet 1881, la loi sur la liberté de la presse pose deux limites : on ne doit pas insulter, et l’interdiction des fausses nouvelles ; le procureur de la République doit poursuivre en principe toute personne qui répand une fausse nouvelle. » (C’est parfaitement faux. Voir le texte d’origine, article 27 : "La publication ou reproduction de nouvelles fausses, de pièces fabriquées, falsifiées ou mensongèrement attribuées à des tiers, sera punie d'un mois à un an d'emprisonnement et d'une amende de cinquante francs à mille francs, ou de l'une de ces deux peines seulement, lorsque la publication ou reproduction aura troublé la paix publique et qu'elle aura été faite de mauvaise foi.").

Toujours selon Fabrice d'Almeida, « avec le temps, les procureurs, les juges, ont dégagé un critère : la mobilisation de la force publique. La fausse alerte est passible d’une peine. Mais un journal qui dirait qu’Alain Juppé s’appelle Ali, au fond, pour les juges, ce n’est pas un vrai problème. On a laissé filer des choses. ».

« Des États se lancent dans des opérations de déstabilisation. Dans les années 50, les Etats-Unis ont réussi à faire croire que le président Arbenz du Guatemala était communiste, ils ont même réussi à faire croire à une guérilla communiste imaginaire, constituée de deux agent de CIA et d’un poste radio. »

« Aujourd’hui aussi, des États font quantité d’opérations pour gêner notre système d’information. C’est dans les grands médias ( ?) que vous trouverez un outil vrai pour comprendre le monde ».

Gilles Clavreul : « Est-ce que l’in d’entre vous a déjà signalé une fausse information ? » Personne. « Est-ce que vous connaissez la plate-forme Pharos ? » Personne.

« Qu’est-ce que l’on fait au Centre Information Jeunesse ? »

Olivier Lacombe et Marie-Laure Gillet, du CIJ 95 : « une cellule s’est mise en place pour réfléchir à un outil d’éducation aux médias. Cela a donné le site « le vrai du faux », qui analyse tous les moyens qui essayent de vous manipuler. On a l’idée de rendre les jeunes complètement actifs pour les amener vers une citoyenneté à propos du média, pour aller vers le pouvoir d’agir des jeunes en les rendant au cœur des processus de production d’information. » (sic)

Marie-Laure Gillet : « je fais des formations avec des jeunes en service civique ou des jeunes de votre âge. Est-ce qu’il y en a qui connaissent Decodex ? » Personne.

« Les réseaux sociaux placent chacun dans une bulle de confort, en lui montrant des nouvelles qui lui ressemblent. Votre but de citoyen est d’aller chercher ailleurs. Ne vous fiez pas à tout, le doute est important, mais ne pensez pas que tout soit faux. Un autre outil important, c’est Hoaxbuster ; Hoaxbuster a un article sur chaque hoax. Vous savez ce que c’est qu’un hoax ? » Personne. « C’est un canular. Par exemple, récemment, celui prétendant qu’à l’école, on éduquerait les enfants à la masturbation. »

Gilles Clavreul : « L’attention se réveille ! »

Xavier Péricat, premier adjoint au Maire : « J’avais toujours coutume de dire que le mensonge, c’est la vérité à un détail près. ».

Marie-Laure Gillet : « Prouver que ‘c’est faux’ demande plein de compétences, que l’on n’a pas forcément ! L’objectif" (pour l’éducateur ?) "n’est pas de tout savoir, mais d’aider à réfléchir soi-même ».

Rudy Reichstadt (Conspiracy Watch) : « On a tendance à mal comprendre le hasard ; à voir des coïncidences signifiantes là où il n’y a que le hasard. Quand l’iPod shuffle est sorti, les morceaux passaient vraiment au hasard ; des gens se sont plaints que parfois le même morceau passaient deux fois. Ils ont alors dû fausser la fonction aléatoire pour la rendre plus conforme à nos attentes. »

Dans le public : « En vous écoutant, on a l’impression qu’il n’y a pas de théorie (sic). Mais quand les Etats-Unis ont présenté de fausses preuves sur les armes irakiennes de destruction massive … Comment, après, expliquer certaines choses ? »

Rudy Reichstadt : « C’est un argument qui revient systématiquement : un État peut mentir, donc il ne faut pas le croire systématiquement. Bien sûr, il ne faut pas le croire systématiquement ! Mais dans ce cas, on a su rapidement que c’était faux ; bine avait que les Américains soient arrivés en Irak. Le mensonge politique ne suffit pas à expliquer le conspirationnisme : si des personnes se méfient du mensonge, pourquoi font-elles confiance à des sites qui mentent en permanence ? »

La personne du public : « Ce mensonge amène des gens à croire aux théories du complot ».

Rudy Reichstadt : « Pourtant, la théorie du complot sur le 11 septembre date de 2002, avant ce discours de Colin Powell en 2003. »

Fatima Amarir, adjointe au maire : « Qu’est-ce qu’on risque à véhiculer des fake news ? »

Gilles Clavreul : « La diffusion de fausses nouvelles est passible d’une amende de quelques centaines d’euros. La diffamation est condamnée plus sévèrement, mais au pire, après récidive, de quelques mois de prison ».

Rudy Reichstadt : « La rhétorique complotiste joue sur le narcissisme ‘je ne suis pas un mouton, je ne me fais pas avoir’. Et sur la fuite hors du réel, le philosophe N…[2] disait ‘le réel n’est que toléré, s’il devient insupportable, on lui dit d’aller voir ailleurs’. La théorie du complot est pratique, elle permet de continuer à penser ce qu’on pensait avant, elle a partie liée avec une paresse intellectuelle. Lorsqu’on a raté sa vie (sic), on est plus à même de croire aux théories du complot. Après, il y a des professionnels, auteurs, conférenciers, youtubeurs, de la théorie du complot. »

Encore une cinquantaine de jeunes présents dans la salle au bout de près de 2h30, bravo !

À la tribune, le jeune « Yanis », qui a participé à l’animation : « On a toujours une image un peu péjorative du complotiste, qui se fait des films. Est-ce que vous pensez que c’est négatif ? »

Rudy Reichstadt : « Oui, ‘complotisme’ est un terme péjoratif, ancien, il date du début du XXème siècle. »

Gilles Clavreul remercie les intervenants, et passe la parole au maire Georges Mothron.

Georges Mothron : « On a l’habitude de dire qu’Argenteuil est une terre de rumeurs ; avec cette conférence, je comprends mieux pourquoi. Quand on a fait un partenariat avec le Musée Branly, on a fait un mixte entre le logo de la Ville et des éléments des arts premiers, et, tout de suite, sur les réseaux sociaux, il y a eu une rumeur comme quoi la Ville changeait de logo et ça lui avait coûté 25000 ou 30000 € !

Je comprends mieux pourquoi j’en suis ‘à mon 10ème cancer’, ‘à mon 15ème AVC’, je ne plaisante pas, ce sont les rumeurs qui ont circulé, et je comprends mieux qui peut être à la source de tout cela !

L’écoute était dense aujourd’hui, l’attention était là, merci aux jeunes qui ont participé et à ceux qui ont contribué à l’animation. »

Notes

[1] Je reproduis sans approuver le signe égal entre 'payé' et 'faux'. Presque toutes les études possibles et imaginables sont payées par quelqu'un ; les nouvelles des journaux aussi. Elles peuvent pourtant être vraies 😃.

[2] Je ne retrouve pas sur internet cette citation, notée au vol.

vendredi 29 mars 2019

Première conférence de Coexister à Argenteuil : l'État et les religions

par Frédéric Lefebvre-Naré

Ce 29 mars 2019 à Mandela !

Yasmine présente Coexister… une association dont les responsables doivent avoir entre 18 et 35 ans. Elle organise des événements de dialogue (visites de lieux de culte…), des événements de solidarité "grâce à nos différences" (ramassage de déchets, don de sang, maraudes…), et présente dans les écoles son message et son expérience.

Coexister fête ses 10 ans, avec 40 groupes… dont celui d'Argenteuil, depuis 4 ans.

Stanley introduit la conférence, "on va faire qu'au maximum elle dure 1h30, vous allez être acteurs de cette conférence, on attend que vous interveniez, à chaque question posée aux intervenants, vous serez les premiers à y répondre."

Les intervenants, donc : Nadia Beddiar, de Lille, enseignante-chercheuse sur les droits de l'homme et libertés fondamentales, a participé à la formation des agents publics à la radicalisation religieuse; Claude Dargent, chercheur à Sciences Po sur le vote, les comportements politiques et les religions ; Adrien De Jarmy, doctorat sur "la construction historiographique de la figure du Prophète" dans les débuts de l'islam, et professeur d'histoire-géographie à Jean Jaurès à Argenteuil.

Stanley pose une première question : "la France est-elle un pays judéo-chrétien ?"

Une réponse de "Diane, 25 ans : oui au début c'était un pays judéo-chrétien, il en reste les jours fériés".

J'interviens aussi pour dire mon allergie à cette expression : c'est quoi, le judéo-christianisme ? Depuis le Moyen-Âge, les Juifs ont été marginalisés, mis à part de la civilisation française[1], alors que la France était juridiquement chrétienne. Les deux religions et cultures n'y ont pas été sur un pied d'égalité ! D'ailleurs, les jours fériés cités par Diane sont ceux du christianisme, pas du judaïsme.

Adrien de Jarmy répond que précisément, il y a des recherches en cours pour préciser ce concept de "judéo-christianisme".

Nadia Beddiar observe que dans la France actuelle, le droit reste très marqué par le droit romain, par une justice qui était rendue par les ecclésiastiques.

Claude Dargent…

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… souligne que la France est un des rares États laïques, qui "ne reconnaît ni ne salarie aucun culte", même si ça n'a pas toujours été le cas. "La commission Stasi avait proposé de faire place, parmi les jours fériés, à une fête musulmane, ce que je trouve positif. Entre 1/3 et la moitié des gens disent 'je ne me reconnais dans aucune religion'."

Jean-Christophe, Argenteuillais et journaliste à La Croix, se demande si "judéo-chrétien" n'a pas été inventé au XXème siècle quand l'Église catholique a cessé d'être antisémite. Histoire de rappeler que Jésus-Christ était juif.

Adrien de Jarmy répond que ça vient en fait d'Allemagne, des études bibliques qui s'y menaient à la fin du XIXème siècle / début du XXème siècle, de la discipline de la philologie.

Stanley : "est-ce que la religion en France est un outil du pouvoir politique ?"

Une participante : "moins que dans d'autres pays, mais certaines personnalités politiques ont été très croyantes, comme François Mitterrand[2] et Nicolas Sarkozy[3]".

Ouarda : "à ce que je vois dans une ville, les élus en campagne se rapprochent plus d'une communauté".

Sarah, en service civique à Coexister Argenteuil : "cet outil peut être utilisé par des responsables de ces communautés-là".

Adrien de Jarmy : "c'est sûr que le candidat François Fillon et maintenant Laurent Wauquiez cherchent à toucher l'électorat catholique. Ce n'est pas nouveau, le roi François Ier jouait l'entente géopolitique…"

Nadia Beddiar : "le droit constitutionnel ne reconnaît pas les communautés, contrairement à l'Angleterre. Mais l'instrumentalisation est possible."

Claude Dargent : "en France la religion est très articulée avec la politique. Le combat de la République a été un combat contre l'église catholique. Puis l'Église a reconnu la République, mais il en est resté quelque chose. Les religions restent des enjeux très forts localement : par exemple, il manque de mosquées. C'est normal qu'un élu local soit attentif aux besoins de la population."

Je relève qu'il s'agit ici des religions en tant que groupes de population. Le "contenu" des religions reste un tabou en politique. Alors que les politiques évoquent volontiers, par exemple, les valeurs du sport ; et que dans d'autres pays, les politiques évoquent volontiers les valeurs religieuses.

Adrien de Jarmy : "on instrumentalise aujourd'hui les figures de la 3ème République, comme Jean Jaurès, qui précisément combattaient les religions."

Stanley : "la loi de 1905 est-elle dépassée ?"

Un participant : "qu'est-ce qu'elle dit, la loi ?"

Un autre participant : "on parle de changer la laïcité mais très peu de personnes en connaissent la définition ! On devrait réapprendre le terme, le principe."

Abdel : "le concept de la laïcité reste valable".

Ouarda : "en France dès qu'il y a une crise, on dit 'la loi est mal faite'. Pas forcément ! Avant de parler de loi, parlons de ce qui se passe dans la société."

Un participant (engagé dans le dialogue chrétiens-musulmans) : "il ne faut pas la changer ; il faut peut-être réactualiser son langage. Cette loi a permis une certaine paix, un certain consensus. Dans les discussions avec des copains musulmans, j'ai pu dire, 'c'est grâce à la laïcité que vous avez pu construire des mosquées'."

Participante : "depuis 4 ans à Coexister, j'ai l'impression d'y avoir appris ce qu'est la laïcité. Est-ce que j'ai appris au collège ce que c'est ? Je ne crois pas. Est-ce que, en 114 ans, cette loi a été appliquée ? On ne se rend pas assez compte à quel point elle nous permet de vivre notre religion. Bon, je me compte dans le on… On ne doit pas parler 'on', on doit parler 'je'."

Adrien de Jarmy : "la définition de la laïcité (dont nous parlons) est française : le choix de la séparation entre État et religion. Le budget (public) de l'Église avait été supprimé pour la première fois en 1794. La Turquie est laïque en un sens différent : l'encadrement de la religion par l'État. Le mot 'laïcité' n'est pas dans la loi de 1905 — même si Jules Ferry l'employait beaucoup dans ses discours."

Nadia Beddiar : "Est-ce que ça vous viendrait à l'esprit d'amender la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789 ?" (plusieurs : non). "Donc le fait qu'un texte soit ancien n'oblige pas à l'amender. Les deux premiers articles de la loi de 1905 sont les plus intéressants. Le premier dit que l'État garantit la liberté de pratiquer toute religion, ou aucune. Article 2 : l'État ne reconnaît ni ne subventionne aucun culte. À part les deux premiers articles, c'est une loi fiscale sur les associations cultuelles. Elles ne conviennent pas aux musulmans qui créent des associations selon la loi de 1901, beaucoup plus souple dans son fonctionnement, dans le suivi des financements par exemple. L'association 1905 par exemple ne peut tirer de revenu locatif d'un bien qui lui a été légué ; l'association 1901 le peut. Le gouvernement, quand il pense à modifier la loi, cherche certainement à mieux contrôler les financements du culte musulman."

Adrien de Jarmy : "la question des associations s'était posée dès la Révolution française avec la loi Le Chapelier ; la liberté d'association a été restaurée sous la IIIème République par la loi Waldeck-Rousseau."

Nadia Beddiar : "Le pays le plus laïque au monde, ce sont les États-Unis : aucun centime public ne peut aller financer une école confessionnelle ! La séparation est rigide. Alors qu'en France l'État subventionne les écoles confessionnelles."

Claude Dargent : "la question est celle des lieux de culte musulmans. La loi de 1905 a donné les églises aux communes, les cathédrales à l'État, les pouvoirs publics prennent donc en charge leur entretien, qui coûte très cher. Et en Alsace-Lorraine, où la loi de 1905 n'est toujours pas appliquée, l'État rémunère les prêtres, pasteurs, imams… mais pas les rabbins ! Alors soit les lieux de culte musulmans sont payés par des pays étrangers, soit on trouve une autre solution. Il y a eu à Paris un débat sur l'Institut des cultures d'islam, qui devait comporter un lieu de culte… la Ville de Paris a renoncé à la 2ème tranche."

Nadia Beddiar : "La loi de 1905 a déjà été modifiée 50 fois depuis !"

Participant : "le culte musulman existait au sein de la République, même pendant la colonisation ! Quel était son statut ?"

Stanley : "c'est l'objet justement du prochain sujet : la colonisation a-t-elle été un tournant dans le rapport entre l'État et les religions ?"

Ouarda : "'ce qui trouble la France actuellement, la crise d'identité de certains jeunes, c'est un manque de réconciliation avec l'histoire des colonisations. Je suis née en France avec tout le patrimoine de l'histoire d'Algérie, le passé qui ne se parle pas… Quand ça émerge, c'est explosif."

Yazid : "en tant que musulman, par rapport à la colonisation et à l'émigration… Mes parents sont venus en France, Comoriens donc colonisés par la France… Les premières générations devaient se cacher, enfin, ils étaient venus par survie, pour donner à manger à ceux restés au pays, pas forcément avec l'intention de rester. Alors ce n'était pas forcément une grande difficulté de prier dans une cave ou de mettre une heure et demie pour trouver une boucherie hallal. Moi je suis Français, pas Comorien, je suis musulman, je n'ai pas envie de me cacher !"

Adrien De Jarmy : "l'Algérie c'est compliqué : la colonisation commence dès les années 1830. La question n'est pas tant celle de l'islam, que la différence technique. Le 'code de l'Indigénat' cite l'islam par touches, mais ce n'est pas central. C'est le rapport entre un Empire et des ethnies."

Le participant : "donc la loi de 1905 n'était pas appliquée dans les départements d'Algérie ?"

Adrien de Jarmy : "En Algérie, les populations vivent en vase clos : les 'pied-noirs' entre eux, les 'musulmans' entre eux. Les fondations comme les Waqf continuent d'être gérées localement, ils ne sont pas subventionnés. Le code de l'indigénat est loin du droit romain, c'est une accumulation de jurisprudences, des administrateurs coloniaux faisaient remonter des 'cas'. La question de la loi de 1905 ne revient pas. Les populations algériennes sont, dans ce code, de seconde catégorie ! Le cheikh continue de faire la majdis, de faire tourner le Waqf, etc. La colonisation a-t-elle été un tournant dans le rapport entre l'État et les religions ? Peut-être parce qu'elle ouvre la porte à d'autres religions. L'administration s'y intéresse peu, mais des universitaires oui, comme Louis Massignon."

Nadia Beddiar : "La décolonisation, elle, change le rapport aux religions. Parce qu'elle va vers une société plus 'normalisée', comme les pays scandinaves ; les citoyens sont moins tolérants à l'égard de la différence. On appréhende l'autre avec plus de méfiance que de curiosité aujourd'hui — c'est mon sentiment personnel."

Claude Dargent : "Dans les années 50, il y a des musulmans en France" (notamment beaucoup à Argenteuil !). "Mais dans les enquêtes quantitatives, il n'y en a pas. Parce qu'ils ne sont que 'de passage'. L'immigration est discrète. (…) Aujourd'hui cette population est objet de discriminations. Il peut y avoir la réaction : 'on me renvoie à mes origines, eh bien, ces origines, je vais les assumer fièrement'."

Franck Debeaud : "Il y a énormément de musulmans morts pendant la 1ère Guerre mondiale ; et suite à cette guerre, l'Etat français a construit en 1920, pour leur rendre hommage, la Grande Mosquée de Paris, en dérogation avec la loi de 1905. Deuxième dérogation en 2011 : Mayotte devient département français, et pratique la charia. Il y a à Mayotte des ménages polygames, reconnus par l'État".

Adrien de Jarmy : c'est décrit comme "une transition : Il y a encore à Mayotte les juges musulmans, le droit coutumier — qui n'est pas forcément en accord avec la sunna, ce sont aussi des traditions locales."

Stanley : "est-ce que le traitement des religions par l'Etat est égal ?"

Participant : "il ne peut pas l'être en raison de l'Histoire. Il y a des Églises ou des calvaires à tous les coins de rue. En Algérie, des colons avaient transformé des mosquées en églises."

Participant : "il y a une grosse préférence pour l'islam : les politiques en parlent tout le temps dans les médias !" (rires). "La loi tape uniquement sur les musulmans et spécialement sur les musulmanes ; ce qui est lié à la loi de 2004 sur les signes religieux ostensibles, c'était contre le voile pour les filles. Ou la loi de 2010… On se sert de la religion pour faire vendre, pour avoir des voix".

Nadia Beddiar : "L'islam, religion plus récente, amène peut-être les personnes dans ce culte à le manifester plus. La loi de 2004 était destinée à protéger les enfants. Elle rejoint une jurisprudence du Conseil de l'Europe. À l'université, on est majeur, les étudiants peuvent porter les signes religieux qu'ils veulent. La loi de 2010 sur la dissimulation du visage a été contestée devant la Cour Européenne des Droits de l'Homme : l'argumentation s'est déroulée sur le sujet de la sécurité publique. Il n'a pas voulu aller sur le terrain de la religion. Ces lois concernant plutôt l'islam… mais il y a aussi des décisions de justice sur l'église de Scientologie, qui n'a pas eu le droit de créer des associations loi 1905, contrairement aux mormons."

Adrien de Jarmy : "Les lieux de culte sont trop restreints par rapport à la démographie musulmane… Pour un historien, la question du 'traitement égal' est une question de valeur, elle ne nous intéresse pas beaucoup, nous regardons plutôt la religion comme un fait social."

Claude Dargent : "Gaston Defferre, comme ministre de l'Intérieur de Mitterrand, protestant cévenol, a été enterré à la cathédrale de Marseille parce qu'il fallait faire un grand truc !"

Stanley : "une dernière question ou intervention ?"

Un participant : "il serait mieux de parler d'équité, de voir les besoins du peuple musulman, d'essayer de les comprendre."

Adrien de Jarmy : "J'étais content de voir arriver un peu" (plus) "d'histoire de l'islam dans les programmes scolaires. 90% de mes élèves sont musulmans, avec une connaissance assez faible de leur religion et de son histoire."

Claude Dargent : "Je crois que l'État doit avoir un traitement égal des religions. L'équité, c'est aussi très important, mais dans d'autres domaines, comme l'impôt sur le revenu, qui est progressif."

Franck Debeaud : "je voulais préciser qu'un autre culte a des difficultés de salle, pour pratiquer : le culte évangélique, 650000 pratiquants, en croissance exponentielle depuis 1970… a des problèmes pour trouver des lieux de culte, et ont connu aussi une forme de persécution, les médias titraient sur les 'sectes évangéliques' et les évoquaient de façon très négative. Mais" juridiquement, "l'égalité est là, tout le monde peut créer une association loi 1905."

Notes

[1] Vers 1125, Pierre Abélard fait dire à un Juif, dans son Dialogue entre un philosophe, un juif et un chrétien : "…Soumis à tant de contraintes et d'oppressions, comme si contre nous seuls s'était ligué le monde entier, c'est miracle déjà qu'il nous soit licite de vivre ; on ne nous permet de posséder ni champs ni vignes ni aucune sorte de terre…"

[2] sic

[3] sic

jeudi 21 mars 2019

« Croire ou ne pas croire » mais craindre le gendarme

par Frédéric Lefebvre-Naré

Autour du Figuier Blanc aujourd’hui, j’ai compté 21 policiers nationaux, municipaux, « médiateurs urbains », vigiles et autres personnes en civil à pistolet à la ceinture,. Listing pour les participants. Vestiaire obligatoire pour les sacs.

Et dans la grande salle, à part les élus et officiels, à peu près 21 personnes à 17h11.

Tout ce déploiement de forces pour la « passerelle citoyenne » prévue de 17 à 20h, animée par le préfet Clavreul, mandaté par la Ville, qui allait faire parler les représentants des rituelles « trois religions monothéistes » sur le thème « croire ou ne pas croire ».

Gilles Clavreul, à 17h20, félicite « ceux qui ont pu se libérer de leurs contraintes professionnelles » pour venir parler du « fait religieux ».

Il présente les intervenants : Ghaleb Bencheikh, docteur en physique et animateur pendant 18 ans de l’émission « Islam » ; Haïm Korsia, docteur en histoire, grand rabbin de France depuis 2014, aviateur et général, et fils de rabbin ; Stanislas Lalanne, germaniste, aumônier de jeunes, puis secrétaire général de la Conférence des évêques de France, évêque de Pontoise depuis 2013. « Et avant de vous écouter, Georges Mothron, maire d’Argenteuil, va vous dire quelques mots ».

Le maire parle de « nouvelle étape dans cette démarche nécessaire, ‘Passerelle citoyenne’ ; qu’est-ce ? La volonté de tisser les liens essentiels qui permettent à tous les citoyens de se reconnaître comme des égaux, de se parler. »

Georges Mothron invite à une minute de silence, en hommage aux victimes de Christchurch, Utrecht, et de l’école Ozar Hatorah de Toulouse en 2012.

« La liberté de croire est aussi celle de ne pas croire, ou de croire à sa façon, sans qu’aucune autorité » ne t’en empêche. « La laïcité c’est ‘l’État chez lui, l’école chez elle’ (Victor Hugo). Les fonctionnaires ne doivent pas afficher leurs opinions religieuses, pas plus que leurs opinions politiques ou philosophiques. »

Gilles Clavreul « avait prévu une petite introduction, je ne vais pas passer beaucoup de temps, juste un paradoxe très simple : on parle beaucoup de religion ou plutôt de manifestations du fait religieux, et la pratique religieuse n’a jamais été aussi faible. Notre démocratie a posé un cadre de relation entre le religieux et le politique, qui s’appelle la laïcité : les Français y sont extrêmement attachés, ne veulent pas qu’on change la loi de 1905. Le Président de la République a précisé qu’elle ne serait pas modifiée. »

Il faut « que les citoyens de confession musulmane trouvent leur place et puissent exercer leur culte dans la société française ».

A 17h40, il y a bien 125 personnes présentes, officiels inclus. La tribune est 100% masculine, la salle à peu près paritaire.

Haïm Korsia commence : « être juif, c’est être citoyen. Nous portons la notion de rite, avec sans doute les musulmans, dans une société qui n’est pas moins religieuse, mais moins ritualisée. La grandeur de la laïcité est de ne sommer personne à choisir la laïcité contre sa foi. La laïcité est malheureusement trop confondue avec athéisme : dans l’athéisme il n’y a pas de religion, dans la laïcité, il y en a ! ».

« Quand Clovis se fait baptiser en 496, les évêques sont toujours géniaux, saint Rémi archevêque de Reims est embêté, parce que Clovis ne veut pas, lui, être embêté avec l’invitation du pape. Rémi a l’idée géniale de dire que la nuit, le Saint-Esprit (qui dans le top 50 est au-dessus du Pape) lui a apporté le Saint-Chrême, et qu’il peut donc oindre Clovis sans avis du pape. La religion s’est dispensée du pouvoir religieux temporel. La France est consubstantiellement laïque. En tant que juifs, nous voyons que chaque fois que la République est fidèle à es engagements, nous pouvons être pleinement citoyens. »

Stanislas Lalanne « croit important de dire qu’il y a beaucoup plus de choses qui nous réunissent que de choses qui nous séparent ? Un chrétien, c’est d’abord quelqu’un qui vit la relation au Christ, une relation d’intimité avec son Dieu. Deuxième pôle, la relation au frère et à la sœur en humanité : ‘celui qui dit qu’il aime Dieu, et qui haït son frère, est un menteur’. Et troisièmement, là, nous avons un défi, la transmission. Nous sommes dans une époque de rupture de mémoire, qui voudrait faire table rase du passé. Nous sommes des héritiers. L’ostension de la Sainte Tunique… je ne pensais pas qu’on aurait autant de monde, 220000 personnes en 3 semaines, chrétiens qui étaient pratiquants ou qui ne l’étaient pas, ou personnes d’autres religions : le signe d’un recherche fondamentale de sens, qu’est-ce que mourir, qu’est-ce que vivre… ».

« Je cherche des fonds pour agrandir un certain nombre d’églises, parce que le nombre de pratiquants, contrairement à ce que disent les sondages, ici, il augmente ! Le Val d’Oise c’est 140 nationalités, autant de cultures et langues différentes : notre institution Église est un beau signe de ce que devrait être une communauté humaine. »

Ghaleb Bencheick : « c’est avec beaucoup de joie que je suis venu de Paris, animé d’un sentiment d’amitié et de respect pour vous toutes et vous tous. Parlant de l’islam comme citoyen, pas porte-parole de mes coreligionnaires : sa présence n’est pas adventice ! La France fut une puissance musulmane, du point de vue démographique, sous l’Empire. Du côté de Verdun, le premier prénom sur les tombes, en nombre, c’est Mohamed ; puis Mathieu et Martin. Le musulman ou la musulmane lambda n’espère rien de tel que de remplir tranquillement ses devoirs de citoyen en jouissant tranquillement de ses droits de citoyens. Il y a une minorité de la jeunesse qui a été prise comme proie facile par une propagande wahabo-salafiste. Nous y répondons à court terme par la force publique, à long terme par l’éducation et la culture. La laïcité : la loi garantit l’exercice de la foi aussi longtemps que la foi ne prétend pas dicter la loi. »

Gilles Clavreul « que faire pour que les plus de 90% de Français non musulmans connaissent mieux cette religion ? »

Ghaleb Bencheikh : « assurément, il faut davantage d’une double connaissance mutuelle entre l’élément islamiste et le reste de la population. La Fondation pour l’Islam de France, laïque, à vocation éducative, culturelle et sociale, cherche cette connaissance. Nous projetons une exposition ‘Islam, Europe, 15 siècles d’histoire’. Les desserts ou l’art lyrique, la composition musicale ou l’art pictural, doivent beaucoup » à la civilisation islamique. Nous appartenons à l’aire civilisationnelle euro-méditerranéenne, ensemencée par le monothéisme abrahamique, et d’expression gréco-arabe. Si on enseignait le théorème d’al Kashi en 4ème… on saurait que Pythagore a été étendu à tout triangle, en jouant sur le cosinus. La civilisation universelle est une sédimentation d’apports. Les hiérarques musulmans doivent travailler les premiers à cette entre-connaissance. Les imams doivent apprendre la chanson de Roland, même si elle n’est pas tendre pour eux : elle fait partie du patrimoine de leur pays. »

« Enfin il faudrait un discours rationnel sur le fait islamique, l’islamologie doit recouvrer ses lettres de noblesse à l’Université française. »

Haïm Korsia : « les apports se fondent. La France en hébreu se dit « tsarfat », un creuset. Je participe au denier du culte parce que c’est du benchmark, il faut connaître la concurrence. L’État en défiscalise 66% : il reconnaît que notre action fluidifie la société. Elle ne fait pas du bien qu’aux catholiques ou protestants. La laïcité, c’est aussi l’espoir de l’État de nous voir tous contribuer au bien commun. »

Stanislas Lalanne : « Il est important que nous connaissions et appréciions la foi les uns des autres. Les clichés qui se balladent sur les réseaux sociaux sont monstrueux. On a un travail très important (à faire) dans le regard sur l’autre. La haine vient de la non-connaissance. »

Haïm Korsia : « dans les armées, j’ai vu l’effet d’un film sur la perception qu’on pouvait avoir ! Ce film c’était, sur la cristallisation des retraites des anciens militaires… ‘Indigènes’… et là tout le monde se dit ‘c’est vrai !’. Ça a forcé le pouvoir politique à changer sa vision. L’émir Abdelkader dont on nous parle en histoire en disant qu’il s’est opposé à nos troupes, il a fini grand-croix de la Légion d’Honneur. »

Gilles Clavreul : « le dialogue interreligieux, ça marche bien entre les élites… mais dans ce dialogue il manque le non-croyant, l’agnostique ! Cette table ronde ne représente pas toutes les religions… ni, je les représenterai par usurpation d’identité, les 2/3 des Français qui déclarent ne pas croire. »

Ghaleb Bencheikh : « certains parlent de ce dialogue comme de mondanités. Jamais il n’y a eu autant de dialogue entre religions, au moment même où les religions sont décrites comme fauteuses de troubles. Au lendemain de l’assassinat du père Hamel, il y a eu un appel aux jeunes musulmans pour assister aux messes… J’en entendais un dire ‘c’est la première fois’, alors qu’il vit entouré d’églises ! Mais tant mieux (s’il y est allé). »

Stanislas Lalanne : « Nous avons des questions d’humanité communes à aborder. La laïcité ne veut pas dire que la foi soit dans la (seule) vie privée. La communauté chrétienne, la communauté catholique peut apporter sa contribution, sans imposer, apporter des choses qui nourrissent le dialogue. Dans un département comme le nôtre, notre chance c’est la différence. »

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