Blog d'Engagés pour Argenteuil

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mardi 11 octobre 2016

Conseil Municipal du 11 octobre 2016 : heurs et malheurs des quartiers

7. Demande de subvention pour la vidéosurveillance : dans le cadre de nouvelles dispositions de la Région, dites "bouclier de sécurité"… : qui financent des caméras HD dans la ZSP. François Poletti a bien voulu répondre en Commission à différentes demandes de précision de ma part. Georges Mothron indique que "la vidéoprotection a permis cette après-midi l'arrestation de gros dealers dans le quartier des Musiciens."

8. Tarifs d'enlèvement des dépôts sauvages : Philippe Vasseur précise que sur TellMyCity, les dépôts sauvages représentent 30% des signalements, ce qui ne les dissuade pas. 2230 tonnes de dépôts sauvages ont été ramassés en 2015 (par l'Agglomération ! pourtant critiquée à l'époque par la Municipalité our sa prétendue inaction…), 1000 tonnes en 6 mois cette année.

Les tarifs prévus, dont un forfait d'enlèvement de 265 € TTC, sont censés couvrir les coûts du déplacement (avec pesage), mais pas les coûts de l'enquête pour retrouver les auteurs de des dépôts… C'est déjà ça.

Georges Mothron précise que certaines caméras ont permis de prendre sur le vid des "pseudo-artisans", "des camionnettes entières", que "des poursuites sont en cours" et que "ça commence à se savoir".

Nicolas Bougeard se réjouit de la volonté de la Ville de combattre ce fléau. Il se rappelle un élu de l'opposition moustachu, qui, il y a 30 mois, "parcourait la ville appareil photo en main, assurant qu'avec lui, ça serait vite réglé". "Nous nous réjouissons de cette délibération et apprécions que vous constatiez la difficulté du sujet."

Unanimité.

9. Cession de l'ancienne Poste rue Kléber : déjà vendue 230000 € il y a quelques mois mais "les acquéreurs n'ont pu réaliser le projet". Nouvelle vente au même prix.

Fabien Bénédic annonce que nous voterons contre. Nous estimons en effet que le quartier Moulin d'Orgemont aurait besoin d'une Maison de Quartier, qui ne semble pas se dessiner.

Je m'étais abstenu lors du précédent vote, mais les difficultés à transformer cette Poste en pavillon suggèrent qu'elle ferait sans doute une meilleure Maison de Quartier.

10. Partenariat avec NQT "Nos quartiers ont du talent" : cette association implique des entreprises, des cadres, des professionnels RH, pour "coacher" des jeunes bac+3 vers l'emploi. Fabien Bénédic rappelle qu'il s'agit là de poursuivre un partenariat de l'ex-Agglomération avec NQT. Unanimité.

Quelques exemples d'actions de NQT hors d'Argenteuil : 1, 2, 3, 4.

11. Demandes de dotation d'État "Politique de la Ville", ex- Dotation de Développement Urbain, près de 2 millions / an que la Ville touche depuis l'année 2014. Elle doit présenter une liste de réalisations auxquelles ces sommes seront affectées… La liste est fort peu probante, mais bon, tout le monde comprendra qu'il s'agit d'un prétexte.

Chantal Colin estime justement ce tableau "pas très explicite", avec un planning de réalisations qui fait douter que les dépenses relèvent bien de l'exercice 2016. "Si vous vouliez bien nous donner quelques précisions, nous pourrions le voter."

Xavier Péricat note qu'aucune précision n'a été demandée en commission des Finances — effectivement j'avais trouvé le tableau insauvable et m'étais dispensé de demander (pour la nième fois) des justifications crédibles. "Vous savez bien qu'en matière d'investissement… l'année 2016, il en reste deux mois et demi… De toute façon la dotation Politique de la Ville est une recette d'investissement. Pour le reste, Madame Colin, réjouissons-nous du maintien de cette dotation, qui vient en atténuation du désengagement global de l'État, qu'il faut déplorer."

Philippe Doucet : "c'est la deuxième fois il n'y en aura pas trois : il n'y a pas le quorum."

Xavier Péricat : "je n'ai pas l'impression qu'il y ait tant de chaises vides." Mais ce sont les conseillers qu'il faut compter.

Philippe Doucet : "On est trop bons."

12. Acquisition des locaux du centre technique 5 rue de l'Angoumois, face à Aérokart, à l'euro symbolique.

13. Lots A et C des parcelles 109/111 Maréchal Joffre : résidence "Le Figuier", regrettable pavé d'immeuble en fin de construction en plein quartier pavillonnaire des Coteaux. La Ville reprend à l'euro symbolique quelques m2 pour l'alignement de la rue.

14. Acquisition d'un pavillon 50 rue Michel Carré. Minuscule terrain et petit pavillon inhabité depuis des années, muré, bon à démolir. Racheté 256000 € ! à l'Établissement Public Foncier qui "portait" ce terrain dans le cadre du projet de la Porte Saint-Germain, non réalisé. C'est le prix initial plus des frais financiers ou matériels énormes.

Ça me semble un marché fort mal négocié (à l'époque, début 2008) et je considère en laisser la responsabilité aux responsables… et m'abstenir sur ce vote.

Chantal Colin déplore, elle, que cette partie très dégradée de la rue Michel Carré n'ait pas été incluse dans le nouveau périmètre d'études de la Porte Saint-Germain. Gilles Savry répond que la Municipalité "se focalise sur les secteurs encore plus difficiles". "Le STIF travaille sur la liaison entre terminus du tramway T2 Pont de Bezons, et gare d'Argenteuil ; la Déclaration d'Utilité Publique devrait sortir en 2017 ; l'avenir de la rue Michel Carré en dépend."

Georges Mothron : "on aura des décisions à prendre avant la fin de cette année".

Unanimité à mon abstention près.

15. Acquisition d'un appartement de 35m2 14 boulevard Jean Allemane, immeuble déclaré en "insalubrité irrémédiable". La Ville acquiert les appartements un par un, ce qui est difficile car les propriétaires ne veulent pas céder au prix prévu par les Domaines, ici 35000 € pour 35 m2.

Chantal Colin se réjouit que cet arrêté ait été enfin pris, alors que la Ville avait commencé à acheter auparavant. Combien de lots restent à acquérir ?

Gilles Savry : 4 des 6 lots.

Unanimité.

16. Cession du 26 rue Paul Vaillant-Couturier à l'Etablissement Public Foncier d'Ile-de-France, en attendant un projet urbain sur ce périmètre de l'îlot Laugier. L'achat a été difficile, jusqu'au juge des expropriations, qui a fixé l'indemnité à 448000 €, que l'EPF nous reverse maintenant.

Chantal Colin fait une rapide allusion à la très longue histoire de cette parcelle. Unanimité.

17. Cession à Nexity rue de Bavard, rectification d'une erreur dans la délibération : une parcelle avait été mentionnée à tort dans le vote sur ce cadeau somptueux à Nexity.

Nous avions voté contre à l'époque et votons contre la délibération même rectifiée.

18. Cession de la parcelle 86 boulevard Marceau Guillot

Les habitants de la parcelle voisine veulent acheter ce terrain de 100 m2 en angle de carrefour. Il leur était répondu que la parcelle n'appartenait pas à la Ville ; en fait, si, elle la leur cède donc "au prix des Domaines" soit 10000 €, c'est un cadeau (la valeur de leur terrain augmentera de bien plus). Unanimité tout de même.

19. Convention EPF-IDF et Territoire Boucle Nord

La nouvelle convention substitue le nouveau Etablissement Public Foncier d'Ile-de-France à l'ancien Etablissement Public Foncier du Val d'Oise. Unanimité.

20. Délégation au Maire du droit de préemption urbain qui relevait auparavant de l'Agglomération.

(je complèterai plus tard. Abstention de l'opposition).

21. Fermeture du marché Colonie le mercredi matin.

Je demande pourquoi la double date du vendredi soir et du samedi matin…

Le vendredi soir ne correspond pas à ce que suggérait l'enquête faite par le collectif du Marché auprès des habitants : mardi soir ou mercredi après-midi, heure a priori pratique, par exemple pour beaucoup de mamans, et il n'y a aucun autre marché au même moment à Argenteuil.

De plus, comment espérer faire revenir une chalandise au marché en y laissant traîner des câbles électriques tombant du toit, des boîtiers de dérivation ouverts à hauteur d'homme… ? Cela demanderait juste, sans parler de mise aux normes, quelque heures d'un électricien des services de la Mairie, et nous le demandons depuis un an…

Nous votons donc contre cette délibération trop mal préparée.

(Merci à Bernard Rols pour la préparation de mon intervention !).

Pour Stéphanie Henry, "je vous avais répondu sur le choix du vendredi soir, c'est parce que c'est le début du week-end, et que beaucoup de gens passant par la gare le vendredi soir. Le marché du vendredi soir a eu un coup de mou mais ça va repartir de plus belle. Le collectif du Marché nous sollicite très régulièrement, il sollicite beaucoup la Mairie… "

22. Dissolution de la Maison Intercommunale de la Justice et du Droit : la Ville continuerait d'accueillir ce service, en partenariat direct avec le Tribunal de Grande Instance et la Ville de Bezons. Viendrait-elle dans les locaux actuels du Trésor Public Municipal, demande Nicolas Bougeard ? Pas dans les mois qui viennent, répond Georges Mothron.

23. Contrat local d'accompagnement à la scolarité : la Ville subventionne des associations pour les études après l'école. Fatima Amarir indique que des évaluations des résultats de cet accompagnement seront demandés en mai 2017.

Ayant eu un entretien récemment avec la responsable d'une de ces associations, je rejoins à la fois l'engagement de la Ville à leurs côtés, et ce souhait d'évaluer les résultats de l'accompagnement, au-delà de nombres d'inscrits.

24. Collaboration à Savante Banlieue : manifestations de découverte de la science, organisée par le Territoire voisin de Plaine Commune avec les universités et le CNRS. La subvention paye le déplacement de lycéens argenteuillais.

25. Subvention au Foyer de Jeunes Travailleurs Daniel Féry, au Val Nord. Bâtiment de qualité médiocre dont la réhabilitation coûterait 5 M€ et l'État n'y est pas subventionnable. Moins de 50% des locataires sont Argenteuillais, indique Philippe Doucet. Ou "on" (il parle ici comme vice-président d'AB Habitat) rase et on reconstruit sur place, mais la parcelle est très petite ; ou on vend à un opérateur comme Espace-Ille (?) dont c'est le métier de faire des Foyers de Jeunes Travailleurs, ce qui lui permettrait de bénéficier d'une aide d'État. AB-H part sur cette deuxième solution. La nouvelle directrice générale d'AB-H est mandatée pour cela.

Georges Mothron répond que Espace-Ille avait racheté des immeubles dans les années 90 au Val Nord et créé un foyer d'étudiants tout neuf dans le centre ville, et que tout cela ne donne pas un bon exemple de gestion : ce ne sont plus des étudiants mais des familles.

Philippe Doucet n'est pas marié avec Espace-Ille et constate qu'ils n'ont pas d'autre FJT en Ile-de-France. "On aura l'occasion de l'évoquer en Conseil d'Administration de la coopérative" AB-Habitat.

26. Tarification de la plongée à Gagarine : la Ville y ouvre de nouvelles activités, ayant pu dégager un maître-nageur sauveteur à plein temps. Madame Le Nagard : "On a aménagé les tarifs" (à la baisse, en fait).

Renée Karcher constate que les tarifs sont étranges : nous avons demandé en commission Action sociale (et parallèlement en commission des Finances) une rectification, "mais personne n'a été en mesure de nous répondre. J'ai aussi demandé le 28 juin les chiffres de fréquentation, nous attendons toujours les réponses. Vous mesurez le mécontentement des utilisateurs du centre aquatique, que vous poussez à partir à Eaubonne, Colombes ou Herblay, transformant encore Argenteuil en ville dortoir."

Madame Le Nagard : "on ne va pas revenir sur l'historique du centre aquatique. J'ai cru vous avoir répondu le 28 juin sur la fréquentation. Je peux vous donner les chiffres de la saison 2015-2016 : 385 inscrits payants à l'école de natation (on en a plus de 500 que leurs parents inscrivent en début de saison, mais certains ne viennent pas) ; 220 bébés inscrits ; à l'aquafitness, entre entrées libres et cours, 1600 personnes."

Nous avions demandé que les services rectifient la grille incohérente présentée. Mais non. Nous nous abstenons.

27. Participation de la Ville à la plaine de loisirs de Vallangoujard, dans le Vexin, partagée avec Colombes et Bezons. Fatiha Bacha présente des photos des activités qui s'y déroulent. "Nous sécurisons la traversée vers le haras, avons créé des ventilations…" Des réunions avec les directions d'école "auront lieu incessamment sous peu" pour leur présenter les possibilités du site.

Les villes payent au prorata de leur population, donc 46% pour Argenteuil, qui ne l'utilisait que peu. Mais pour Georges Mothron "Argenteuil a récupéré une partie de l'activité".

Marie-France Fari : "d'autant que c'est la seule structure restante" après la fermeture des colonies de vacances à "Saint-Hilaire de Riez, que nous avions rénovée" dans le mandat précédent. "Nous avons appris avec grande stupéfaction que la majorité actuelle organise à Vallangoujard ses séminaires d'élus, aux frais de la Ville".

Fatiha Bacha : nous optimisons. "La fréquentation est quasi au maximum : 406 sur 420 places cet été. Maintenant c'est proposé à tous les Argenteuillais et pas seulement ceux des centres de loisirs."

Marie-France Fari : "c'était déjà le cas ! J'étais Présidente" et bien placée pour le savoir.

Unanimité pour ce financement.

mercredi 29 juin 2016

Argenteuil brade du foncier. Pour faire du logement social ? Non ! 28 grands pavillons

Le terrain nu vaut autour de 500€ le mètre carré à Argenteuil. C'est très bon marché pour l'agglomération parisienne : il faut aller à Villiers-le-Bel pour trouver des prix de l'ordre de 330 € le mètre carré.

Hier soir (point 18), la Municipalité d'Argenteuil a fait voter la vente de deux vastes terrains au promoteur privé Nexity, pour 28 pavillons au total, à 180 € le mètre carré et 155 € le mètre carré respectivement.

Pour 2,3 millions net vendeur, soit environ 4 millions de moins que le cours du foncier.

C'est presque moitié moins cher que la vente récente du terrain rue de Somme-Py, ancien tir à l'arc (288 € /m2), que nous avions déjà trouvée contestable (17 décembre 2015). Et pourtant les deux terrains Nexity sont mieux situés, proches de la gare du Val et de l'échangeur A15 respectivement.

Voici le plus grand, dans le quartier des Coteaux, entre la rue de Bavard et la route de Cormeilles :

Parcelles_rue_de_Bavard.png

Les puces correspondent aux parcelles appartenant à la Ville et vendues à Nexity, qui y créerait 21 lots de pavillons ; il négocie avec un propriétaire privé de terrain voisin, pour un projet de près de 30 lots au total. La vente se fait à 1 720 000 € , soit donc le tiers de la valeur du terrain à Argenteuil.

La récente visite de quartier des Coteaux avait fait un arrêt minute devant l'entrée de ce terrain côté rue de Bavard :

IMG_3605.jpg

Ce terrain ne présente a priori aucune difficulté géologique / de sol, l'accès chantier est très facile par la route de Cormeilles, les pavillons se vendront comme des petits pains.

Par terrain, cela fera donc autour de 85000 € + 5000€ de viabilisation + 7000€ de frais de notaire = moins de 100000 € !

L'autre terrain, rue de Vaucelle, est vendu 600 000 € au même Nexity. C'est à Orgemont, en contrebas de l'espace naturel du Moulin, à proximité de Grand Frais.

Parcelles 165 et 642 sur le plan ci-dessous

Parcelles_165_642_Vaucelle_.png

En juin 2011, la Municipalité précédente avait acheté la parcelle 165 pour donner accès à l'intérieur du pâté de maison, puis avait vendu l'ensemble 1,1 M€ à un autre promoteur (Grand Paris Aménagement), qui avait ensuite renoncé. Le groupe de droite — majorité actuelle — avait voté contre la vente ! La droite re-présente ce projet de vente en faisant perdre à la Ville 500000 € au passage !

Gilles Savry, adjoint à l'Urbanisme, justifie cette braderie par la volonté de "respecter les quartiers pavillonnaires : les terrains feront 400-500 m2" — ce qui rapportera un peu moins au promoteur que de diviser en parcelles de 300 m2. Très bien, mais depuis quand une Municipalité doit-elle subventionner les riches et les promoteurs privés avec l'argent des pauvres ? Le "respect des quartiers pavillonnaires" ne fait évidemment pas partie des raisons acceptées par le législateur, ou la jurisprudence, pour brader le patrimoine public.

Cela représente en effet autour de 100 € de manque à gagner par foyer argenteuillais (donc d'impôt en plus, tôt ou tard), au profit de 28 familles soit 1 pour mille de la population. :-(

Quelqu'un demandait sur Facebook l'avis (obligatoire) des Domaines sur la valeur de ces terrains. Il ne figurait pas dans les documents qui nous ont été remis, et il n'y était pas fait allusion. Nous n'avons même pas reçu les plans, contrairement à l'habitude en matière de ventes foncières.

Gilles Savry dit en Conseil : "on a fait une consultation avec des gens sérieux. Nous avons retenu la meilleure offre."

Dans une affaire comme celle-là, le "sérieux" dont on peut douter n'est pas celui de l'acheteur, c'est celui du vendeur.

mardi 7 juin 2016

Réunion de quartier aux Coteaux : pavillons ici, remblais là

par Frédéric Lefebvre-Naré

80 personnes présentes ce mardi soir à la réunion de quartier des Coteaux.

J’arrive (de ) alors que Xavier Péricat expose la situation budgétaire, affirme qu’ « il faut être complètement honnête » juste après avoir répété son chiffre virtuel et rituel de « 377 embauches ». Ça commençait dans le dur.

"6 M€ de factures de l’Agglomération restent à payer, un fournisseur m’appelle cet après-midi sur mon numéro personnel, pour une facture portant sur le parc Mirabeau, réalisé il y a 3 ans ½. Subventions insincères, contentieux avec l’URSSAF… La Ville devra faire une avance en attendant la vente de l’Hôtel d’Agglomération. 77 M€ de dette ont été intégrés dans les comptes de la Ville."

Gilles Savry présente les projets d'investissements de la Municipalité sur l’ensemble de la ville (bien entendu, même s'il oublie de le rappeler, des projets de l'équipe précédente qui se concrétisent ou se terminent : un projet immobilier demande plusieurs années de la conception à la livraison).

« On a bouclé la discussion, la concertation » sur le cœur de quartier des Musiciens, qui « n’était pas sécurisé autour de l’école Romain Rolland ». « On commence dans les jours qui viennent ». (Je me suis étonné, en Commission d'Appel d'Offres, de ce que ce projet, présenté comme difficile avec un planning très serré pendant les vacances scolaires, n'y soit présenté que mi-mai).

« Les parkings des Terrasses : 1883 places. La plupart des parkings réouvrent, ça va permettre d’éviter le stationnement sauvage qui était un peu partout ».

"Beaucoup de piétons passent sous dalle… sous terrasse, la lumière n’est pas au mieux, ces travaux vont être repris, l’étude est en cours."

"La Halle des Sports dans le parc Maurice Audin. Avec un espace vert récréatif."

"La Ville réhabilite des coques commerciales du Val Nord, il en reste 2 à réhabiliter."

"L’ancien parking « PIR » du Val Sud, fermé depuis des années et des années et des années. C’était un quartier abandonné de longue date. On reprend le dessus (mini-dalle) parce qu’il pleuvait à l’intérieur. Les quelques coques commerciales abandonnées depuis longtemps vont être démolies. On retrouvera le parking, un peu moins de 600 places."

"La Maison de quartier d’Orgemont, après l’A15. Pour la jeunesse, les personnes âgées… La livraison est prévue pour fin 2016."

"Le nouveau Centre de Loisirs primaire d'Orgemont sera construit devant le théâtre Sochon."

"La Porte Saint-Germain, un secteur abandonné depuis 2008-2009, à la limite de Bezons : nous voulons une liaison entre la gare d’Argenteuil et le terminus du T2 Pont de Bezons, nous obtiendrons sans doute une ligne en site propre « TCSP », à défaut de prolongement du tramway."

"On va faire muter un certain nombre d’îlots :

  • La Ferme du Spahi va déménager, elle apporte énormément de difficultés de circulation.
  • Les îlots Renault et ex-Pirelli nous appartiennent, Renault est fermé depuis fin 2013.
  • On créera un groupe scolaire, on ne peut pas encore dire exactement où."

"On lance un travail global sur l’éclairage public : passer tout en LEDs. Ça coûte extrêmement cher mais la rentabilité est assez immédiate, par rapport aux halogènes qu’on a actuellement. "

"Voirie : on lance un plan pour boucher les trous, une application Smartphone permettra de les signaler. On va refaire un certain nombre de voiries, c’est de longue haleine, on lance 3,5 M€ de travaux. On souhaite faire rapidement la rue du Jura, très passante et constamment avec des trous."

Philippe Vasseur présente l’application TellMyCity, « marque du prestataire retenu », Spalian. "On va passer dans une application du XXIème siècle un petit peu."

'Les opérations « pas de quartier pour les déchets » : l’objectif après ce grand nettoyage est de motiver pour ne pas re-salir.'

4 axes convenus avec Azur :

  • Dépôts sauvages. La carte des points noirs de la ville est bien connue ! On va les aménager pour dissuader les dépôts. 190 tonnes sont enlevées chaque mois.
  • Stationnements qui empêchent la collecte, surtout des colonnes enterrées. 190 véhicules dans ce cas ont été verbalisés en mai, 3 enlevés à la fourrière.
  • Respect des règles de collecte et de propreté : on va faire une grosse communication auprès des habitants. On va aussi sanctionner. Nous allons pour cela assermenter les agents de maîtrise du ramassage.
  • Comportement des personnels.

Perspectives scolaires : 15 ouvertures de classes annoncées à cette rentrée, 17 à la rentrée de septembre 2015.

"On avait des mauvaises surprises chaque année : on doit ajouter un mur ici, supprimer une bibliothèque là-bas, ajouter un préfabriqué dans la cour."

"On a lancé une étude prospective sur 10 ans, qui montre la modification de la pyramide des âges. Les logements livrés ces dernières années sont des 3 pièces maxi, quand l’enfant atteint l’âge du collège il n’y a plus l’offre sur Argenteuil."

L’effectif d’enfants serait stable sur les Coteaux et le Val Nord, augmente un peu sur le Val Sud, Orgemont-Joliot et le Moulin d’Orgemont (mais "il y a du potentiel à Brossolette"). Il y aura 37 classes à ouvrir sur le Val Notre-Dame, et 30 dans le centre ville, où le foncier va être plus difficile à trouver.

15 ouvertures de classe cette année, c’est 1,4 M€ à sortir : 900 k€ de travaux + le mobilier, les personnels supplémentaires d’animation et de service.

Travaux d’amélioration ; on a changé toutes les fenêtres de la partie Garçons de l'école des Coteaux, on va changer toutes celles de la partie Filles. Plus du quart des 2 M€ de travaux seront sur les écoles des Coteaux.


Questions-réponses avec le public :

Q/ Quels projets sur le terrain Sagem ? Que deviendra le terrain en haut de la rue de Passemay ?

Gilles Savry : Sagem est quasi totalement partie. On a prévu un emplacement réservé pour une école. Les discussions avec la Sagem sont très longues. On est ouvert à faire de l’urbanisation.

L’emprise de la rue de Passemay, ou « terrain des Pieux », ancien centre de loisirs, est l’une des dernières emprises foncières du quartier. On y faisait la fête médiévale, l’état du terrain ne le permettrait plus. Est-ce qu’on le lance à la commercialisation ? On le garde en réserve pour l’instant. Demain, aura-ton besoin d’un centre de loisirs, d’un équipement public, ou y fera-t-on des pavillons…

Le terrain de l’ex-école Notre-Dame, rue de la Grande Voie : la Croix Rouge ne s’y intéresse pas, on travaille avec elle sur un autre terrain, on a envisagé celui des Prud’hommes, maintenant on regarde un terrain à Orgemont. Sur ce terrain, on voulait faire un EHPAD, ou une résidence services, mais ce qu’on nous proposait ce n’était ni l’un ni l’autre, mais 70 logements adaptés pour seniors. Pas simple en plein secteur pavillonnaire. Donc nous avons lancé une consultation pour du pavillonnaire. On a eu des réponses (sur plusieurs terrains en même temps), on a une proposition pour 13 lots de 350 m2, avec une voirie centrale et une sortie rue du Nivernais.

Georges Mothron : le plus gros propriétaire foncier d’Argenteuil, c’est la SNCF, avec ce qui était la gare de triage : aujourd’hui des ferrailleurs, dans un état déplorable, on avait réussi à réguler mais c’est reparti en vrille.

La Tangentielle, j’en entends parler depuis si longtemps… La 2ème étape sera de Noisy-le-Sec au Bourget. On nous promet la jonction vers 2026-2027, la SNCF regarde des propriétés qui longent, pour exproprier, rue Claude Monet et rue Louis Lhérault, où elle doublera la gare. Il y aura 3 arrêts à Argenteuil. Enfin la SNCF respectera ce qui était promis ! En faisant sauter le passage à niveau PN 19 de l’avenue de Verdun — la date fixée était 2015 ! Les voies de fret Grande Ceinture seront reportées au Nord du croissant ferré, permettant de gagner un foncier important pour renouveler ce quartier pratiquement à l’abandon. La SNCF est prête à le céder.

Nous venons de concourir à une ouverture qui nous a été faite par Patrick Ollier, le député-maire de Rueil. Il a lancé un appel à projets, comme président du Grand Paris. Nous étions avec Gilles Savry au Pavillon Baltard pour ce concours international d’architectes.

Nous proposons les sites des ex-tour Axa… Mon prédécesseur avait trouvé, bonne idée d’ailleurs, l’École Alsacienne, mais les financements n’ont pas suivi. Puis le projet de lycée catholique. Mon prédécesseur avait vu avec le diocèse un investissement sur ce terrain Axa. Les révisions drastiques au diocèse sur leurs capacités d’investissements, ont annulé le projet. En attendant, le lycée ouvrira en poussant les murs de Saint-Joseph. Pur produit de l’enseignement public, j’ai toujours été pour que les gens puissent choisir, et je trouve que c’est bien.

Et autour de la gare centrale, il y a des friches qui appartiennent en bonne partie à la SNCF et des entreprises qui demandent à muter. Un quartier qui ne s’est pas tellement embelli, sauf Givaudan, qui accueille ainsi ses visiteurs dans un décor pas tellement souhaitable !

Il s’agit de ramener de l’emploi à Argenteuil, qu’Argenteuil ne devienne pas une ville dortoir. Les demandes de mutation sont très fortes. Yoplait était là depuis 40 ans, vient de partir… ils libèrent 3 hectares de terrain idéalement placé, eux étaient 80 employés, c’est ridicule sur 3 hectares, il faut apporter beaucoup plus.

Renée Karcher revient sur le centre de loisirs des Pieux : construit dans les années 70, préfabriqué plein d’amiante avec des trous de partout, le détruire n’était pas une volonté politique, il en allait de la santé des enfants.

"Vous ne nous présentez pas les plans du lycée Saint-Joseph ; ils ont été présentés en conseil de quartier ?"

Gilles Savry répond que "les enfants qui allaient aux Pieux restent maintenant « dans du béton » à Paul Éluard."

"Sur le lycée : 9 classes vont être créées en 3 ans, à mesure des ouvertures de poste. Sur la première année, dans les locaux existants. Un permis de construire est en cours de conception par l’architecte, ce pourquoi je n’ai pas le droit de vous le présenter en public, mais le Diocèse peut le faire, comme il l’a fait en réunion publique. L’ancien pavillon du Directeur d’école, actuel bâtiment administratif, va être démoli et remplacé par un bâtiment pour le lycée."

Q/ La forêt qui est derrière, le bois d’Hédoit, j’ai vu des panneaux pour la consultation publique pour l’extension de la carrière.

GS / Initialement elle devait descendre vers les Coteaux, le quartier s’est mobilisé pour créer le bois d’Hédoit. La carrière demande à s’étendre en souterrain, sur Cormeilles, Franconville essentiellement.

Le bois d’Hédoit re-grignote à son tour, l’Agence régionale des Espaces Verts rouvrira une quarantaine d’hectares, je crois.

GM / Concernant une entrée d’autoroute, la discussion va avoir lieu la semaine prochaine en Préfecture, nous demandons que Placo en finance 50%.

Je pose deux questions sur ce projet :

  • 1 camion de remblais contrôlé sur 30000, est-ce suffisant ?
  • Et pourrait-on faire mieux sur ce site de la carrière, l'utiliser pour autre chose que d’entasser 13,5 millions de tonnes de gravats ?

R/ Georges Mothron répond : "je ne peux pas dépenser l’argent que je n’ai pas."

Gilles Savry : "Nous aurions préféré refaire la patinoire et la piscine dans la plaine. Concernant la carrière, le deal c’est qu’il soit repris par l’Agence des Espaces Verts, c’est une richesse, laissons vivre la nature."

Q/ Le boulevard Jean Allemane donne une mauvaise image d’Argenteuil.

R/ Gilles Savry : c’est un secteur à travailler. Nous l’avons défini comme périmètre d’études.

Le projet Marignan va enlever un point noir, le café (Royal), vraie nuisance pour les habitants du quartier.

Le secteur à l’angle de Marceau Guillot est classé pavillonnaire, c’est pourquoi il a du mal à se développer, les promoteurs voudraient faire un petit immeuble. Ça demande de la discussion avec les voisins, les riverains.

L’angle de la rue de Gode est un pôle très difficile. Commerce de qualité très moyenne, logement insalubre,… on a envoyé la Police municipale… les propriétaires ne sont pas payés et veulent vendre… Du trafic se fait à l’intérieur… on a fait plusieurs PV pour constructions illicites mais c’est presque mineur !

Rue de Bellevue, à l’angle, face à l’affreux « café TIR » qui est à Sannois, on a fait préempter une parcelle, on a utilisé l’Office Hauts-de-Seine Habitat. Il faudra aussi travailler sur le garage qui est derrière, pour cela il faudrait que l’Office le rachète. Une boucherie aussi a ouvert à un moment … Tout cela est sur notre radar.

GM / On était peu suivis par la Justice pour les cas d’infraction à la construction. Le Procureur y a maintenant délégué un adjoint, et maintenant ça bouge.

GS/ Il y a des astreintes journalières. Maintenant le temps joue pour nous. Une habitude s’était prise à Argenteuil de construction sans permis ! Des gens nous prennent à partie en disant « on savait pas », mais pour toute construction, venez au service Droit des Sols ! Quand je vois des gens qui construisent des soi-disant garages de 50 m2 dans leur propriété et disent « on savait pas »…

Q/ Les caniveaux de Marceau Guillot sont vraiment sales. Les machines ne peuvent pas passer, il faudrait des coups de balai !

GM/ C’est noté.

Q/ Le 53 rue de Gode est dans un état lamentable depuis des années.

GM/ Il y a un sujet de voirie, le triangle à l’entrée de la cité est dans un état ridicule.

Cette cité très sympathique, avec de magnifiques espaces verts, c’est aussi l’une des dernières d’AB Habitat qui n’a pas encore été rénovée, les ferrailles poussent les bétons. Malheureusement le Maire d’Argenteuil n’a aucun pouvoir. Il y a eu un rapt… une opération assez vicieuse, une spoliation[1]… qui a fait d’AB Habitat un organisme privé coopératif.

Q/ Quels projets pour le Franprix de la dalle ?

GM/ C'est un autre quartier (! nombre d'habitants des Coteaux dont moi-même fréquentions ce supermarché tout proche…)… Venez à Saint-Just le 11 juin… c’est la visite de quartier ? Le 22 juin. Le 23. (rires)

Q/ Peut-on faire quelque chose pour les quads à 80 km/h rue de la Grande Voie ?

Q/ et les motos dans le bois d’Hédoit.

GM/ On a monté des opérations qu’il faut que l’on multiplie. On travaille sur la recherche des lieux de stationnement et de ravitaillement, parce qu’à l’arrêt la police peut les prendre et les confisquer, et les détruit, ce qui fait réfléchir. Pour cela il faut s’occuper de toutes les sorties du bois.

Sur la rue de la Grande Voie, ça n’était pas venu à mes oreilles. (…)

François Poletti / Les députés sont en train de se pencher sur le passage de la contravention de ces quads, etc., en 4ème ou 5ème classe, avec la possibilité de les détruire s’ils ne sont pas récupérés.

Xavier Péricat / Le Parisien d’aujourd’hui… internet aujourd’hui, demain sur papier, évoque la saisie d’un quad.

Q/ La rue du Ramousset : la chaussée a des trous, les trottoirs sont fissurés, difficile de stationner avec le centre de loisirs, l’alarme du centre de loisirs se déclenche souvent.

Des fois à 9h1/2 il n’y a plus de bus, il n’y a plus rien, on aimerait en avoir jusqu’à 23h ou minuit comme le 514 !

Philippe Vasseur : les alarmes du centre de loisirs Les Grillons, j’ai demandé le relevé : il y a eu un week-end de déclenchements intempestifs. Le phénomène s’est résolu de lui-même.

GM : la desserte bus des Coteaux est plus limitée que celle d’autres quartiers. Vous n’êtes pas la première à nous en parler. Le bus 34, utilisé pour aller chercher le T2, pose un certain nombre de soucis, il doit passer dans des rues qui n’ont pas été prévues pour cela, les caniveaux rue de la Cavée s’effondrent…

Q/ Le bus 95-20 de Lacroix avait un arrêt rue Passemay, il n’a pas été créé, j’ai eu un mail de Philippe Pierre…

Philippe Vasseur / Cette ligne s’arrêtait à Cormeilles venant de Cergy, elle a été prolongée début mai jusqu'à l’hôpital d’Argenteuil ; nous avons demandé un arrêt devant le lycée Julie-Victoire Daubié, la halle des sports et la mosquée ; ainsi qu’un arrêt « Passemay » à hauteur de la rue de la Grande Voie. Ce qui semble possible dans le sens Argenteui vers Cormeilles, mais difficile dans l’autre sens, à cause du statut de la plaine agricole.

Q/ Quid des terrains le long de la rue René Briand ?

Gilles Savry / une réserve foncière, où nous avons de petites propriétés. C’st un énorme terrain en cœur d’îlot, qui appartient (…) pour partie à l’Etat.

GM / ça faisait partie des emprises prévues pour le BIP, depuis 60 ou 70 ans, c’est un de leurs vestiges. Il faudra peut-être y penser. On a refait la rue René Briand en 2005 en éliminant les « toiles d’araignées » de fils électriques aériens, on n’a pas pu éliminer cette verdure sauvage parfois squattée.

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Q/ Est-ce que des entreprises viennent ? Est-ce qu’Hédiard est venue ?

GM/ Cet après-midi au Figuier Blanc, nous lancions le Conseil économique d’Argenteuil (CEA) avec les directeurs de Givaudan, de Dassault… C’était jusqu’au 31 décembre une compétence de l’Agglomération, c’est revenu depuis le 1er janvier.

Hédiard est implanté sur les bords de Seine à côté de Pioneer (qui a disparu) et dès la semaine prochaine, livrera les repas VIP de l’Euro 2016. Ils pourront aussi fournir les compagnies aériennes comme ils le font dans d’autres aéroports qu’à Paris. Argenteuil fournira aussi la boutique en cours de rénovation rue de la Madeleine.

"Briqueville" (?) dans le même coin, avec ses briques rouges, a un succès de remplissage dingue, ce sont des PME qui s’installent là. Ça va participer au redémarrage commercial d’Argenteuil. L’hémorragie que l’on a connu en bord de Seine et dans la ZI du Val d’Argent, dont les entreprises sont parties en face à Sartrouville ou Cormeilles, il fallait absolument arrêter tout cela.

J’ai tenu à ce moteur (le CEA) que j’ai voulu gérer de façon œcuménique, Alain Leikine, un ancien opposant, m’a proposé ses services, on travaille en parfaite collaboration.

La réunion se termine sur cette annonce, en présence d'ailleurs du Président du fraîchement baptisé Conseil économique d’Argenteuil.

Notes

[1] Le Préfet appréciera !!!

dimanche 29 mai 2016

Carrière sous la montagne du Parisis : décision en vue pour les 30 prochaines années

par Frédéric Lefebvre-Naré

Placo, qui exploite la carrière de plâtre à la limite d'Argenteuil et de Cormeilles, demande de passer pour les 30 prochaines années en souterrain, sous la totalité de la montagne du Parisis, sauf les quartiers habités. Pendant ce temps, la carrière à ciel ouvert actuelle, soit 86 hectares, accueillerait 350000 tonnes de remblais par an, pour devenir un espace vert. Le même volume de remblais serait ensuite amené pour combler la carrière souterraine, jusqu'en 2046 (au moins).

Une enquête publique est en cours, jusqu'au 2 juin. Il reste à ce jour deux permanences des commissaires enquêteurs, jeudi 2 juin de 14 à 17h dans les mairies de Franconville et Montigny-lès-Cormeilles.

Les Conseils Municipaux des communes concernées, dont Argenteuil, auront ensuite 2 semaines pour donner un avis :

  • Créer cette immense carrière souterraine, à remblayer ensuite, est-ce une bonne idée, dans un secteur aussi urbanisé ?
  • Et si c'est la décision prise, les moyens prévus suffisent-ils à réduire les risques ?

Pierre Belot et moi-même avons pu, lors de la permanence de ce samedi 28 mai à la Mairie d'Argenteuil, consulter le dossier… en diagonale : ce sont plusieurs milliers de pages, mais le commissaire enquêteur nous a aidé de son mieux.

Schema_gypse_29mai16.png

Je crois possible de maintenir l'activité de l'usine à Cormeilles, et pour l'approvisionner, de creuser, effectivement, sous la montagne. Cependant, la lecture rapide du projet m'a conduit à trois inquiétudes et une interrogation[1].

1) Concernant la circulation des camions de remblais (jusqu'à 640 par jour[2]), le schéma proposé est très peu convaincant, bien qu'il prévoie des investissements substantiels, avec la création d'une nouvelle voie, en tranchée, depuis le cimetière de Franconville jusqu'à hauteur de l'usine (Cf. schéma ci-dessus).

a) Selon ce schéma, tous les camions de remblais, une fois vidés, devraient repartir par le Sud, par Cormeilles ou surtout, pour aller vers Paris, par Argenteuil. En effet il n'y a pas d'entrée sur l'A15 au Moulin de Sannois. La création d'une entrée, sans doute raccordée à la bretelle d'accès venant de l'A115 vers l'A15, semble indispensable. Or selon l'État, qui convient de son utilité, comme selon le Maire de Franconville, c'est à Placo de la financer.

Schema_gypse_29mai16_2.png

b) Pour les camions venant de Paris, l'accès suppose un demi-tour sur l'A15 via le "carrefour Ikea" et celui de "Quai des Marques", déjà très sportifs ! pour revenir ensuite vers la sortie Moulin de Sannois (qui n'existe que venant de Cergy). Ou bien sortir sur l'A115 à Franconville et traverser le quartier des Noues… Ce circuit compliqué risque d'inciter les camions à emprunter en fait, à l'aller comme au retour, la sortie Sud, c'est-à-dire traverser Argenteuil. La solution serait sans doute un demi-tour mieux aménagé sur l'A15 à hauteur d'Ikea.

2) Un pipeline souterrain d'hydrocarbures, Le Havre-Paris, appartenant à la société Trapil, passe par là ; il monte justement du "rond point Ikea" jusqu'à la route stratégique puis passe sous celle-ci. En noir pointillés sur la carte ci-dessous.

Version 2

Or des infiltrations d'eau, ou des défauts dans la voûte de plâtre de la carrière, provoqueront des effondrements en surface, comme cela se produit en forêt de Montmorency et ailleurs. C'est bien pourquoi la carrière ne pourra être exploitée sous des bâtiments.

Sans être spécialiste, je trouve très inquiétante la rédaction floue des dispositions correspondantes :

  • pas d'explosif à moins de 40 mètres de la verticale de la canalisation… "sauf autorisation de la société Trapil" (dont j'imagine limitée l'expertise en mécanique des sols) ;
  • "visite de chantier avec un représentant de Trapil" avant que le forage n'arrive à ce niveau : que verra le représentant, à 80 m de profondeur ?
  • et en cas d'incident (voûte effondrée…), "accélérer la mise en place des remblais de consolidation dans la zone de l'incident, et pour ce faire, éventuellement reprendre des remblais d'un autre secteur en cours de remblayage si nécessaire" et "prévenir la DRIEE et Trapil"[3] ! "Éventuellement si nécessaire"… J'ai du mal à imaginer que le déplacement express de remblais (sans grande portance) puisse faire plus que dissimuler la portée de l'effondrement. De plus cette procédure est inapplicable à une galerie principale dont dépendrait l'accès au reste du site souterrain.

De la même façon, le fort de Cormeilles risque d'être très endommagé. Cela exclut pour l'avenir toute activité impliquant un hébergement sur place[4].

3) Autre inquiétude : quels remblais seront enfouis là, loin de tout contrôle tiers ? Le remblaiement relèverait de la société spécialisée ECT, dont l'employé d'accueil serait chargé… de refuser tout chargement d'odeur ou de couleur douteuses ! Un contrôle "semestriel inopiné" sur "deux chargements" (donc un camion sur 30000 !) serait confié à un laboratoire, pour résultats 2 semaines plus tard (ou plus), alors que les terres concernées auraient été noyées sous d'autres remblais. Ces dispositions peuvent-elles être jugées suffisantes… au XXIème siècle ? Elles me semblent plutôt inciter à une gestion opaque par le concessionnaire.

Il me semble que le contrôle des chargements devrait relever d'un organisme indépendant (indépendant d'ECT et de Placo), mandaté par les collectivités locales (par exemple l'Agence des Espaces Verts de la Région Ile-de-France), et se faire en continu avec des moyens modernes et une diffusion en continu des résultats.

4) Enfin une interrogation, et une perspective d'avenir. De la carrière à ciel ouvert, pourrions-nous tirer un meilleur parti que de la reboucher avec du remblai ?

Les 111 mètres de dénivelée entre la crête et la plaine, et la pente abrupte créée par la carrière, en font un beau site pour des activités de glisse. Même une piste de ski couverte s'y trouverait bien mieux qu'à Gonesse où elle est prévue sur 3 hectares, Saint-Quentin en Yvelines où elle a été envisagée, ou Amnéville-lès-Metz où se cache actuellement la seule piste de ski indoor de France (3 M€ de chiffre d'affaires, une cinquantaine d'emplois).

Quel que soit le sport retenu, le site serait idéal… et sans impact sur le paysage, ni sur l'environnement naturel de la plaine. Bien sûr, un bon accès depuis l'A15 serait précieux, ce qui nous ramène au premier point, celui de l'échangeur. Espérons que nos élus municipaux ne se contentent pas de demander à l'État du goudron, mais recherchent aussi la meilleure mise en valeur de cette "montagne" !

Notes

[1] Je reformule ici, à l'attention de visiteurs n'ayant pas connaissance du projet, mes observations sur le registre du commissaire enquêteur.

[2] En période de remblaiement à la fois du site à ciel ouvert et des premières "chambres" souterraines.

[3] Point 4.2.1.3 du "rapport non technique".

[4] Dommage, je l'aurais bien vu redevenir un centre de stages commandos… pour les Franciliens amateurs de Mud Days et autres défis sportifs.

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