Blog d'Engagés pour Argenteuil

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

vendredi 29 juin 2018

Conseil municipal, 29 juin 2018 : notre centre ville a-t-il un avenir ? (live)

Le Conseil applaudit le remplaçant de Mickaël Camilleri : Fabrice Trichot.

Heureusement qu'il est là pour éviter que les rangs de la majorité ne soient trop déserts.

Conseil_29juin2018.jpg

Le Maire Georges Mothron fait une "courte intervention" liminaire sur le drame qui a touché une famille au centre commercial Côté Seine, la mort du petit Ismaël ; il souhaite que l'instruction avance vite.

Le Maire salue Mme Clavel, sous-préfète qui a quitté ses fonctions il y a quelques jours, "même si nous avons parfois eu des désaccords".

(Au titre du comité Jean Vilar, je la remercie également : elle avait accepté de nous recevoir ; le Maire, à ce jour, non).

La candidature au 2ème appel à projets 'Inventons la métropole" vient de cette collaboration.

Le Maire évoque le passage souterrain sous la gare : la SNCF dit que la solution "trouvée en son temps pour maintenir l'accès libre ne lui permet plus de lutter contre la fraude" : "Nous avons obtenu de la SNCF que tous les riverains jusqu'à l'A15 y gardent accès" (avec un badge ad hoc).

L'effondrement d'un mur de soutènement de l'A15 a paralysé les rues d'Argenteuil pendant "6 longues journées invivables pour les Argenteuillais mais aussi les acteurs économiques du territoire. L'entretien de l'ouvrage était défectueux, nous avons signalé il y a 2 ans des fuites de sablons, j'attends toujours les retours des services de l'État (DIRIF). Nous devons aussi nettoyer à nos frais les dépôts sauvages sur les voies d'accès. Nous avons dû mettre nous-mêmes en place les signalisations en centre ville pour avertir de la fermeture de la bretelle d'Orgemont (suite à l'effondrement du mur). Nous n'avons eu aucun renfort de forces de l'ordre. Cette situation est inadmissible, quand ce même État réduit en même temps notre liberté financière.

Il nous appartiendra de nous prononcer sur le 'contrat' qui nous est proposé par l'État, visant à limiter nos dépenses de fonctionnement. Donner moins pour demander plus, telle semble être la nouvelle devise de l'État.

Le dédoublement des CP et de CE1 en REP+ nous demande d'ouvrir 61 classes à la rentrée prochaine, plus 10 en raison de l'augmentation des effectifs ! ce sont aussi des frais de personnel et d'entretien qui viendront s'ajouter au budget."

Philippe Doucet répond (un peu plus tard) que "c'est la SNCF qui a décidé de détruire la passerelle et de la remplacer par un souterrain. La carte d'accès que propose la SNCF ne serait pas systématiquement accordée aux habitants de Joliot-Curie."

"Sur l'A15, nous pensions qu'il y aurait une motion ce soir à ce Conseil ! Sur la voirie départementale, il y a des vérifications décennale des infrastructures lourdes. Pour ce qui relève de l'État (DRIF), l'état de l'A15 comme de l'A86 nous amène à l'état d'un pays du tiers monde. Et on nous annonce comme calendrier de réouverture : début 2019 ! C'est du mépris de la part de l'État. Nous regrettons que vous soyons moins réactif que Mme Cavecchi" (présidente du Conseil départemental du Val d'Oise).

M. Pierre Abrinas présente la candidature d'Argenteuil à l'appel à projets "centres villes vivants" de la Métropole du Grand Paris. Avec le budget demandé, nous :

  • ouvririons un lieu partagé dans une coque actuellement vide,
  • mettrions en place une gouvernance coopérative,
  • organiserions un événement d'ampleur régionale, par exemple des "rencontres du commerce connecté".

Philippe Doucet compte "8 nouvelles sandwicheries ouvertes sur la rue Paul Vaillant-Couturier, alors que la Ville avait adopté la possibilité de choisir la nature des commerces (décret Dutreil). Nous présenter des "rencontres du commerce connecté" ! Si ce n'était triste, ce serait comique."

Le Maire répond que Philippe Doucet a annoncé au nom d'AB Habitat une "boucherie traditionnelle" sur Gabriel Péri, qui a été attendue 2 ans 1/2, et une fois installée, s'est avérée une nouvelle boucherie hallal. "Les Argenteuillais espéraient de la diversité. Vous les avez trompés. Vous saviez qui vous faisiez venir".

Insistant pour obtenir la parole,… je "suis heureux de saluer deux éléments positifs dans cette candidature.

  • D'abord son existence. Nous, Argenteuil, voyons tellement de trains passer sans y monter, qu'essayer de prendre celui-ci, c'est déjà quelque chose.
  • Ensuite, la 2ème des trois actions que vous demandez au Grand Paris de financer : l'idée d'une gestion coopérative des espaces du centre ville. J'ai déjà eu quelques occasions, dans ce Conseil, de le recommander, puisque l'union nationale du commerce indépendant a lancé cette formule depuis deux ans, avec l'accord des pouvoirs publics. Nous pouvons recréer une vie commerçante, une relation de travail entre commerçants indépendants, autour d'intérêts communs que ont la circulation, le stationnemet, l'animation et les festivités, et la communication de tout cela.

Malheureusement, pour le reste, cette candidature me semble tissée de généralités creuses, et très loin des difficultés mais aussi du potentiel de notre commerce de centre ville.

Entendre qu'on va organiser des rencontres du commerce connecté, il faut se pincer pour le croire : y a-t-il dans notre centre ville un seul commerce connecté ? Il y a bien les nouvelles bornes de stationnement, mais j'ai peur que leur électronique moisisse quand elles sont bâchées depuis 6 mois, à Jean Vilar et la plataneraie.

Notre problème c'est la nature et l'attrait de l'offre commerciale du centre ville dans son ensemble. Le problème, c'est que nous n'ayons le choix qu'entre sandwicherie, ou coque vide. Pourtant les possibilités de développer notre centre ville sont multiples, vous me permettrez d'en citer cinq qui répondent tous aux objectifs de la Métropole.

  • Premièrement, comment appuyer notre commerce sur la richesse culturelle de la ville ? Quelles offres de shopping, de jeux, de restauration, en complément du cinéma, des spectacles à la Cave ou au Figuier Blanc ? On dit partout que les centres commerçants qui restent attractifs à l'ère d'internet, ce sont ceux qui créent l'événement culturel, social : mais il y a zéro idée là-dessus dans votre candidature.
  • Deuxièmement, comment valoriser l'image internationale d'Argenteuil, liée à Monet et à l'impressionisme ? Vous avez demandé au comité départemental du tourisme une étude ; elle semble avancer à la vitesse de l'escargot malade, mais je suis sûr qu'entre votre équipe et l'association Eau et Lumières à laquelle la Ville a versé une coûteuse adhésion[1], il aurait pu y avoir quelques idées aussi.
  • Troisièmement, comment faire du parking PVC un véritable parking de centre ville, élément de l'offre commerciale et culturelle, point d'entrée vers les différents commerces ?
  • Quatrièmement, comment faire la transition de la géographie actuelle du centre, vers Argenteuil Littoral et la future gare de la tangentielle ? Vous dites, M. le Maire, qu'elle mettra longtemps à arriver, mais de toute façon il faut des décennies pour réorganiser un commerce de centre ville, alors autant commencer maintenant ! Le blocage du souterrain est l'exemple de ce qu'il ne faut pas faire. Une usine à gaz, alors qu'il aurait suffi de déplacer les portillons.
  • Cinquièmement, comment utiliser les espaces extérieurs ? Nous en avons énormément qui ont un très beau potentiel , entre l'esplanade Allende, le parvis de la basilique, l'île Héloïse bien qu'elle soit un peu plus loin, et bien sûr l'avenue Gabriel Péri ! depuis 20 ans tout ce qui a changé à Gabriel Péri c'est de la peinture jaune pour marquer les accès pompiers. Alors qu'elle a une localisation, un flux de passage, notamment de non-Argenteuillais, et une diversité, à rendre jalouses la plupart des grandes villes. Mais nous la laissons dépérir.

Pour résumer, tout ce que vous prétendez vouloir créer sur le site de Jean Vilar, nous l'avons déjà, à condition de le mettre en valeur, et cet appel à candidature en était l'occasion.

Alors je serai heureux si notre candidature est acceptée et que la ville reçoit les subventions demandées, mais je trouve désolant qu'elle présente une candidature aussi peu convaincante, aussi plate et aussi loin des enjeux."

Franck Debeaud fait (pendant que je colle ce qui précède) une intervention sévère que je lui demanderai (je me repose les doigts) ; notamment, la "concertation entre acteurs du commerce" le "laisse pantois" : "permettra-t-elle de remettre en cause votre politique de stationnement, et le projet Cap Héloïse ? Le passage annoncé de Cap Héloïse vers le centre ville est purement fictif."

"Toute l'opposition", dit le Maire, donc Franck Debeaud, le groupe TFdEA et moi-même, nous abstenons.

Tout le reste de ce Conseil dans un autre billet.

Notes

[1] Coûteuse pour une adhésion : en termes de subventions, des associations reçoivent beaucoup plus.

vendredi 2 mars 2018

Centres commerciaux : la marée descendante outre-Atlantique

par Frédéric Lefebvre-Naré

Si les centres commerciaux nous sont venus d'Amérique, c'est aussi de là-bas que vient la rumeur de leur disparition.

Alors que la Ville d'Argenteuil prévoit, avec le promoteur Fiminco, d'en créer un nouveau sur l'île d'Argenteuil à deux pâtés de maison de Côté Seine, voici, pour alimenter la réflexion, quelques extraits librement traduits de l'analyse de Time "La mort des centres commerciaux, c’est plus qu’une affaire de shopping", 20 juillet 2017.

Il y a dix ans, le centre commercial Schuylkill, avec ses 90 magasins, restaurants et kiosques, était le cœur de la vie quotidienne dans le bassin houiller de Pennsylvanie : les ados s’y rencontraient pour flirter, les seniors chaudement habillés contournaient l’obstacle. Les foules y affluaient pour la chasse annuelle aux œufs de Pâques ou le festival Lituanien, clin d’œil aux origines ancestrales des gens de la région. « Je devais dire un million de fois ‘pardon’ pour arriver au boulot », se souvient Jane Krick, serveuse au restaurant-pizzeria Suglia’s, le dernier qui reste. « C’était plein à craquer. Maintenant, on reçoit un million de coups de fil nous demandant si on est encore ouverts ! »

Mais ça ne durera pas : début mai, la direction a donné 2 à 3 mois aux derniers commerçants pour fermer. Le bâtiment sera démoli. La boule des démolisseurs mettra le centre commercial en bonne compagnie : d’ici 2022, un quart des centres commerciaux des Etats-Unis devraient fermer, victimes du changement des goûts, du fossé grandissant entre riches et pauvres, et de la vague des achats en ligne.

Rien que cette année, 8600 magasins devraient fermer. Depuis 2002, les centres commerciaux ont perdu 448000 emplois, un quart de leur effectif ; le e-commerce en gagnait 178000.

Mais les centres commerciaux n’étaient pas seulement des lieux de travail : c’étaient des points de rassemblement. C’était la place du marché de la Grèce antique, c'étaient les abords des cathédrales de l’Europe médiévale.

Dans les années 60 et 70, le développement des voies rapides et les règles fiscales ont encouragé la transformation de terres agricoles en mammouths de la consommation. La fuite des Blancs loin des centres-villes a apporté leur clientèle, isolant, du coup, les personnes qui restaient dans les vieux quartiers populaires.

Les centres commerciaux sont devenues « les nouvelles Grand’Rues de l’Amérique », écrivait William Kowinski en 1985. Au total, on en a construit 1500 aux USA de 1965 à 2005.

Il en reste 1100, dont un quart risque de fermer dans les 5 prochaines années, selon le Crédit Suisse. Certains se sont déjà transformés : en bibliothèque universitaire, en centre médical ou en auditorium.

Lesquels s’en sortent ?

D’abord, ceux consacrés au luxe. Ils bénéficient de l’enrichissement actuel des plus riches, qui n’ont pas besoin de surveiller les promos sur amazon.

Ensuite, les endroits qui donnent une autre raison de venir, que de remplir son caddie. Le Grove, à Los Angeles, a une vraie rue commerciale empruntée par un trolleybus, et accueille l’été des concerts en plein air. Le Palisades Center à West Nyack, dans l’état de New York, a son bowling, son club d’improvisation et son école de grimper à la corde.

Tout le monde ne veut pas passer son temps libre à l’intérieur ! Beaucoup des centres commerciaux actuels sont pour partie à l’extérieur, associés à des immeubles de logements et de bureaux. Ils attirent la nouvelle génération qui, si elle quitte les centres villes pour la banlieue, y cherche tout de même des quartiers denses où l’on peut vivre sans prendre sa voiture.

L’inventeur du premier centre commercial, Victor Gruen, un socialiste, y voyait les noyaux de nouveaux quartiers denses, pour contrer l’étalement pavillonnaire. Il fut déçu par le résultat : les centres commerciaux ont plutôt contribué à l’étalement ; et, de tous les aspects de la vie sociale, c’est la consommation qu’ils ont mis au centre.

Mais au moins, ils réunissaient grand-mères et ados gothiques, promeneurs tranquilles et acheteurs compulsifs. Maintenant, tout le monde est en ligne, face à son écran.

Quel aménagement imaginer pour le commerce à Argenteuil dans les prochaines années, en tirant les leçons de cette expérience américaine ?…

jeudi 1 février 2018

Réunion de quartier Centre Ville sur le site de Jean Vilar ;-)

par Frédéric Lefebvre-Naré

Voici la dernière réunion du cycle des 6 quartiers. Environ 120 personnes présentes (140 à 20h20) (environ 200 à 20h45).

Le Maire se réjouit de la "riche idée" qu'a eu le Grand Paris avec son appel à projets.

À la tribune, avec le maire Georges Mothron (GM), l'adjoint à l'Urbanisme Gilles Savry (GS), l'adjoint chargé du quartier Boualem Meziane, et Jean Duplay, du cabinet du Maire, ancien élu. Dans la salle, Alain Leikine, ancien adjoint à l'Économie et président du Conseil économique d'Argenteuil (CEA) institué par la Municipalité.

Gilles Savry annonce une réunion de quartier spéciale "Cadre de vie" le 20 mars.

Gilles Savry va présenter les trois projets en bord de Seine… Les participants approuvent la riche idée de déplacer l'écran sur l'estrade afin que l'on y voie ! "Très bien ! Bravo !"

reunion_centre_ville_1fev2018.jpg

Je ne reprendrai pas le contenu de la présentation : voir réunion des Coteaux.


Sur le projet "Argenteuil Littoral" le long des voies ferrées, Gilles Savry souligne que le projet sera affiné dans un délai de 18 mois, mais tel qu'il est présenté avec sa nature et sa surface, 23000 m2 de plancher.

Alain Leikine enchaîne avec des éléments sur les grandes entreprises implantées à Argenteuil et "qui font l'objet de questionnements dans la presse". Le CEA "a permis de donner une crédibilité à ce qu'on fait, pour définir ce que pouvait être un projet économique dans un territoire urbain : les villes concurrentes grignotent la campagne, nous sommes à peu près les seuls à reconstituer un tissu économique intra muros." Le programme Argenteuil Littoral sera "évolutif, les locaux s'adapteront au type d'entreprises qu'on pourra attirer, start-ups, laboratoires. Nous avons déjà des touches, même si la confiance dans le territoire n'est pas totalement rétablie en 18 mois - 2 ans."

"Si nous avons souhaité un hôtel à cet endroit-là et un autre sur les quais de Seine, c'est qu'il y avait un déficit considérable pour le tourisme d'affaires, pour permettre à nos entreprises de recevoir les délégations étrangères. Givaudan en reçoit tous les jours. Nouvelle extrêmement encourageante : un groupe (hôtelier) de renommée internationale a donné son accord."

"Le parc de la gare n'a pas bougé depuis 40 ans au moins : tous les industriels réfléchissent. Semperit a fermé. Nous sommes en discussion sur l'évolution d'Otis. Ils n'ont pas acté leur départ, contrairement à ce qui a été dit dans la presse, mais nous devons répondre au besoin de locaux modernes pour ce type d'entreprises. Nous devons le faire dans les délais : ces entreprises ont un agenda, si nous n'y sommes pas, elles s'en vont."

"Chez Dassault, c'est une difficulté : les syndicats eux-mêmes fort une publicité pour dire 'on peut s'en aller !' Ce n'est pas du tout notre volonté…"

"Le projet que nous avons est en cohérence avec les 3 parcs de la gare, du quai de Bezons et du Val d'Argent".

1. Question d'un riverain, Stéphane, membre du comité En Marche ! d'Argenteuil : "Quid de l'avenir de ce projet si la métropole du Grand Paris est redéfinie ? Ce n'est clair pour personne. Quid du bruit des trains qui vont passer, par rapport aux logements qui seraient juste à côté ?"

GM confirme les interrogations sur la Métropole, mais "ce projet est un projet privé, la Métropole a été facilitateur, instigateur, maintenant le jeu ira jusqu'au bout. Vous avez annoncé votre couleur politique, je n'ai pas annoncé la mienne, mais puisque c'est votre couleur, on dirait que le Président de la République doit avoir des indications à vous donner."

"J'encourage le Président à éliminer certaines couches de l'organisation du territoire… Les atermoiements actuels éloignent les investisseurs, que nous devrions attirer au moment du Brexit. La décision qui devait être prise en octobre est sans cesse reportée…"

GS précise qu'il n'y aura pas de logements dans ce projet. Pour les bureaux, "il y a des normes d'isolation acoustique très précises."

2. Un participant dit "on m'a fait part d'expropriations. Y en aura-t-il ?"

GM : la Métropole a tiré les leçons de l'appel à projets similaire "Inventons Paris", où certains terrains mis en concours n'étaient pas libres. Dans cet appel à projets-ci, les villes devaient proposer des terrains immédiatement disponibles. On a enfin décidé la SNCF à ce qu'elle puisse bénéficier… d'une nouvelle entrée de gare côté Orgemont Colonie (en fait Larris). Donc, pas d'expropriation.

GS : "le projet de la tangentielle Nord SNCF; lui, implique des expropriations."

3. Un habitant demande de revenir à la photo "avec vue sur les toits" : "y a-t-il un projet sur les toits en tôle à récupérer ? Un 4* avec vue sur les toits en tôle, ça enlèverait des étoiles…"

GM : "GS disait tout à l'heure que c'était un territoire en pleine mutation… Le terrain Givaudan a été complètement revu et corrigé. Quand j'y travaillais, c'était une usine de chimie ; il n'y a plus que des nez et de la recherche, dans un cadre verdoyant, très sympathique. Vue la fermeture de Semperit, on va jouer le rôle de facilitateur. Otis n'utilise qu'une faible partie de ses locaux actuelles, d'une usine qui est d'ailleurs très belle, avec sa charpente (métallique). Givaudan tient à s'élargir, a des projets d'agrandissement et d'embauche de plusieurs centaines de personnes, c'est ce qu'ils nous ont dit il y a peu de temps."

L'habitant : "et Flexibox, l'ancienne usine à plumes ?"

GM : "c'était Rhône-Poulenc, qui a ensuite vendu à un gros exportateur de plume d'oie (Topiol), qui a été très concurrencé par la Chine, est parti ailleurs en vendant à Flexibox."

"Les services techniques de la Ville sont en bord de Seine (sous le musée) avec un spectacle qui n'est pas des meilleurs."

4. Bernard Charpentier : "ce serait un point idyllique à partir du moment où la tangentielle (Nord SNCF) y passerait ! mais la Déclaration d'Utilité Publique expire en mai 2018. La partie centrale (Epinay-Le Bourget) a été faite, on a mis de l'argent dans les TGV et autres, c'est quand même pas normal" qu'elle ne se fasse pas, "s'il y a un projet qui a un sens, c'est bien celui-là."

GM : "Vous avez des cheveux encore plus blancs que les miens. J'en entends parler depuis tout petit", de cette "ligne de fret, depuis 107 ans. Je ne suis pas sûr qu'on en voie le bout. Pourquoi ? C'est navrant pour les gens, des propriétaires d'Argenteuil, je les connais, qui se sont vu frapper à la porte par la SNCF ces dernières années, 'vous êtes expropriables, il faut que vous disparaissiez dans les mois qui viennent', surtout rue Claude Monet, voire rue Louis Lhérault. C'et dommage d'avoir pris des gens en otage."

"Le Grand Paris Express, qui est une excellente idée, mettra Paris au même niveau que d'autres métropoles mondiales, on est en train de s'apercevoir que ça coûte le double de ce qui était prévu. Des experts ont commencé par nous dire qu'il fallait 20 tunneliers, et qu'il n'y en a pas 20 disponibles sur l'Europe aujourd'hui. Personne n'a réfléchi avant ? … Et on nous dit aussi qu'on n'a pas les personnels formés pour suivre ces tunneliers ! Je ne crois plus aux délais. C'est quelque chose d'avenir. Mais le Grand Paris Express risque forcément de se faire au détriment d'opérations comme la Tangentielle. C'est pour ça que je vous dis que c'est une prise d'otages. Des maisons ont été murées, des maisons ont été détruites."

"Le Transport en Commun en Site Propre au pont de Bezons, lui, a été budgété, l'argent a été provisionné". (! ça fera plaisir aux tenants de l'annualité budgétaire.)

5. Une habitante a "une question très terre à terre : la rue des Charretiers va être aménagée, qu'en est-il de la rue de la Voie des Bans, qui n'est pas vraiment à double sens, puisqu'il y a une priorité pour passer sous la voie ferrée ?"

GM : "Il y a 2 arches : l'ancienne très peu large, la nouvelle ajoutée quand on a doublé le pont ferroviaire sur la Seine. Il faudra que l'arche large soit étendue à l'ancien pont.".


GM : "je vais introduire le débat, ou la présentation. Il s'agit du projet de l'île Héloïse. Ça fait couler beaucoup d'encre, pas mal de salive, mais c'est bien ! Je suis né dans le centre ville. Je l'ai vu dans un état et je l'ai poursuivi dans d'autres états. J'ai vu un commerce florissant perdre de la diversité et de la qualité. Pourquoi ? Parce que la décision avait été prise de ne pas tolérer d'hypermarché à Argenteuil. Ils se sont installés à la périphérie. Il y a eu une évasion très importante de la chalandise. La Ville a réagi sur Carême-Prenant, où il y avait encore des vestiges des bombardements de la dernière guerre. Mes prédécesseurs ont lancé le projet de centre commercial (Coté Seine actuel). Les investisseurs ont bien voulu venir si c'était la Ville qui investissait dans le parking : c'était le seul moyen d'avoir une tête d'affiche, Casino, qui a été le seul à bien vouloir investir. Le malheur, ça s'est fait dans un îlot avec très peu de perméabilité vers le centre ville." (tout de même bien plus près que Jean Vilar !).

"Les gens viennent en voiture et repartent en voiture sans s'intéresser au centre ville. Nos concurrents, nos villes amies et voisines, ont continué de construire des possibilités commerciales. On a remis à jour une enquête qui avait été faite pour mon prédécesseur il y a 3 ans." Chiffres sur l'évasion commerciale :

histogramme_evasion.jpg

"Argenteuil a toujours été une ville très marquée par le cinéma, il y avait des cinémas de quartier, au-delà des deux cinémas de centre-ville, le Majestic et le Lutetia, devenus ensuite Alpha et Gamma. Où vont les jeunes ? À Villeneuve-la-Garenne, La Défense, Conflans-Sainte-Honorine, Épinay. Philippe Doucet (maire de 2008 à 2014) avait raison, c'est rare que je dise ça, de vouloir cette offre cinématographique à Argenteuil."

"Je vais laisser la parole à GS, parce que j'ai déjà beaucoup chapeauté le projet."

"Si on ne va pas jusque là, on va perdre de manière définitive la possibilité pour Argenteuil de se développer."

GS fait la présentation.

"Ce projet, au contraire de ceux renfermés sur eux-mêmes comme Qwartz, se veut extérieur. Le long du pont on a un accès sur la gauche du cinéma, donnant sur une terrasse qui aura vue sur la Seine, sur la 4 voies en premier puis sur la Seine" (murmures amusés). "Une passerelle permettra de rejoindre les berges de Seine et la base d'aviron, entre autres."

"Les grands arbres seront plutôt en pleine terre ou dans des grands pots."

On éteint la lumière pour que la diapo soit visible, mais le multiplexe y est tellement photoshoppé qu'il se confond avec le ciel :-)

GS dit que dans les autres réunions, c'était bien visible… des participants contestent : "Vous avez fait à chaque fois la même réflexion ! Votre projet est tellement beau que vous ne voulez pas le montrer !"

"Le programme sera complètement complémentaire du Figuier Blanc et de Jean Gabin. C'est Etoile Cinémas qui sera partenaire : pas Gaumont, pas Pathé."

Bruits divers. "On prendra toutes vos questions après, si vous le voulez bien".

GS enchaîne avec la salle de spectacles, "la salle Jean Vilar est obsolète."

"C'est un projet de reconstruction complète. On ne détruit pas Jean Vilar ! On reconstruit !".

'Au niveau planning, l'accord est fait pour avoir les 9 salles de cinéma. Pour l'aspect commercial, ça doit passer au niveau nationaL Ensuite on a des enquêtes publiques parce qu'on va fermer une salle publique, un parking public. Après il y aura certainement des recours qui pourront prendre du temps. Après les travaux pourront débuter. Il faut compter minimum 2 ans pour avoir ces salles de cinéma, ces commerces, ces logements."

"On fera une réunion spécifique ici, fin mars ou première quinzaine d'avril, en fonction de là où on en est sur les autorisations commerciales."

6. Question : "ce paquebot fera combien d'étages ?"

GS : "le cinéma ? Difficile de parler d'étages…"

La personne : "J'ai l'impression que ça va boucher la vue."

GS : "On va mesurer la hauteur depuis le bas." (sic). "On doit dépasser 40 mètres. Par rapport au pont, on est déjà en décaissé…"

La personne : "40 mètres, ça fait 14 étages ? Merci la vue, pour les gens qui habitent là ! Je suis contre."

GM : "on vous montrera des projections d'impact, vous serez rassurée."

7— Question d'Alain Hérin (association EVA) : "Depuis le temps qu'on parle de cette passerelle : sera-t-elle PMR ? Deuxièmement, on n'a pas du tout parlé des logements, c'st un gros investissement et une grosse nuisance au niveau de la vue, 3 tours de 45 m de haut !"

GS : "les logements, c'est moins, c'est en train de se définir actuellement, c'est moins de hauteur que le cinéma."

Alain Hérin : "il y a quand même 150 logements…"

GS : "il y a les parkings" (à étages), et au-dessus, c'est 6 étages, R+4, R+5…"

(9 ou 10 étages au total selon le schéma à l'écran : 1 ou 2 niveaux de centre commercial + 2 niveaux de parking + 6 niveaux de logements. Je le rappellerai ensuite.).

8. Question : "la salle de spectacles, ce n'est plus la municipalité, puisqu'elle a vendu !"

GS : "oui, c'est un privé qui va réaliser la salle, mais nous on a un contrat, on va gérer la relation avec lui sous forme contractuelle pour une très longue durée, le contrat est déjà en marche. On utilise la salle entre 196 et 200 jours par an, on contractualise pour la même utilisation. Tant de dimanches, de samedi, telle époque…"

Q. :"la municipalité va payer ?"

GS : "bien sûr qu'on va payer, mais qu'est-ce que vous croyez ? La gestion de cette salle nous coûte beaucoup plus cher que vous ne pouvez imaginer". (Il n'y a pas de comptabilité analytique à Argenteuil…)

"L'exploitant développera une offre théâtrale et artistique sur les jours restants."

(Je rappellerai ensuite que, comme cela avait été dit en décembre selon mon souvenir, l'exploitant ne pourra pas louer pour des spectacles à un prix différent de celui qu'il fera à la Mairie. Donc, soit la Mairie devra payer plein pot pendant des décennies, et cette construction "investissement privé" sera juste une très mauvaise affaire pour les comptes publics dans la pire tradition des PPP ; soit l'exploitant n'aura pas d'intérêt financier à louer pour des spectacles, donc tout le coût aura dû être supporté à la construction, notamment par le bradage du terrain… et la conclusion est la même ! La seule solution rentable pour une salle qui serait utilisée à plus de 50% par la Ville… c'est que la salle appartienne à la Ville !).

9. Habitant : "comme (membre du) comité de quartier, je vais revenir très rapidement sur vos engagements écrits, M. le Maire, lors de la campagne électorale de 2014 : 'que tout grand projet soit présenté, discuté avec les Argenteullais.' Or aujourd'hui, on s'aperçoit que le comité de quartier n'a pas été intéressé… ce projet est mal vendu… personne ne ressent ce projet plus comme un intérêt que comme une gêne. Les images que nous avons vues sont tellement peu claires qu'on n'y voit pas clair ! On aurait pu réclamer une maquette ! Qu'on se représente l'intégration de tous ça. Vs nous parlez de la vue du pont, mais le projet est pour les Argenteuillais, et les Argenteuillais viennent de la ville."

GS : "C'est un projet qui va prendre du temps. On va faire intervenir les partenaires, c'est à eux d'en parler, c'est un projet privé." (sur terrain communal !!!).

"On a besoin de refaire cette salle de spectacles, on a besoin d'un cinéma, après il y a d'autres éléments, on est prêts à en parler."

10. Habitante : "quid des parkings ? En cas de crue de la Seine, la nationale est fermée depuis x jours, que ferez-vous ? Et ça va déboucher rue Gabriel Péri, c'est tout à revoir…"

GS : "Il est prévu des entrées vers le parking depuis la 4 voies, pour les voitures et surtout pour les livraisons."

"Il y a un stationnement enterré en sous-sol sur presque toute l'étendue du projet. Ce parking sera pour tout ce qui est clients. Aussi pour les clients des restaurants. Les gens qui viennent au cinéma, ce n'est pas les mêmes horaires que pour les restaurants ou les commerces. L'autre parking, Côté Seine, est là pour absorber aussi une partie des stationnements. Pour les commerçants et les habitants, il y aura un parking en hauteur, au-dessus des commerces."

"On vivra sûrement encore des inondations, dans ce cas le parking des clients sera inondé". (dans la salle : 'Bravo !').

"Les clients seront, j'espère, évacués avant". (Rires). "Les voitures des clients !".

"Est-ce que les parkings sont payants ? C'est encore en discussion, mais certainement le même principe que sur Côté Seine, des heures de gratuité, des offres groupées cinéma-parking, pareil pour la salle des fêtes s'il y a des spectacles…"

"Autour du marché et dans la plataneraie, on va faire de vrais parkings payants uniquement les jours de marché. Il y a des petites erreurs sur les parcmètres : n'en tenez pas compte, on va les cacher en attendant."

11. Xavier Morin : "j'habite le centre ville et suis membre du Comité Jean Vilar. On a fait une pétition, nous sommes plus de 6200 à l'avoir signée, elle demande l'arrêt du projet. Pourquoi ? Votre projet va accélérer la coupure entre le centre ville et Argenteuil. On va voir quoi ? Du verre ? Non, du béton et encore du béton. On perd encore 100 places de parking" (en fait bien 250, Cf. ci-dessous) "pour faire du parking payant. Le promoteur, le 19 décembre, a été clair, le parking sera payant. Le commerce de centre ville sera fragilisé : les gens qui viennent en voiture repartent en voiture, ils n'iront pas faire 300 mètres pour remonter chez le fromager ! Faut pas sortir de Saint-Cyr pour comprendre : ce qui vient d'un côté part de l'autre. Et le gouffre financier de l'opération. On vend 7,5 millions, c'est très très peu pour 2,5 ha en bord de Seine ! Mais la structure provisoire au Val Nord, censée accueillir les événements pendant, vous disiez, 2 ans, coûte 1,4 M€ pour 2 ans, plus presque 500000 € pour le chauffage, on a vu l'appel d'offres sur le site de la Ville. Et la clause de 10% si le promoteur refuse : le Maire doit payer 750000 €. On ne gagne rien ou si peu." (Applaudissements).

GM : "M. Morin, je vous reconnais bien là. Vous assénez des chiffres en croyant en faire des vérités. Le parking qui sera ouvert comprendra 750 places hors celles allouées aux propriétaires et locataires. Pour le reste, sur la circulation, il faut que le Département fasse enfin le débouché de l'avenue du Général de Gaulle, qui arrive en baïonnette. Mais votre équipier de l'époque a porté ce projet, qui était financé, à 150 M€, et les financeurs ont dit "on ne peut pas suivre." Il s'agit pour nous de récupérer au moins en partie cet aspect traversée de Seine possible."

GS : "j'admets qu'on puisse être opposé au projet, mais des éléments sont faux, il ne faut pas être démagogue. Le parking sera payant ? Bien sûr, à Côté Seine aussi, mais avec 2 heures, 2 heures 1/2 de gratuité, je pense que ce sera la même chose. Il faut que les gens ne laissent pas leur voiture ventouse, comme on a sur Jean Vilar."

"Après on peut parler du projet architectural… Quand on vient de Gennevilliers, on voit les deux grandes tours de Gabriel Péri. Ce sera quand même mieux d'avoir quelque chose qui marche, que ces deux grandes tours."

"La pétition, j'ai vu les arguments, 'on va démolir la salle Jean Vilar' : on ne la démolit pas !"

"La salle provisoire ? On est partis sur le fait que cette salle (nouvelle) allait se construire" (et qu'il fallait donc dès maintenant une installation provisoire). "Il y en a parmi vous qui font traîner, qui font des recours, pour que ça ne se fasse pas… Mais cette salle provisoire, le besoin est tellement important."

"Je pense qu'on a couvert à peu près toutes les questions ?" Plusieurs bras levés.

12- "Il y aura un parking pour la salle provisoire ?"

GS : "le parking de la gare du Val."

13- Habitante : "On adore le Figuier Blanc, j'ai aussi des neveux et nièces au Conservatoire comment ça se passe pour les déposer, pour se garer ? L'automobile, on n'en veut plus dans le centre ville ? Pour avoir du monde dans le centre ville, il faut du parking gratuit !"

GS : "très peu de villes ont le stationnement gratuit en centre ville. Nous on a 2 h 1/2 à Côté Seine."

(GS oublie là ce que disait le Maire juste avant : les automobilistes qui se garent à Côté Seine font leurs courses à Côté Seine, il y a peu de diffusion dans le centre ville).

"Pour l"école de Musique, besoin de se garer ? On va créer à la Plataneraie de la surface de stationnement gratuite. C'est plus loin, certes."

"Pour le Figuier Blanc, il y a le parking PVC. Oui, il est payant, il y a un tarif spécifique quand on prend une place de cinéma avec."

(Il faut le savoir : même la page web du Figuier ne le dit pas, mais seulement "Se garer : places disponibles au parking Vinci « Paul-Vaillant-Couturier » ou parking « Côté Seine » (45 minutes et 2h gratuites sauf le vendredi et le dimanche)".)

14- Riverain "le marché, déjà, vendredi matin et dimanche matin, c'est pas possible, donc avec ce projet, les logements, les ouvriers, les salariés… le pont ne va pas changer ! Ce sera le vendredi matin 7 jours sur 7."

GS : "l'entrée pourra se faire par la 4-voies. Et le dimanche matin, je ne sais pas si ce sera ouvert le dimanche."

15- "Dans le centre ville, avec la nouvelle règlementation du stationnement, ceux qui habitent en 'zone rouge' ne peuvent plus y stationner ?"

Je n'ai pas noté la réponse, mais en substance : le nuit, si ; le jour aussi, pour 2 heures maximum, en payant.

16— "Damien Walker, je ne suis pas né à Argenteuil, j'y habite, je crois à son potentiel, j'ai acheté un appartement il y a 4 ans. j'étais hier soir à la réunion publique du Triangle de Gonesse, il n'y avait personne , je me réjouis qu'ici cela fasse bouger les gens ! Je suis très fier que ce territoire soit dynamique, qu'il fasse venir les habitants et les investisseurs. Hédiard est venu, je suis employé à la Chambre de commerce, on m'appelle 'Hédiard veut s'installer dans le 92', je les appelle "Argenteuil ? pas question". Je leur dis "allez rencontrer la Mairie." Hédiard a eu un RV en 24 heures, Hédiard a vu la volonté politique. Je sais que le mouvement fait peur, que le changement fait peur, dans tous les domaines."

"40 m de haut, ça peut faire peur, c'est très subjectif. Il faut penser ce projet comme un intérêt collectif, pas individuel. La hauteur permet aussi de densifier."

Quelqu'un dans le public : "Faut le garder, celui-là !"

17- Dame : "Je me pose beaucoup de questions sur le fait que ce projet soit durable. Il faut voir les choses dans leur évolution… Des études dans d'autres pays montrent que les 20 et quelques années ne vont plus au cinéma, ils s'amusent sur leur tablette. Il y a un développement du e-commerce, Amazon, internet… Est-ce que ce projet-là répond à cette perspective en train de se mettre en route ?"

Ma batterie a déclaré forfait à ce moment-là. Ci-dessous quelques compléments à partir de notes papier.

17 (suite) : "Je suis rassurée que Jean Vilar ne soit pas démolie mais reconstruite. Mais j'aurais vu l'ENMD (école de musique) et le musée sur ce terrain (sur l'île, plutôt qu'un centre commercial). Il faudrait une consultation plus large. Beaucoup de projets (commerciaux) de ce genre coulent, comme aux Etats-Unis."

GS : "La ville a besoin de plein d'équipements. Vous comparez ce projet aux grands malls américains, mais ce projet c'est 13000 m2 de surface commerciale, avec un Intermarché de 4000 m2" (13000 m2, c'est les 2/3 de Côté Seine). "Les centres commerciaux d'aujourd'hui allient loisirs et commerce. Le Presse-Papiers, on veut vraiment le conserver dans le centre ville ; il préfère rester là où il est.".

"Je suis quand même étonné que vous ayez découvert ce soir qu'on reconstruirait Jean Vilar. Quand j'entends les personnes du comité Jean Vilar qui font signer la pétition, j'ai l'impression qu'elles déforment les choses." (noté de mémoire).

18 Blandine Badignon : "Je ne suis pas personnellement attachée à Jean Vilar, mais je me sens plus citoyenne que consommatrice. Pourquoi faudrait-il que chaque grande ville ait sa salle de spectacles ?"

"On nous répète que les habitants d'Argenteuil n'ont pas d'argent" (et ne rentabiliseraient donc pas un nouveau centre commercial).

"Je n'aurais pas imaginé ça pour un des hauts lieux de l'impressionnisme."

(Applaudissements)

GS : "Je suis aussi Argenteuillais, je n'ai pas envie d'aller au cinéma à Épinay. Mes enfants ne vont pas au cinéma au Figuier Blanc, il n'y a pas ce qui va à côté, pour un jeune." (murmures houleux).

19 : "Quelqu'un a suggéré une maquette : très bonne idée ! Pour voir le site et voir plus large, tout le futur de l'île Héloïse."

"Sur la salle, c'est l'aspect municipal qui crée la polémique : pourquoi pas une salle municipale ?"

GM : "C'est un risque pris par le privé." (Faux si la ville signe, comme il le dit, un accord de très long terme où elle paye une location pour 200 jours par an).

20 Participante : "C'est un sérieux projet, qui va transformer la vie (des habitants). Pour un projet de cette ampleur, il faudrait questionner toute la population, prendre l'avis de tout le monde avec un référendum."

(Pas de réponse sur ce point, ni sur les questions suivantes).

21 J'interviens pour préciser le coût de la "tente" : bien autour de 2 M€ et non 1 M€ comme le dit GS, que j'invite à demander les éléments à son collègue adjoint aux Finances et président de la commission d'Appel d'Offres. Je précise aussi les réponses sur la hauteur des logements et sur le risque prétendument "privé" sur la salle de spectacles.

22 Bernard Rols revient sur le point qu'il a soulevé lundi dans la réunion similaire pour le quartier d'Orgemont, et trouve la réponse trop légère : il demande les études de rentabilité à long terme qui démontreraient la viabilité du projet commercial "alors que Carrefour licencie 2400 collaborateurs".

"Un référendum, je suis pour, quand plus de 6000 Argenteuillais s'opposent au projet que vous présentez."

23 Renée Karcher revient sur le point qu'elle a soulevée dans la réunion similaire pour le quartier des Coteaux : "quand j'ai dit 43 mètres, vous m'avez répondu 42 ; le conservatoire c'est 18 mètres au faîte du toit, 20 mètres pour le clocheton. Ce sera plus de deux fois plus ! Vous voulez un projet qui marque la ville… vous allez réussir !"

Quelques personnes dont Bernard Rols demandent des réponses ; GS répond sur le point du coût de la tente : "on publiera tous les chiffres".


GS présente ensuite le projet Bricqueville sur le quai de Bezons, à côté du petit pont.

24 La première question revient sur "l'îlot Héloïse" : "j'ai lu dans L'Argenteuillais qu'on a prêté au National Gallery le tableau de Monet "Brouillard à Argenteuil", et en effet on est un petit peu dans le brouillard ! Je suis apolitique. Ce qui me chagrine, c'est l'impression que les projets sont déjà ficelés. Il faut faire quelque chose : les salles sont désuètes." Mais ce projet, "il faut le revoir. Où avez-vous choisi le promoteur, l'architecte ? Il faudrait surplomber (en dalle) la 2x2 voies. C'est l'entrée de ville, il faudrait un mur végétalisé… Mais E.T. que va-t-il devenir ?" (blague sur la fresque de E.P., Ernest Pignon, "L'homme du XXème siècle", à l'entrée d'Argenteuil).

"Il faut revoir le parc des Berges".

25 Valérie Police revient également sur Héloïse et "espère un projet qui ferait consensus. J'ai lu dans les journaux que la reconquête des berges de Seine à Épinay avait été classée "meilleur projet d'Ile-de-France", j'ai lu ailleurs qu'Argenteuil est la seule ville d'Ile-de-France à ne pas avoir reconquis ses berges… On voudrait s'évader, y accéder, à la Seine !"

"Les arbres aussi, il faut mettre l'accent dessus."

GM : "L'un des objectifs est de récupérer la Seine. Dans le premier projet (Argenteuil Littoral, le long des voies ferrées) il y a une passerelle. Dans le deuxième projet (Héloïse) il y a une énorme terrasse et un élargissement du pont pour retrouver la Seine de l'autre côté. Dans le troisième projet (Bricqueville) on pense à une passerelle piétonne (jointe au pont-acqueduc) vers l'île Marante et vers tout ce qui sera revu et corrigé à Colombes, depuis que le Racing est parti à Nanterre (en quittant le stade de Colombes)."

"En 2006-2007 tout était ficelé et financé pour une reprise des berges comme à Épinay", mais son successeur de 2008 aurait tout fait dérailler avec son projet alternatif plus cher, "il faudra qu'on continue à se battre, on est passés à côté de la locomotive."

26 Un "Bezonnais", directeur de société à Argenteuil "à côté de Pentax", interpelle le Maire sur la dangerosité du quai de Bezons pour les piétons et le trottoir détérioré, "j'ai dû offrir des bottes pour aller manger au restaurant inter-entreprises au parc des Algorithmes."

GM répond que tout sera revu à l'occasion du troisième projet, et "on a refait l'an dernier une partie du trottoir". "On a préempté (le terrain) Yoplait pour une zone d'activités économiques très importante."

27 Un habitant interpelle le Maire au sujet de sa feuille d'impôts où il croit avoir vu une hausse de la taxe d'habitation alors que le Ville proclame ne pas avoir augmenté les impôts.

Le Maire lui répondant que les taux "Ville" n'ont pas changé, il s'indigne : "Continuez avec le mépris que vous avez depuis deux heures pour les gens !", et enchaîne sur une demande de dos d'âne rue Martinet, à laquelle le Maire lui aurait répondu par courrier que tout dépend de la "capacité de chacun à respecter le code de la route."

GS lui répond : "vous êtes venu nous voir il y a 2 ans pour demander un sens interdit dans la rue Martinet, nous l'avons fait dans la foulée."

L'habitant : "ça a pris un an et demi."


Dans la suite de la réunion, les réalisations prévues sur le quartier ont été exposées : plan LED, voirie, et surtout "transports en commun en site propre" rue Michel Carré et sur l'ex-N192, pour un coût de "80 millions pour les lignes, hors matériel", qui donnera lieu à concertation publique en mars.

Merci pour votre participation réelle ou virtuelle ! Vous étiez 80 sur ce blog hier, jour de la réunion (mais plus nombreux dans la salle, tant mieux !), et 100 vendredi dernier pour le Conseil Municipal sur le budget, auquel peu d'Argenteuillais étaient venus physiquement, mais d'autres ont suivi en vidéo.

mardi 10 octobre 2017

Conseil Municipal du 10 octobre 2017 : le retour de Jean Vilar

Le Maire annonce la démission de Daniel Maupou et Semia Anzagh, et installe deux nouveaux conseillers… qui gagnent leur place sous les applaudissements généraux (bon, Héloïse Lacaille me dit "pas de photo", elle n'est pas encore habituée à la célébrité !).

Le Maire indique également que je lui ai communiqué ma décision de siéger désormais en non-inscrit. Je reste tout de même à mon siège dans les rangs de "Tous Fiers d'Être Argenteuillais" ;-)

Le Maire félicite le personnel de la Ville pour la rentrée, indique que nous en saurons plus le 18 octobre sur les projets liés au Grand Paris sur la gare centrale, et annonce aussi qu'il va répondre à la "question orale" que je lui ai posée… Il semble oublier (?) que je dois d'abord la poser ! Ah non, c'est lui qui la lit, étrange !

La voici :

Monsieur le Maire,

Avec le comité Jean Vilar, qui défend notre île Héloïse, son caractère public et sa convivialité, nous sommes allés à la rencontre de milliers d’Argenteuillais : pour la grande majorité, ils ont découvert par nous la vente de l’espace Jean Vilar à un promoteur, la destruction de la salle annoncée pour février, et le projet de pôle de logements, de commerce, de cinéma et de spectacles.

Nous avons pu constater l'attachement général des Argenteuillais à tout ce que nous vivons ensemble sur cet espace de passage et de partage.

Ils trouvent inimaginable que les arbres plus que centenaires soient voués à l’abattage, et que soit planifiée une construction d’une immensité inédite dans le centre ville, la hauteur de 14 étages sur 2200 m2 au sol.

Quand ce Conseil s’était prononcé sur la vente, puis avait auditionné le promoteur,

* vous vous étiez engagé, Monsieur le Maire, à ce que « un maximum d’arbres présents sur le site soient préservés »,

* vous vous étiez engagé à réaliser les commerces « en continuité du circuit marchand du centre ville », et non en concurrence avec Côté Seine et les commerces existants ;

* vous vous étiez engagé pour que les places de stationnement soient, « naturellement, ouvertes au public », nous comprenons bien sûr : le public des spectacles et manifestations associatives ;

* vous vous étiez engagé à organiser une réunion publique consacrée à ce projet (en mars 2017, aviez-vous dit).

Afin d’éclairer les Argenteuillais sur l’alternative entre votre projet, et celui de rénovation de Jean Vilar dans un cadre public, que nous défendons, pouvez-vous indiquer à ce Conseil quelles dispositions vous avez prises pour que ces quatre engagements soient tenus ?

Alors — répond le Maire :

"l'aménagement du projet va mettre en relation le coeur de ville, le Parc des Berges et les berges de Seine… un grand parvis piéton, une promenade piétonne et sécurisée, les équipements ouverts à tous, vont multiplier les occasions de se rencontrer.

Le projet avait pour objectifs la préservation d'un maximum d'arbres… dans la mesure du possible… Nous avons développé une stratégie ambitieuse de biodiversité et d'écoulement des eaux pluviales. Le projet prévoit la plantation de 5 fois le nombre d'arbres imposé par le PLU. Le projet prévoit des arbres en mélange de hauteurs, jusqu'à 10 mètres…

60% des terrasses non accessibles et 47% des terrasses accessibles seront végétalisées avec plus de 40 cm de hauteur de terre.

Concernant la concurrence avec le commerce de centre ville, le projet créera le parcours manquant entre le marché et Gabriel Péri, avec une traversée sécurisée des piétons. Des équipements majeurs, la MJC, le Conservatoire, s'intégreront dans ce circuit.

L'évasion commerciale est colossale, 250 M€… La programmation propose une mixité de commerces : mode sur 1/3 de la surface, alimentaire sur un format adapté au centre cille avec une enseigne généraliste, offre plus en adéquation en termes de prix au pouvoir d'achat des Argenteuillais, que Géant et Monoprix, aux prix élevés.

Le projet compte 594 places de stationnement voiture ouvertes au public ; les logements possèdent un parking distinct, en superstructure. Le parking sera public, avec gratuité sur une durée limitée afin de limiter le phénomène des voitures ventouses. Pur les spectacles importants, le parking Côté Seine aujourd'hui sous-utilisé sera mobilisé.

Je propose de réunir de nouveau le groupe de travail associant l'opposition, nous aborderons à cette occasion le sujet de la réunion publique qui a dû être reportée suite aux CDAC successives."

Voir là la suite de ce Conseil.

- page 1 de 5