Engagés pour Argenteuil

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mardi 10 octobre 2017

Conseil Municipal du 10 octobre 2017 : le retour de Jean Vilar

Le Maire annonce la démission de Daniel Maupou et Semia Anzagh, et installe deux nouveaux conseillers… qui gagnent leur place sous les applaudissements généraux (bon, Héloïse Lacaille me dit "pas de photo", elle n'est pas encore habituée à la célébrité !).

Le Maire indique également que je lui ai communiqué ma décision de siéger désormais en non-inscrit. Je reste tout de même à mon siège dans les rangs de "Tous Fiers d'Être Argenteuillais" ;-)

Le Maire félicite le personnel de la Ville pour la rentrée, indique que nous en saurons plus le 18 octobre sur les projets liés au Grand Paris sur la gare centrale, et annonce aussi qu'il va répondre à la "question orale" que je lui ai posée… Il semble oublier (?) que je dois d'abord la poser ! Ah non, c'est lui qui la lit, étrange !

La voici :

Monsieur le Maire,

Avec le comité Jean Vilar, qui défend notre île Héloïse, son caractère public et sa convivialité, nous sommes allés à la rencontre de milliers d’Argenteuillais : pour la grande majorité, ils ont découvert par nous la vente de l’espace Jean Vilar à un promoteur, la destruction de la salle annoncée pour février, et le projet de pôle de logements, de commerce, de cinéma et de spectacles.

Nous avons pu constater l'attachement général des Argenteuillais à tout ce que nous vivons ensemble sur cet espace de passage et de partage.

Ils trouvent inimaginable que les arbres plus que centenaires soient voués à l’abattage, et que soit planifiée une construction d’une immensité inédite dans le centre ville, la hauteur de 14 étages sur 2200 m2 au sol.

Quand ce Conseil s’était prononcé sur la vente, puis avait auditionné le promoteur,

* vous vous étiez engagé, Monsieur le Maire, à ce que « un maximum d’arbres présents sur le site soient préservés »,

* vous vous étiez engagé à réaliser les commerces « en continuité du circuit marchand du centre ville », et non en concurrence avec Côté Seine et les commerces existants ;

* vous vous étiez engagé pour que les places de stationnement soient, « naturellement, ouvertes au public », nous comprenons bien sûr : le public des spectacles et manifestations associatives ;

* vous vous étiez engagé à organiser une réunion publique consacrée à ce projet (en mars 2017, aviez-vous dit).

Afin d’éclairer les Argenteuillais sur l’alternative entre votre projet, et celui de rénovation de Jean Vilar dans un cadre public, que nous défendons, pouvez-vous indiquer à ce Conseil quelles dispositions vous avez prises pour que ces quatre engagements soient tenus ?

Alors — répond le Maire :

"l'aménagement du projet va mettre en relation le coeur de ville, le Parc des Berges et les berges de Seine… un grand parvis piéton, une promenade piétonne et sécurisée, les équipements ouverts à tous, vont multiplier les occasions de se rencontrer.

Le projet avait pour objectifs la préservation d'un maximum d'arbres… dans la mesure du possible… Nous avons développé une stratégie ambitieuse de biodiversité et d'écoulement des eaux pluviales. Le projet prévoit la plantation de 5 fois le nombre d'arbres imposé par le PLU. Le projet prévoit des arbres en mélange de hauteurs, jusqu'à 10 mètres…

60% des terrasses non accessibles et 47% des terrasses accessibles seront végétalisées avec plus de 40 cm de hauteur de terre.

Concernant la concurrence avec le commerce de centre ville, le projet créera le parcours manquant entre le marché et Gabriel Péri, avec une traversée sécurisée des piétons. Des équipements majeurs, la MJC, le Conservatoire, s'intégreront dans ce circuit.

L'évasion commerciale est colossale, 250 M€… La programmation propose une mixité de commerces : mode sur 1/3 de la surface, alimentaire sur un format adapté au centre cille avec une enseigne généraliste, offre plus en adéquation en termes de prix au pouvoir d'achat des Argenteuillais, que Géant et Monoprix, aux prix élevés.

Le projet compte 594 places de stationnement voiture ouvertes au public ; les logements possèdent un parking distinct, en superstructure. Le parking sera public, avec gratuité sur une durée limitée afin de limiter le phénomène des voitures ventouses. Pur les spectacles importants, le parking Côté Seine aujourd'hui sous-utilisé sera mobilisé.

Je propose de réunir de nouveau le groupe de travail associant l'opposition, nous aborderons à cette occasion le sujet de la réunion publique qui a dû être reportée suite aux CDAC successives."

Voir là la suite de ce Conseil.

mercredi 1 mars 2017

41. 45 mètres de haut sur l'île Héloïse #40JeanVilar

par Frédéric Lefebvre-Naré

Ce blog a consacré une quarantaine de billets aux raisons toutes suffisantes d'arrêter le projet de destruction de Jean Vilar, la vente du terrain au promoteur Fiminco censé bâtir sur cette parcelle de 22000 m2, où tiennent tout juste Jean Vilar, son parking et quelques beaux arbres, une multitude d'équipements tous différents.

À ma surprise, il y en a une 41ème : le projet est pire que tout ce que j'avais imaginé.

Nous nous inquiétions de la concurrence directe entre ce nouveau centre commercial et Côté Seine : trop loin pour être desservis par le même parking, trop près pour attirer une clientèle différente. Et Côté Seine a de la marge de développement.

Mais au moins, la Municipalité annonçait des types de commerces nouveaux, absents de Côté Seine.

Eh non : Gilles Savry annonce maintenant prévoir un supermarché. Concurrence directissime.

Nous nous inquiétions du bétonnage d'un espace historiquement naturel. C'était l'un des arguments de notre recours, avec le Comité Jean Vilar, contre la décision de la CDAC.

Mais le Maire assurait vouloir un projet vert, préservant le plus possible d'arbres.

Eh non : le PLU qu'il propose annonce 80% d'emprise au sol, et un arbre tous les … 1000 mètres carrés seulement. Comprendre que ceux dans le square actuel seraient conservés, que l'élégant jardin entre Pierre Dux et Héloïse sauterait, et que pour le reste il faudra se contenter de pots de fleurs.

Je pensais que le bâtiment monterait à au moins 20 mètres, voire 30.

Mais la Municipalité insistait sur sa bonne intégration avec le centre ville : il masquerait même certains éléments architecturaux peu appréciés de l'actuelle entrée de ville…

C'était peu dire ! Le PLU prévoit de monter à 45 mètres sur 8% de l'emprise, soit 1800 mètres carrés (30 m x 60 !) ! Et à 30 mètres de haut sur 24% de plus, soit 5400 m2 ! C'est le "château" de l'école de Musique qui va être écrasé, avec ses 8 ou 10 mètres de haut.

La présentation du projet indique "répondre à des objectifs de densification". C'est peu dire.


Et ce soir 1er mars, la Municipalité présentera son "rapport sur le développement durable d'Argenteuil", avec de belles perspectives sur 2017 et au-delà, mais sans un mot, m'a-t-il semblé, sur ce projet aberrant.

Attention : seule la mobilisation des Argenteuillais(es) pourra l'arrêter. Sinon, peut-être s'arrêtera-t-il de lui-même en 2019 ou 2020 faute de viabilité économique, mais en nous laissant en entrée de ville une nouvelle friche Henri Barbusse, un nouveau trou Balzac et une salle de fêtes provisoire, en toile en ou algeco, aussi peu "durable" que le grand projet du Maire.

Pour dire STOP, il y a un cahier d'enquête publique en Mairie, service Droit des sols au rez-de-chaussée à gauche, ouvert en permanence (sans passer par la file d'attente de l'accueil) aux heures d'ouverture de l'Hôtel de Ville.

vendredi 18 novembre 2016

31 (et 200). Priorité au centre ville historique, comme disait Georges Mothron !

par Frédéric Lefebvre-Naré

31ème de 40 raisons toutes suffisantes d'arrêter la vente de Jean Vilar au promoteur Fiminco et la construction de 60000 m2 sur cette parcelle.

Et 200ème billet sur ce blog argenteuillais et engagé — merci pour votre fidélité au long de ces 3 ans !

En commentaire au billet précédent, "Moirsol" remarquait :

La tendance en aménagement urbain est de faire en sorte que l'humain retrouve sa place dans la ville en ne favorisant plus le "tout pour la voiture", nos édiles foncent droit dans le mur avec de tels projets. Si celui-ci aboutit Argenteuil ne déclinera que davantage.

Que l'humain retrouve sa place dans la ville. Comment les partisans d'un "Argenteuil que nous aimons" ont-ils pu l'oublier ?

Lire les 3 minces tomes d'Argenteuil au XVème siècle, d'Eliane Hartmann (1996-1998), est une expérience saisissante : cent traits de la société argenteuillaise d'aujourd'hui étaient déjà bien tracés à l'époque. La rue des Gobelins n'a pas bougé, ni la rue de Seine, ni la rue "où vit l'Évêque" (qui y avait une maison), ni la rue "Pierre Guienne" (la pierre du gué). Les réfugiés de pays en guerre inquiétaient. La débrouille et le système D constituaient le sport communal. Des bagarres trop alcoolisées tournaient mal. La richesse venait de Paris, ou de l'étranger (l'Angleterre à l'époque). Il y avait des "friches urbaines", des maisons à l'abandon après la crise. Mais tout le monde travaillait. La première puissance locale était une communauté religieuse, qui étendait son emprise sur le commerce local et rabotait le pouvoir du Maire. Les Argenteuillais ne la ramenaient pas — pas de dépenses de prestige, pas de façades princières, pas de rayonnement culturel — mais ils veillaient les uns sur les autres. Aux fêtes, on faisait processions.

220px-Argenteuil-Carte_de_Cassini1.jpg

Quelle autre ville, en Ile-de-France, a ce trésor[1] ? Ce patrimoine vivant, humain, imprimé sur la trame des rues et sur le paysage, transmis à travers le renouvellement des générations et des couleurs de peau ?

Après six siècles, guerres, révolutions, industrie, villes nouvelles, désindustrialisation, après six siècles Argenteuil est toujours Argenteuil. Entre Seine et montagne. La géographie a été la plus forte. Le petit bras de Seine a été remblayé au début du XIXème siècle, c'est le boulevard Héloïse, large et bosselé. Les piétons accèderaient donc à la Seine à pied ;-) … si une 4 voies n'était venue barrer la route. Le grand marché, jadis entre l'église (la Basilique) et l'abbaye, s'est déplacé sur l'ancienne île. Les commerces, jadis concentrés autour de l'église, sont montés un peu au Nord, sur Gabriel Péri, entre la basilique et la gare : les plus modernes sont les plus au Nord, les plus en difficulté près de la basilique.

Il ne faudrait pas grand chose pour que tout cela tienne. Que la prospérité revienne. Que l'ensemble se rééquilibre, vers la Basilique et vers la Seine. Quelques promenades tracées, quelques allées cyclables, quelques spectacles en plein air, quelques artisans visibles des fenêtres[2], quelques visiteurs et touristes étrangers pour nous aider à voir ce que nos yeux ont fini par trouver banal.

Il avait bien raison, en avance sur son temps, ce conseiller municipal qui, il a 20 ans, votait contre le projet "Côté Seine" parce qu'il y manquait l'essentiel : la revitalisation du centre ville. Il craignait le bétonnage et « l'impact sur le petit commerce ».

Finalement, ce conseiller devenu Maire, Georges Mothron, a transformé le projet, selon lui, pour le rendre très bien :

« Nous avons mis l'accent sur la nécessité d'un nouveau plan de circulation, afin que l'accessibilité à Côté Seine, ainsi qu'à tous les commerces de proximité, soit facilitée. L'originalité de cet édifice commercial est de se situer en centre-ville, d'offrir une architecture harmonieuse et, enfin, de s'intégrer le mieux possible dans le tissu urbain existant. »

Harmonie, intégration, circulation, commerces de proximité.

Et l'humain retrouve sa place dans la ville.

Si nous arrêtons le mégaplexe Fiminco.

Notes

[1] Carte de Cassini, extrait sur wikimedia, repris de ce blog.

[2] Au Moyen-Âge, les fenestres étaient des volets en bois horizontaux que l'on relevait, comme les façades des camionnettes de marché. La fenestre ouverte, l'artisan travaillait à la lumière du jour.

dimanche 13 novembre 2016

25. Zéro coordination avec l'autre côté de la Seine

par Frédéric Lefebvre-Naré

Le projet de mégaplexe à la place de Jean Vilar devrait se faire sans aucun financement du Territoire Boucle Nord, alors même que ce grand équipement culturel bénéficierait évidemment aux habitants de Colombes, Gennevilliers ou Asnières qui habitent plus près du pont d'Argenteuil que beaucoup d'Argenteuillais !

Il y a plus incroyable encore : une énorme zone d'aménagement, très hypocritement nommée "Arc Sportif", se déploie à 400 mètres au Sud de Jean Vilar, sur ce même territoire Boucle Nord, et pas la moindre coordination n'apparaît entre les Municipalités concernées.

  • Pas le moindre avis de la Municipalité d'Argenteuil sur l'Arc Sportif, aucune mention de ces équipements dans le projet de mégaplexe,
  • Pas la moindre évocation du mégaplexe par le Municipalité de Colombes, pas la moindre prise en compte de ce projet argenteuillais dans l'étude de l'Arc Sportif.

À 400 mètres !

Bien sûr je ne demande qu'à être démenti et à apprendre que tout cela se fait dans la plus parfaite coordination (… donc dans la plus totale opacité).

Mais soyons positifs et constructifs, voici à l'attention des Argenteuillais quelques éléments sur l'Arc Sportif[1] :

  • Environ 1900 logements, dont 20 % seront des logements sociaux — donc environ 5000 habitants supplémentaires à proximité immédiate de Jean Vilar et du centre ville d'Argenteuil ;
  • Des équipements sportifs dont un "structurant",
  • 15000 mètres carrés environ de commerces dont "en option" une grande surface commerciale jusqu'à 4500 m2 (soit plus du double des Fnac d'Herblay ou Gennevilliers), à la place de l'ancien siège Thalès, donc à 500 mètres du projet de mégaplexe,
  • une "ceinture verte" au Nord et au Sud de l’A86, qu'il n'est malheureusement pas prévu de prolonger vers le pont d'Argenteuil;
  • un "cône de vue" ouvert vers la Seine… précisément face au projet de mégaplexe !

Arc_sportif.png

Voilà qui mériterait quelque débat. Public. À Jean Vilar ? :-)

Notes

[1] Le plan ci-dessous en est extrait, avec les compléments vers le Nord esquissés par votre serviteur.

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