par Frédéric Lefebvre-Naré

Une réunion étonnante ce vendredi 19, dans la grande salle de Mandela … je n'en suis pas encore tout à fait revenu !

Une trentaine d'Argenteuillais·es face à face, de différentes appartenances politiques allant de la droite à la gauche de la gauche… et à aucune étiquette, sont venu·e·s discuter de l'éventualité d'une liste commune. En cercle, des adhérents du parti gouvernemental, et des manifestants contre le gouvernement. Des élue·e·s ou ancien·ne·s élus de municipalités différentes, et aussi des jeunes jamais encore élu·e·s !

Un point commun, forcément, c'est que nous trouvons, les uns et les autres, que pour esquisser l'avenir d'Argenteuil, il faut plus que le débat entre l'équipe municipale actuelle et ses prédécesseurs. Il faut se remettre à l'écoute des habitants[1], confronter les connaissances et les expériences, se "fritter" peut-être sur les priorités. C'est nécessaire pour accoucher d'un projet dans lequel se reconnaîtront les Argenteuillais·es, et qui convaincra des acteurs extérieurs de s'investir chez nous.

Et… tout s'est bien passé, personne n'est sorti en claquant la porte ; et personne n'a caché, je crois, ses inquiétudes ou ses divergences, par exemple sur le sujet difficile du logement ; ou sur l'attitude qu'aurait la future Municipalité par rapport au gouvernement actuel.

On peut se pincer, quand même. Y a-t-il une autre grande ville, en France, où des "Gilets Jaunes" et des "Marcheurs" se réunissent publiquement, sans hiérarchie ni protocole, pour discuter ensemble de l'avenir de leur ville ?

Si déjà, ça, c'est possible à Argenteuil, qu'est-ce qui serait impossible ?!

Je mesure à cela le succès de l'initiative prise par Argenteuil en commun depuis un an, et la valeur de son manifeste fondateur qui réunissait les présents.

Il reste un chemin énorme à faire. Tous les participants l'ont dit : pour faire plus que débattre, pour s'engager sur une liste commune, il faudra bien plus que ce texte, bien plus que les bonnes intentions ou la convivialité argenteuillaise. Il faudra que des personnes et des groupes, en lutte les uns contre les autres, reconnaissent dans un même projet pour la ville leurs valeurs, leur identité, les raisons de leurs (différents !) engagements politiques, sociaux, écologiques. Il faudra, en plus, qu'ils acceptent de donner la priorité à ce projet argenteuillais, sur leurs oppositions politiques nationales.

Sans parti hégémonique, sans homme ou femme providentiel·le, sans pression extérieure - rien que par le travail en commun.

C'est un pari hardi, d'abord, sur la bonne volonté d'autrui. Pour ce que je connais des un·e·s et des autres, je crois que ce pari vaut d'être tenté.

Notes

[1] Comme avec l'enquête d'Argenteuil en commun ou celle lancée par En Marche.