par Frédéric Lefebvre-Naré

J'ai fourni la 90ème et dernière réponse à l'enquête publique sur la modification du PLU, qui permettrait de construire un méga-plexe de tôle et de béton et ses 2 étages de parking aérien sur le terrain de Jean Vilar. 90 sans compter les réponses en ligne, c'est une grosse participation pour une enquête publique ! Le Parisien souhaitait organiser un débat entre un promoteur du projet, comme le Maire, et un opposant. Espérons que ce débat soit possible !

Complément, 14 avril : pas de débat possible, mais le Parisien a donné la parole séparément à l'Adjoint aux Finances et à moi-même.

Voici donc ma réponse à l'enquête publique :

Cette modification du PLU me semble inopportune, dangereuse et contraire à l’intérêt public pour une quarantaine de raisons, toutes exposées sur http://engagespourargenteuil.fr/tag/40JeanVilar, et dont les principales sont :

« L’objectif de densification » affiché par le nouveau PLU pour la zone UGP3 (la parcelle de Jean Vilar, square et parking inclus), alors que :

  • cette zone est à ne pas densifier pour des raisons paysagères et patrimoniales. Partout les villes rendent leurs berges au paysage, Argenteuil ferait l’inverse !
  • C’est une île où « quand on creuse on trouve la Seine » selon les mots de l’Adjoint à l’urbanisme ;
  • La parcelle est plus éloignée des pôles de transport en commun que d’autres sites ayant le même potentiel, comme celui de l’actuel Centre Technique municipal, dont le déménagement est envisagé depuis longtemps.

Et effectivement, pour les projets annoncés par la Mairie, les sites plus adaptés et à moindres risques abondent.

Sites_pour_projet_Heloise.png

L’impact visuel d’une construction à 45 mètres, plus haute que la plupart des immeubles modernes du centre ville.

L’emprise au sol de 80%, et la très faible proportion d’arbres (un pour 1000 m2) sont contraires aux objectifs du PLU et à ses schémas pour l’ensemble de la ville.

(Les constructions en UGP3) seraient en concurrence directe sur presque toutes les fonctions, avec des équipements très proches :

  • cinéma à moins de 10 minutes à pied, de 1000 places existantes et sous-exploitées ;
  • supermarché à 5 minutes à pied d’un hypermarché qui a déjà du mal à trouver son point d’équilibre ;
  • « Fnac » à 5 minutes à pied de la seule grande librairie à 5 kilomètres à la ronde ;
  • restaurants traditionnels à 5 et 10 minutes à pied des deux restaurants traditionnels les plus réputés d’Argenteuil, dont un au Michelin ;
  • etc.

Bien sûr, le PLU ne spécifie pas quelles activités seraient accueillies, mais la création de la zone UGP3 les permet, alors qu’un Plan d’Urbanisme cohérent devrait veiller à la mise en valeur des espaces commerciaux et de spectacles déjà construits, récents, et sous-utilisés, à proximité.

Par ailleurs, la création en zone inondable de +-150 logements est une absurdité quand l’espace constructible abonde à Argenteuil. Cela n’a de sens que pour l’équilibre financier du projet pour le promoteur, et démontre, par là-même, que le reste du projet ne tient pas debout, et qu’il est inopportun d’amender le PLU pour le permettre.

Le volume, la hauteur, l’emprise des constructions prévues par ce PLU surprennent au regard de l’argumentaire de la Municipalité, lors de la vente du terrain, sur le caractère vert du projet, l’intégration du centre ville et l’ouverture des berges de Seine.

Une fois de plus, si un tel projet pourrait avoir un sens dans une ville déjà très dense et manquant d’équipements similaires, il semble absurde et potentiellement ruineux dans une ville peu dense et un secteur bien équipé.

Frédéric Lefebvre-Naré
Président d’Engagés pour Argenteuil
Conseiller municipal d’Argenteuil