par Frédéric Lefebvre-Naré

Ce vote en Conseil, le mois dernier, n'a attiré que peu d'attention médiatique.

Et pourtant, quelle affaire immobilière pour la Ville ! La surface de plusieurs terrains de football, un emplacement on ne peut plus central,… et une grande valeur patrimoniale, à 200 mètres de Notre-Dame.

Dans la période de crise que nous vivons, ces arguments sonnants et trébuchants devraient faire taire les grincheux.

Le paysage urbain sera un peu chamboulé, forcément. Mais il restera de jolies promenades dans les petites rues autour, ou le marché aux Fleurs.

Le parvis était un point de rencontre, accueillait les artistes ? La Ville leur trouvera un site de remplacement. Les gens prendront leur voiture, il y a même Autolib’, bref ils iront ailleurs.

Les nostalgiques des rassemblements populaires feraient mieux d’écouter Jean Ferrat :

…On peut voir couler la Seine
Ailleurs qu’au pied de Notre-Dame
De Châtillon à l’estuaire
Elle baigne bien d’autres lieux…

Et après tout, le site était-il si bien aménagé ?

Pour qu’il devienne franchement agréable, pour les habitants du quartier, pour les visiteurs à l'occasion de manifestations, pour les touristes ou pèlerins attirés par nos vieilles pierres et autres reliques médiévales, il faudrait se débarrasser de la voie sur berge ; redonner, des deux côtés de la Seine, la priorité à l’homme sur les voitures. Un peu plus de verdure, un peu moins de goudron…

Et pour ça, les moyens manquent. Alors, si un promoteur met le paquet, une équipe municipale peut être tentée de lâcher l’affaire. Après tout, il n’y avait sur l’île aucun fast-food et aucun cinéma : ils étaient même à sept ou huit minutes à pied…

Alors, qui se bougera ?

Comme le chanterait Graeme Allwright (Pacific Blues), si c’était l’île de la Cité, les Parisiens ne se laisseraient pas faire — je suis sûr de ça.


Quelques informations et prises de position des dernières années sur les projets successifs pour l'île Héloïse et ses alentours : mars 2016 le vote contre la vente en Conseil Municipal ; octobre et novembre 2015, notre commentatrice Frida sur l'état du bâti d'origine rurale ; mars 2014 : la priorité à donner à l'aménagement de Gabriel Péri ; février 2014 : le potentiel des berges pour des terrains de loisirs sportifs ; janvier 2011 sur le projet de l'équipe municipale de l'époque, inspiré des berges du Rhône à Lyon ; janvier 2011 contre le projet de tunnel et pour une voie sur berge 2x1 voies (au lieu de 2x2) sur le kilomètre de l'île (de Marcel Dassault à la rue Verte) ; novembre 2010 : Monet à Argenteuil, et la promenade.

Pour rejoindre le Comité Jean Vilar, vous pouvez l'indiquer en commentaire de ce billet ou écrire à frederic (arobase) engagespourargenteuil.fr.

P.S. - l'article du Parisien du 23 avril, "La salle des fêtes remplacée par un cinéma et des commerces".