par Frédéric Lefebvre-Naré

Un Argenteuillais qui se disait "tout à fait d'accord avec moi" sur la vente de Jean Vilar et le projet Fiminco, objectait néanmoins : "c'est le promoteur qui va payer" pour les travaux.

Et j'imagine que comme lui, beaucoup d'Argenteuillais trouveront bien que de l'argent privé soit investi à Argenteuil. Moi aussi !!!

Seulement, le rôle d'une Municipalité n'est pas de dire "amen, je vous donne le terrain" à tout projet privé.

Il est aussi d'orienter les investisseurs potentiels vers les projets qui ont le plus de chance de réussir.

Il est aussi de trouver des investisseurs potentiels pour les projets qui ont le plus de chance de réussir.

Ici c'est l'inverse : Monsieur Mothron le reconnaît benoîtement, il donne simplement suite à des contacts pris par son prédécesseur M. Doucet ! Il prétend reconduire en l'état le projet de celui-ci ! Nous l'avions connu plus critique sur les choix de Philippe Doucet !

Ce mégaplexe est-il un besoin urgent de la Ville ? Tellement peu que rien ne figurait à ce sujet dans leurs programmes électoraux.

A-t-il pourtant de bonnes chances de réussir ? En zone inondable, mal situé par rapport à la gare et aux parkings existants, au carrefour le plus bouché d'Argenteuil, séparé pourtant du centre-ville, cumulant des projets bien peu complémentaires — grande salle de spectacles et logements ! jardinerie et cinéma ! bon il y a Truffaut dans les deux cas… — ce mégaplexe a tout pour coûter très cher à la construction et échouer commercialement. Nous y reviendrons.

Quelle sera la conséquence inévitable d'un échec, d'un demi-échec ou même d'un demi-succès ? Le contribuable paiera.

Nous l'avons vu à Côté Seine dont le fonctionnement sollicite la Municipalité à de nombreux titres, le moindre n'étant pas la prise en charge massive des parkings (affaire Spie, le retour).

Et les dégâts pour le centre ville coûtent tout aussi cher, obligeant la Municipalité à prendre en charge les coûts de commerces, après avoir dénoncé l'équipe précédente pour cette même pratique.

Le mégaplexe sur Jean Vilar est prévu deux fois et demi plus grand que Côté Seine[1]. Ça va douiller.

Garanties de recettes, financement public d'équipements complémentaires, transfert au public de parties non rentables, dispenses de taxes, subventions d'exploitations : la palette de ce que le promoteur pourra demander est large. Dans tous les cas, le contribuable argenteuillais sera le payeur. Le payeur unique ; nous le verrons prochainement.


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Notes

[1] 40000 m2 de plancher contre 16200 m2.