Blog d'Engagés pour Argenteuil

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Opinions-Tribunes-Entretiens

Fil des billets

mercredi 20 novembre 2019

Argenteuil défigurée, Argenteuil ravagée, la Seine plus que jamais inaccessible, Argenteuil traumatisée

par Pierre Bruneau

Argenteuil défigurée, Argenteuil ravagée, la Seine plus que jamais inaccessible, Argenteuil traumatisée : ce sera le résultat du chantier qui vient de démarrer au niveau de la plataneraie : un tout droit 4-voies de Charles de Gaulle vers la voie sur berges RD311 !

Y-a-t-il eu information ? oui, une brève de quelques minutes lors de la dernière visite de quartier (sans plus) ! Mais je ne pensais pas que ce projet démarrerait avant les élections municipales...

Quelles seront les conséquences ?

  • De nombreux platanes seront abattus,
  • La circulation sera (au moins les premiers jours) plus fluide, mais le nombre de voitures et de camions de gros tonnage qui emprunteront ce trajet augmentera de façon exponentielle. Quand je pense que des habitants des immeubles entourant l'avenue Charles de Gaulle se plaignent déjà du bruit, de la pollution et des murs de leur appartement qui tremblent. Que se passera-t-il demain ?
  • Il ne sera plus possible de récupérer les rives de la Seine, à moins de détruire ce qui aura été construit.

Quand j'ai acheté l'appartement dans lequel je vis actuellement, il y avait les platanes, les marronniers et j'espérais qu'un jour je pourrais me promener sur les berges de Seine.

Demain, le nombre de platanes aura considérablement diminué et la Seine sera plus que jamais inaccessible. Mais je récupérerai les nuisances (le bruit et la pollution automobiles).

Que de belles perspectives !!!

Le Maire actuel est candidat pour la prochaine élection. Le slogan de la campagne est "Mothron une vision".

A travers ce projet comme pour le projet Héloïse, je pense que cette vision est en noir et blanc comme la télé vision des années 50....où le bétonnage et l'automobile étaient rois, et où les grandes surfaces étaient l'avenir. Mais cela, c'était le siècle dernier.

Depuis, le monde a bien changé, sauf les visions du Maire candidat.

Le changement c'est maintenant......

vendredi 15 novembre 2019

Réclamation contre le sondage OpinionWay sur Jean Vilar

par Frédéric Lefebvre-Naré

Qui veut cosigner cette réclamation auprès de la commission des sondages, sur le sondage OpinionWay publié par la ville d'Argenteuil ? Je pense l'envoyer dimanche 17 novembre. Contenu :

1) Compétence de la Commission des Sondages

2) Caractère trompeur ou biaisé des questions de ce sondage

a) L’une au moins des questions comporte un biais de formulation inacceptable au plan déontologique, qui engage la responsabilité de l'institut

b) Les questions liées au projet sont formulées de façon tronquée ou biaisée, d’une façon qui engage essentiellement la responsabilité du commanditaire de l’enquête.

b1) Information schématique du répondant, dans le cas de la question citée précédemment (p. 22 du rapport)

b2) Question à réponse forcée, sur le multiplexe (p. 16 du rapport)

b3) Question tronquée, sur l’aménagement des berges de Seine (p. 18 du rapport)

b4) Question absente : public ou privé ?

b5) Question faussée : pour ou contre le projet Cap Héloïse (pp. 25, 27 et 28)… i. sans dire où il serait implanté ; ii. en embellissant sa description.

b6) Présentation publique faussée des réponses à cette question

3) Caractère préélectoral du sondage

Texte complet en pièce jointe (version envoyée ce 15 novembre en fin de soirée, Le Parisien ayant déjà publié un article sur le sujet) :

CommissionSondages_Argenteuil_OpinionWay_15nov2019.pdf

samedi 9 novembre 2019

Une société indivisible, laïque, démocratique et sociale : défi pour Argenteuil

par Frédéric Lefebvre-Naré, tribune dans le magazine municipal de novembre

Sur le blog d’Engagés pour Argenteuil, Bernard Rols vient de consacrer une grande tribune à la laïcité et aux valeurs constitutionnelles, celles d’une République « indivisible, laïque, démocratique et sociale », aujourd’hui menacées.

Indivisible ? Les communautarismes menacent de nous séparer en petites républiques de quartiers ou de réseaux, avec chacune sa loi, de plus en plus étanches.

Laïque ? L’islamisme, comme tous les discours politico-religieux, menace en permanence la souveraineté du peuple. Une morale religieuse peut être utilisée pour réduire la liberté des femmes, leur conseiller une « prudence » ou une « discrétion » qui entérineraient une domination masculine.

Démocratique ? Est-ce que chaque citoyen·ne a un statut égal, un poids égal dans la vie publique ? L’islamophobie, la discrimination généralisée que subissent les musulmans en tant que tels, dans la vie professionnelle et sociale, fait craindre une société à deux vitesses où certains auraient moins de droits que d’autres.

Sociale ? Que deviennent notre solidarité, la priorité à donner aux personnes les plus démunies par la vie, quand la société se clive entre pro- et anti-voile, entre les plus religieux et les plus inquiets de la présence publique des religions ?

Comment construire les écoles et les colonies de vacances auxquelles tous les parents confieront leurs enfants avec confiance, certains qu’ils y seront éduqués dans le respect de leurs valeurs, et qu’ils seront enrichis dans la rencontre des différences ?

Comment retrouver un espace public harmonieux, respecté par tous et où tous se respectent ?

C’est le défi le plus profond pour la ville d’Argenteuil dans les mois et les années qui viennent.

dimanche 3 novembre 2019

Notre laïcité et autres valeurs républicaines : comment les comprendre et nous les réapproprier ?

par Bernard Rols

Depuis l’attentat meurtrier à la Préfecture de Police de Paris et l’appel de notre Président Emmanuel Macron à lutter contre l’hydre islamique, les passions, exacerbées depuis plusieurs années, s’enveniment, au point de faire craindre que, dans un futur proche, la concorde devienne impossible entre les Français de confession musulmane et ceux de confessions catholique, protestante ou juive, les athées, les agnostiques sans exclure les non-croyants.

Ces passions se déchaînent sur les mères voilées accompagnant les sorties scolaires, et dérivent à vouloir interdire le port du voile sur la voie publique.

L'attaque de la mosquée de Bayonne par un complotiste d’extrême droite a fait 2 victimes innocentes.

Certains trouvent même un réel intérêt politique à répandre la confusion entre immigration économique, islam et islamisme fondamentaliste.

Selon un récent sondage commandé par le JDD, 61 % des personnes interrogées pensent que l’islam est incompatible avec les valeurs de la société française, et 78 % pensent que la laïcité est menacée.

Ces % sont édifiants et surtout alarmants !

Pourquoi avons-nous autant de crispations sur l’islam depuis des années?

Plutôt que de vouloir rentrer dans ce débat, ô combien passionnel s’il n’est déjà devenu hystérique, essayons d’analyser cette spécificité bien française qu’est notre principe de laïcité.

Regardons par exemple vers les pays anglo-saxons.

Les anglais ont pour devise : « God save the Queen »

Qui en France, accepterait que notre devise républicaine « Liberté, Egalité, Fraternité » soit remplacée par « Dieu sauve notre Président de la République » ?

Aux Etats-Unis, le Président nouvellement investi dans ses fonctions, prête serment sur la Bible[1].

Aurions-nous accepté que Sarkozy, Hollande ou Macron fassent la même chose en arrivant à l’Elysée ?

Commençons par relire la loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l’Etat (dans sa version consolidée au 30 octobre 2019) pour en comprendre le fondement juridique.

Article 1 :

« La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l'intérêt de l'ordre public. »

La République assurant la liberté de conscience et le libre exercice des cultes, l’islam en tant que religion a bien toute sa place dans notre société.

Ce n’est donc pas une loi liberticide mais au contraire, elle permet à chacun de croire, de pratiquer sa religion ou de ne pas croire.

Article 2 : (ces 2 premiers articles font l’ossature de la loi de 1905)

« La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. En conséquence, à partir du 1er janvier qui suivra la promulgation de la présente loi, seront supprimées des budgets de l'Etat, des départements et des communes, toutes dépenses relatives à l'exercice des cultes.

Pourront toutefois être inscrites auxdits budgets les dépenses relatives à des services d'aumônerie et destinées à assurer le libre exercice des cultes dans les établissements publics tels que lycées, collèges, écoles, hospices, asiles et prisons. »

Si la République "ne reconnaît aucun culte", cela ne veut pas dire pour autant qu’elle ne reconnaît pas les croyants (et les non croyants) mais du fait de la séparation au nom de la laïcité, entre la foi personnelle et la vie publique, elle ne reconnaît que des citoyens libres et égaux en droits.

Cette séparation de la sphère privée qui relève de la foi de chacun, de la sphère publique qui rentre dans le champ politique de notre nation et le sens du bien commun, est notifiée dans les articles 26 et 28 de la loi.

Article 26 :

« Il est interdit de tenir des réunions politiques dans les locaux servant habituellement à l'exercice d'un culte. »

Article 28 :

« Il est interdit, à l'avenir, d'élever ou d'apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que ce soit, à l'exception des édifices servant au culte, des terrains de sépulture dans les cimetières, des monuments funéraires, ainsi que des musées ou expositions. »

La Loi prévoit même en son article 32 des sanctions à toute personne qui entraverait la liberté d’un culte.

« Seront punis des mêmes peines ceux qui auront empêché, retardé ou interrompu les exercices d'un culte par des troubles ou désordres causés dans le local servant à ces exercices. »

Emmanuel Macron a déclaré récemment « le port du voile sur la voie publique n’est pas mon affaire », ce qui a provoqué une nouvelle polémique.

Je pense que, en sa qualité de Président de la République française, garant de nos institutions républicaines, il se référait à l’article 9, paragraphe 14, de la loi de 1905 :

« L'Etat, les départements les communes et les établissements publics ne peuvent remplir ni les charges pieuses ou cultuelles, afférentes aux libéralités à eux faites ou, aux contrats conclus par eux, ni les charges dont l'exécution comportait l'intervention soit d'un établissement public du culte, soit de titulaires ecclésiastiques. »

Il n’appartient donc pas à la République de dire si les musulmanes doivent ou pas porter le voile dans l’espace public.

Le port de signes religieux ou ostentatoires est interdit seulement aux agents de la fonction publique, hospitalière et des collectivités territoriales, en vertu du principe de neutralité.

Par ailleurs, il est fort probable que la loi votée par le Sénat sur l’interdiction du port du voile lors des sorties scolaires soit retoquée par le Conseil Constitutionnel[2].

Une forte majorité de personnes pensent que la laïcité est menacée alors que paradoxalement nous sommes tous très attachés à cette loi qui garantit le libre exercice des cultes !

Aucune « croisade » -dans son sens historique- contre l’islam n’est menée en France; mais cette forte majorité de personnes a peur que les pratiques religieuses liées au culte musulman débordent de la sphère privée pour se répandre dans la sphère publique.

Une forte majorité de personnes pense aussi que l’islam est incompatible avec les valeurs de la société française.

Rappelons les valeurs de notre République.

L’article 1 de la constitution du 4 octobre 1958 proclame :

« La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. »

Les 4 piliers de notre République sont l’indivisibilité, la laïcité, la démocratie et la sociabilité.

Ces 4 piliers sont comme les arcades d’un pont, ils sont indissociables l’un de l’autre.

Ils supportent ensemble notre « pont France » et c’est par ces 4 valeurs inaliénables que notre République française se définit.

Etudions la sémantique de chacune des valeurs de la société française pour mieux en comprendre les portées humanistes, universelles et historiques.

Le philosophe des Lumières Jean-Jacques Rousseau définit l’indivisibilité dans son ouvrage « Du contrat social » :

« Chacun de nous met en commun sa personne et toute sa puissance sous la suprême direction de la volonté générale ; et nous recevons en corps[3] chaque membre comme partie indivisible du tout »

Quelle meilleure pensée philosophique et politique que celle-ci sur l’indivisibilité d’un peuple ?

Dans notre démocratie, la souveraineté appartient au peuple.

Ainsi notre République ne peut pas être et ne serait être analogue à une théocratie (qui, rappelons-le, est une forme de gouvernement dans laquelle le pouvoir politique, considéré comme émanant de Dieu, est exercé par ceux qui sont investis de l’autorité religieuse.)

La laïcité, comme nous venons de le voir, est en soi une vraie exigence pour chaque Français.

Elle nous oblige à chercher nos valeurs universelles pouvant nous réunir pour le bien commun plutôt que nous assigner à résidence dans nos différences religieuses.

La sociabilité se définit comme le réseau de relations sociales établies dans des groupes présentant une cohérence idéologique, culturelle ou religieuse.

Par ailleurs, notre Constitution assure devant la loi, l’égalité de tous les citoyens, et la première de ces égalités est sans aucune équivoque possible celle qui existe de droit entre les femmes et les hommes.

Rectifions donc l'opinion hélas majoritaire : ce n’est pas l’islam qui est incompatible avec les valeurs de la société française, mais le communautarisme érigé en son nom.

Nous appréhendons que l’indivisibilité qui fait l’unicité de notre peuple et la particularité singulière de notre nation, n’éclate en communautés religieuses ou ethniques irréconciliables entre elles.

Nous craignons de nous diviser sur des questions religieuses alors que notre laïcité nous permet de vivre ensemble.

Nous redoutons que le port du voile n’asservisse la femme qui ne serait plus l’égale de l’homme.

Comment garantir à notre nation une cohérence culturelle ou religieuse si nous nous assignons volontairement dans nos diverses cultures ou religions ?

La France est souvent citée comme étant une nation multiculturelle, au sens où elle peut assimiler toutes les cultures d’où qu’elles viennent.

Mais la France a toujours été multiculturelle !

Depuis la « Francie occidentale » que reçut Charles le Chauve (petit-fils de Charlemagne) lors du traité de Verdun en 843, traité qui, pour beaucoup d’historiens, est l’acte de naissance juridique du Royaume de France, la France a été toujours multiculturelle.

Nos cultures régionales sont diverses, mais toutes réunies ont donné la culture française.

Les histoires de la Bretagne, de l’Aquitaine, de l’Occitanie, de la Corse… sont toutes différentes mais toutes les histoires régionales font l’Histoire de France.

Notre pays traverse en ce moment de pertes d’identités et de repères sociaux, une période douloureuse de sa longue histoire mais je ne désespère pas que le bon sens, l’envie d’avoir à nouveau un destin commun l’emporteront sur notre crise identitaire actuelle.

Notes

[1] Ou sur un autre texte, selon sa préférence.

[2] La loi de 2004 concernant le port du voile à l'école est ici.

[3] On écrirait aujourd'hui "en propre"

- page 3 de 43 -