Blog d'Engagés pour Argenteuil

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mercredi 9 novembre 2016

22. Non à Fiminco car il y a un meilleur projet : celui de Georges Mothron, "Quai de Seine"

par Frédéric Lefebvre-Naré

Ce lundi, avant la victoire pas tout à fait annoncée mais plausible de Donald Trump, je faisais une pause dans la série des 40 raisons toutes suffisantes de dire NON à la vente de Jean Vilar au promoteur Fiminco, et à son projet de 40000 m2.

Je proposais de "réfléchir ensemble à l'avenir de cet espace, cœur et patrimoine d'Argenteuil", et demandais : "Que suggéreriez-vous pour Jean Vilar ? Pour les commerces, les logements, les spectacles, le cinéma à Argenteuil, l'accès aux berges de Seine ?"

Les trois premières réponses ont consisté à me retourner la question ! J'espérais mieux :-) mais cette réaction est légitime : une lectrice ou lecteur de nos critiques envers ce projet insensé, peut bien se demander si nous avons en tête des projets sensés.

Évidemment, la question du meilleur projet restera ouverte — tant que le monstre annoncé ne sera pas empilé sur la pauvre parcelle de Jean Vilar, il restera possible d'imaginer et développer des alternatives.

Mais rassurons-nous tout de suite : oui, de bien meilleurs projets, il en existe !

À commencer par celui que Georges Mothron, Maire d'Argenteuil et même député-Maire à l'époque, a fait valider par la Commission départementale d'équipement commercial (CDEC) du Val-d'Oise, le 24 avril 2007 : le projet "Quai de Seine". Un centre commercial de près de 10000 m2, l'équivalent du rez-de chaussée de Côté Seine, ce qui permettrait d'accueillir les différents magasins successivement espérés : bricolage, jardinerie, "Fnac"… sans construire de gratte-ciel qui fermerait le paysage avant le fleuve.

Le site idéal est celui de l'actuel Parc des Berges, ce qui permettrait de transférer le parc sur la partie Sud-Ouest de l'île Héloïse, bien plus grande et agréable, l'ancienne "Promenade", d'ailleurs inconstructible. (Une amie de passage à Argenteuil nous plaignait pour notre pelouse pelée entre quatre quatre-voies… nous Argenteuillais pouvons ne pas en voir la misère, car nous nous souvenons de la friche antérieure, encore pire !).

La salle Jean Vilar resterait la salle Jean Vilar ! Sa structure est superbe et adaptée. Elle a besoin, je présume, d'être désiamantée (travail contraignant, mais inévitable aussi dans le projet Fiminco), l'aménagement intérieur a besoin d'être refait, notamment pour l'acoustique. (Complément : il semble plutôt qu'elle ait besoin d'être reconstruite, cf. billet 28).

La salle Pierre Dux pourrait être reconstruite en auditorium pour l'école de musique et la musique classique en général. La salle actuelle, sujette aux vibrations, est inconfortable et inadaptée à la musique. Des cloisons intérieures dans Jean Vilar permettraient de recréer une salle de fêtes, réunions ou banquets de taille intermédiaire.

Cette offre de salles serait évidemment d'intérêt intercommunal, à quelques hectomètres de Colombes, Gennevilliers et Asnières, qui font partie du même territoire au sein du Grand Paris. Un financement par ce territoire serait tout naturel.

Si le terrain du parc des Berges était vendu au promoteur des commerces, sachant qu'il est de même taille que celui de Jean Vilar et mieux situé, et que le projet architectural serait bien plus facile à réaliser (peu de charge au sol, pas de cuvelage), nous pourrions sans doute le vendre plus de 20 millions[1], ce qui financerait le reste. Certes, nous vendrions de nouveau une partie de l'île (comme à Pathé avant 2001), mais au moins nous garderions en propriété communale un ensemble continu du pont jusqu'à la pointe de l'île et à la rue Verte.

Les magasins auraient un accès direct à la 4 voies par le rond-point Dassault : cela permettrait (contrairement au projet Fiminco) de passer la voie sur berges à 2x1 voies, avec l'autre moitié de la surface pour le vélo et la promenade, tout le long de l'île.

En matière de cinémas, Argenteuil a déjà un bel équipement, dans la moyenne du département. Il reste à le faire vivre : étendre les horaires d'ouverture, aménager le parking et les itinéraires du parking au Figuier Blanc, rejoindre les billetteries par internet… et faire marcher le bar / snack !

Enfin, la municipalité Mothron, se découvrant adepte du bétonnage, a prévu 145 logements sur cette seule parcelle inondable de Jean Vilar ! Il va sans dire qu'il vaut mieux y renoncer purement et simplement. Et préférer reconstruire en zone naturellement constructible, sur les friches et les parcelles dégradées, en particulier aux alentours de la gare, où beaucoup de bâtiments sont obsolètes.

Je serais heureux de voir un éco-quartier, un peu à la façon danoise, réhabiliter et transformer les bâtiments de l'ancien hôpital d'Argenteuil, rue Pierre Guienne : cette rue était déjà construite et habitée au Moyen-Âge ! quel dommage qu'elle soit à l'abandon. L'éco-quartier pourrait se prolonger sur toute l'emprise du centre technique, qui serait bien plus commodément installé dans la ZI près d'Otis. (Complément : et sur la parcelle de l'ex-gendarmerie, qui s'est rapidement transformée en parking sauvage sinon en dépotoir…).

Ce ne sont que des exemples ; certains y reconnaîtront les idées qu'ils m'ont suggérées !

Est-ce que ce projet, "Mothron 2007+", ne serait pas cent fois plus prometteur, plus agréable à vivre, et plus rentable économiquement, que le projet "Mothron 2016" ?

Notes

[1] Correction du 24 novembre : non ! Une valeur pareille supposerait la construction de 100 logements ou plus, comme le Maire l'a prévu sur le terrain de Jean Vilar, mais ce n'est pas ce que je proposerais, ni sur Jean Vilar, ni sur l'actuel parc des Berges. Avec des activités commerciales seulement, le prix de vente sera moindre.

mardi 11 octobre 2016

Conseil Municipal du 11 octobre 2016 : Affaires générales et particulières

28. Plan communal de sauvegarde : le Conseil doit prendre acte de son établissement. Il comporte un recensement des intervenants, annuaire des téléphones portables, des lieux d'accueil, des modèles d'arrêtés et de réquisitions, un guide pour l'activité de la cellule de gestion de crise. Ceci pour les cas d'inondations, risques liés à la canalisation Trapil, effondrements, accidents chez Total Gennevilliers, accidents avec train de marchandises… Il devra donc être mis à jour en permanence.

Le Maire fait voter et considère qu'il y a unanimité.

29. La sirène des pompiers devient municipale et la ville en installe une 2ème près de la Basilique. On les essaye toujours le 1er mercredi du mois à 12h. Unanimité.

30. Convention de fonctionnement du CASC, équivalent pour les agents de la Ville d'un comité d'entreprise.

Nous nous abstenons parce que le montant par agent, que la Municipalité dit "maintenu", n'est pas précisé.

31. Equivalence de durée de travail pour les gardiens de groupes scolaires : Georges Mothron propose des horaires forfaitaires pour certaines tranches horaires où le gardien n'est pas sollicité en permanence, "comme cela été pratiqué pour les gardiens d'équipements sportifs".

Hakim Hssini lit dans la délibération que "après concertation, les agents n'ont formulé aucune critique" : "Ils ont été surtout informés que la plupart de leurs demandes ne seraient pas prises en compte. Il y a des disparités de charge de travail entre groupes scolaires. Le recours gracieux d'un syndicat sur ce sujet est resté sans réponse à ce jour. Nous voterons contre cette délibération."

Georges Mothron : "on ne pouvait pas tolérer d'avoir une partie des gardiens avec certains règles et d'autres, récemment embauchés, avec d'autres règles. Ça fait partie de ce qu'on devait remettre en ordre dans cette ville".

Quel double langage !

32. Transfert primes-points pour les agents contractuels au même titre que les fonctionnaires.

Unanimité.

33. Convention pour l'établissement des dossiers retraite par le CIG-GC

Abstention de l'opposition.

34. Prestation repas des agents communaux : 4,50 € de subvention pour accéder au restaurant de l'hôpital, lui-même surbooké, ou d'autres restaurants interservices à trouver. L'opposition s'abstient.

35. Honoraires des médecins du comité médical et de la commission de réforme. Unanimité.

36. Admissions comptables en non-valeur de créances irrécouvrables. Unanimité.

37. Constats d'extinction de créances effacées par un juge. Unanimité.

38. Représentants de la Ville au sein des Conseils d'école. Rizlaine Oujjat en particulier est remplacée dans de nombreux Conseils où elle siégeait. Tous les représentants sont des élus de la majorité comme toujours. L'opposition ne prend pas part au vote. Philippe Doucet demande que la liste écrite des changements soit communiquée.

39. Représentant de la Ville au Conseil de surveillance de l'hôpital Victor Dupouy : Alain Crevau, conseiller municipal délégué à la Santé, y remplace Philippe Métézeau.

Philippe Doucet demande s'il y a un changement de configuration du Conseil d'Administration de l'Hôpital : il n'y en a pas.

40. Attribution de salles pour les primaires : la Municipalité attribue de nombreuses salles et "bureaux de vote" à ce titre. Il me semble curieux que des villes s'engagent dans ce processus interne aux partis et attribuent ainsi plus de moyens aux paris qui ont choisi cette procédure, non prévue par la Constitution.

41. Retrait de la qualité d'Adjointe, à Samia Anzagh, n°6 sur la liste élue en 2014.

Georges Mothron : "Nous avions signé une charte éthique prévoyant que nous soyons dans des dispositions de franche camaraderie tout au long du mandat. C'est au pied du mur qu'on voit les maçons. J'ai dû devant des problèmes d'utilisation de … de… de réseaux sociaux, que… parfois je me trouvais devant une école maternelle. J'ai averti l'équipe, un certain nombre de colistiers, j'ai dû l'année dernière sur un dépassement de règlement, faire en sorte que Martine Rousseau, qui s'était fourvoyée sur Facebook, ne conserve pas une délégation d'adjointe. Cette année, malgré l'excellent boulot de madame Anzagh, la mort dans l'âme, après l'avoir réavertie en juin de manière particulière, la faille a recommencé au mois de juillet, je ne pouvais pas aller plus loin, je le regrette bien vivement, l'amitié reste entière. Je propose, au-delà de la délégation d'adjointe du Val d'Argent Sud qu'elle n'exercera plus, de retirer cette délégation (en fait, ce titre d'adjoint) à Mme Anzagh. Sauf opposition du tiers des membres présents, le vote a lieu à main levée. Qui demande un vote à bulletin secret ?"

À part l'opposition, trop peu de membres de la majorité.

"Nous votons donc à main levée. Qui est donc pour le maintien de Mme Anzagh… ?"

Des mains se lèvent pour demander à intervenir.

"Après le vote !"

Protestations. Finalement, le Maire se rend compte que le débat doit avoir lieu avant le vote.

Nicolas Bougeard rappelle "l'article 11 de la charte éthique de la majorité : la publication tous les deux ans, par chaque élu, d'un relevé de sa présence aux réunions de travail, faute de quoi le Maire peut en réduire les indemnités. Nous n'avons pas encore vu ces relevés de présence. Je suis sûr que vous les avez, chers collègues ? Nous sommes assez étonnés de la nouvelle proposition (sur les indemnités des élus) : trois élus voient les indemnités baisser, et deux autres augmenter, dont une que vous avez cité pour des propos (en fait une republication de photo) qui relèvent du délit. Vous l'avez fait sortir par la fenêtre et rentrer par la porte. Nous allons vous laisser vous débrouiller entre vous."

Geroges Mothron "Madame Anzagh a demandé la parole, je la lui accorde volontiers."

Samia Anzagh : "Au cours de juin et juillet 2016, en plein période de primaires et de burkini, j'ai partagé mon indignation face à ces déclarations extrêmes à contre-courant de l'intérêt général. J'ai toujours exprimé les valeurs qui me sont chères. Malgré les attaques terroristes et le chagrin, nous ne devons pas céder à la haine et la violence. Les élus doivent être exemplaires. J'ai interpellé le maire sur les propos racistes et islamophobes d'élu(e)s sur les réseaux sociaux. Mais seuls mes propos de non-encartée, ne cédant pas à l'esprit partisan, ont été sanctionnés. Je ne pense pas avoir enfreint la charte éthique, bien au contraire. Il faut que les politiques arrêtent de s'occuper de la religion. La bienveillance doit régner. Appartenir à une majorité ne doit pas imposer de renoncer à ses convictions. Minoritaire, isolée dans la majorité municipale, je reste attachée aux intérêts des Argenteuillais."

(Une intervention plus précise de sa part sur YouTube).

Le Maire demande qui est pour ce retrait. Nombreuses mains levées. Ou tout petits doigts timides. "Bande de traîtres !" dans le le public. Six conseillers de la majorité ne prennent pas part au vote, de même que l'opposition. Le Maire déclare le résultat… On l'appelle à demander qui est contre ! Il le demande. Quatre mains se lèvent, plus un pouvoir. Le Maire compte seize non-participations au vote… apparemment il divise ses propres élus par deux. L'opposition l'appelle à recompter. Philippe Doucet propose de revoter. Le Maire le fait bel et bien. Philippe Doucet fait observer qu'un vote à bulletin secret eût évité cette triste comédie.

21 conseillers + 3 pouvoirs votent pour le retrait de la qualité d'adjointe à Mme Anzagh ; 4 + 2 pouvoirs votent contre ; 18, pouvoirs inclus, ne participent pas au vote. Le Maire rejette le vote contre de Mme Rezgui, qui devait venir au Conseil et n'a pas donné son pouvoir.

E finita la commedia.

Mais ça continue, le nombre d'abstentions n'est pas clair… Le Maire estime que abstention et contre c'est pareil, il fait un total de 9, "donc la délégation d'adjointe de Semia Anzagh n'existe plus."

Et il souhaite aux uns et aux autres une excellente soirée…

Le Maire annonce 40000 m2 à la place de Jean Vilar

M. Georges Mothron, Maire, ouvre le Conseil par une déclaration liminaire à haute vitesse :

"Argenteuil va mieux, peut sereinement aborder l'avenir. Nous avons une pensée forte pour M. Harold Matysen, notre ancien DGS qui a contribué à ce redressement spectaculaire. Nous basculons sur un second temps, celui des projets que j'envisageais au début de ma mandature. Les entreprises étaient en attente d'un contact, d'un soutien. Vingt ont accepté de rejoindre le Comité Économique d'Argenteuil. Le CEA est à l'heure où je vous parle, en réunion au GARAC. Nous sommes parvenus à faire déménager Hédiard de Colombes à Argenteuil.

Nous suscitons l'envie des investisseurs de toute la France. J'ai organisé une visite d'Argenteuil pour les représentants de la Métropole du Grand Paris, en été. J'ai eu le sentiment que les membres de la MGP réalisaient brusquement nos atouts. J'ai reçu il y a quelques jours un courrier du Président Ollier m'annonçant la sélection du site de la gare d'Argenteuil lors de l'appel à projets du Grand Paris. La friche Balzac, que nous avons également défendue, pourrait être retenue dans la prochaine consultation en 2017. Nous retiendrons un groupement d'entreprises avec lequel nous signerons une convention… Ce projet va venir très rapidement redynamiser le tissu économique de la ville, les recettes de la commune et celles des commerces. Argenteuil est entrée dans une spirale économique positive. Jérôme Chartier, premier vice-président de la Région, m'a communiqué ses intentions en matière de développement économique et je prévois d'annoncer d'excellentes nouvelles au Conseil Municipal de décembre.

Argenteuil doit être attractive pour ses habitants. Elle est privée d'un pôle de loisirs et cinématographique digne de ce nom. Elle avait 10 salles il y a 20 ans avec les cinémas Alpha et Gamma. J'avais souhaité un tel projet, le rachat de Gaumont par Pathé ne l'a pas permis. Mon successeur a eu le même projet mais n'est pas parvenu au bout. Élu de nouveau, j'ai repris le projet que soutenait mon prédécesseur ici présent. Ce projet, initiative privée, est mené depuis le départ par l'investisseur Fiminco. Le projet a suscité des inventions farfelues de la part de ses opposants. Je n'ai rien à cacher et le présenterai en détail. Le président de Fiminco, accompagné des architectes qui y travaillent depuis le début de ce mandat, le présentera (au prochain conseil…).

La Ville cède ce terrain (dès ce Conseil…) pour 7,5 millions d'euros pour y construire plus de 40000 m2 : salle de spectacles, cinéma de 8 salles, pôle de culture et de loisirs, restaurants traditionnels et commerces, logements de haute qualité. La Ville et Fiminco partagent la nécessité de proposer une nouvelle offre culturelle aux Argenteuillais. Une étude réalisée en 2009 pour la Municipalité Doucet, que nous projetons, montre l'évasion commerciale des Argenteuillais vers des offres aux limites de la ville. La conclusion du cabinet : réinvestir un emplacement stratégique en entrée de ville, au bas de Gabriel Péri. Comme je l'ai écrit le 9 mai au collectif Jean Vilar (sic), il est lamentable que les Argenteuillais doivent quitter leur ville pour profiter d'une telle offre.

L'inquiétude porte sur Jean Vilar ? Les salles pâtissent de l'obsolescence du bâtiment, de son manque de modularité, de son manque de visibilité (sic).

Le projet renforcera la visibilité de l'entrée de ville d'Argenteuil, je rappellerai le pôle de loisirs de Courbevoie ou l'Arena 92 de Nanterre.

Pour les associations, une solution temporaire est à l'étude pour pallier le manque de salle pendant le chantier.

La salle de spectacles sera modulaire avec des gradins spécifiques, motorisés, apportant une grande modularité, et permettant de cloisonner en deux salles.

Béton et désolation ? Tout le contraire. Un maximum d'arbres présents sur site seront préservés. Ce sera éco-environ-nemen-tal. En continuité du circuit marchand du centre ville.

Certains trouvent que ce projet mettrait à mal Côté Seine, le Figuier Blanc, que sais-je encore ? Le projet repose sur un dimensionnement raisonné ; 8 salles, comme le projet mort-né de Bezons. Rien de cette dimension ne se fera sur Bezons, a confirmé l'État hier, alors qu'Argenteuil compte 4 fois plus d'habitants. Le Figuier Blanc est plus tourné vers les films d'art et d'essai.

Le projet Fiminco prévoit 900 places de stationnement contre 250 aujourd'hui, elles seront naturellement ouvertes au public.

J'ai bien reçu votre lettre, M. Doucet, baptisée "main tendue", que j'ai eu le sentiment de recevoir en pleine figure. Comme vos tracts, mais les gens s'en moquent et plus personne ne les lit.

Sur le contenu de vos projets :

À la Porte Saint-Germain, la multiplicité des acteurs publics et privés rend l'avancement du projet extrêmement difficile. Vous me proposez "un grand plan de remplacement de 250 logements insalubres par 250 logements sociaux". Les constructions à venir comprendront nécessairement des logements sociaux, mais Argenteuil prend déjà largement sa part avec 37% de logements sociaux.

Votre projet d'accession à la propriété mérite d'être creusé, je le crois intéressant.

Concernant enfin le pôle Héloïse, j'ai lu avec circonspection le titre du Parisien que vous avez pu inspirer, "sauver le multiplexe". Il est tout sauf en danger.

Vous multipliez les entretiens avec les différents interlocuteurs de la ville dont le Préfet de Région. Essayer de nuire à un projet pour qu'il échoue serait ridicule et dommageable aux Argenteuillais. Je vous propose donc un comité de pilotage du projet composé de 6 élus de la majorité et 2 de votre groupe. Cela permettra de trouver des synergies que j'espère productives."

Gilles Savry, adjoint à l'Urbanisme, présente le projet : 8 à 10 salles de cinéma, salle de spectacles, restaurants, commerces, 140 à 145 logements sur 10000 m2. L'espace comprend Jean Vilar et le parking autour (et le square, ne précise-t-il pas).

Le "protocole" (c'est-à-dire la vente) est soumise à trois conditions suspensives :

  • commission départementale des cinémas,
  • commission départementale d'urbanisme commercial,
  • permis de construire, lui-même demandant une modification du PLU par le Territoire Boucle Nord.

Philippe Doucet, Député, ancien Maire et chef du groupe d'opposition : "Sur cette délibération, il y aura 2 interventions, certains, Marie-José Cayzac et Frédéric Lefebvre-Naré, étant en désaccord avec ce projet.

Ce projet est une longue histoire. Arrivant à la Mairie en 2008, nous avons essayé de ranimer le porte de multiplexe, auquel vous n'étiez pas favorable quand votre prédécesseur Roger Ouvrard l'avait porté. Nous avons trouvé Pathé peu intéressé pour poursuivre ce projet alors que celui du MegaCGR avait été accepté le même jour. Il nous apparaissait anormal qu'Argenteuil n'ait pas de multiplexe. Cormeilles-en-Parisis a osé présenter un projet à moins de 300 mètres d'Argenteuil en prétendant que sa zone de chalandise ne s'étendait pas sur Argenteuil. J'ai obtenu de l'instance nationale qui en décide que le projet plus lointain de Montigny (14 à 16 salles) se fasse, et que celui de Cormeilles (12 à 14) soit bloqué. Nous avions commencé à travailler avec Fiminco pour avoir à la fois un multiplexe de 10 salles et un pôle de loisirs. Nous considérions que la programmation peut être complémentaire avec celle du Figuier Blanc : nous avions un débat sur le pop-corn, beaucoup de jeunes Argenteuillais en demandant au Figuier Blanc, Christine Robion s'y opposant, j'ai suivi Christine et nous n'avons pas eu de pop-corn.

Je ne voulais pas que se reproduise ce qui s'était passé avec les hypermarchés : 60% des dépenses des Argenteuillais se font à l'extérieur, à Sannois surtout, ou Sartrouville. Les élus de l'époque pensaient sauver le linéaire commercial du centre ville : à l'arrivée, il est mort tout de même, ou sévèrement endommagé.

Je vous trouve plus optimiste que le Parisien : Cormeilles a gagné son appel et va représenter son projet via l'AFTRP, outil d'aménagement de l'État, avec un terrain zadé à 80 €/m2, autant dire quasi-gratuit. Bezons est en appel également. Il y aura peut-être deux projets sur trois, il n'y en aura pas trois. Celui de Cormeilles en particulier serait mortel pour nous.

Sur la salle Jean Vilar, nous n'avions pas prévu de privatisation de Jean Vilar. Un outil de cette importance doit rester sous maîtrise municipale. Vous faites un autre choix, c'est votre liberté.

Quant aux "autres commerces" et "pôle de loisirs", nous devons voter sans en savoir plus. Un hypermarché à l'étage, comme à Côté Seine, c'est inhabituel… Nous n'avons pas les éléments.

Vous annoncez une reconquête des berges, mais le Conseil départemental s'apprête à enterrer vendredi ce projet, par sa délibération n°6 'compte tenu de la situation budgétaire'. Sur le projet des berges, le volet transports en commun est entre les mains du STIF et de la Région ; et la transformation de la voie rapide en boulevard urbain, qui dépend du Département. Il a financé un tunnel (ruineux) à Bezons et ne pourrait pas convertir une 4 voies en boulevard urbain ? Vous qui êtes dans la majorité départementale, M. Métézeau, j'escomptais de votre part un soutien plus pêchu à ce projet des Berges.

Le projet sur Jean Vilar, c'est attacher Gabriel Péri au pont et entamer en même temps la reconquête des Berges. Vous nous proposez un comité spécial, nous l'acceptons bien volontiers. J'irai défendre la logique du multiplexe devant la CDAC et au-delà. Les hypermarchés ont fait beaucoup de mal à Argenteuil, je ne veux pas que notre centre ville finisse par mourir."

Marie-José Cayzac : "Monsieur le Maire,

Avec un collectif de citoyens, et mon collègue je me suis adressée à vous par courrier pour obtenir des informations sur votre projet de privatisation du complexe Jean Vilar et de l’île Héloïse. Vous avez refusé de nous recevoir et de nous faire part de votre projet. La démocratie participative ne semble être pour vous qu’un vague élément de langage !

Aujourd’hui vous voilà obligé de révéler en conseil municipal votre projet, qui confirme nos craintes, pire les amplifie et n’exclut pas de désagréables surprises ultérieurement. Vous vous apprêtez, donc à livrer les bords de Seine, magnifiés par Monet, aux promoteurs immobiliers.

Vous qui trouviez Argenteuil trop bétonné, vous vous apprêtez à commettre l’irréparable en sacrifiant un espace aéré et vert sur l'autel du sacro-saint profit à court terme !

À moins que ce ne soit pour faire de la trésorerie, comme avec Spie lors de votre précédent mandat.

Après l’avoir déclassé de l’espace public lors du conseil municipal du 30 mars dernier , on découvre que dans un projet sacrifiant l’espace Jean Vilar vous décidez de livrer 22000m2 de terrain pour que soient réalisés 40160 m2 de constructions de cinéma, commerces, salle de spectacle et logements, au prétexte de la vétusté de la salle Jean Vilar.

Vous livrez Argenteuil aux promoteurs, non pour rendre à la salle Jean Vilar et Pierre Dux leurs lettres de noblesse et leur utilité aux associations, mais pour avoir votre multiplexe. En l’occurrence vous proposez un bloc bétonné, une verrue sur les bords de Seine. Ce même multiplexe pour lequel vous déposiez un recours lorsqu’il fut le projet de Roger Ouvrard.

Or en 1998, les multiplexes n’étaient pas encore légion autour d’Argenteuil. Celui d’Epinay n’avait pas vu le jour. Celui de Montigny-lès-Cormeilles n’était pas comme à ce jour en construction. Bezons n’avait pas le projet abouti d'aujourd'hui — on comprend mieux aujourd'hui qe vous ayez été le seul à vous y opposer. Cormeilles n’était pas un candidat concurrent.

Si l’on pouvait retenir une seule chose de votre mandat précédent c’est le Figuier Blanc, même si celui-ci a coûté bien plus cher aux Argenteuillais que ce que vous aviez prévu. 17 millions d'euros… Une somme que les argenteuillais ont déboursé pour qu’aujourd’hui vous veniez mettre en concurrence ce cinéma avec des programmations américaines et de grande audience, dont le seul but est de rapporter de l’argent, pas d’ouvrir l’esprit.

Vous savez que les places de cinéma seront plus chères et les argenteuillais sont las de payer vos impôts indirects, pour lesquels ils n’ont aucun retour. Bien au contraire, tous les services ne cessent d’augmenter.

Mais pendant ce temps, vous bradez les terrains au promoteur, vous vendez les bijoux de notre ville. 7,5 millions d’euros soit une charge foncière de 187€/m2 construit. C’est un prix d’ami aux promoteurs, je n’ai pas dit aux promoteurs amis.

Monsieur le Maire, au nom du comité, je vous redis combien votre projet est inquiétant. Vous éludez la question de l’espace Jean Vilar. Une salle de spectacle de 1400 places assises :

  • Ne dit rien sur l’usage de cette salle par les associations,
  • Ne dit rien sur les tarifs appliqués, essentiels pour les associations,
  • Ne dit pas à quel prix seront les parkings et si le périmètre actuel sera définitif,
  • Et confirme s’il le fallait que ce sera désormais une salle privatisée qui ne dépendra plus de la municipalité.

Monsieur le Maire, pour la salle Jean Vilar, outre son nom auquel les Argenteuillais sont attachés, c’est à son usage associatif auquel nous pensons.

Nous avons des projets alternatifs à cette débauche d’argent et de béton. Nous sommes prêts à les évoquer avec vous et à les faire vivre, si vous acceptez de recevoir des citoyens qui be partagent pas votre avis.

Il n’est jamais trop tard !"

Philippe Métézeau répond sur la position du Conseil départemental : "je suis le rapporteur de ce point n°6, je répondrai quand il s'agira du Contrat d'Intérêt National. On entend souvent le dicton : 'seul on va plus vite, ensemble on va plus loin'. Vouloir aller vite, on l'assume tout à fait. On est traumatisés d'avoir passé 2 ans de début de mandat à n'avoir pu, pour des raisons financières, réaliser ce que nous avions promis. (NB : et dont ce projet ne faisait nullement partie !).

Nous voulons donc aller vite. Notre méthode est différente de celle qu'a mise en oeuvre la précédente équipe : forums urbains et belles réunions, architectes et élus planchant avec des sociologues, mais rien n'en est sorti. Les films d'animation sur l'école alsacienne, sur le lycée catholique, sur les berges de Seine dont on choisissait presque l'essence des arbres, tout ça pour rien, pour amuser la galerie. Rien n'en est resté.

Ensemble on va plus loin : que le comité de quartier, le Conseil des sages, les acteurs économiques, les habitants soient informés (sic). Les détails sont de très grande importance. On aura tout loisir d'interroger le président de Fiminco lors du prochain conseil. Il y a des procédures, des enquêtes publiques, le Conseil départemental devra aussi se présenter (prononcer ?) car la RD311 sera probablement impactée. Il ne s'agit pas de griller les étapes.

On a entendu un certain nombre d'inquiétudes, peut-être feintes, peut-être sincères. À une réunion publique le 2 juin pour les habitants du centre ville, le Maire a répondu à vos inquiétudes. Le rapport de M. Savry en donne les éléments noir sur blanc. Les activités associatives elles-mêmes seront mieux (installées).

Je suis allé à plusieurs reprises sur le blog que vous animez avec M. Lefebvre-Naré et d'autres personnes : les commentaires renvoyaient souvent une nostalgie, certes légitime, mais chaque équipement qui arrive suscite ce genre de phénomènes : la disparition du Galilée, avant lui celle du Gamma, avant lui celle du Casino d'Orgemont. Quand je lis qu'il ne faut pas supprimer une salle parce que Juliette Gréco et Jacques Higelin y sont venus… Gabin, Piaf et Bourvil étaient venus au Casino. Restons les pieds sur terre.

Sur le multiplexe, il y a une certaine confusion. Certaines personnes comprennent que le multiplexe remplacerait Jean Vilar : non, ce seront deux équipements différents, voisins.

Sur la position que nous avons prise à l'époque de Roger Ouvrard, je laisserai répondre Xavier Péricat, que j'ai vu sursauter sur sa chaise.

L'achat du terrain à 7,5 millions aidera beaucoup, c'est pas tous les jours qu'on peut faire une école sans que le contribuable n'assume le prix de la construction.

Et construire 145 logements demandera des équipements sociaux comme des crèches qui sont aussi indispensables.

J'espère qu'on ira loin, vite et rapidement."

Xavier Péricat : "le projet de multiplexe à Argenteuil est une longue histoire. Démarré sous le mandat de Roger Ouvrard, il s'agissait de remplacer le stade Henri Barbusse, vétuste. Sa vente permettait de construire la maison des sports Marcel Cerdan et le stade Alain Mimoun. Roger Ouvrard avait recherché notre accord : j'avais fait partie de l'équipe qui avait été voir à Brumath un ensemble de multiplexes Pathé. C'est à l'intérieur du groupe socialiste de l'époque que se trouvaient les dissensions.

Il n'y a pas à cet endroit de multiplexe mais le parc des Berges… mais le multiplexe sera non loin.

Gilles Savry : "Ce dossier est majeur pour la ville. Il est grand temps qu'Argenteuil se développe et trouve un nouvel élan. Cela passe par un service commercial. On ne peut pas admettre que les Argenteuillais aillent faire leurs achats hors d'Argenteuil (sic !). Ce sont 100 M€ qui sortent, ne serait-ce que pour l'alimentaire. Et quelque part ce sont les habitants qui partent, à Sannois par exemple (!).

Et au niveau loisirs, l'aspect cinématographique, le Figuier Blanc avec ses 4 salles ne suffit pas à une ville de 100000 habitants. On ne va pas créer un multiplexe comme à Épinay ou Villeneuve, mais un cinéma de centre ville. Ce sera aussi un service de restauration pour que les Argenteuillais puissent trouver sur Argenteuil une restauration de qualité.

Enfin, les associations, il est important que pendant les travaux, elles continuent à se réunir…

Jean Vilar et Pierre Dux sont en fin de vie — cela pourrait durer des années mais ce n'est pas digne de notre vie associative. Un autre projet sera l'occasion de se renouveler et de développer la ville.

C'est aussi l'occasion de traverser (!) vers les Berges de Seine. Le cap a été loupé il y a quelques années (par le vote négatif d'Alain Leikine au Département, rappellent plusieurs conseillers de l'opposition).

Le travail continue."

Adoption par 41 voix pour, 11 abstentions et 2 voix contre, un conseiller de la majorité ne participant pas au vote.

Une triste défaite mais le combat continue.

Sur ce blog à partir de demain et pendant 40 jours : 40 raisons toutes suffisantes d'arrêter ce projet, de sauver l'île Héloïse et Jean Vilar.

lundi 10 octobre 2016

Avis d'Argenteuillais sur la salle Jean Vilar promise à destruction

Ce mardi 11 octobre, le Conseil Municipal doit voter la vente irrévocable au promoteur Fiminco, de tout l'espace Jean Vilar (22000 m2 avec parkings et square), pour la somme dérisoire de 300€/m2. Fiminco en ferait 145 logements, 30000 m2 de multiplexe, salle de spectacles, restaurants, commerces, et quelques milliers de places de parking. En pleine zone inondable.

Avec le Comité Jean Vilar, nous avons créé, mardi soir dernier 4 octobre, une pétition pour que Jean Vilar, au coeur de notre ville et en bord de Seine, reste une salle des fêtes, publique, pour les Argenteuillais et leurs voisins.

Voici quelques extraits des commentaires d'Argenteuillais(es) sur ce site.

"Argenteuillaise depuis presque 40 ans, j'ai vu beaucoup de spectacles à Jean Vilar, aussi bien Claude Nougaro (2 fois) , Julien Clerc, des chorales, concerts,... que des comédie musicale élaborées avec les enfants des écoles, des salons de toutes sortes, des banquets, etc.
Je trouve honteux de la faire disparaître au profit d'un nième centre commercial dont le seul but est de nous faire dépenser . Agissons !" — Marie-Laurence

"Le complexe Jean Vilar, je l'ai vu se construire mais je sens que malheureusement je vais le voir se démolir. Il ne nous restera pour aller danser et festoyer que les foyers et encore ? Le complexe Jean Vilar est un beau complexe, il faut le rénover et l'entretenir, c'est tout." — Jean-Claude

"C'est ma vie de bénévole Jean Vilar." — Alain

"Permettre à la population d'Argenteuil de partager et vivre des moments de convivialité permettant ainsi le MIEUX VIVRE ENSEMBLE. Le "flicage" et la sécurité ne (font) pas tout , bien au contraire." — Nicole

"C'est notre histoire, notre patrimoine !!! Pas de béton à la place de la culture ! Stop." — Sylvie

"J. Vilar appartient aux argenteuillais. La remplacer par un complexe serait un outrage a nos architectes municipaux dont leur création était d'avant-garde a cette époque. Pour le respect il faut la rénover et non la démolir au profit (d'un) promoteur privé. REFUSONS !"

"Pour la connexion entre les hommes, les discussions et l'expression artistique." — Thibaut

"Garder une salle de spectacle utile aux Argenteuillais" — Xavier

"Je suis opposé à la cession du terrain à des promoteurs privés d'une sous-culture de masse. Et si le coût de la rénovation de la salle Jean Vilar s'avérait démesuré, ce serait l'occasion pour la municipalité d'élaborer, en remplacement, un projet architectural digne de ce nom pour cet espace, tout en lui conservant sa fonction actuelle. Pourquoi pas un partenariat public-privé à l'instar de celui de la cité musicale de l'île Seguin à Boulogne-Billancourt ?" — Éric

"On a besoin de cet espace et on (n') a pas besoin d'un centre commercial privé de plus." — Alain

"Plus (de) 20ans que je (vis) ici et Jean Vilar fait parti du décor, il faut le (préserver)". — François

"Cette salle est indispensable et doit rester publique." - Marie-José

"Les projets concernant l'espace Jean Vilar sont scandaleux." — Dominique

"C'est une honte de remplacer un lieu de vie culturelle et sociale par des grandes enseignes commerciales. Si la société va mal, ce n'est pas parce qu'elle manque de supermarchés en tous genres et de multiplexes à blockbusters. La salle Jean Vilar n'est pas l'Olympia, certes, mais il est inepte de démolir un outil aussi essentiel pour augmenter l'attractivité de la ville. Une salle Jean Villar qui s'effondre, c'est un peu plus de neurones d'électeurs qui fondent..." — David

Et vous, qu'en pensez-vous ?

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