Blog d'Engagés pour Argenteuil

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dimanche 3 novembre 2019

Notre laïcité et autres valeurs républicaines : comment les comprendre et nous les réapproprier ?

par Bernard Rols

Depuis l’attentat meurtrier à la Préfecture de Police de Paris et l’appel de notre Président Emmanuel Macron à lutter contre l’hydre islamique, les passions, exacerbées depuis plusieurs années, s’enveniment, au point de faire craindre que, dans un futur proche, la concorde devienne impossible entre les Français de confession musulmane et ceux de confessions catholique, protestante ou juive, les athées, les agnostiques sans exclure les non-croyants.

Ces passions se déchaînent sur les mères voilées accompagnant les sorties scolaires, et dérivent à vouloir interdire le port du voile sur la voie publique.

L'attaque de la mosquée de Bayonne par un complotiste d’extrême droite a fait 2 victimes innocentes.

Certains trouvent même un réel intérêt politique à répandre la confusion entre immigration économique, islam et islamisme fondamentaliste.

Selon un récent sondage commandé par le JDD, 61 % des personnes interrogées pensent que l’islam est incompatible avec les valeurs de la société française, et 78 % pensent que la laïcité est menacée.

Ces % sont édifiants et surtout alarmants !

Pourquoi avons-nous autant de crispations sur l’islam depuis des années?

Plutôt que de vouloir rentrer dans ce débat, ô combien passionnel s’il n’est déjà devenu hystérique, essayons d’analyser cette spécificité bien française qu’est notre principe de laïcité.

Regardons par exemple vers les pays anglo-saxons.

Les anglais ont pour devise : « God save the Queen »

Qui en France, accepterait que notre devise républicaine « Liberté, Egalité, Fraternité » soit remplacée par « Dieu sauve notre Président de la République » ?

Aux Etats-Unis, le Président nouvellement investi dans ses fonctions, prête serment sur la Bible[1].

Aurions-nous accepté que Sarkozy, Hollande ou Macron fassent la même chose en arrivant à l’Elysée ?

Commençons par relire la loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l’Etat (dans sa version consolidée au 30 octobre 2019) pour en comprendre le fondement juridique.

Article 1 :

« La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l'intérêt de l'ordre public. »

La République assurant la liberté de conscience et le libre exercice des cultes, l’islam en tant que religion a bien toute sa place dans notre société.

Ce n’est donc pas une loi liberticide mais au contraire, elle permet à chacun de croire, de pratiquer sa religion ou de ne pas croire.

Article 2 : (ces 2 premiers articles font l’ossature de la loi de 1905)

« La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. En conséquence, à partir du 1er janvier qui suivra la promulgation de la présente loi, seront supprimées des budgets de l'Etat, des départements et des communes, toutes dépenses relatives à l'exercice des cultes.

Pourront toutefois être inscrites auxdits budgets les dépenses relatives à des services d'aumônerie et destinées à assurer le libre exercice des cultes dans les établissements publics tels que lycées, collèges, écoles, hospices, asiles et prisons. »

Si la République "ne reconnaît aucun culte", cela ne veut pas dire pour autant qu’elle ne reconnaît pas les croyants (et les non croyants) mais du fait de la séparation au nom de la laïcité, entre la foi personnelle et la vie publique, elle ne reconnaît que des citoyens libres et égaux en droits.

Cette séparation de la sphère privée qui relève de la foi de chacun, de la sphère publique qui rentre dans le champ politique de notre nation et le sens du bien commun, est notifiée dans les articles 26 et 28 de la loi.

Article 26 :

« Il est interdit de tenir des réunions politiques dans les locaux servant habituellement à l'exercice d'un culte. »

Article 28 :

« Il est interdit, à l'avenir, d'élever ou d'apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que ce soit, à l'exception des édifices servant au culte, des terrains de sépulture dans les cimetières, des monuments funéraires, ainsi que des musées ou expositions. »

La Loi prévoit même en son article 32 des sanctions à toute personne qui entraverait la liberté d’un culte.

« Seront punis des mêmes peines ceux qui auront empêché, retardé ou interrompu les exercices d'un culte par des troubles ou désordres causés dans le local servant à ces exercices. »

Emmanuel Macron a déclaré récemment « le port du voile sur la voie publique n’est pas mon affaire », ce qui a provoqué une nouvelle polémique.

Je pense que, en sa qualité de Président de la République française, garant de nos institutions républicaines, il se référait à l’article 9, paragraphe 14, de la loi de 1905 :

« L'Etat, les départements les communes et les établissements publics ne peuvent remplir ni les charges pieuses ou cultuelles, afférentes aux libéralités à eux faites ou, aux contrats conclus par eux, ni les charges dont l'exécution comportait l'intervention soit d'un établissement public du culte, soit de titulaires ecclésiastiques. »

Il n’appartient donc pas à la République de dire si les musulmanes doivent ou pas porter le voile dans l’espace public.

Le port de signes religieux ou ostentatoires est interdit seulement aux agents de la fonction publique, hospitalière et des collectivités territoriales, en vertu du principe de neutralité.

Par ailleurs, il est fort probable que la loi votée par le Sénat sur l’interdiction du port du voile lors des sorties scolaires soit retoquée par le Conseil Constitutionnel[2].

Une forte majorité de personnes pensent que la laïcité est menacée alors que paradoxalement nous sommes tous très attachés à cette loi qui garantit le libre exercice des cultes !

Aucune « croisade » -dans son sens historique- contre l’islam n’est menée en France; mais cette forte majorité de personnes a peur que les pratiques religieuses liées au culte musulman débordent de la sphère privée pour se répandre dans la sphère publique.

Une forte majorité de personnes pense aussi que l’islam est incompatible avec les valeurs de la société française.

Rappelons les valeurs de notre République.

L’article 1 de la constitution du 4 octobre 1958 proclame :

« La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. »

Les 4 piliers de notre République sont l’indivisibilité, la laïcité, la démocratie et la sociabilité.

Ces 4 piliers sont comme les arcades d’un pont, ils sont indissociables l’un de l’autre.

Ils supportent ensemble notre « pont France » et c’est par ces 4 valeurs inaliénables que notre République française se définit.

Etudions la sémantique de chacune des valeurs de la société française pour mieux en comprendre les portées humanistes, universelles et historiques.

Le philosophe des Lumières Jean-Jacques Rousseau définit l’indivisibilité dans son ouvrage « Du contrat social » :

« Chacun de nous met en commun sa personne et toute sa puissance sous la suprême direction de la volonté générale ; et nous recevons encore chaque membre comme partie indivisible du tout »

Quelle meilleure pensée philosophique et politique que celle-ci sur l’indivisibilité d’un peuple ?

Dans notre démocratie, la souveraineté appartient au peuple.

Ainsi notre République ne peut pas être et ne serait être analogue à une théocratie (qui, rappelons-le, est une forme de gouvernement dans laquelle le pouvoir politique, considéré comme émanant de Dieu, est exercé par ceux qui sont investis de l’autorité religieuse.)

La laïcité, comme nous venons de le voir, est en soi une vraie exigence pour chaque Français.

Elle nous oblige à chercher nos valeurs universelles pouvant nous réunir pour le bien commun plutôt que nous assigner à résidence dans nos différences religieuses.

La sociabilité se définit comme le réseau de relations sociales établies dans des groupes présentant une cohérence idéologique, culturelle ou religieuse.

Par ailleurs, notre Constitution assure devant la loi, l’égalité de tous les citoyens, et la première de ces égalités est sans aucune équivoque possible celle qui existe de droit entre les femmes et les hommes.

Rectifions donc l'opinion hélas majoritaire : ce n’est pas l’islam qui est incompatible avec les valeurs de la société française, mais le communautarisme érigé en son nom.

Nous appréhendons que l’indivisibilité qui fait l’unicité de notre peuple et la particularité singulière de notre nation, n’éclate en communautés religieuses ou ethniques irréconciliables entre elles.

Nous craignons de nous diviser sur des questions religieuses alors que notre laïcité nous permet de vivre ensemble.

Nous redoutons que le port du voile n’asservisse la femme qui ne serait plus l’égale de l’homme.

Comment garantir à notre nation une cohérence culturelle ou religieuse si nous nous assignons volontairement dans nos diverses cultures ou religions ?

La France est souvent citée comme étant une nation multiculturelle, au sens où elle peut assimiler toutes les cultures d’où qu’elles viennent.

Mais la France a toujours été multiculturelle !

Depuis la « Francie occidentale » que reçut Charles le Chauve (petit-fils de Charlemagne) lors du traité de Verdun en 843, traité qui, pour beaucoup d’historiens, est l’acte de naissance juridique du Royaume de France, la France a été toujours multiculturelle.

Nos cultures régionales sont diverses, mais toutes réunies ont donné la culture française.

Les histoires de la Bretagne, de l’Aquitaine, de l’Occitanie, de la Corse… sont toutes différentes mais toutes les histoires régionales font l’Histoire de France.

Notre pays traverse en ce moment de pertes d’identités et de repères sociaux, une période douloureuse de sa longue histoire mais je ne désespère pas que le bon sens, l’envie d’avoir à nouveau un destin commun l’emporteront sur notre crise identitaire actuelle.

Notes

[1] Ou sur un autre texte, selon sa préférence.

[2] La loi de 2004 concernant le port du voile à l'école est ici.

mardi 8 octobre 2019

Islamisme, islamophobie et Argenteuil

par Frédéric Lefebvre-Naré

L'assassinat de quatre personnes par Mickaël Harpon, sans doute convaincu qu'un ordre divin lui imposait de perpétrer ce massacre, réveille une inquiétude latente et répandue dans la société française vis-à-vis de "l'islamisme radical", voire de "l'islamisme" tout court, voire de "l'islam" tout court. Cette inquiétude se ramifie en multiples variantes : le #padamalgam qui dénonce un "politiquement correct" aveugle au danger ; la lutte contre le "communautarisme" ; le discours négatif sur "ils", "eux", entité informe qui peut désigner selon les occasions "les jeunes", "les Maghrébins", "les Arabes", "les musulmans"…

De façon moins sanglante, mais plus régulière, les preuves se multiplient de la discrimination que subissent les musulmans en tant que musulmans, indépendamment de leur éventuelle "radicalité", de leur origine géographique ou ethnique, de leur âge ou de leur sexe. C'était connu et évident pour la grande majorité d'entre eux ; et en plus, ils devaient faire face au déni de nombreux non-musulmans disant, parfois sincèrement, que "les entreprises ne discriminent pas les musulmans", "les musulmans se fantasment en victimes", "en France il n'y a que la République, tous les citoyens sont traités également" ou encore "l'islamophobie est une invention de musulmans".

Ces deux inquiétudes travaillent profondément la société argenteuillaise.

D'expérience de ces derniers mois et années, quand on discute politique argenteuillaise, il y a 3 niveaux successifs de conflit.

D'abord, on discute de projets, certains les disent faisables, d'autres infaisables … on parle dette, impôts, emprunts toxiques …

Si on finit par tomber d'accord sur ces sujets,…

… alors émerge un deuxième point de clivage : les étiquettes. "Oui mais alors, ce que tu dis va dans le sens de Untel qui était dans tel parti, de Unetelle qui a fait telle chose en 19xx…". Les interlocuteurs essayent de se ranger, les uns les autres, dans des camps politiques forcément rivaux.

Si on finit par reconnaître que ce n'est pas l'essentiel, qu'après tout, toutes les majorités municipales sont constituées de personnes d'opinions différentes et de trajectoires politiques différentes…

… alors émerge le clivage ultime : l'islam. Avec deux craintes symétriques, comme je l'écrivais au début :

  • d'un côté la crainte de l'islamophobie, de la marginalisation d'un groupe (même aux contours flous), celle d'être disqualifiés par le fait historique que l'islam comporte un discours politique, économique et social ;
  • de l'autre la crainte de l'islamisme, de l'oppression que subiraient certaines personnes parce que d'autres se croiraient légitimées par la religion à dicter des comportements, à faire régner localement un ordre répressif, et pour certaines, à tuer.

La réconciliation de la société argenteuillaise passera par la confrontation ouverte de ces deux craintes. Il faudra qu'elles se reconnaissent l'une l'autre ; que les personnes qui les partagent (et bien des personnes partagent les deux !), au-delà de se les renvoyer en ping-pong, commencent à échanger là-dessus, mettent ces craintes au clair, les digèrent, les reconnaissent comme humaines et durables, et apprennent à les dépasser.

Et alors, politiquement, on pourra arriver à Argenteuil à de vraies majorités, solides, cohérentes, durables, capables de porter un projet de développement et de renouveau.

Sur des sujets voisins, sur ce blog :

jeudi 21 mars 2019

« Croire ou ne pas croire » mais craindre le gendarme

par Frédéric Lefebvre-Naré

Autour du Figuier Blanc aujourd’hui, j’ai compté 21 policiers nationaux, municipaux, « médiateurs urbains », vigiles et autres personnes en civil à pistolet à la ceinture,. Listing pour les participants. Vestiaire obligatoire pour les sacs.

Et dans la grande salle, à part les élus et officiels, à peu près 21 personnes à 17h11.

Tout ce déploiement de forces pour la « passerelle citoyenne » prévue de 17 à 20h, animée par le préfet Clavreul, mandaté par la Ville, qui allait faire parler les représentants des rituelles « trois religions monothéistes » sur le thème « croire ou ne pas croire ».

Gilles Clavreul, à 17h20, félicite « ceux qui ont pu se libérer de leurs contraintes professionnelles » pour venir parler du « fait religieux ».

Il présente les intervenants : Ghaleb Bencheikh, docteur en physique et animateur pendant 18 ans de l’émission « Islam » ; Haïm Korsia, docteur en histoire, grand rabbin de France depuis 2014, aviateur et général, et fils de rabbin ; Stanislas Lalanne, germaniste, aumônier de jeunes, puis secrétaire général de la Conférence des évêques de France, évêque de Pontoise depuis 2013. « Et avant de vous écouter, Georges Mothron, maire d’Argenteuil, va vous dire quelques mots ».

Le maire parle de « nouvelle étape dans cette démarche nécessaire, ‘Passerelle citoyenne’ ; qu’est-ce ? La volonté de tisser les liens essentiels qui permettent à tous les citoyens de se reconnaître comme des égaux, de se parler. »

Georges Mothron invite à une minute de silence, en hommage aux victimes de Christchurch, Utrecht, et de l’école Ozar Hatorah de Toulouse en 2012.

« La liberté de croire est aussi celle de ne pas croire, ou de croire à sa façon, sans qu’aucune autorité » ne t’en empêche. « La laïcité c’est ‘l’État chez lui, l’école chez elle’ (Victor Hugo). Les fonctionnaires ne doivent pas afficher leurs opinions religieuses, pas plus que leurs opinions politiques ou philosophiques. »

Gilles Clavreul « avait prévu une petite introduction, je ne vais pas passer beaucoup de temps, juste un paradoxe très simple : on parle beaucoup de religion ou plutôt de manifestations du fait religieux, et la pratique religieuse n’a jamais été aussi faible. Notre démocratie a posé un cadre de relation entre le religieux et le politique, qui s’appelle la laïcité : les Français y sont extrêmement attachés, ne veulent pas qu’on change la loi de 1905. Le Président de la République a précisé qu’elle ne serait pas modifiée. »

Il faut « que les citoyens de confession musulmane trouvent leur place et puissent exercer leur culte dans la société française ».

A 17h40, il y a bien 125 personnes présentes, officiels inclus. La tribune est 100% masculine, la salle à peu près paritaire.

Haïm Korsia commence : « être juif, c’est être citoyen. Nous portons la notion de rite, avec sans doute les musulmans, dans une société qui n’est pas moins religieuse, mais moins ritualisée. La grandeur de la laïcité est de ne sommer personne à choisir la laïcité contre sa foi. La laïcité est malheureusement trop confondue avec athéisme : dans l’athéisme il n’y a pas de religion, dans la laïcité, il y en a ! ».

« Quand Clovis se fait baptiser en 496, les évêques sont toujours géniaux, saint Rémi archevêque de Reims est embêté, parce que Clovis ne veut pas, lui, être embêté avec l’invitation du pape. Rémi a l’idée géniale de dire que la nuit, le Saint-Esprit (qui dans le top 50 est au-dessus du Pape) lui a apporté le Saint-Chrême, et qu’il peut donc oindre Clovis sans avis du pape. La religion s’est dispensée du pouvoir religieux temporel. La France est consubstantiellement laïque. En tant que juifs, nous voyons que chaque fois que la République est fidèle à es engagements, nous pouvons être pleinement citoyens. »

Stanislas Lalanne « croit important de dire qu’il y a beaucoup plus de choses qui nous réunissent que de choses qui nous séparent ? Un chrétien, c’est d’abord quelqu’un qui vit la relation au Christ, une relation d’intimité avec son Dieu. Deuxième pôle, la relation au frère et à la sœur en humanité : ‘celui qui dit qu’il aime Dieu, et qui haït son frère, est un menteur’. Et troisièmement, là, nous avons un défi, la transmission. Nous sommes dans une époque de rupture de mémoire, qui voudrait faire table rase du passé. Nous sommes des héritiers. L’ostension de la Sainte Tunique… je ne pensais pas qu’on aurait autant de monde, 220000 personnes en 3 semaines, chrétiens qui étaient pratiquants ou qui ne l’étaient pas, ou personnes d’autres religions : le signe d’un recherche fondamentale de sens, qu’est-ce que mourir, qu’est-ce que vivre… ».

« Je cherche des fonds pour agrandir un certain nombre d’églises, parce que le nombre de pratiquants, contrairement à ce que disent les sondages, ici, il augmente ! Le Val d’Oise c’est 140 nationalités, autant de cultures et langues différentes : notre institution Église est un beau signe de ce que devrait être une communauté humaine. »

Ghaleb Bencheick : « c’est avec beaucoup de joie que je suis venu de Paris, animé d’un sentiment d’amitié et de respect pour vous toutes et vous tous. Parlant de l’islam comme citoyen, pas porte-parole de mes coreligionnaires : sa présence n’est pas adventice ! La France fut une puissance musulmane, du point de vue démographique, sous l’Empire. Du côté de Verdun, le premier prénom sur les tombes, en nombre, c’est Mohamed ; puis Mathieu et Martin. Le musulman ou la musulmane lambda n’espère rien de tel que de remplir tranquillement ses devoirs de citoyen en jouissant tranquillement de ses droits de citoyens. Il y a une minorité de la jeunesse qui a été prise comme proie facile par une propagande wahabo-salafiste. Nous y répondons à court terme par la force publique, à long terme par l’éducation et la culture. La laïcité : la loi garantit l’exercice de la foi aussi longtemps que la foi ne prétend pas dicter la loi. »

Gilles Clavreul « que faire pour que les plus de 90% de Français non musulmans connaissent mieux cette religion ? »

Ghaleb Bencheikh : « assurément, il faut davantage d’une double connaissance mutuelle entre l’élément islamiste et le reste de la population. La Fondation pour l’Islam de France, laïque, à vocation éducative, culturelle et sociale, cherche cette connaissance. Nous projetons une exposition ‘Islam, Europe, 15 siècles d’histoire’. Les desserts ou l’art lyrique, la composition musicale ou l’art pictural, doivent beaucoup » à la civilisation islamique. Nous appartenons à l’aire civilisationnelle euro-méditerranéenne, ensemencée par le monothéisme abrahamique, et d’expression gréco-arabe. Si on enseignait le théorème d’al Kashi en 4ème… on saurait que Pythagore a été étendu à tout triangle, en jouant sur le cosinus. La civilisation universelle est une sédimentation d’apports. Les hiérarques musulmans doivent travailler les premiers à cette entre-connaissance. Les imams doivent apprendre la chanson de Roland, même si elle n’est pas tendre pour eux : elle fait partie du patrimoine de leur pays. »

« Enfin il faudrait un discours rationnel sur le fait islamique, l’islamologie doit recouvrer ses lettres de noblesse à l’Université française. »

Haïm Korsia : « les apports se fondent. La France en hébreu se dit « tsarfat », un creuset. Je participe au denier du culte parce que c’est du benchmark, il faut connaître la concurrence. L’État en défiscalise 66% : il reconnaît que notre action fluidifie la société. Elle ne fait pas du bien qu’aux catholiques ou protestants. La laïcité, c’est aussi l’espoir de l’État de nous voir tous contribuer au bien commun. »

Stanislas Lalanne : « Il est important que nous connaissions et appréciions la foi les uns des autres. Les clichés qui se balladent sur les réseaux sociaux sont monstrueux. On a un travail très important (à faire) dans le regard sur l’autre. La haine vient de la non-connaissance. »

Haïm Korsia : « dans les armées, j’ai vu l’effet d’un film sur la perception qu’on pouvait avoir ! Ce film c’était, sur la cristallisation des retraites des anciens militaires… ‘Indigènes’… et là tout le monde se dit ‘c’est vrai !’. Ça a forcé le pouvoir politique à changer sa vision. L’émir Abdelkader dont on nous parle en histoire en disant qu’il s’est opposé à nos troupes, il a fini grand-croix de la Légion d’Honneur. »

Gilles Clavreul : « le dialogue interreligieux, ça marche bien entre les élites… mais dans ce dialogue il manque le non-croyant, l’agnostique ! Cette table ronde ne représente pas toutes les religions… ni, je les représenterai par usurpation d’identité, les 2/3 des Français qui déclarent ne pas croire. »

Ghaleb Bencheikh : « certains parlent de ce dialogue comme de mondanités. Jamais il n’y a eu autant de dialogue entre religions, au moment même où les religions sont décrites comme fauteuses de troubles. Au lendemain de l’assassinat du père Hamel, il y a eu un appel aux jeunes musulmans pour assister aux messes… J’en entendais un dire ‘c’est la première fois’, alors qu’il vit entouré d’églises ! Mais tant mieux (s’il y est allé). »

Stanislas Lalanne : « Nous avons des questions d’humanité communes à aborder. La laïcité ne veut pas dire que la foi soit dans la (seule) vie privée. La communauté chrétienne, la communauté catholique peut apporter sa contribution, sans imposer, apporter des choses qui nourrissent le dialogue. Dans un département comme le nôtre, notre chance c’est la différence. »

mardi 25 septembre 2018

Conseil Municipal du 25 septembre 2018 : culture, crèches et radicalisation

C'est parti.

Le PV du Conseil précédent est approuvé à l'unanimité (avec de ma part une précision sur l'un de mes votes[1]).

Le Maire enchaîne avec un exposé sur "une rentrée exceptionnelle et une nouvelle année prometteuse et pleine de nouveautés. 51 classes ouvertes : 15 au titre de la croissance des effectifs, 36 par dédoublements. Un tour de force dont nous sommes fiers. Nous investissons près de 16 M€ cette année dans l'éducation. (…) C'est plus sympathique que les affiches de la députée qui disent 'on l'a dit, on l'a fait', en oubliant la part de la Ville et de ses agents."

"Je me réjouis de la future reprise de l'extension de l'hôpital d'Argenteuil, aujourd'hui actée par l'Agence Régionale de Santé. Nous travaillons aux acquisitions foncières" nécessaires.

"Pour finir, lors de la présentation de deux actions, j'ai souhaité que des intervenants extérieurs nous rejoignent. Nous aurons des suspensions de séance.

Justement, au point numéro 1, nous sommes heureux d'accueillir de nouveaux arrivants, surtout riches de 10000 ans d'histoire : le musée du Quai Branly, partenaire our 2 ans de la vie culturelle de la ville. J'accueille Jérôme Bastanelli, directeur général délégué du musée" et 2 de ses collègues. "Nous avons été séduits par cette démarche originale du musée à la rencontre de son public", les Ateliers nomades. "Avec 60000 ans d'histoire, Argenteuil est présente aussi sur les murs des musées du monde entier. Bordée par la Seine telle le musée du Quai Branly, notre ville a toujours été ouverte sur le large, accueillant ceux qui l'ont choisie pour s'y établir. L'arrivée du Quai Branly s'inscrit pleinement dans la volonté de la Ville de (…) lutter contre les communautarismes. 10 associations ont déjà manifesté leur intérêt pour le dispositif."

1. "Ateliers Nomades" avec le musée du Quai Branly

Petit film d'introduction. Sans doute bientôt sur le site de la Ville[2] !

Jérôme Bastanelli se réjouit de "l'intérêt des jeunes pour notre musée, dont les oeuvres entrent sans doute en résonance avec leur imaginaire."

Les Ateliers nomades ne sont, poursuit-il, pas "une structure mobile, un container. Avec beaucoup d'humilité, nous travaillons avec les municipalités : Cergy-Pontoise, puis Clichy-Montfermeil, puis les communes de Grand Paris Sud. Nous présentons des vraies oeuvres, par des vrais conservateurs, des vrais scientifiques. Ce n'est pas facile car le code du Patrimoine est un peu rigide : il interdit de la laisser plus d'une journée ! S'il le faut, elle arrivera le matin et repartira le soir. ll y a quelque chose de différent qui se passe quand vous voyez une vraie oeuvre, qui ne se passe pas devant une photo ou un écran. Il pourra y avoir une conférencière sur les arts de l'Islam, ou sur la représentation des masques en Afrique, nous verrons avec vous quels sujets vous intéressent et comment les traiter."

Je lui réponds par ce petit souvenir, en souhaitant que beaucoup d'enfants d'Argenteuil vivent le même choc, le même éblouissement.

Avant de passer au point 2 sur les crèches, le Maire rappelle la baisse de la Dotation Globale de Fonctionnement reçue de l'État, et prétend (contrairement aux faits[3]) que les autres dotations ont été loin de compenser cette baisse. "Il faut que tous les matins on imagine comment faire un service public plus de qualité avec des blocages totaux en recettes et en dépenses. Ce qui est endémique à Argenteuil, le service à la petite enfance, des progrès ont été faits mais ils ne sont pas suffisants. Il nous faut des centaines de berceaux supplémentaires."

2. Privatisation de la crèche le Blé en Herbe, rue Henri Barbusse + création par le même opérateur privé d'une nouvelle crèche boulevard Jeanne d'Arc

Tania de Azevedo rappelle que 2100 bébés naissent chaque année à Argenteuil. La ville compte 600 assistantes maternelles indépendantes, 1200 demandes d'accueil régulier sur liste d'attente. Le "Pacte de confiance et de responsabilité" exige que nous réduisions nos dépenses de façon drastique. La délégation de service public (au privé) permettra de proposer une qualité de service identique, la prestation proposée sera (même) plus performante dans certains domaines, les prestataires ont leur propre école de formation. La qualité sera notre priorité, 60% des points (dans la consultation). Les agents titulaires actuellement en poste au Blé en Herbe pourront, soit être reclassés ailleurs, soit être détachés auprès du prestataire. Les agents contractuels se verront proposer un CDI et bénéficieront d'un accompagnement individuel."

Marie-José Cayzac répond pour le groupe d'opposition que "l'augmentation affichée du nombre de places relève au mieux de la mauvaise foi. S'il y a bien 1100 places d'accueil d'enfants sur Argenteuil, il n'y en a pas 1100 pour les Argenteuillais. À Françoise Dolto, la Ville ne réserve que 18 des 80 places… En 2008, il y avait 12 crèches municipales, 2 associatives et celle de l'Hôpital. En 2014, 24 crèches et une dont il ne manquait que de couper le ruban. Aujourd'hui nous voilà descendus à 20 crèches et les crèches municipales continuent à faire les frais de l'opération. Vous espérez résoudre le problème des "25% d'absentéisme" dans le personnel de la crèche le Blé en Herbe, en privatisant ? C'est lutter contre la fièvre en cassant le thermomètre.

Les crèches d'Argenteuil sont devenues des garderies dont vous poussez les murs au risque de les faire craquer. Vous avez réduit le niveau de qualification, passant de 65% (?) d'auxiliaires puéricultrices, à environ 50%. Le taux d'occupation est inférieur à 70%, point le plus bas que nous ayons connu (dans le mandat précédent) en 2010. Les adaptations, mon tellement important, ont été suspendues cette semaine dans plusieurs crèches. Faute de pédiatre, les visites d'admission sont réalisées par un médecin généraliste. Passer au privé vous permet de masquer ce faible taux d'occupation ! À qui allez-vous faire croire que le privé, en réduisant les coûts de plusieurs milliers d'€ par an, rendrait un meilleur service ? Votre politique est dénoncée par les syndicats, le personnel… et les parents qui ne peuvent le dire au grand jour."

Je rappelle qu'en Commission d'Appel d'Offres, en 2015, la Ville obtenait des réductions de 1000 à 1500 € par an et par berceau, de prestataires privés ou associatifs. Un représentant des services expliquait comment : "on leur a fait savoir qu’il fallait un effort maintenant, et qu’en octobre, selon leurs prix, on pourrait leur attribuer plus de places en supprimant des crèches municipales." Ça ne s'est pas fait à l'automne 2015 mais à l'automne 2018… la Municipalité laisse ce "cadeau" à ses successeurs, je ne l'en félicite pas et voterai contre la délibération.

Philippe Métézeau proteste contre le terme de "crèche low cost" utilisée par Marie-José Cayzac, et qui "conviendrait mieux à une ville voisine, de population et histoire similaire (comprendre : Colombes), ville qui a obtenu d'un gestionnaire privé un prix annuel par berceau de 2200 € par an (comprendre : hors participation de la CAF et prix payé par les familles.). Nous avons estimé au double, 4500 €, la participation nécessaire pour obtenir une bonne qualité. Le coût pour la Ville ne changera pas, ce sera une prestation au lieu de salaires, mais les frais de fonctionnement resteront les mêmes (Belle contradiction avec le "exige que nous réduisions nos dépenses de façon drastique" de Mme de Azevedo[4]). Je m'attendais à un accueil positif de votre part à la création d'une nouvelle crèche."

(Évidement le procédé est gros : cacher la privatisation d'une crèche derrière la création annoncée d'une autre… Cela aurait pu constituer 2 décisions distinctes !)

"Vous mettez en cause la qualité du personnel. Il y a des normes. Quand on veut laver plus blanc que blanc, des fois, on n'y arrive plus. Avec 50%, on est très au-dessus de ce qui est demandé par les PMI et la CAF. Le problème, c'est que des auxiliaires de puériculture formées, on n'en trouve pas. Si vous avez des CV, vous nous les envoyez."

"Une des crèches privées, vous dites qu'il ne restait qu'à couper le ruban ? Le gestionnaire choisi était en faillite, on a dû en trouver un autre."

Marie-José Cayzac : "vous mentez, ce n'est pas correct."

Philippe Métézeau : "je maintiens que le projet était dans un cul de sac et que nous l'en avons sorti. J'ai entendu aussi que nous n'avions plus de pédiatre ? Trouvez-nous en un. Le médecin qui a été choisi n'a pas bénéficié d'un quelconque appui du vice-président du Conseil départemental. Ce médecin, nous le connaissons bien, elle — c'est une dame — a une expérience en PMI dans une autre ville. Si on n'avait pas pris cette solution, les parents auraient gardé leur bébé sur les bras, on n'aurait pas manqué de nous le reprocher !"

"Pour gérer l'absentéisme, il y a 2 méthodes ou même 3. S'interroger sur les raisons : on l'a fait. On va lancer très prochainement une étude plus ciblée sur différentes choses dont l'absentéisme. (après 4 ans 1/2 de mandat ?!). Il y a dans cette crèche 5 absences, en équivalent temps-plein, sur 21 personnes. (…) On cherche toujours la bonne solution. Si la bonne solution c'est la crèche municipale, il n'y a aucun raison de changer ce statut. S'il faut évoluer, on évolue."

3. Convention d'objectifs et de financement des crèches municipales par les Allocations Familiales : très bizarrement, la convention avec la CAF porte essentiellement sur le portail internet. Il n'y a pas de montants en € indiqués. Unanimité tout de même sur cette délibération annuelle, précise Mme de Azevedo.

Philippe Doucet revient sur la gestion des crèches sur la précédente et l'actuelle municipalité. "On sait bien comment se passent les choses pour le personnel : on mute une personne d'Argenteuil dans une crèche à Cergy et Osny, et elle quitte rapidement son poste devant les contraintes que cela impose… Vous avez du mal à recruter des auxiliaires puéricultrices, mais on entend les gens : il y en a à Argenteuil : quand elles ne sont pas bien traitées, elles ont travailler dans les communes autour, il y a un marché ! Que vous en soyez à les sortir, à les mettre ans le privé… la ville de Colombes, que vous avez citée, elle, ne le fait pas, elle garde ses crèches !"

Philippe Métézeau ne s'étonne pas "que quand les gens vont vous voir, ce n'est pas pour dire que tout va bien, quand on est dans l'opposition ; on y a été, on sait ce que c'est."

4. Nouvelle organisation du Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance et de la Radicalisation (CLSPDR)

Le Maire Georges Mothron introduit ce sujet. Le "fait religieux" est, avec d'autres, "une problématique montante" selon lui. Nous devons "porter des projets communs, les protéger contre les attaques plus ou moins graves contre la vie en société : repli communautariste et radicalisation. Certains y travaillent aujourd'hui, il faut que nous soyons à l'initiative. J'ai décidé d'engager la ville dans un plan d'action très concret : faire respecter la laïcité et les valeurs de la République, aider les jeunes à devenir des citoyens, prévenir les radicalisations en liaison avec les partenaires… Il s'agit d'une démarche pilote, innovante, qui donne l'opportunité à Argenteuil de devenir une référence nationale. Des dérives se sont installées depuis trop longtemps. Je veux conduire avec vous cette démarche de citoyenneté jusqu'à la fin du mandat. Il s'agit d'une démarche non partisane. Nous avons recruté un chargé de mission, M. Akrouf (? cette personne ?), qui a pris ses fonctions hier. J'ai souhaité que la Ville soit assistée par l'ancien préfet Gilles Clavreul. Je lui laisse la parole."

Gilles Clavreul "je vous emmènerai moins loin que mon prédécesseur du Quai Branly. Préfet ayant quitté l'administration récemment, j'ai été conseiller du président Hollande sur les affaires intérieures, donc les affaires de sécurité,… J'ai rendu un rapport en début d'année au Ministre de l'Intérieur sur la laïcité. Ces sujets sont complexes. Il faut les déplier avec sérénité et détermination. La laïcité est un cadre historique et juridique précis, il faut le rappeler. Il faut d'abord constituer du commun et former un bloc équipe, déployer une vision commune de ce dont on parle et de ce qu'on veut faire. Et ensuite, de s'ouvrir vers l'extérieur, la ville, les relais, les cultes, les associations. Le sens de la démarche est d'avoir un plan pérenne qui fasse consensus. Voilà la méthodologie qu'on va développer, avec des partenaires État qui suivent de très près ce qui se déroule à Argenteuil. Voyons ces sujets comme des opportunités de faire progresser la vie en société et le vivre-ensemble."

Philippe Doucet : "nous découvrons cela ce soir, puisque rien n'a été annoncé (même en commission hier). On sait où vous vous situez politiquement, et où Gilles Clavreul se situe. Il anime un think tank sur les mêmes sujets…Les discours en surplomb sur ces sujets, on les connaît… Vous parlez de démarche non partisane, mais sans l'opposition, qui n'est pas représentée dans ce Conseil Local ! On suivra ça sans illusion. Quel est le statut de M. Clavreul ? Y a-t-il une convention ? Combien ça coûte ? C'est de l'information minimale dans le débat démocratique." Le groupe Tous Fiers d'Être Argenteuillais votera pour.

Georges Mothron répond qu'il y a "une surface transversale entre le CLSPDR et ce que M. Clavreul nous invite à bâtir. Sur l'aspect contractuel, pour 2 ans, je vous enverrai les éléments. Sur la présentation de opposition au CLSPDR, je veux bien qu'on se pose la question."

Pour moi, "l'intervention du Maire et celle de M. Clavreul manquent de concret.

Les pyramides de mots sur la laïcité, les valeurs du vivre-ensemble et autres valeurs républicaines, sonnent totalement creux tant qu'on n'en discute pas avec les intégristes religieux, avec celles et ceux qui préfèrent vivre à part (au moins à part de certains autres), avec celles et ceux qui ne se reconnaissent pas dans les valeurs républicaines. Toute religion a son intégrisme, comme toute politique a son fanatisme, tout métier a ses drogués du boulot, etc.

Avec combien d'intégristes la mission de M. Clavreul a-t-elle échangé ? Avec combien de responsables d'écoles hors contrat ? Avec combien d'auteurs de sites de "réinformation" entre guillemets ? Avec combien de responsables de mouvements politiques se revendiquant d'une religion ?

De puissantes forces de désintégration traversent notre société européenne, française, argenteuillaise.

Au-delà des grands principes réaffirmés, au-delà aussi de la vigilance quotidienne de nos institutions, la police, l'Éducation, nous avons besoin d'un dialogue franc, ouvert, direct, cash, avec les personnes et les forces qui se méfient de ces grands principes, qui se sentent exclus ou mis sur surveillance par nos institutions.

Il y a eu quelques initiatives de l'ancienne municipalité, de l'ancien député, de l'actuelle municipalité comme la conférence du 31 mai 2017 à l'Hôtel de Ville sur la prévention de la radicalisation, avec l'association "Syrie prévention familles". Je me réjouis de ces efforts, je crois qu'il faudrait les multiplier par cent pour arriver à une prévention efficace, que ce CLSPDR devrait piloter et évaluer. Je n'en vois pas encore les signes, mais je me permets d'espérer, et en attendant, je m'abstiendrai sur cette délibération."

Franck Debeaud s' "associe à cette réflexion" et se demande "quels nouveaux éléments de prévention ont été mis en place depuis que la mission du CLSPD a été étendue à la radicalisation" ; il s'étonne de ne pas voir dans la composition du CLSPDR "l'adjoint à la jeunesse".

Georges Mothron dit que la mission de M. Clavreul commencera par "aider les services de la Ville à avoir les mêmes définitions des mêmes termes, laïcité par exemple".

5. Subvention exceptionnelle à l'Olympique Rugby Club suite à l'incendie de son club-house

Le club-house avait été construit et aménagé par la Ville, et lui appartient ; mais le club a perdu dans un incendie "d'origine accidentelle", aux dernières nouvelles, une quantité de matériel. Il en fournit le détail sur sa collecte en ligne de dons.

Franck Debeaud demande quand le club-house sera de nouveau opérationnel, et s'il y aura une solution provisoire.

Marie-France Le Nagard répond que "nous sommes en phase de décontamination, qui devrait se terminer vendredi ; et en attendant, réouverture demain de l'ancien Bar, coté tribune, transformé entre temps en laverie."

Unanimité, bien que je n'ai pas bien compris pourquoi l'assurance n'assure (apparemment) pas.

On continue avec des grands projets de construction.

Notes

[1] Sur le point 16 ici.

[2] Au 27 septembre : pas encore.

[3] Point 1 ici 2015, point 3 ici 2016, ici 2017, point 7 ici 2018…

[4] Philippe Métézeau apporte sur Facebook ce 27 septembre la précision ou rectification suivante : "je n’ai pas dit que le coût serait le même pour la ville. Je répondrai à votre remarque que l’on diminuait artificiellement la masse salariale pour ainsi mieux répondre aux obligations du contrat signé avec l’Etat. Ma réponse voulait dire que remplacer une dépense RH par une DSP n’avait aucun effet sur nos obligations (vases communiquants), mais par contre si la dépense est moindre c’est bien sûr bénéfique. Il n’y a pas de contradiction." Aux lecteurs d'apprécier la diversité des arguments !

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