Engagés pour Argenteuil

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mardi 11 octobre 2016

Le Maire annonce 40000 m2 à la place de Jean Vilar

M. Georges Mothron, Maire, ouvre le Conseil par une déclaration liminaire à haute vitesse :

"Argenteuil va mieux, peut sereinement aborder l'avenir. Nous avons une pensée forte pour M. Harold Matysen, notre ancien DGS qui a contribué à ce redressement spectaculaire. Nous basculons sur un second temps, celui des projets que j'envisageais au début de ma mandature. Les entreprises étaient en attente d'un contact, d'un soutien. Vingt ont accepté de rejoindre le Comité Économique d'Argenteuil. Le CEA est à l'heure où je vous parle, en réunion au GARAC. Nous sommes parvenus à faire déménager Hédiard de Colombes à Argenteuil.

Nous suscitons l'envie des investisseurs de toute la France. J'ai organisé une visite d'Argenteuil pour les représentants de la Métropole du Grand Paris, en été. J'ai eu le sentiment que les membres de la MGP réalisaient brusquement nos atouts. J'ai reçu il y a quelques jours un courrier du Président Ollier m'annonçant la sélection du site de la gare d'Argenteuil lors de l'appel à projets du Grand Paris. La friche Balzac, que nous avons également défendue, pourrait être retenue dans la prochaine consultation en 2017. Nous retiendrons un groupement d'entreprises avec lequel nous signerons une convention… Ce projet va venir très rapidement redynamiser le tissu économique de la ville, les recettes de la commune et celles des commerces. Argenteuil est entrée dans une spirale économique positive. Jérôme Chartier, premier vice-président de la Région, m'a communiqué ses intentions en matière de développement économique et je prévois d'annoncer d'excellentes nouvelles au Conseil Municipal de décembre.

Argenteuil doit être attractive pour ses habitants. Elle est privée d'un pôle de loisirs et cinématographique digne de ce nom. Elle avait 10 salles il y a 20 ans avec les cinémas Alpha et Gamma. J'avais souhaité un tel projet, le rachat de Gaumont par Pathé ne l'a pas permis. Mon successeur a eu le même projet mais n'est pas parvenu au bout. Élu de nouveau, j'ai repris le projet que soutenait mon prédécesseur ici présent. Ce projet, initiative privée, est mené depuis le départ par l'investisseur Fiminco. Le projet a suscité des inventions farfelues de la part de ses opposants. Je n'ai rien à cacher et le présenterai en détail. Le président de Fiminco, accompagné des architectes qui y travaillent depuis le début de ce mandat, le présentera (au prochain conseil…).

La Ville cède ce terrain (dès ce Conseil…) pour 7,5 millions d'euros pour y construire plus de 40000 m2 : salle de spectacles, cinéma de 8 salles, pôle de culture et de loisirs, restaurants traditionnels et commerces, logements de haute qualité. La Ville et Fiminco partagent la nécessité de proposer une nouvelle offre culturelle aux Argenteuillais. Une étude réalisée en 2009 pour la Municipalité Doucet, que nous projetons, montre l'évasion commerciale des Argenteuillais vers des offres aux limites de la ville. La conclusion du cabinet : réinvestir un emplacement stratégique en entrée de ville, au bas de Gabriel Péri. Comme je l'ai écrit le 9 mai au collectif Jean Vilar (sic), il est lamentable que les Argenteuillais doivent quitter leur ville pour profiter d'une telle offre.

L'inquiétude porte sur Jean Vilar ? Les salles pâtissent de l'obsolescence du bâtiment, de son manque de modularité, de son manque de visibilité (sic).

Le projet renforcera la visibilité de l'entrée de ville d'Argenteuil, je rappellerai le pôle de loisirs de Courbevoie ou l'Arena 92 de Nanterre.

Pour les associations, une solution temporaire est à l'étude pour pallier le manque de salle pendant le chantier.

La salle de spectacles sera modulaire avec des gradins spécifiques, motorisés, apportant une grande modularité, et permettant de cloisonner en deux salles.

Béton et désolation ? Tout le contraire. Un maximum d'arbres présents sur site seront préservés. Ce sera éco-environ-nemen-tal. En continuité du circuit marchand du centre ville.

Certains trouvent que ce projet mettrait à mal Côté Seine, le Figuier Blanc, que sais-je encore ? Le projet repose sur un dimensionnement raisonné ; 8 salles, comme le projet mort-né de Bezons. Rien de cette dimension ne se fera sur Bezons, a confirmé l'État hier, alors qu'Argenteuil compte 4 fois plus d'habitants. Le Figuier Blanc est plus tourné vers les films d'art et d'essai.

Le projet Fiminco prévoit 900 places de stationnement contre 250 aujourd'hui, elles seront naturellement ouvertes au public.

J'ai bien reçu votre lettre, M. Doucet, baptisée "main tendue", que j'ai eu le sentiment de recevoir en pleine figure. Comme vos tracts, mais les gens s'en moquent et plus personne ne les lit.

Sur le contenu de vos projets :

À la Porte Saint-Germain, la multiplicité des acteurs publics et privés rend l'avancement du projet extrêmement difficile. Vous me proposez "un grand plan de remplacement de 250 logements insalubres par 250 logements sociaux". Les constructions à venir comprendront nécessairement des logements sociaux, mais Argenteuil prend déjà largement sa part avec 37% de logements sociaux.

Votre projet d'accession à la propriété mérite d'être creusé, je le crois intéressant.

Concernant enfin le pôle Héloïse, j'ai lu avec circonspection le titre du Parisien que vous avez pu inspirer, "sauver le multiplexe". Il est tout sauf en danger.

Vous multipliez les entretiens avec les différents interlocuteurs de la ville dont le Préfet de Région. Essayer de nuire à un projet pour qu'il échoue serait ridicule et dommageable aux Argenteuillais. Je vous propose donc un comité de pilotage du projet composé de 6 élus de la majorité et 2 de votre groupe. Cela permettra de trouver des synergies que j'espère productives."

Gilles Savry, adjoint à l'Urbanisme, présente le projet : 8 à 10 salles de cinéma, salle de spectacles, restaurants, commerces, 140 à 145 logements sur 10000 m2. L'espace comprend Jean Vilar et le parking autour (et le square, ne précise-t-il pas).

Le "protocole" (c'est-à-dire la vente) est soumise à trois conditions suspensives :

  • commission départementale des cinémas,
  • commission départementale d'urbanisme commercial,
  • permis de construire, lui-même demandant une modification du PLU par le Territoire Boucle Nord.

Philippe Doucet, Député, ancien Maire et chef du groupe d'opposition : "Sur cette délibération, il y aura 2 interventions, certains, Marie-José Cayzac et Frédéric Lefebvre-Naré, étant en désaccord avec ce projet.

Ce projet est une longue histoire. Arrivant à la Mairie en 2008, nous avons essayé de ranimer le porte de multiplexe, auquel vous n'étiez pas favorable quand votre prédécesseur Roger Ouvrard l'avait porté. Nous avons trouvé Pathé peu intéressé pour poursuivre ce projet alors que celui du MegaCGR avait été accepté le même jour. Il nous apparaissait anormal qu'Argenteuil n'ait pas de multiplexe. Cormeilles-en-Parisis a osé présenter un projet à moins de 300 mètres d'Argenteuil en prétendant que sa zone de chalandise ne s'étendait pas sur Argenteuil. J'ai obtenu de l'instance nationale qui en décide que le projet plus lointain de Montigny (14 à 16 salles) se fasse, et que celui de Cormeilles (12 à 14) soit bloqué. Nous avions commencé à travailler avec Fiminco pour avoir à la fois un multiplexe de 10 salles et un pôle de loisirs. Nous considérions que la programmation peut être complémentaire avec celle du Figuier Blanc : nous avions un débat sur le pop-corn, beaucoup de jeunes Argenteuillais en demandant au Figuier Blanc, Christine Robion s'y opposant, j'ai suivi Christine et nous n'avons pas eu de pop-corn.

Je ne voulais pas que se reproduise ce qui s'était passé avec les hypermarchés : 60% des dépenses des Argenteuillais se font à l'extérieur, à Sannois surtout, ou Sartrouville. Les élus de l'époque pensaient sauver le linéaire commercial du centre ville : à l'arrivée, il est mort tout de même, ou sévèrement endommagé.

Je vous trouve plus optimiste que le Parisien : Cormeilles a gagné son appel et va représenter son projet via l'AFTRP, outil d'aménagement de l'État, avec un terrain zadé à 80 €/m2, autant dire quasi-gratuit. Bezons est en appel également. Il y aura peut-être deux projets sur trois, il n'y en aura pas trois. Celui de Cormeilles en particulier serait mortel pour nous.

Sur la salle Jean Vilar, nous n'avions pas prévu de privatisation de Jean Vilar. Un outil de cette importance doit rester sous maîtrise municipale. Vous faites un autre choix, c'est votre liberté.

Quant aux "autres commerces" et "pôle de loisirs", nous devons voter sans en savoir plus. Un hypermarché à l'étage, comme à Côté Seine, c'est inhabituel… Nous n'avons pas les éléments.

Vous annoncez une reconquête des berges, mais le Conseil départemental s'apprête à enterrer vendredi ce projet, par sa délibération n°6 'compte tenu de la situation budgétaire'. Sur le projet des berges, le volet transports en commun est entre les mains du STIF et de la Région ; et la transformation de la voie rapide en boulevard urbain, qui dépend du Département. Il a financé un tunnel (ruineux) à Bezons et ne pourrait pas convertir une 4 voies en boulevard urbain ? Vous qui êtes dans la majorité départementale, M. Métézeau, j'escomptais de votre part un soutien plus pêchu à ce projet des Berges.

Le projet sur Jean Vilar, c'est attacher Gabriel Péri au pont et entamer en même temps la reconquête des Berges. Vous nous proposez un comité spécial, nous l'acceptons bien volontiers. J'irai défendre la logique du multiplexe devant la CDAC et au-delà. Les hypermarchés ont fait beaucoup de mal à Argenteuil, je ne veux pas que notre centre ville finisse par mourir."

Marie-José Cayzac : "Monsieur le Maire,

Avec un collectif de citoyens, et mon collègue je me suis adressée à vous par courrier pour obtenir des informations sur votre projet de privatisation du complexe Jean Vilar et de l’île Héloïse. Vous avez refusé de nous recevoir et de nous faire part de votre projet. La démocratie participative ne semble être pour vous qu’un vague élément de langage !

Aujourd’hui vous voilà obligé de révéler en conseil municipal votre projet, qui confirme nos craintes, pire les amplifie et n’exclut pas de désagréables surprises ultérieurement. Vous vous apprêtez, donc à livrer les bords de Seine, magnifiés par Monet, aux promoteurs immobiliers.

Vous qui trouviez Argenteuil trop bétonné, vous vous apprêtez à commettre l’irréparable en sacrifiant un espace aéré et vert sur l'autel du sacro-saint profit à court terme !

À moins que ce ne soit pour faire de la trésorerie, comme avec Spie lors de votre précédent mandat.

Après l’avoir déclassé de l’espace public lors du conseil municipal du 30 mars dernier , on découvre que dans un projet sacrifiant l’espace Jean Vilar vous décidez de livrer 22000m2 de terrain pour que soient réalisés 40160 m2 de constructions de cinéma, commerces, salle de spectacle et logements, au prétexte de la vétusté de la salle Jean Vilar.

Vous livrez Argenteuil aux promoteurs, non pour rendre à la salle Jean Vilar et Pierre Dux leurs lettres de noblesse et leur utilité aux associations, mais pour avoir votre multiplexe. En l’occurrence vous proposez un bloc bétonné, une verrue sur les bords de Seine. Ce même multiplexe pour lequel vous déposiez un recours lorsqu’il fut le projet de Roger Ouvrard.

Or en 1998, les multiplexes n’étaient pas encore légion autour d’Argenteuil. Celui d’Epinay n’avait pas vu le jour. Celui de Montigny-lès-Cormeilles n’était pas comme à ce jour en construction. Bezons n’avait pas le projet abouti d'aujourd'hui — on comprend mieux aujourd'hui qe vous ayez été le seul à vous y opposer. Cormeilles n’était pas un candidat concurrent.

Si l’on pouvait retenir une seule chose de votre mandat précédent c’est le Figuier Blanc, même si celui-ci a coûté bien plus cher aux Argenteuillais que ce que vous aviez prévu. 17 millions d'euros… Une somme que les argenteuillais ont déboursé pour qu’aujourd’hui vous veniez mettre en concurrence ce cinéma avec des programmations américaines et de grande audience, dont le seul but est de rapporter de l’argent, pas d’ouvrir l’esprit.

Vous savez que les places de cinéma seront plus chères et les argenteuillais sont las de payer vos impôts indirects, pour lesquels ils n’ont aucun retour. Bien au contraire, tous les services ne cessent d’augmenter.

Mais pendant ce temps, vous bradez les terrains au promoteur, vous vendez les bijoux de notre ville. 7,5 millions d’euros soit une charge foncière de 187€/m2 construit. C’est un prix d’ami aux promoteurs, je n’ai pas dit aux promoteurs amis.

Monsieur le Maire, au nom du comité, je vous redis combien votre projet est inquiétant. Vous éludez la question de l’espace Jean Vilar. Une salle de spectacle de 1400 places assises :

  • Ne dit rien sur l’usage de cette salle par les associations,
  • Ne dit rien sur les tarifs appliqués, essentiels pour les associations,
  • Ne dit pas à quel prix seront les parkings et si le périmètre actuel sera définitif,
  • Et confirme s’il le fallait que ce sera désormais une salle privatisée qui ne dépendra plus de la municipalité.

Monsieur le Maire, pour la salle Jean Vilar, outre son nom auquel les Argenteuillais sont attachés, c’est à son usage associatif auquel nous pensons.

Nous avons des projets alternatifs à cette débauche d’argent et de béton. Nous sommes prêts à les évoquer avec vous et à les faire vivre, si vous acceptez de recevoir des citoyens qui be partagent pas votre avis.

Il n’est jamais trop tard !"

Philippe Métézeau répond sur la position du Conseil départemental : "je suis le rapporteur de ce point n°6, je répondrai quand il s'agira du Contrat d'Intérêt National. On entend souvent le dicton : 'seul on va plus vite, ensemble on va plus loin'. Vouloir aller vite, on l'assume tout à fait. On est traumatisés d'avoir passé 2 ans de début de mandat à n'avoir pu, pour des raisons financières, réaliser ce que nous avions promis. (NB : et dont ce projet ne faisait nullement partie !).

Nous voulons donc aller vite. Notre méthode est différente de celle qu'a mise en oeuvre la précédente équipe : forums urbains et belles réunions, architectes et élus planchant avec des sociologues, mais rien n'en est sorti. Les films d'animation sur l'école alsacienne, sur le lycée catholique, sur les berges de Seine dont on choisissait presque l'essence des arbres, tout ça pour rien, pour amuser la galerie. Rien n'en est resté.

Ensemble on va plus loin : que le comité de quartier, le Conseil des sages, les acteurs économiques, les habitants soient informés (sic). Les détails sont de très grande importance. On aura tout loisir d'interroger le président de Fiminco lors du prochain conseil. Il y a des procédures, des enquêtes publiques, le Conseil départemental devra aussi se présenter (prononcer ?) car la RD311 sera probablement impactée. Il ne s'agit pas de griller les étapes.

On a entendu un certain nombre d'inquiétudes, peut-être feintes, peut-être sincères. À une réunion publique le 2 juin pour les habitants du centre ville, le Maire a répondu à vos inquiétudes. Le rapport de M. Savry en donne les éléments noir sur blanc. Les activités associatives elles-mêmes seront mieux (installées).

Je suis allé à plusieurs reprises sur le blog que vous animez avec M. Lefebvre-Naré et d'autres personnes : les commentaires renvoyaient souvent une nostalgie, certes légitime, mais chaque équipement qui arrive suscite ce genre de phénomènes : la disparition du Galilée, avant lui celle du Gamma, avant lui celle du Casino d'Orgemont. Quand je lis qu'il ne faut pas supprimer une salle parce que Juliette Gréco et Jacques Higelin y sont venus… Gabin, Piaf et Bourvil étaient venus au Casino. Restons les pieds sur terre.

Sur le multiplexe, il y a une certaine confusion. Certaines personnes comprennent que le multiplexe remplacerait Jean Vilar : non, ce seront deux équipements différents, voisins.

Sur la position que nous avons prise à l'époque de Roger Ouvrard, je laisserai répondre Xavier Péricat, que j'ai vu sursauter sur sa chaise.

L'achat du terrain à 7,5 millions aidera beaucoup, c'est pas tous les jours qu'on peut faire une école sans que le contribuable n'assume le prix de la construction.

Et construire 145 logements demandera des équipements sociaux comme des crèches qui sont aussi indispensables.

J'espère qu'on ira loin, vite et rapidement."

Xavier Péricat : "le projet de multiplexe à Argenteuil est une longue histoire. Démarré sous le mandat de Roger Ouvrard, il s'agissait de remplacer le stade Henri Barbusse, vétuste. Sa vente permettait de construire la maison des sports Marcel Cerdan et le stade Alain Mimoun. Roger Ouvrard avait recherché notre accord : j'avais fait partie de l'équipe qui avait été voir à Brumath un ensemble de multiplexes Pathé. C'est à l'intérieur du groupe socialiste de l'époque que se trouvaient les dissensions.

Il n'y a pas à cet endroit de multiplexe mais le parc des Berges… mais le multiplexe sera non loin.

Gilles Savry : "Ce dossier est majeur pour la ville. Il est grand temps qu'Argenteuil se développe et trouve un nouvel élan. Cela passe par un service commercial. On ne peut pas admettre que les Argenteuillais aillent faire leurs achats hors d'Argenteuil (sic !). Ce sont 100 M€ qui sortent, ne serait-ce que pour l'alimentaire. Et quelque part ce sont les habitants qui partent, à Sannois par exemple (!).

Et au niveau loisirs, l'aspect cinématographique, le Figuier Blanc avec ses 4 salles ne suffit pas à une ville de 100000 habitants. On ne va pas créer un multiplexe comme à Épinay ou Villeneuve, mais un cinéma de centre ville. Ce sera aussi un service de restauration pour que les Argenteuillais puissent trouver sur Argenteuil une restauration de qualité.

Enfin, les associations, il est important que pendant les travaux, elles continuent à se réunir…

Jean Vilar et Pierre Dux sont en fin de vie — cela pourrait durer des années mais ce n'est pas digne de notre vie associative. Un autre projet sera l'occasion de se renouveler et de développer la ville.

C'est aussi l'occasion de traverser (!) vers les Berges de Seine. Le cap a été loupé il y a quelques années (par le vote négatif d'Alain Leikine au Département, rappellent plusieurs conseillers de l'opposition).

Le travail continue."

Adoption par 41 voix pour, 11 abstentions et 2 voix contre, un conseiller de la majorité ne participant pas au vote.

Une triste défaite mais le combat continue.

Sur ce blog à partir de demain et pendant 40 jours : 40 raisons toutes suffisantes d'arrêter ce projet, de sauver l'île Héloïse et Jean Vilar.

mercredi 11 mai 2016

Scandale des parkings Spie : EpA vous l'avait dit, la CRC confirme et développe !

"Gestion du stationnement urbain" à Argenteuil, le rapport définitif de la Chambre Régionale des Comptes :

  • "Une convention déséquilibrée, conclue en 2006, dont les effets continueront de peser sur les finances de la collectivité jusqu’en 2018" ;
  • "Absence de maîtrise des enjeux financiers liés à la délégation conclue avec SPIE Autocité … Sur des points essentiels, la collectivité, en effet, a singulièrement négligé la défense de ses intérêts…"
  • "La commune était sanctionnée, … au titre d’un taux de respect irréaliste des règles de stationnement, arbitrairement fixé…"
  • "Les rapports d’activité du délégataire ne retraçaient pas l’intégralité des flux financiers …, sans que (la Ville) ne formule la moindre observation, se mettant ainsi en position de faiblesse vis à vis des futurs contentieux …"
  • "Le contrôle technique de la délégation a toujours été défaillant…"

Mais le mieux est de lire l'original sur le site de la Cour des Comptes.

Hélas, les lecteurs de ce blog ne seront pas surpris — nous avions encore posé une question hier en Conseil Municipal sur les coûts de l'actuel délégataire Vinci Park / Indigo. Les billets précédents sur le scandale du contrat Spie Autocité : 16 décembre 2014 (point 3), 13 novembre 2014.

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mardi 10 mai 2016

Liveblog conseil municipal du 10 mai 2016

La Municipalité a sans doute voulu fêter les 35 ans du 10 mai 1981 — date à laquelle je ne votais pas !

Pour me joindre à la célébration je poste dès maintenant la liste des 19 points à l'ordre du jour.

L'appel : de nombreux conseillers de la majorité manquent… en l'occurrence, ont donné pouvoir. Les conseillers de l'opposition sont venus avec des amis oursons nocturnes :

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Dans le point initial sur le PV du Conseil précédent, Georges Mothron, (LR, Maire), interdit à Philippe Doucet, (PS, chef du groupe d'opposition et député), d'étendre sa réponse au fonctionnement des Commissions (où nos questions restent généralement sans réponse, même que cette réponse est annoncée et que le PV en fait foi).

Georges Mothron revient sur la dissolution de l'Agglomération qui "nous a permis de retrouver notre capacité d'action en matière de voirie et de propreté. Les premiers résultats sont déjà là avec les opérations 'pas de quartiers pour les déchets' qui ont permis le nettoyage en profondeur de trois quartiers, et demain matin du Val d'Argent Nord et Sud. Nous poursuivons avec une opération "Pas de quartiers pour la voirie' (sic), c'est à ce jour 470 nids de poule comblés, 230 potelets et 180 barrières posées. Nous avons refait les trottoirs devant les écoles xx et Ambroise Thomas… Nous avons ainsi fait en quelques mois plus que l'Agglomération en plusieurs années (!!!!!!!). Nous tenons nos engagements, les Argenteuillais le méritent."

(Dans le public : "ça va être comme ça toute la soirée ?")

1. Projets d'éducation artistique et culturelle : 6350 euros pour 9 "projets éducatifs, artistiques et culturels" d'écoles concernant "73 classes". La Ville finance le montant demandé "dans la limite de ce que l'Education Nationale a elle-même accordé".

Soit 755 € de moins et 2 projets de moins que l'an dernier.

Mme Aminata Badiane prend la parole (pourquoi à ce moment, je l'ignore) avec une adresse solennelle sur l'abolition de l'esclavage, "rend hommage aux victimes de l'esclavage dans le monde, un des phénomènes les plus monstrueux dans l'histoire de l'humanité… 15 millions de personnes ont été vendues au Nouveau Monde comme des marchandises. Si l'esclavage est aboli dans le monde, nous le devons aussi à la France. Je pense aux millions de victimes de maltraitance et d'exploitation, du mariage forcé… sans compter les pauvres ouvriers indiens ou bengalis qui travaillent dans des conditions inhumaines au Qatar. Au nom de la liberté, de la dignité humaine, nous devons lutter contre toute forme d'esclavage, transmettre l'histoire de l'esclavage et perpétuer le travail d cela société civile, non pas seulement pour les autres, mais aussi pour nous-mêmes, pour ne pas laisser les rancœurs gagner l'esprit de nos enfants. Faisons entrer la mémoire à sa juste place dans les programmes de nos écoles. La grandeur d'un peuple se mesure à sa capacité d'assumer son histoire. Je souhaite qu'Argenteuil ait une rue pour commémorer l'abolition de l'esclavage. 'Gardez-vous de vous serrer les bras dans l'attitude stérile du spectateur' — Aimé Césaire.".

L'opposition se lève pour applaudir cette adresse.

Une personne dans le public estime que devant la statue commémorant l'abolition de l'esclavage, square du chevalier de Saint-George… "on vous a attendus toute la journée".

Philippe Doucet appelle à en réparer la plaque, cassée, "à l'occasion d'un 'pas de quartier' quelconque." Et il s'étonne du positionnement politique, "avec un tel discours de gauche" selon lui, d'Aminata Badiane.

Il enchaîne avec le censure de deux films dans les salles de cinéma municipales, "manquement manifeste au principe de la liberté d'expression. Nous pourrions sourire, si ce n'était si grave, en relisant votre lettre après les attentats contre Charlie Hebdo, où vous vous revendiquiez défenseur de la liberté d'expression… Républicains et démocrates, nous saluons tous ceux qui se sont mobilisés et se mobilisent contre la censure, nous appelons à dénoncer ces actes fermement, et espérons que des membres de la majorité se reconnaissent dans ces termes, républicains et démocrates. Pour lutter contre tout obscurantisme. Nous vus demandons solennellement la reprogrammation, dans les plus brefs délais, des deux films."

M. Mothron ne répond pas à ce voeu ni à ce point, fait voter les PEAC (unanimité) et passe la parole à M. Savry pour le point 2.

2. Extension du périmètre d'étude Porte Saint-Germain

Ce "périmètre d'étude", déjà voté, permet de surseoir à certaines demandes de permis de construire, de façon à préserver des choix d'aménagement futurs. La Municipalité veut intégrer dans ce périmètre toute la zone d'activité, en grande difficulté — Gilles Savry dit : "une grande mutation qu'il convient de maîtriser."

Philippe Doucet déplore que son intervention précédente ait été "coupée de la retransmission internet". Georges Mothron demande si la diffusion a repris.

Chantal Colin estime que cette extension du périmètre peut paraître logique, mais que l'opposition n'a aucune visibilité sur les objectifs poursuivis par la Municipalité sur la zone industrielle, et doit donc s'abstenir.

3. Régularisation foncière rue de Rethondes suite à la résidentialisation du jardin de Rethondes, au Val Sud — "avant, une dalle pleine de trous, maintenant un vrai passage qui est un plus pour ce quartier", rappelle Chantal Colin — ce chantier ayant été mené sous le mandat précédent.

Georges Mothron regrette que Chantal Colin ait été absente de la visite de quartier : ce "jardin" est un "dédale où tout le monde se tord les pieds, les dalles sont posées n'importe comment, vous ne devriez pas être fière".

Unanimité cependant.

4. Enquête publique pour le déclassement de la rue Yves Farges afin de construire à côté de l'école Joliot-Curie, sur une partie de la rue Yves Farges actuelle, donc devant le mur de la salle de spectacles Maurice Sochon, un nouveau centre de loisirs remplaçant L'Orange Bleue. La rue fait une boucle, c'est l'un des deux côtés de la boucle qui serait utilisé.

J'avais pu assister à la présentation de ce projet au comité de quartier d'Orgemont / Joliot-Curie en mars dernier. C'est un projet "ANRU" datant du mandat précédent, mais qui a évolué : justement, (me semble-t-il) le centre de loisirs était prévu sans emprise sur la rue actuelle.

Chantal Colin estime que le projet donne peu de visibilité sur l'évolution de la voirie. Le groupe est plutôt fidèle au projet dans la version qu'il avait portée auparavant, et s'abstiendra.

Philippe Vasseur répond qu'il y a eu présentation aux riverains, aux parents d'élèves, et qu'un membre de l'opposition, membre du comité de quartier, n'est pas venu. Manque de pot : ne pouvant, effectivement, venir, il s'était fait représenter (par moi comme je viens de l'écrire). Ce que je réponds, sans micro bien sûr, à M. Vasseur.

Je trouve le projet défendable et suis favorable à cette enquête publique. Mais si la majorité le prend comme ça, l'abstention est préférable !

Gilles Savry ajoute que le projet est en cours et pourra évoluer.

Une ancienne élue, dans le public : ça veut dire que vous ne démolissez plus Joliot ?

M. Mothron lui reproche… "d'aboyer"…

5. Cession d'un pavillon 172bis rue Henri Barbusse … qui n'est plus, faute de moyens suffisants, une zone prioritaire pour l'aménagement : unanimité.

6. Convention sur le suivi-animation des copropriétés du Val Nord : les "opérateurs" sont chargés "d'assurer la bonne marche des travaux, le suivi des situations financières, pour qu'elles puissent se gérer", bref la mission sociale et au jour le jour qu'un syndic devrait tenir, mais lesquels le font ? Ce vote consiste à prolonger la mission de certains de ces opérateurs, la Ville payant 25% de leur coût total.

Cette prolongation avait été discutée en Commission d'Appel d'Offres, à laquelle je participe, et toutes les explications demandées avaient été données. Unanimité.

7. Subvention aux centres sociaux associatifs du Val Nord, Conjugue et la Maison Pour Tous

La Mairie avait conclu une convention avec ces deux centres, courant jusqu'au 31 décembre 2017. Le vote reconduit les subventions,indique le rapporteur, M. Slifi.

Je renouvelle, au nom de l'opposition, le souhait d'une présentation consolidée des différents financements allant à chaque centre social, que ce soit au titre de son fonctionnement ou de ses différentes actions.

M. Slifi, répond que "nous sommes en train de travailler sur un document qui permettra d'en faire une présentation consolidée."

Espérons que ce soit plus qu'une liste ou qu'une déclaration d'intentions. Unanimité.

8. Subvention à la Ligue Nationale contre le Cancer Val d'Oise pour réaliser, comme chaque année, des agendas anti-tabac à distribuer aux élèves en fin de CM1 avant leur entrée en CM2. Unanimité rituelle.

9. (Re)création de mini-crèches par la société Mini d'Hom

La Municipalité ouvre deux nouvelles crèches, annonce Philippe Métézeau, dont une aux Coteaux. Elle bénéficiera de locaux municipaux, "ce qui équivaudra à une subvention de 17000 € par an". L'autre crèche aura des tarifs similaires à ceux de crèches municipales ou d'entreprises, et serait subventionnée par la Ville à hauteur de 60 k€ (4000 € par berceau), dont déduire 55% qui seraient reçus de la CAF au titre du "contrat enfance jeunesse".

M. Mothron : "Mme Cayzac, quelle surprise, je vous laisse la parole !".

Marie-José Cayzac remercie Mme Le Guen (des services de la Ville) qui lui a transmis des réponses à ses questions en Commission la veille, même si les questions posées à la précédente commission restent sans réponse.

Pour Mme Cayzac, après avoir fermé 4 crèches municipales et reclassé le personnel ailleurs, la Municipalité privatise simplement deux des locaux de ces crèches. "Si nous l'avons fait durant notre mandat, ce ne dut jamais en remplacement du secteur public.

Le premier sous la piscine, 10 berceaux, sous la vocable de "micro-crèche", n'est rien d'autre qu'une "maison d'assistantes maternelles" baptisée autrement. "Aucune garantie sur la qualification des personnes — et là, je n'ai pas eu de réponse ! Et les parents paieront le tarif d'une assistance maternelle, sans que leur soit appliqué le quotient familial. Le cadeau de 17000 € semble même sous-évalué" — en effet il y a plus de 200 m2 !

"Concernant la crèche sur l'ancien emplacement de Pom d'Api — ouverte sous votre mandat, fermée par vous en 2014, et après avoir payé les locaux vides pendant 2 ans, vous la bradez à une entreprise privée. En low cost : 4000 € par berceau et par an", soit la moitié des coûts des associations aux coûts les plus modestes. "Nos jeunes enfants du Val Nord méritent mieux que de faire du piteux avec peu."

Le groupe votera contre.

Philippe Métézeau contredit Marie-José Cayzac sur les fermetures, qui "ne se sont pas accompagnées d'une diminution du nombre de places, puisque d'autres crèches ont vu leur nombre de places augmenter" (… la nouvelle Municipalité a intégré les marges de dépassement tolérées, dans les nombres de berceaux affichés).

"Vous aviez acheté des berceaux 10 à 12000 € par an, vous ne négociiez même pas. Nous ne pouvions que faire des efforts. Sur une autre crèche, nous étions la seule ville à part Bezons à avoir acheté des places à cette société… nous en gardons encore un peu car la crèche est de qualité."

"Sur la qualité, vous n'avez pas à inquiéter les parents. La CAF doit donner des agréments, elle n'est pas spécialement tendre. Elle est présidée par un président CGT, certainement soucieux de la protection des travailleurs."

"Nous ne privatisons pas des crèches municipales, nous ajoutons des places supplémentaires. Et ce sont des emplois nouveaux. La société avec laquelle nous travaillons a déjà des crèches ailleurs."

"Et nous avons, je crois, répondu à toutes vos questions concernant les crèches."

Je suis heureux de ces ouvertures, mais partage l'inquiétude de Mme Cayzac sur la nature de ces réalisations… et n'entends pas dans l'intervention de M. Métézeau, des réponses précises sur la faisabilité économique d'un des projets et la vocation sociale de l'autre. Je m'abstiendrai donc.

10. Inclusion du travelator "Franprix" dans le périmètre des parkings Vinci/Indigo et suppression d'un ascenseur prévu dans le parking Bapaume

Le travelator "du Franprix de la dalle"' — extérieur au magasin — est constamment cassé et dégradé. Nous avions discuté en commission Finances et Affaires Générales, il y a déjà un an environ, de l'idée de le confier à Vinci, concessionnaire des parkings du Val Nord, afin qu'il soit gardienné. C'est ce que ce vote va entériner et je m'en réjouis !

Philippe Doucet rappelle la négociation difficile qui a permis d'intégrer des parkings délégués au privé, aux financements ANRU… et se réjouit lui aussi si ce travelator est remis en marche !

Unanimité.

11. Tarification du Conservatoire

Franck Debeaud, délégué à la Culture, fait part de deux changements importants : l'autorisation donnée au Maire de modifier les tarifs jusqu'à +-20% et de créer des tarifs ad hoc pour des activités exceptionnelles ; et une forte augmentation de tarifs pour les non-Argenteuillais !

"C'est notre volonté d'avoir à Argenteuil une pratique culturelle accessible à tous". Le coût pour la Ville, par élève est de l'ordre de 1600 €. Le futur tarif pour les non-Argenteuillais couvrira environ le tiers du coût.

Évidemment, autoriser le Maire de modifier les tarifs de + ou - 20% d'une année sur l'autre, alors que l'inflation est de l'ordre de 1%, vide de tout sens le contrôle des tarifs par le Conseil Municipal, et je voterai contre.

Renée Karcher a écrit soigneusement son intervention : "une famille avec 2 enfants dans la tranche M passe de 877 à 965 € ; et une inscription au forfait ne permettra plus de faire à la fois de la musique et de la danse, ou du théâtre… désormais il faudra des suppléments par spécialité.

Notre Conservatoire, comme l'a dit M. Debeaud, est "à rayonnement départemental" : le 3ème cycle accueille donc plus de 80% d'élèves d'autres communes, dont le Conservatoire n'a pas de 3ème cycle. Votre augmentation de tarif, est-ce la la mort annoncée du 3ème cycle ?

Plusieurs professeurs en fin de contrat ne seront pas renouvelés fin août, ou ne seront pas remplacés…

Vous êtes dans une stratégie d'étranglement et j'en veux pour preuve votre réponse à notre dernier échange : les parents d'élèves élus vous ont de mandé un RV, vous m'avez répondu "les activités rentables du CRD demeureront". Le concert de seuil de rentabilité pour la culture, m'avait échappé jusqu'alors ! Comment le mesurez-vous ? Avez-vous conscience que l'enseignement artistique a un rôle social, assure la mixité sociale ?

Vous avez supprimé 4 spectacles dont l'un destiné aux collégiens, qui avaient travaillé sur la 1ère Guerre Mondiale avec leurs professeurs pour cette occasion… et renoncé au passage aux 8000 € de subvention régionale pour ce spectacle.

Et vous avez donné l'occasion à Claire Chazal de parler d'Argenteuil dans son émission culturelle — en censurant deux films !

À chacun sa vision de la culture. André Malraux disait 'Je ne peux pas obliger d'aimer l'art à tout le monde'… Vous aimez censurer, vous aimez l'obscurantisme, vous n'aimez pas que les Argenteuillais choisissent ce qu'ils ont à faire ou à voir. Mesdames et Messieurs les élus de la majorité, j'espère que ces mots vous aideront à reconsidérer vos choix de vote. Cette délibération va à l'encontre de l'idée que nous nous faisons de la culture et de l'enseignement artistique."

Georges Mothron "vous semblez oubliez la situation que vous nous avez léguée…"

Un spectateur (bien connu des lecteurs de ce blog) : "et les emprunts toxiques !…"

Georges Mothron "le fou des emprunts toxiques peut sortir !"

L'opposition proteste contre l'insulte. "Un peu de dignité, Monsieur le Maire !…"

Georges Mothron : "arrêtez d'aboyer !"

Un autre spectateur : "et le Figuier Blanc, trois fois son budget !"

Georges Mothron détaille le budget de la saison culturelle, estimant la dépense prévue par l'Agglomération pour janvier à juin 2016, supérieure de 500000 € à celle de l'année précédente, "quelque chose que nous ne pouvions absolument pas gérer."

Franck Debeaud accuse l'Agglomération d'avoir "mené une politique de la terre brûlée" ; la suppression de 4 spectacles aura permis, indique-t-il, "85000 € d'économies" (moins donc que les 100000 comme précédemment annoncé : les 4 spectacles auront donc coûté 138000 € pour 0 spectateur, merci !).

Franck Debeaud présente quelques autres tarifs du CRD, qui auront très peu augmenté. Et confirme qu'il est pertinent, selon lui, de faire payer un supplément aux élèves de plusieurs disciplines, pour ne pas encourager à s'inscrire à des cours que peut-être on ne suivra pas suffisamment (sic). "Dépenser sans avoir l'argent pour payer, c'est facile".

Le forfait le moins coûteux, à 53€, coûtera 2600 € à la collectivité.

Xavier Péricat rappelle qu'une heure d'enseignement musical sera facturée à 1€-1,10€ en moyenne. "La seule musique qu'on ait connue depuis 2 ans à Argenteuil est une musique de chambre, celle de la Chambre Régionale des Comptes. Les choix dont vous parliez tout à l'heure ont coûté cher aux Argenteuillais, en augmentations d'impôts. Et je crois important de rappeler la baisse de 6,5 M€ des dotations de l'Etat cette année."

Brouhaha total.

Nous votons contre ces augmentations, qui menacent en effet la vocation "départementale" de notre Conservatoire.

12. Tarifs École des Sports, École de Natation, installations sportives, Patinoire, centre aquatique

Mme Le Nagard présente ces tarifs comme stables.

Elle répond à une question posée en commission par Marie-France Fari sur les inscriptions à l'aquafitness : il ne reste de place que dans les créneaux de 18 et 21h du vendredi.

Hakim Hssini, PS, remercie par avance Mme Fatima Amarir pour la réponse qu'en Commission, elle lui avait promise pour ce Conseil — mais qui n'est pas arrivée. Hakim Hssini en profite pour reposer les questions en suspens… Georges Mothron coupe son micro. Hakim Hssini continue sans micro et debout. Georges Mothron a sans doute mis aux voix…

Georges Mothron donne la parole à Marie-France Le Nagard pour le point suivant. Hakim Hssini continue son intervention et commente "la censure, ras-le-bol"…

13. Plan d'Organisation de la Surveillance et des Secours à Youri Gagarine mis à jour car, après la fermeture de l'ancien bassin, le cheminement des vestiaires est changé.

Hakim Hssini indique que nous voterons contre le point numéro 12.

Hakim Hssini revient sur le point 13 "vous avez fait le choix de fermer l'ancien bassin, or vous avez besoin de ses vestiaires pour les scolaires… tout cela traduit votre manque d'intérêt pour les équipements sportifs de cette ville. Nous n'y souscrivons pas, et ne participerons pas à ce vote."

Là encore, j'aurais pu voter ce point, mais la tenue lamentable des débats par le Maire rend la non-participation au vote particulièrement opportune.

14. Partenariat avec la société "Le vin vagabond"

La Ville ouvre pour quelques kopecks sa vigne et son chai à un entrepreneur privé, organisateur d'animations autour du vin.

C'est une idée sympathique, pour quelque chose que la Ville pourrait faire elle-même mais ne fait pas. Le "modèle économique" ne semble cependant pas clair puisque le vin municipal ne peut être vendu : difficile pour "le Vin vagabond" de faire beaucoup de chiffre, donc, de payer un jour beaucoup de loyer. C'est donc peut être une fausse bonne idée.

Gilles Savry précise — le point n'était pas clair dans les conventions — que le Vin vagabond pourra utiliser le chai mais que les jardins resteront ouverts au public.

Ces précisions me semblent permettre de ne pas voter contre, et je m'abstiendrai.

Le groupe votera cependant contre ce que Fabien Bénédic qualifie de privatisation d'une activité qui relèverait de la Ville. Privatisation à vil prix - 350 € contre 1000 €, tarif que nous avions voté il y a quelques mois. Et des agents communaux seront mis à disposition de la société privée, donc sous ses ordres ? "Le personnel municipal saura apprécier". "La promotion de la culture, du patrimoine de la Ville d'Argenteuil, doivent rester dans le domaine public."

Gilles Savry estime en réponse que public et privé peuvent être complémentaires, et c'est l'enjeu de ce projet, comme pour les crèches et dans d'autres domaines. (Et pour le coup, cela fait partie des convictions du centre — alors même que quelques-uns de mes collègues répondent à M. Savry "public-privé, c'est la différence entre la gauche et la droite !")

Georges Mothron rappelle à cette occasion les remerciements reçus de nombreux visiteurs à l'occasion de l'ostension de la "Sainte Tunique", et en "remercie tous les acteurs".

15. Abrogation de la délégation partielle du droit de préemption urbain

Ça ça fait des syllabes ! La Ville avait délégué ce droit à l'Agglomération, ce vote annule ladite délégation… alors que l'Agglomération est dissoute ! Nous ne participons pas au vote.

16. Redevances pour les chantiers de travaux électricité ou gaz

Les entreprises d'électricité et de gaz devront, selon une nouvelle loi, payer quelques sous pour leurs chantiers sur l'espace public. Comme l'a précisé Xavier Péricat en commission, cela rendra plus lisibles les interventions sur la voirie ("les entreprises n'étaient pas toujours très respectueuses des procédures") : tarifer est une occasion d'avoir cette information.

17. Admissions en non valeur : Le Trésorier Municipal annonce que 504895 € de créances dues, pour l'essentiel depuis avant 2007, ne sont plus recouvrables ; nous en votons "l'admission en non-valeur".

Philippe Doucet rappelle en réponse que lesdites créances datent pour l'essentiel du mandat précédent de Georges Mothron. C'est le Trésorier, agent de l'État, qui dit si la créance est recouvrable ou non, ce n'est pas la Ville. Si vous avez des reproches à faire au Trésorier qui servait de 2008 à 2014, ce n'est pas à nous.

Georges Mothron : "vous auriez dû écouter le Trésorier plus tôt. Si la collectivité ne relance pas sur les impayés, comment voulez-vous que le Trésorier constate ces impayés ?"

Xavier Péricat : "ces créances de 2001-2008, elles n'étaient pas irrécouvrables quand notre mandat s'est terminé en 2008. Au-delà de ça, pour imputer des créances irrécouvrables, il faut des disponibilités budgétaires."

18. Extinction de créances

Là il s'agit d'effacements de dette décidés par la Justice, et dont le Conseil doit simplement prendre acte, pour 89759 €.

19. Délégations de service public

Xavier Péricat indique que la Commission Consultative des Services Publics Locaux s'est réunie pour recevoir ces rapports sur les marchés forains, sur le réseau de chaleur urbain et sur les parkings.

J'interviens pour féliciter le concessionnaire des marchés, la société Mandon, pour la richesse et l'intérêt de son rapport. Que les services de la Mairie me permettent d'ajouter ici mes félicitations pour leur travail : leurs questions successives à Mandon, précises et exigeantes, ont contribué à ce résultat !

Je remercie aussi M. Poletti, Adjoint au Maire, pour les réponses apportées en direct en Commission à deux questions touchant le coût du chauffage urbain à partir de juin 2014, et le pH de l'eau du réseau de chauffage Dalkia.

Je confirme deux autres questions posées en commission :

  • que le rapport du cabinet Qualiconsult sur la conformité électrique du marché de la Colonie, payé 240 €, nous soit communiqué. D'autant que la conformité électrique du marché de la Colonie ne saute pas aux yeux du chaland (l'essentiel étant, certes, le jugement du professionnel).
  • que Vinci Park / Indigo explique pourquoi il lui faut à Argenteuil 1 agent pour 210 places de parking, contre 1 agent pour 1330 places au niveau national selon son site. Les explications proposées en Commission ("On ne peut pas se référer à des ratios nationaux… En fonction des lieux, l'effectif n'est pas le même…") étaient pour le moins floues, le mieux serait donc d'avoir la réponse de Vinci Park au regard des ratios nationaux tels que déclarés sur le site Indigo.

Ceci dit, le Conseil prend acte du rapport, et l'opposition pose pour la journaliste du Parisien. Merci à Pierre d'Argenteuil pour cette photo de la photo !

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dimanche 24 avril 2016

Multiplexe devant Notre-Dame : la Ville veut vendre une partie de l’île à un promoteur

par Frédéric Lefebvre-Naré

Ce vote en Conseil, le mois dernier, n'a attiré que peu d'attention médiatique.

Et pourtant, quelle affaire immobilière pour la Ville ! La surface de plusieurs terrains de football, un emplacement on ne peut plus central,… et une grande valeur patrimoniale, à 200 mètres de Notre-Dame.

Dans la période de crise que nous vivons, ces arguments sonnants et trébuchants devraient faire taire les grincheux.

Le paysage urbain sera un peu chamboulé, forcément. Mais il restera de jolies promenades dans les petites rues autour, ou le marché aux Fleurs.

Le parvis était un point de rencontre, accueillait les artistes ? La Ville leur trouvera un site de remplacement. Les gens prendront leur voiture, il y a même Autolib’, bref ils iront ailleurs.

Les nostalgiques des rassemblements populaires feraient mieux d’écouter Jean Ferrat :

…On peut voir couler la Seine
Ailleurs qu’au pied de Notre-Dame
De Châtillon à l’estuaire
Elle baigne bien d’autres lieux…

Et après tout, le site était-il si bien aménagé ?

Pour qu’il devienne franchement agréable, pour les habitants du quartier, pour les visiteurs à l'occasion de manifestations, pour les touristes ou pèlerins attirés par nos vieilles pierres et autres reliques médiévales, il faudrait se débarrasser de la voie sur berge ; redonner, des deux côtés de la Seine, la priorité à l’homme sur les voitures. Un peu plus de verdure, un peu moins de goudron…

Et pour ça, les moyens manquent. Alors, si un promoteur met le paquet, une équipe municipale peut être tentée de lâcher l’affaire. Après tout, il n’y avait sur l’île aucun fast-food et aucun cinéma : ils étaient même à sept ou huit minutes à pied…

Alors, qui se bougera ?

Comme le chanterait Graeme Allwright (Pacific Blues), si c’était l’île de la Cité, les Parisiens ne se laisseraient pas faire — je suis sûr de ça.


Quelques informations et prises de position des dernières années sur les projets successifs pour l'île Héloïse et ses alentours : mars 2016 le vote contre la vente en Conseil Municipal ; octobre et novembre 2015, notre commentatrice Frida sur l'état du bâti d'origine rurale ; mars 2014 : la priorité à donner à l'aménagement de Gabriel Péri ; février 2014 : le potentiel des berges pour des terrains de loisirs sportifs ; janvier 2011 sur le projet de l'équipe municipale de l'époque, inspiré des berges du Rhône à Lyon ; janvier 2011 contre le projet de tunnel et pour une voie sur berge 2x1 voies (au lieu de 2x2) sur le kilomètre de l'île (de Marcel Dassault à la rue Verte) ; novembre 2010 : Monet à Argenteuil, et la promenade.

Pour rejoindre le Comité Jean Vilar, vous pouvez l'indiquer en commentaire de ce billet ou écrire à frederic (arobase) engagespourargenteuil.fr.

P.S. - l'article du Parisien du 23 avril, "La salle des fêtes remplacée par un cinéma et des commerces".

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