Blog d'Engagés pour Argenteuil

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Tag - Impôts locaux

Fil des billets - Fil des commentaires

lundi 28 novembre 2016

37. Travailler avec le privé sans lui vendre, c'est mieux et moins cher !

par Frédéric Lefebvre-Naré

Parmi les tristes singularités du service public à la française, il y a l'habitude de vendre au privé des infrastructures de service public. De lui garantir les recettes et de lui laisser les bénéfices, en échange de quoi ? D'un peu d'argent tout de suite pour boucler le budget de l'année. Et pour l'avenir tant pis.

Un cas qui a fait scandale au niveau national, mais qui s'est bel et bien concrétisé, c'était la vente des autoroutes en 2005. Des dizaines de millards "volés" légalement (?) aux Français par le gouvernement UMP de l'époque.

Un scandale similaire à l'échelle argenteuillaise, c'était la concession à très long terme des parkings et stationnements à Spie Autocité, qui a permis à l'équipe Mothron de boucler son budget avant les élections municipales de 2008 : un contrat invraisemblable qui pèse très lourd dans nos impôts d'aujourd'hui.

L'équipe Mothron remet ça avec la vente du terrain de Jean Vilar à Fiminco pour 7,5 millions : Fiminco se remboursera très largement sur la seule valeur foncière des 145 logements à construire, sans parler des équipements commerciaux et parkings !

Certains de nos concitoyens imagineront peut-être que c'est un mal inévitable. Mais non ! C'est quasiment une spécialité française que l'Europe ne nous envie pas !

En France, quelques groupes privés se sont ainsi constitués en oligarchie, prélevant sur nos impôts des marges énormes, très suffisantes pour acheter une bonne partie de la classe politique (au moins depuis les années Giscard), et bien sûr celle-ci continue alors à lui accorder les mêmes ventes et les mêmes marges. "C'est comme ça, qu'est ce que vous voulez y faire…", entend le simple citoyen militant démocrate…

Mais ailleurs en Europe, quand des équipements relèvent a priori d'une gestion par le privé plus que par des agents publics… eh bien, le public passe un contrat avec le privé pour en assurer la gestion. Un "contrat de gestion". Avec une mise en concurrence, et un cahier des charges. Tout simplement :-) La propriété du terrain, de l'équipement, des droits, reste publique, elle est aux citoyens-contribuables.

Par exemple, c'est sur ce régime que fonctionne le restaurant "Au bout du bar", et avant lui "La cave".

Double avantage !

  • Les citoyens restent copropriétaires des lieux, bien commun ; ils peuvent démocratiquement par la suite en changer l'utilisation. Ils ne sont plus pieds et poings liés.
  • Les entreprises qui vont se proposer sont des professionnels, des spécialistes directement intéressés à ce que ça marche. Alors que dans le régime de la vente ou de la concession à long terme, ce sont les intérêts financiers, spéculatifs, juridiques, fiscaux, qui l'emportent,… et le métier devient secondaire.

Je suis POUR le travail du public avec le privé. Avec des professionnels engagés, passionnés, performants, comme le service public en compte aussi :-) Ça me semblerait très bien que des promoteurs privés de spectacles ou d'événements fassent vivre des équipements comme Jean Vilar, le Figuier Blanc ou les Chais de l'Abbaye, au lieu de les laisser aussi souvent vides — à condition que le service public ait toute la place dont il a besoin pour sa propre programmation culturelle, associative, événementielle.


Attention : pour poser un commentaire, la plateforme Gandiblogs impose de cocher "Je ne suis pas un robot" à 2 reprises, avant de "Prévisualiser" puis avant "d'Envoyer". Merci de résister à ce défaut d'ergonomie et de contribuer de façon aussi riche !

samedi 19 novembre 2016

32. Un projet à 100 millions : c'est bien beau, mais qui porte le risque ?

par Frédéric Lefebvre-Naré

La Municipalité s'est réjouie d'avoir vendu le terrain Jean Vilar 7,5 millions, soit moins que la valeur en terrain â bâtir pavillonnaire, alors que le projet prévoit 145 logements, sans parler les commerces et cinémas.

7,5 millions, c'est aussi une paille dans le budget global d'un mégaplexe tel qu'annoncé : 100 millions d'euros, c'est l'ordre de grandeur. Voire bien plus : le Polygone de Béziers, de même surface, a coûté 200 millions.

Nous pouvons nous réjouir que des professionnels envisagent d'investir autant d'argent à Argenteuil. La Ville n'aurait évidemment pas les moyens de financer un projet pareil sur son budget.

Mais si cet investissement se concrétise (si le terrain ne reste pas en friche), qui le paiera en fin de compte, sinon nous ?

Comme clients bien sûr : nous devrons "surpayer" nos tickets de caisse du montant permettant au promoteur de rembourser ce nouvel investissement et de faire des bénéfices. Ça, c'est dans le meilleur des cas.

Mais s'il n'attire pas assez de clients ? Si le centre une fois construit vivote ? Nous croisons partout en France des centres commerciaux, notamment de centre ville, dans un état de semi-abandon, de plus en plus mal fréquentés, de moins en moins entretenus… Le promoteur cherche à s'en débarrasser, ne trouve pas preneur, et au final présente la facture aux seuls qui ont intérêt à ce que les lieux soient maintenus ou remis en état : les habitants, la Municipalité.

Pile nous payons pour quelque chose, face nous payons pour rien, dans tous les cas c'est nous qui payons.

Cela signifie-t-il qu'il faudrait refuser tout investissement commercial ? Bien sûr que non. Cela signifie que c'est à nous, à la commune et à ses habitants, pas seulement au promoteur privé, d'analyser si le projet est pertinent, potentiellement rentable, réalisé au meilleur coût.

Il est temps de raisonner coûts de chantier, marketing, compte d'exploitation, et pas seulement "la 3ème ville d'Ile-de-France mérite bien ceci ou cela".

Car si nous en restons à ce genre d'argument, la facture défilera dans nos impôts pour des dizaines de millions, tôt ou tard.

Bien sûr, à ce moment-là, la Municipalité pourra toujours dire que c'est la faute à ses prédécesseurs qui ont entraîné la ville dans cette galère (comme pour le coût de l'Hôtel de Ville, du centre aquatique, du Figuier Blanc, etc.) : ça nous fera une belle jambe, à nous qui paierons.

lundi 7 novembre 2016

20. Un projet mal embarqué est un projet qui va nous coûter cher. À nous.

par Frédéric Lefebvre-Naré

Un Argenteuillais qui se disait "tout à fait d'accord avec moi" sur la vente de Jean Vilar et le projet Fiminco, objectait néanmoins : "c'est le promoteur qui va payer" pour les travaux.

Et j'imagine que comme lui, beaucoup d'Argenteuillais trouveront bien que de l'argent privé soit investi à Argenteuil. Moi aussi !!!

Seulement, le rôle d'une Municipalité n'est pas de dire "amen, je vous donne le terrain" à tout projet privé.

Il est aussi d'orienter les investisseurs potentiels vers les projets qui ont le plus de chance de réussir.

Il est aussi de trouver des investisseurs potentiels pour les projets qui ont le plus de chance de réussir.

Ici c'est l'inverse : Monsieur Mothron le reconnaît benoîtement, il donne simplement suite à des contacts pris par son prédécesseur M. Doucet ! Il prétend reconduire en l'état le projet de celui-ci ! Nous l'avions connu plus critique sur les choix de Philippe Doucet !

Ce mégaplexe est-il un besoin urgent de la Ville ? Tellement peu que rien ne figurait à ce sujet dans leurs programmes électoraux.

A-t-il pourtant de bonnes chances de réussir ? En zone inondable, mal situé par rapport à la gare et aux parkings existants, au carrefour le plus bouché d'Argenteuil, séparé pourtant du centre-ville, cumulant des projets bien peu complémentaires — grande salle de spectacles et logements ! jardinerie et cinéma ! bon il y a Truffaut dans les deux cas… — ce mégaplexe a tout pour coûter très cher à la construction et échouer commercialement. Nous y reviendrons.

Quelle sera la conséquence inévitable d'un échec, d'un demi-échec ou même d'un demi-succès ? Le contribuable paiera.

Nous l'avons vu à Côté Seine dont le fonctionnement sollicite la Municipalité à de nombreux titres, le moindre n'étant pas la prise en charge massive des parkings (affaire Spie, le retour).

Et les dégâts pour le centre ville coûtent tout aussi cher, obligeant la Municipalité à prendre en charge les coûts de commerces, après avoir dénoncé l'équipe précédente pour cette même pratique.

Le mégaplexe sur Jean Vilar est prévu deux fois et demi plus grand que Côté Seine[1]. Ça va douiller.

Garanties de recettes, financement public d'équipements complémentaires, transfert au public de parties non rentables, dispenses de taxes, subventions d'exploitations : la palette de ce que le promoteur pourra demander est large. Dans tous les cas, le contribuable argenteuillais sera le payeur. Le payeur unique ; nous le verrons prochainement.


Attention : pour poser un commentaire, la plateforme Gandiblogs impose maintenant de cocher "Je ne suis pas un robot" à 2 reprises, avant de "Prévisualiser" puis avant "d'Envoyer". Merci de résister à ce défaut d'ergonomie et de contribuer de façon aussi riche !

Notes

[1] 40000 m2 de plancher contre 16200 m2.

jeudi 13 octobre 2016

2. Trop d'éléphants blancs à Argenteuil #40JeanVilar

par Frédéric Lefebvre-Naré

Un éléphant blanc est une réalisation d’envergure et prestigieuse, souvent d’initiative publique, mais qui s’avère plus coûteuse que bénéfique, et dont l’exploitation ou l’entretien devient un fardeau financier.

Wikipedia oublie de préciser que le kraal des éléphants blancs s'appelle Argenteuil.

Hôtel de Ville actuel, centre aquatique, Figuier Blanc, Côté Seine, les municipalités Montdargent et "Mothron 1" nous ont légué une belle série de fardeaux financiers.

Le complexe de 40000 m2 + 900 parkings annoncé à la place de Jean Vilar, en serait un bouquet… final.

C'est un réflexe bien regrettable : quand une équipe au pouvoir se sent perdue, quand elle ne voit plus comment redresser une situation qui lui échappe, elle risque de miser tous les moyens qu'elle a, et même ceux qu'elle n'a pas, sur un seul "gros projet" censé, à lui seul, inverser la tendance.

La maladie d'Argenteuil depuis 1978-79, c'est que notre ville, deuxième pôle industriel d'Île-de-France, a vu partir les usines, et avec elles à la fois une richesse pour la Ville (la taxe professionnelle), des emplois pour ses habitants, une culture sociale et politique, une identité.

Et depuis près de quarante ans, les Municipalités accumulent ces méga équipements publics mal copiés d'ailleurs, mal adaptés, mal dimensionnés, mal situés, incohérents entre eux.

Quel effet pour l'identité argenteuillaise, la culture, l'emploi, la richesse de la Ville ? Un effet dévastateur.

Quand on nous dit "il faut bien faire quelque chose", "il faut bien faire comme les autres", un cri d'alarme devrait retentir à nos oreilles : Mensonge !

Faisons des projets pour notre ville, oui, des projets de développement durable, cohérents économiquement et géographiquement, sensés, tout simplement. Et ils marcheront.

- page 2 de 3 -