Blog d'Engagés pour Argenteuil

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vendredi 14 avril 2017

Jean Lassalle vu d'Argenteuil et d'Ile-de-France : sur France Bleu Paris Région

Retranscription de l'interview de Frédéric Lefebvre-Naré ce 14 avril 2017.

Vous êtes d’Argenteuil, où vous êtes classé MoDem, pourquoi avoir rejoint Jean Lassalle ?

— Oui, je suis conseiller municipal d’Argenteuil depuis 2014 ; je n’étais déjà plus au MoDem, mais (il) correspond historiquement à mes idées, de même qu’à celles de Jean Lassalle. On a l’un et l’autre quitté, à des dates différentes, le MoDem, parce qu’on pensait que ce n’étaient plus les bons choix, ce n’était plus ce qui répondait à l’attente et aux besoins des Français[1].

Les Français ne veulent plus « toujours plus d’intégration européenne » : ils se rendent compte qu’ils ont besoin de démocratie nationale.

Ils ne veulent plus toujours plus de technocratie dans les régions, les intercommunalités qui bouffent tout : ils veulent retrouver la démocratie à l’échelle des communes.

Ils ne veulent plus la financiarisation à outrance, la dérégulation, ils veulent reprendre le contrôle sur l’économie : ils veulent des emplois.

Les choix qu’a fait le MoDem ne vont plus dans ce sens-là ; nous pensons qu’il faut être plutôt du côté des Français !

Que propose Jean Lassalle pour retrouver l’emploi, vous venez d’en parler ?

— L’emploi c’est l’essentiel du programme, parce que le chômage c’est la cause des problèmes de la France. Ce n’est pas la conséquence, c’est la cause. Quand 7 millions de gens n’ont pas de boulot ou n’ont pas le boulot qu’ils veulent, tout le monde est paralysé, les gens n’osent pas prendre l’initiative dans leur entreprise, et c’est toute l’économie qui est bloquée.

Qu’est-ce que propose Jean Lassalle ? De commencer dès l’été, sans attendre, en organisant des stages de quelques semaines dans les lycées professionnels, en mobilisant les enseignants volontaires, en mobilisant les lycées…

C’est quelque chose qui n’existe pratiquement pas en France. On peut se recycler sur une année entière ; on peut faire une journée de formation quand on est salarié. Mais des stages de recyclage sur quelques semaines, avec aussi quelques semaines en entreprise qui permettent de découvrir un nouveau métier, ça ouvrirait énormément de possibilités.

J’ajouterai aussi le Service National, que Jean Lassalle veut restaurer ; tous les candidats se sont mis à l’imiter, l’un après l’autre ! C’est important que tous les jeunes commencent dans la vie active avec une expérience réussie sur leur CV, d’une mission qu’ils ont menée en commun, où ils tissent des liens entre eux.

Dans certains pays, les start-ups se créent souvent entre des jeunes qui ont fait le service ensemble, qui ont envie de continuer à entreprendre. Ça serait un moteur très important pour remettre le pays en route.

Encore faut-il que les jeunes soient motivés, que les enseignants soient disponibles, que les entreprises soient prêtes à les accueillir, ce qui est aujourd’hui loin d’être le cas ?

Je crois que les Français veulent bouger, ils veulent faire des choses, ils se désespèrent de voir leurs hommes politiques tourner en rond et faire de la langue de bois.

Je suis sûr qu’il y a énormément d’énergie, de bonne volonté prête. Le plus merveilleux, c’est que le Service National, on nous dit « mais les jeunes, qu’est-ce qu’ils en pensent ? » Demandez-leur ! Il y a des enquêtes qui le leur demandent : la très grande majorité des jeunes sont favorables à un service national obligatoire. C’est qu’il y a une réserve d’énergie dans ce pays, qui ne demande qu’à bouger, mais qui est malheureusement paralysée par le système en place.

Frédéric Lefebvre-Naré, nous sommes en Ile-de-France, une région plutôt urbaine ! Alors que Jean Lassalle, lui, député des Pyrénées-Atlantiques, a plutôt une image rurale, qu’il a tendance d’ailleurs à cultiver. Ce sont quoi, ses arguments pour les électeurs franciliens ?

— Je ne sais pas s’il « cultive » son image rurale…

Il a tout de même écrit un livre qui s’appelle « Un berger à l’Élysée » !

— Absolument ! Mon voisin d’en face à Argenteuil, dans mon quartier précédent, avait été garçon vacher dans sa jeunesse, en Normandie [2], ce n’est pas si loin que ça de chez nous, les bergers !

Un berger, c’est quelqu’un qui sait lire les signes des temps, qui sait voir quand va venir l’orage, et qui sait aider la population à s’orienter, parce qu’il voit, peut-être, de plus haut et de plus loin. Et je crois que c’est ce dont nous avons besoin aujourd’hui.

Quand Jean Lassalle parle des intercommunalités qui paralysent les maires des communes rurales, je vis exactement la même chose à Argenteuil, qui jongle depuis des années entre des intercommunalités qui ne servent strictement à rien, qui nous bouffent notre argent et qui nous paralysent.

Quand Jean Lassalle parle de la financiarisation et de son influence jusque dans les petits villages,… on la voit aussi quand on cherche de l’emploi à Argenteuil.

Jean Lassalle a visité les 30 quartiers les plus difficiles de France, la nuit, à pied, entre minuit et 5 heures du matin… Il est venu à Argenteuil suite aux émeutes d’il y a trois semaines[3], pour rencontrer des gens, y compris des « jeunes », des gens qui peuvent être proches des problèmes qui se sont produits.

Les problèmes de nos petits villages ne sont pas si différents de ceux des grandes cités. C’est, dans les deux cas, un problème d’abandon par les décideurs politiques, de volonté qu’on doit retrouver, de capacité qu’ont tous les Français à se remettre en route ensemble.

Dans le programme de Jean Lassalle, il y a la remise à plat de tous les chantiers du Grand Paris Express, qui sont pourtant attendus, ces transports, pourquoi vous voulez tout remettre à plat ?

— C’est le moins qu’on puisse dire ! Le Grand Paris Express c’est une énorme opération de promotion immobilière, financière, aux mains des grands groupes.

C’est aussi attendu par des milliers de Franciliens qui se disent qu’ils vont avoir bientôt un transport efficace près de chez eux ?

— Pour beaucoup moins cher, on pourrait faire, je vais prendre le cas d’Argenteuil, le tramway du Pont de Bezons au Val d’Argent qui est attendu depuis au moins 25 ans, et dont la rentabilité est prouvée par toutes les études. On pourrait faire la ligne de grande ceinture, qui existe déjà, où il suffirait de mettre des trains de banlieue, dont la rentabilité est archi-prouvée par des études. Mais au lieu de faire ces projets-là qui serviraient à la population, on préfère des projets qui servent aux grands groupes de BTP… Ben non. Il faut revenir à la réalité, à ce qui est démontré, à là où il y a de la population qui veut se déplacer, il y a des lignes qui existent et qu’il faut valoriser.

Dans ce programme, il y a aussi « assurer un toit à chaque personne sans–abri », on est dans une région où on est beaucoup confrontés à ce problème, comment on fait ?

— Oui vous avez tout à fait raison, à peu près une personne sans-abri sur trois est à Paris intra muros, une sur trois en banlieue, une sur trois en province. Paris et la région Ile-de-France sont vraiment particulièrement touchés.

Comment vous leur donnez un toit ?

— Beaucoup de pays y sont arrivés : les Pays-Bas, le Royaume-Uni… En réalité, ce n’est pas très difficile, parce qu’il n’y a pas beaucoup de personnes sans abri, contrairement à ce qu’on imagine parfois, il y en a à peu près 15000. Et pour quelques dizaines ou centaines de millions d’euros, on peut tout à fait y arriver, il faut simplement cibler ces populations-là, au lieu de dépenser tout l’argent dans une politique du logement ou dans une politique d’hébergement social qui n’atteignent pas les personnes à la rue.

Merci beaucoup, Frédéric Lefebvre-Naré, porte-parole de Jean Lassalle, d’être passé ce matin par France Bleu !

— Merci et bonne journée sur France Bleu !


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Notes

[1] Les paragraphes suivants correspondent plus à la raison pour laquelle Jean Lassalle a quitté le MoDem. J'ai raconté sur mon blog comment j'ai quitté le MoDem quand il s'est aligné nationalement sur un camp politique, fin 2013, en refusant de prendre en compte la diversité des communes.

[2] et même à Argenteuil !

[3] 8 semaines en fait !

jeudi 17 décembre 2015

Grand Paris et "T5" au Conseil Municipal, 17 décembre 2015

par Frédéric Lefebvre-Naré

Georges Mothron indique avoir reçu l'arrêté instituant le territoire "T5" où Argenteuil est associée à Colombes, Bois-Colombes, Gennevilliers, Villeneuve-la-Garenne, Asnières et Clichy.

Nous devons donc élire, parmi les 24 conseillers communautaires actuels, 2 conseillers métropolitains (du Grand Paris) et 18 autres conseillers "territoriaux" pour le T5. L'élection se fait à la proportionnelle par le Conseil Municipal.

12. Election des conseillers métropolitains et territoriaux

Georges Mothron propose comme conseillers métropolitains Georges Mothron et Gilles Savry.

"La parité", remarquent des conseillers d'opposition…

L'opposition ne propose pas de candidats. Les candidats de la majorité sont donc élus à "l'unanimité des votants".

Deuxième vote, portant sur les 18 autres conseillers territoriaux.

La liste de la majorité est annoncée par Georges Mothron comporte de nombreuses personnes qui ne sont pas Conseillers communautaires ! L'opposition le lui fait remarquer !

Philippe Doucet : "vous devez présenter 14 noms de conseillers communautaires". "Pas de souci", répond Georges Mothron.

Philippe Doucet : "on va être facilitateurs, une fois de plus" — et propose 4 noms avec la parité : Philippe Doucet, Chantal Colin, Fabien Bénédic et Renée Karcher. "Si vous pouvez nous rappeler la liste des 14 premiers ?" Le Maire le fait, cette fois-ci avec 14 conseillers communautaires.

La liste ainsi composée est adoptée à l'unanimité.

13. Mission d'assistance à la création du T5

Xavier Péricat présente cette proposition : le T5 exercera ses compétences dès le 1er janvier 2015 mais devra aussi définir son projet, le périmètre de ses compétences (parmi celles non obligatoires), d'ici le 1er janvier 2018, en "bénéficiant des effets de synergie". "Les élus et les services ont engagé un travail afin d'anticiper ces changements institutionnels profonds, mais nous avons besoin jusqu'en 2018 de l'assistance de spécialistes".

"La convention va permettre de payer cette mission au prorata des populations des villes. La commune de Gennevilliers s'y colle pour engager les premières dépenses, premier acte du T5".

Georges Mothron lui répond "Ne dites pas que le premier acte de ce territoire sera une dépense !"

J'interviens dans les termes suivants :

M. Péricat l'a pourtant bien dit…

J’ose à peine, Monsieur le Maire, Mesdames et Messieurs les Conseillers, rappeler les péripéties rocambolesques que vous avez fait vivre aux Argenteuillais depuis deux ans.

Vous avez commencé, au lendemain de votre élection, par convoquer un Conseil prétendument urgent, pour diviser par 2 le nombre de Conseillers d’Agglomération. Évidemment, vous avez été condamné par le Tribunal Administratif.

Vous avez ensuite fait un esclandre au sortir du premier Conseil Communautaire, en vous disant prêt à adhérer à n’importe quelle agglomération pourvu que ce ne soit pas Argenteuil-Bezons. Ayant défini cette brillante position de négociation, vous avez vu les communes Valdoisiennes vous claquer la porte au nez, et n’avez dû votre salut qu’à l’amendement du député Philippe Doucet permettant à Argenteuil d’adhérer au Grand Paris.

Vous avez fait voter ce Conseil sur une dissolution d’Argenteuil-Bezons un an avant la création du Grand Paris, qui a été évidemment retoquée. Vous avez fait voter par ce Conseil les adhésions successives à une série d’associations intercommunales d’études ou de préfiguration ou de négociation, qui n’ont rien pu étudier ni préfigurer ni négocier. Vous avez fait voter l’adhésion d’Argenteuil à l’agglomération composée de Puteaux et Courbevoie, et c’était tellement bien entendu avec ces deux villes, que Puteaux-Courbevoie n’a même pas délibéré sur l’adhésion d’Argenteuil. Vous aviez d’ailleurs dit à ce Conseil et dans la presse, pour démontrer la continuité territoriale entre Argenteuil et Courbevoie, que le maire de Bois-Colombes était prêt à adhérer, alors qu’il s’est toujours prononcé contre.

Et enfin bref, maintenant que le gouvernement a décidé — contre votre avis et contre le mien personnel d’ailleurs — la création d’un territoire « T5 » autour de Gennevilliers, vous vous répandez en tweets, articles et déclarations enthousiastes, nous expliquant que votre grand pari est gagné, que le travail collectif avec les 6 autres communes c’est génial, « un travail collaboratif engagé depuis plusieurs mois » (donc pendant que vous faisiez voter votre opposition à ce T5), c’est merveilleux.

La loi attribuait à Argenteuil le siège de l’établissement public territorial ! Au moins c’était un aspect intéressant, quelques emplois chez nous et un centre de décision. Mais non, le T5 c’est tellement merveilleux que vous avez abandonné purement et simplement cette prérogative d’héberger le siège du territoire, et l’avez cédée à Gennevilliers !

Dans ce monde de coopération et de cadeaux généreux, vous voulez faire voter un budget de 165000 euros, dont 41250 à la charge d’Argenteuil, pour quoi ? Pour demander à des consultants privés comment organiser ce territoire et écrire ses textes constitutifs ! Demander à des consultants privés d’organiser, non pas le service public, ce qui peut se comprendre, mais d’organiser les pouvoirs publics !

Pour avoir dirigé pendant 8 ans un cabinet de conseil au secteur public, j’aurais sûrement plein d’anecdotes à raconter, mais celle-là, elle est forte.

Pour justifier ce recours, il nous a été expliqué en Commission que les 6 autres communes étaient des communes isolées qui n’ont pas l’expérience du travail communautaire et qu’il faudra donc leur apprendre. Mais il ne vous aura pas échappé qu’Argenteuil a l’expérience de la coopération intercommunale, fait d’ailleurs aujourd’hui partie d’une agglomération, et récupérera au 1er janvier plus de 300 agents venant de l’Agglomération, dont des juristes, des financiers et autres cadres dirigeants.

Peut-être me diriez-vous qu’un territoire du Grand Paris c’est différent d’une agglomération, et que ça change tout. Effectivement il y a encore beaucoup d’inconnues et d’allers-retours avec l’État sur l’organisation du Grand Paris. Mais qu’est-ce que les consultants pourront faire ? Prendre leur téléphone et appeler les Ministères, ou les Préfets, ou d’autres territoires mieux informés. Et une fois qu’ils auront pris leur téléphone ? Ils devront rendre compte « au comité technique composé des directeurs de cabinet et directeurs généraux de services des villes » et ensuite au « comité de pilotage composé des maires des 7 communes ».

Alors si le T5 a une chance de coopérer un jour, je vous suggère de commencer maintenant. Que les Maires, leurs directeurs de cabinet et leurs directeurs généraux de services détachent pour quelques mois des cadres de leurs services juridiques ou financiers, les fassent travailler ensemble sur un même lieu (que ce soit Argenteuil ou Gennevilliers), comme ferait un cabinet de conseil, et ça sera à mon avis, plus rapide, plus efficace, et surtout, plus durable ; parce que les compétences acquises pendant cette mission resteront au lieu de repartir avec les prestataires privés en fin de mission.

Et si ça ne suffit pas, le Règlement Intérieur de notre Conseil, et certainement ceux des autres communes, autorisent à constituer une mission composée d’élus ; par exemple en anticipant des groupes de travail du futur conseil du territoire, ou en mobilisant les compétences juridiques ou financières, ou en organisation, qui sont je crois assez nombreuses dans les Conseils des différentes villes.

Donc le privé, ça peut aider pour organiser le service public, mais s’il s’agit de coopérer entre territoires, coopérons directement entre territoires. Une mission privée d’assistance nous semble à la fois inutilement coûteuse, et potentiellement contre-productive ; nous voterons contre et vous appelons, Mesdames et Messieurs les Conseillers, à faire de même.

Philippe Métézeau répond tout à fait à côté de mes propos (si je peux me permettre) — "on aurait bien aimé avoir plus de temps" (2018, tout de même !…) grâce à une meilleure collaboration de l'Agglomération à sa propre dissolution. "Je regrette que vous n'ayez pas donné vos bons conseils à vos amis de la Communauté d'Agglomération. Je ne demande pas votre indulgence mais votre attention et une certaine équité."

Georges Mothron précise que le vote de cette mission porte sur la prospective d'un territoire qui existera tandis que "l'Agglomération vient de faire réaliser à 7000 € une prospective de ses finances après 2015" (date de sa dissolution).

Bref… la majorité vote pour et l'opposition contre.

14. Continuité du service public à la création de l'EPT T5

Dispositions juridiques autorisant la commune à loger et employer les agents venant de l'Agglomération dans l'attente de la constitution du T5.

L'opposition ne prend pas part au vote, estimant que ces dispositions sont la conséquence de la dissolution de l'Agglomération, décision de la seule majorité.

15. Décision modificative du budget 2015

Xavier Péricat annonce l'intention de répondre, par cette délibération, à "un certain nombre de donneurs de leçons présents dans la salle" :-)

Il estime que l'Agglomération est en quasi-cessation de paiement, les agents du Trésor Public le confirment (selon lui), et doit 3 millions à la Ville.

Il rappelle l'affaire de la dette Azur, déjà évoquée plusieurs fois ici : la Chambre Régionale des Comptes avait chiffré à 2 millions ce que l'Agglomération devait à Azur, et à 1,2 millions sa dette envers la Ville pour les personnels mis à disposition.

La Ville provisionne donc 3 M€ d'impayés.

Le plan d'économies de la Municipalité a permis selon Xavier Péricat 2 M€ d'économies de masse salariale, 4,3 M€ d'économies sur les souscriptions d'emprunts, 3,6 M€ de frais financiers.

Par ailleurs les recettes sont meilleurs que prévues, avec un Fonds de péréquation (FPIC) notifié à 1,42 M€, et 431 000 € de recettes fiscales supplémentaires.

Philippe Doucet répond qu'on va "redire les mêmes choses" que d'habitude — "on ne se lasse jamais des présentations de Xavier Péricat et de sa science des chiffres : 12ème de liste aux élections régionales, il se voyait élu alors qu'il n'y a que 8 élus."

Philippe Doucet décortique les 9,9 M€ d'économies :

  • Côté emprunts, les dépenses sont simplement reportées aux exercices suivants ;
  • Concernant le FPIC, vous allez devoir refaire votre campagne sur les panneaux Decaux ! Pensez à expliquer que les dotations à Argenteuil augmentent !

(Par ailleurs, concernant les 2 M€ de masse salariale, seuls 1/3 sont liés au non-renouvellement d'agents contractuels. Le reste, 1,3 M€, correspond à des rémunérations des agents titulaires inférieures de 3% aux projections du budget initial).

Philippe Doucet répond sur la trésorerie de l'Agglomération, "largement positive", et "parfaitement équilibrée au 31 décembre, conformément aux projections faites avec le Trésor Public, vous mentez".

Quant aux refacturations par la Ville, "on en attend toujours les justificatifs. Et l'Agglomération attend toujours de son côté 1,3 M€ dûs par la Ville."

"Nous allons suivre avec intérêt l'évolution financière du Territoire T5, et nous craignons que la dissolution de l'Agglomération ne coûte cher à Argenteuil et aux Argenteuillais."

Georges Mothron persiste à prétendre que les dotations d'État ont baissé !!! Manifestement, il n'est pas fâché avec les chiffres, il les ignore simplement.

Georges Mothron maintient que la trésorerie de l'Agglomération est "extrêmement tendue".

Pour Xavier Péricat, Philippe Doucet est "dans le déni" : "c'est au prix de 400 non-renouvellements de contrats, qu'il n'y a pas eu de mise sous tutelle."

Au passage, bientôt plus de batterie pour le liveblogging… désolé, la suite sera en différé !

16. Avance de trésorerie avec T5

Nous ne participons pas au vote sur cette délibération technique liée à la mise en place de l'EPT.

lundi 16 novembre 2015

Délibérations de ce jour : positions d'EpA

par Frédéric Lefebvre-Naré

La Municipalité avait prévu 19 votes ce soir. Comme indiqué dans le billet précédent, j'estimais indigne de reprendre les affrontements municipaux en plein deuil national. J'avais adressé hier dimanche, au Maire et au président du groupe d'opposition le message suivant :

Monsieur le Député, Monsieur le Maire,

Je publiais à l’instant sur le blog d’EpA des extraits de l’allocution du maire de Pau devant le Conseil Municipal extraordinaire qu’il a convoqué hier (samedi).

Cette relecture m’inspire la réflexion suivante :

Il serait désolant que le Conseil Municipal d’Argenteuil se passe cent coudées plus bas, donne le spectacle de rivalités entre structures locales d’habitat social ou d’autres débats certes importants, mais infiniment moins importants.

Puis-je vous faire la suggestion suivante ?

  • que le débat en Conseil soit limité aux événements nationaux ;
  • que, si certains sujets doivent impérativement être votés rapidement pour des raisons administratives, l’ordre du jour soit limité à ceux-ci (et éventuellement aux délibérations qui recueilleraient l’unanimité et pourraient être votées sans débat).

Et que, après concertation entre les présidents des deux groupes, les points qui ne feraient pas l’unanimité du Conseil soient retirés de l’ordre du jour et reportés.

Vous en remerciant d’avance,

Le Maire a maintenu son ordre du jour, et j'approuve pleinement la décision de l'opposition, présentée par son Président de groupe, de ne pas participer au spectacle d'un affrontement municipal.

Cependant, il me semble devoir témoigner que nous étions prêts à défendre, sur chacun des sujets municipaux, des choix précis et argumentés. Voici, en résumé, les miens, fruits de la discussion des adhérents et sympathisants d'EpA.

1. Sur l'installation de Pierre Abrinas au Conseil, remplaçant Claudine Elisseev démissionnaire : j'aurais pris acte de cette installation, et n'aurais pas participé au vote sur la répartition des indemnités entre élus. Cette nouvelle répartition ne change rien, sinon qu'elle ramène l'adjointe et le conseiller délégué qui ont perdu ces qualités, au niveau d'indemnité des conseillers sans délégation appartenant à la majorité, soit 7,5% de l'indice de référence (contre 5% pour les conseillers de l'opposition).

1bis. Accord entre les communes et le préfet pour que, à compter du 1er janvier 2016, Azur ait en charge le ramassage des ordures ménagères. Il fallait bien voter pour. Car sans cela… eh bien, elles pouvaient s'entasser dans les rues : leur ramassage relève du Territoire (composante du Grand Paris), qui n'est pas constitué. Vide-(ordures) juridique qui illustre la confusion dans laquelle baigne le projet de Grand Paris, six semaines seulement avant sa création effective.

2. "Motion de sauvegarde d'AB Habitat" : la Municipalité présentait un torchon d'une page et demie, comprenant 8 fautes de français, comme motion à adresser au Préfet pour l'inviter à confier le patrimoine et les missions d'AB Habitat à un office public de HLM, par exemple Hauts-de-Seine Habitat ou Val d'Oise Habitat, et non à la coopérative Seine-Accession. J'aurais voté contre pour deux raisons :

  • Adresser au Préfet un texte aussi lamentable déconsidère Argenteuil. Même un opposant doit s'opposer à ce que sa Municipalité se ridiculise.
  • Le texte ne traite nulle part du vrai sujet. Le vrai sujet de l'attribution des logements sociaux d'Argenteuil, c'est que les Argenteuillais en difficulté économique, mal logés ou sans logement, avec handicap en particulier, aient la priorité pour accéder aux logements sociaux, indépendamment de toute considération de clan ou de toute influence politique. Pour cela les commissions d'attribution doivent être publiques (ouvertes au public, aux journalistes, aux associations), et les dossiers anonymes bien entendu. Ça se passe comme cela à Paris ou à Plaine Commune. Nous invitons le Préfet à retenir celui des Offices qui s'engagera sur cette transparence des commissions d'attribution, quel que soit son statut ou son historique.

3. Mise à disposition de la Sainte Tunique : j'aurais voté pour. Cette relique conservée dans la Basilique Saint-Denys fait partie du patrimoine de la Ville. Pour le pèlerinage prévu au printemps prochain, l'Église catholique souhaite faire des travaux de restauration de la Tunique et du meuble dans lequel elle sera présentée (le reliquaire). L'Eglise catholique a obtenu qu'un mécène privé finance ces travaux qui n'auraient donc pas de coût pour le budget de la Ville.

Bien sûr, l'accueil des pèlerins — 150000 prévus — occasionnera des frais significatifs, et mobilisera du personnel et les élus. Mais, un peu comme le passage du tour de France quelques semaines plus tard (!), nous nous réjouissons qu'Argenteuil soit un point d'attraction et de rassemblement !

4. Elaboration et mise en œuvre du Plan Communal de Sauvegarde : vote pour. Ce Plan, qui reste à préparer, plus précisément à actualiser, réunira une douzaine de dispositifs d'urgence liés aux divers risques industriels, météorologiques, etc.

5. Conseil municipal des Jeunes : les jeunes sont élus dans ce conseil établissement scolaire par établissement scolaire. Certains établissements n'ont pas participé, ou peut-être pour certains, n'ont pas eu de candidats. La Municipalité envisageait de compléter l'effectif de ce Conseil en faisant appel à un plus grand nombre de jeunes des établissements participants. Je me serais sans doute abstenu, car il me semblerait plus judicieux de trouver une solution pour faire participer des jeunes de tous les quartiers et établissements.

6. Règlement intérieur des espaces jeunesse : ils seraient élargis aux enfants de 11 ans (au lieu de 12 comme limite d'âge). Soit, mais ce changement suggère que les espaces jeunesses ont du mal à attirer les grands adolescents ; car il est difficile de réunir les 11 ans et les 17 ans dans les mêmes lieux et activités. Or la priorité, là encore, me semble devoir être aux grands adolescents, en particulier ceux en difficulté scolaire et en désinsertion sociale. S'ils ne viennent plus, c'est aux espaces jeunesse d'aller à eux. Je me serais sans doute abstenu.

7. Règlements des maisons de quartier et des sorties familiales : après lecture, les différentes dispositions me semblent équilibrées et judicieuses. J'aurais voté pour.

8. Attribution du bail commercial du 17, rue PVC ("Michel Ponsolle") à un laboratoire médical. Ce choix ne me semble pas le plus heureux. D'une part, sur ce site face au "Volcano Lounge", un commerce ou un restaurant aurait été le bienvenu. Mais s'il s'avérait trop difficile de faire venir un commerce, il y avait un autre sujet (qu'un militant argenteuillais de longue date a porté à notre attention il y a quelques jours, merci à lui).

C'est le problème de l’accessibilité, aux personnes à mobilité réduite, des cabinets de médecins libéraux. Y a-t-il un seul cabinet « accessible » en centre ville ?…

Le site du 17 rue PVC, qui semble représenter plus de 150m2 de plain-pied sur rue, avec un parking proche pour les valides (Géant) et la possibilité de marquer des places "H" rue du Moulin, juste devant, nous semblerait approprié pour créer un local médical aux normes d’accessibilité.

C’est un projet potentiellement (très) rentable, qui pourrait être porté par un investisseur aussi bien que par le public. Et proche de la gare comme du centre, il pourrait faciliter l’implantation de jeunes médecins — puisque la génération de médecins, généralistes ou pédiatres, qui arrive à la retraite ne trouve guère de remplaçants.

J'aurais donc plutôt voté contre l'attribution de ce bail commercial au laboratoire — d'autant qu'il y en a deux autres à proximité immédiate.

9. Cession d'un étage de l'immeuble 82 boulevard Heloïse (anciens bureaux de Pôle Emploi) à Hauts-de-Seine Habitat, pour y créer des logements en accession sociale à la propriété.

La Ville a exercé son droit de préemption sur cette surface, que le propriétaire avait vendu pour qu'y soit créée une résidence étudiante. Ce projet nous semblait très judicieux, le logement étudiant étant presque inexistant sur Argenteuil, et l'immeuble est très bien situé par rapport aux transports en commun (gare comme Pont de Bezons… à portée de vélo). De plus, venant d'un espace de bureaux, la transformation en résidence étudiante semble plus simple et moins coûteuse, qu'en plusieurs logements indépendants. J'aurais voté contre ce choix de la Municipalité, donc en faveur du projet antérieur de résidence étudiante.

10. Vente d'un terrain 54 rue des Déserts, qui était réservé pour une "circulation douce" près des berges de Seine, mais cette circulation passera ailleurs : j'aurais voté pour la vente, avec une question cependant sur la valeur au m2, qui me semblait très faible.

11. Régularisation foncière "Monet" : échange de parcelles entre la Ville et AB Habitat suite aux travaux de résidentialisation. Pour.

12. Régularisation foncière liée à une rampe d'accès aux personnes à mobilité réduite, le long de l'école Pierre Brossolette… mais partiellement sur un terrain AB Habitat : Pour.

13. Désaffectation de l'impasse de la Nonaise, vendue comme terrain privé, au propriétaire de la seule maison qu'elle desservait : pour. C'est plutôt une régularisation.

14. Convention avec l'Association Départementale pour l'Information sur le Logement en Val d'Oise : pour ce renouvellement. J'ai demandé en Commission que les horaires des permanences et les coordonnées de l'association soient mentionnés sur la page de l'Agence de l'Habitat, sur le site de la Ville[1].

15. "Charte du Bien-Vieillir dans le Val d'Oise" : du culot, alors que la Municipalité supprime cette année les "paniers" et le repas de Noël des seniors. Cela méritait de ne pas participer au vote sur cette "Charte".

16. Partenariat avec le Comité Départemental d'Education à la Santé dans le Val d'Oise : pour, mais je regrette qu'il n'y ait pas, pour justifier ce renouvellement, un bilan 2014 des résultats obtenus par le CODES, à Argenteuil notamment. Seul le rapport d'activité 2013 semble disponible sur son site.

17. Convention avec l'Agence Régionale de Santé pour 2015 : un des multiples petits robinets par lesquels la Ville fait cofinancer les activités des Centres Municipaux de Santé. Pour, mais là encore, de convention en convention, l'information manque sur les publics effectivement atteints comme sur les résultats obtenus.

18. Désignation de représentants du Conseil Municipal dans diverses instances (en remplacement de Claudine Elisseev, et d'autres changements) : ces désignations concernent uniquement des élus de la majorité ; je n'aurais pas pris part au vote.

Notes

[1] Phrase corrigée, un correspondant me faisant judicieusement remarquer que ces informations figurent sur l'annuaire, sur le même site.

vendredi 16 octobre 2015

"Opération d'Intérêt National" : une bonne surprise, à condition…

Le classement de quartiers dégradés d’Argenteuil en 'Opération d’Intérêt National' est une bonne surprise, si elle apporte les moyens financiers qui manquent aujourd’hui pour transformer ces quartiers.

Le pont-aqueduc (ou pont de Colombes)

La Porte Saint-Germain, en bord de Seine face au pont-aqueduc, peut devenir un quartier agréable, vert et harmonieux, complémentaire du pôle de bureaux qui se développe à partir de Bezons. Mais attention, le pont-aqueduc est déjà saturé et les gares sont loin : densifier ce quartier serait irresponsable !

Le quartier des gares est en état lamentable entre bâtiments industriels délabrés, et marché laissé à l’abandon : il est urgent d’y ramener la ligne Tangentielle qui arrive maintenant à Épinay, et de recréer à cette occasion un pôle de vie, de travail et d'échanges, à l’image de ce que la gare a signifié, depuis 1863, pour Argenteuil.

Si ces transformations n’ont pas eu lieu ces dernières années, ce n’est pas faute de volonté des municipalités successives : c’est parce que les coûts de dépollution, et de remise à niveau des voiries et infrastructures urbaines, dépassent les moyens de la Ville et de l’Agglomération.

Cette "Opération d'Intérêt National" pourra donc être un succès, et pas seulement un jeu d’écritures, si elle s’accompagne de moyens financiers de la part de l’État, et d’une concertation étroite avec les élus municipaux.

Engagés pour Argenteuil appelle l’État et la Municipalité à s’engager dans ce sens.

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