Blog d'Engagés pour Argenteuil

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Tag - Espaces verts

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mercredi 13 septembre 2017

Six scoops sur le bétonnage de l'île d'Argenteuil

La mobilisation suscitée par le comité Jean Vilar (entre autres !) commence à porter des fruits : interrogé pour la Gazette / l'Écho régional, le premier adjoint au maire "balance" plusieurs scoops !

Gazette_Jean_Vilar_13sept17.png

1.

Les associations ont été informées qu’elles organiseraient leurs manifestations, à partir du mois de février prochain, dans une structure provisoire au Val Nord, à côté de la Halle des sports Roger-Ouvrard, le temps des travaux.

Cette structure provisoire, à construire tout de même sur dalle béton, pourra-t-elle réellement être prête début février, dans 4 mois 1/2 ? La Commission d'Appel d'Offres vient d'en délibérer le 8 septembre et il y a encore des procédures avant le premier coup de pelleteuse !

2.

Le projet lui-même se précise, avec

145 logements, 3000 à 3500 m2 de surface alimentaire, 1150 m2 de magasins d’ameublement et décoration, 2 000 m2 de magasin de bricolage, jardinerie et animalerie, 2300 m2 pour l’équipement de la personne, 2000 m2 pour les jouets, 4500 m2 pour le sport, cinq restaurants avec terrasses

en plus de la future salle de spectacles et du multiplexe. Autrement dit, à 400 mètres de là, Côté Seine (inauguré par le précédent mandat Mothron) et le Figuier Blanc (lancé sous le précédent mandat Mothron) vont être vidés de leur substance, de même que la restauration de centre ville.

3.

"Concernant les tarifs aux associations, cela fait débat. Mais il n’y a pas de raison qu’ils changent. Les associations auront toujours la Ville comme interlocuteur,"

dit M. Péricat. Autrement dit, la Municipalité, tout en se présentant comme seul interlocuteur… ne prend pourtant aucun engagement !

4.

Concernant la destruction des arbres, Xavier Péricat reconnaît cette réalité. "D’autres arbres seront replantés."

Tiens donc ! Le PLU n'exige plus que 0 arbre en pleine terre, et 1 arbre en pot tous les 500 m2. Comment comparer cela au cèdre, ou aux platanes témoins du parc qu'avait peint Claude Monet ?

5.

Concernant l’information sur le projet, pour l’élu, "celle-ci a eu lieu. Le conseil municipal, qui est une séance publique, avait convié Fiminco à présenter le projet le 13 décembre 2016."

Tiens donc !!! C'est à ce même conseil du 13 décembre que le Maire, Georges Mothron, avait déclaré "j'organiserai une réunion publique en mars" ! Est-ce lui ou son premier adjoint qui a mangé la commission ?

6. Enfin…

Xavier Péricat estime que la Municipalité ne décide plus grand chose, qu'elle a laissé les clefs au promoteur !

"c’est aussi un projet privé. Nous n’avons pas la maîtrise d’ouvrage."

Ce qui est totalement illégal :

"Lorsqu’une collectivité décide de réaliser une opération d’aménagement, elle peut

  • soit la réaliser en régie directe (= elle-même),
  • ou déléguer son animation ou son exécution à un mandataire,
  • soit confier la réalisation de l’opération à une personne publique ou privée ayant vocation à réaliser ce type d‘opérations par le biais d’un contrat de concession d’aménagement, de marché public, ou même sous certaines conditions utiliser la quasi-régie,
  • Un autre mode plus exceptionnel s’est ajouté, limité cependant à certains contextes précis, le contrat de partenariat public-privé."

La seule possibilité exclue par la réglementation, c'est de vendre le terrain à un tiers en lui laissant la maîtrise d'ouvrage ! Quelle que soit la façon dont elle fait appel au privé, la collectivité doit rester aux commandes !

Assumons nos responsabilités de concitoyens, de commune : à nous, et non à un promoteur, de décider ce que va devenir l'île d'Argenteuil !

mercredi 31 mai 2017

Alphonse Allais voulait construire les villes à la campagne. Argenteuil met les espaces verts en l'air.

par Pierre Belot, avec EpA

La modification du PLU, entraînée par le projet de multiplexe, a fait l'objet d'une enquête publique dont le rapport vient d'être publié.

Première remarque, quand je dis multiplexe, c'est pour faire plus court que le pompeux "Pôle à dominante culturelle, de loisirs et de commerces" (qui deviendrait rapidement PDCLC).

Deuxième remarque : on peut se demander à quoi sert le PLU si, dès qu'un projet pointe son nez, on lui taille un profil ad hoc. La modification ne consiste qu'à décrire et approuver ce projet qui va à l'inverse du PLU… précédent.

Venons-en au vif du sujet. Un projet, a priori, c'est positif. Un projet de construction, c'est encore mieux. Ça génère de la valeur ajoutée donc de la croissance ; on nage dans le bonheur. Si en plus la finalité est de faire consommer, alors les compteurs explosent. Dans ce cas de figure, n'essayez pas d'émettre la moindre critique. A moins d'opposer un argument légal, vous allez dans le mur.

On en est là. Dans ce rapport, les objections sont pertinentes, à tel point que certaines suscitent même des questions complémentaires du Commissaire-Enquêteur. Mais les réponses de l'EPT (le Territoire "T5", censé porter le projet) ne sont pas à la hauteur. Cela va de la conversation de sourds à l'argument d'autorité. Il s'agit d'un pur exercice académique. Il faut répondre. Point.

A nouveau pour faire court, je branche le décodeur de novlangue sur les questions et les réponses, et cela donne ceci :

  • Problèmes de circulation ? — Ce n'est pas encore étudié, mais on y veillera.
  • Espaces verts ? — En toitures.
  • Impact sur les commerces existants ? — Tous les commerces de Centre-ville doivent y gagner (ben voyons !).
  • Impact sur les cinémas ? — Les offres seront complémentaires. (Si le multiplexe choisit le cinéma commercial, le Figuier Blanc est coulé)
  • Pourquoi vendre au privé ? — Les objectifs du PLU seront respectés (?)
  • Remplacement de la salle Jean Vilar par une salle privée ? — Pas de réponse sur le futur coût de location.

Juste pour rire, voici la réponse au problème d'espace vert, sans le décodeur :

« La vocation de développement d’un pôle culturel, commercial et de loisirs, renforçant l’attractivité du centre-ville, nécessite une densité d’occupation du sol au sein de la zone UGP3. L’offre en espaces verts est développée de ce fait en toitures et hors sol, afin d’intégrer des éléments de végétalisation de manière innovante et de créer des espaces qualitatifs confortant son identité ».

L'espace vert hors sol, en voilà une belle innovation, une innovation qualitative confortant l'identité. Alphonse Allais voulait construire les villes à la campagne, mais il ne pensait pas que les architechnocrates du XXIe siècle inverseraient sa boutade. Pour recréer la campagne à la ville, il suffit de remettre sur le toit les espaces verts qu'on détruit au sol. Les oiseaux apprécieront.

On pourrait aussi discuter longtemps sur la volonté de "créer un signal urbain fort en entrée de ville". Encore des mots à la mode sous la plume des technocrates. J'ignorais ce désir des Argenteuillais que je voyais plutôt attiré par la reconquête des berges de la Seine.

Vous croyez que les automobilistes bloqués sur le pont d'Argenteuil ne perçoivent pas suffisamment le signal urbain fort en entrée de ville ?

mercredi 1 mars 2017

41. 45 mètres de haut sur l'île Héloïse #40JeanVilar

par Frédéric Lefebvre-Naré

Ce blog a consacré une quarantaine de billets aux raisons toutes suffisantes d'arrêter le projet de destruction de Jean Vilar, la vente du terrain au promoteur Fiminco censé bâtir sur cette parcelle de 22000 m2, où tiennent tout juste Jean Vilar, son parking et quelques beaux arbres, une multitude d'équipements tous différents.

À ma surprise, il y en a une 41ème : le projet est pire que tout ce que j'avais imaginé.

Nous nous inquiétions de la concurrence directe entre ce nouveau centre commercial et Côté Seine : trop loin pour être desservis par le même parking, trop près pour attirer une clientèle différente. Et Côté Seine a de la marge de développement.

Mais au moins, la Municipalité annonçait des types de commerces nouveaux, absents de Côté Seine.

Eh non : Gilles Savry annonce maintenant prévoir un supermarché. Concurrence directissime.

Nous nous inquiétions du bétonnage d'un espace historiquement naturel. C'était l'un des arguments de notre recours, avec le Comité Jean Vilar, contre la décision de la CDAC.

Mais le Maire assurait vouloir un projet vert, préservant le plus possible d'arbres.

Eh non : le PLU qu'il propose annonce 80% d'emprise au sol, et un arbre tous les … 1000 mètres carrés seulement. Comprendre que ceux dans le square actuel seraient conservés, que l'élégant jardin entre Pierre Dux et Héloïse sauterait, et que pour le reste il faudra se contenter de pots de fleurs.

Je pensais que le bâtiment monterait à au moins 20 mètres, voire 30.

Mais la Municipalité insistait sur sa bonne intégration avec le centre ville : il masquerait même certains éléments architecturaux peu appréciés de l'actuelle entrée de ville…

C'était peu dire ! Le PLU prévoit de monter à 45 mètres sur 8% de l'emprise, soit 1800 mètres carrés (30 m x 60 !) ! Et à 30 mètres de haut sur 24% de plus, soit 5400 m2 ! C'est le "château" de l'école de Musique qui va être écrasé, avec ses 8 ou 10 12 ou 15[1] mètres de haut.

La présentation du projet indique "répondre à des objectifs de densification". C'est peu dire.


Et ce soir 1er mars, la Municipalité présentera son "rapport sur le développement durable d'Argenteuil", avec de belles perspectives sur 2017 et au-delà, mais sans un mot, m'a-t-il semblé, sur ce projet aberrant.

Attention : seule la mobilisation des Argenteuillais(es) pourra l'arrêter. Sinon, peut-être s'arrêtera-t-il de lui-même en 2019 ou 2020 faute de viabilité économique, mais en nous laissant en entrée de ville une nouvelle friche Henri Barbusse, un nouveau trou Balzac et une salle de fêtes provisoire, en toile en ou algeco, aussi peu "durable" que le grand projet du Maire.

Pour dire STOP, il y a un cahier d'enquête publique en Mairie, service Droit des sols au rez-de-chaussée à gauche, ouvert en permanence (sans passer par la file d'attente de l'accueil) aux heures d'ouverture de l'Hôtel de Ville.

Notes

[1] 3 étages et un toit. Sans doute plus de 15 mètres pour le clocheton ! Correction du 17 janvier 2018.

mercredi 9 novembre 2016

22. Non à Fiminco car il y a un meilleur projet : celui de Georges Mothron, "Quai de Seine"

par Frédéric Lefebvre-Naré

Ce lundi, avant la victoire pas tout à fait annoncée mais plausible de Donald Trump, je faisais une pause dans la série des 40 raisons toutes suffisantes de dire NON à la vente de Jean Vilar au promoteur Fiminco, et à son projet de 40000 m2.

Je proposais de "réfléchir ensemble à l'avenir de cet espace, cœur et patrimoine d'Argenteuil", et demandais : "Que suggéreriez-vous pour Jean Vilar ? Pour les commerces, les logements, les spectacles, le cinéma à Argenteuil, l'accès aux berges de Seine ?"

Les trois premières réponses ont consisté à me retourner la question ! J'espérais mieux :-) mais cette réaction est légitime : une lectrice ou lecteur de nos critiques envers ce projet insensé, peut bien se demander si nous avons en tête des projets sensés.

Évidemment, la question du meilleur projet restera ouverte — tant que le monstre annoncé ne sera pas empilé sur la pauvre parcelle de Jean Vilar, il restera possible d'imaginer et développer des alternatives.

Mais rassurons-nous tout de suite : oui, de bien meilleurs projets, il en existe !

À commencer par celui que Georges Mothron, Maire d'Argenteuil et même député-Maire à l'époque, a fait valider par la Commission départementale d'équipement commercial (CDEC) du Val-d'Oise, le 24 avril 2007 : le projet "Quai de Seine". Un centre commercial de près de 10000 m2, l'équivalent du rez-de chaussée de Côté Seine, ce qui permettrait d'accueillir les différents magasins successivement espérés : bricolage, jardinerie, "Fnac"… sans construire de gratte-ciel qui fermerait le paysage avant le fleuve.

Le site idéal est celui de l'actuel Parc des Berges, ce qui permettrait de transférer le parc sur la partie Sud-Ouest de l'île Héloïse, bien plus grande et agréable, l'ancienne "Promenade", d'ailleurs inconstructible. (Une amie de passage à Argenteuil nous plaignait pour notre pelouse pelée entre quatre quatre-voies… nous Argenteuillais pouvons ne pas en voir la misère, car nous nous souvenons de la friche antérieure, encore pire !).

La salle Jean Vilar resterait la salle Jean Vilar ! Sa structure est superbe et adaptée. Elle a besoin, je présume, d'être désiamantée (travail contraignant, mais inévitable aussi dans le projet Fiminco), l'aménagement intérieur a besoin d'être refait, notamment pour l'acoustique. (Complément : il semble plutôt qu'elle ait besoin d'être reconstruite, cf. billet 28).

La salle Pierre Dux pourrait être reconstruite en auditorium pour l'école de musique et la musique classique en général. La salle actuelle, sujette aux vibrations, est inconfortable et inadaptée à la musique. Des cloisons intérieures dans Jean Vilar permettraient de recréer une salle de fêtes, réunions ou banquets de taille intermédiaire.

Cette offre de salles serait évidemment d'intérêt intercommunal, à quelques hectomètres de Colombes, Gennevilliers et Asnières, qui font partie du même territoire au sein du Grand Paris. Un financement par ce territoire serait tout naturel.

Si le terrain du parc des Berges était vendu au promoteur des commerces, sachant qu'il est de même taille que celui de Jean Vilar et mieux situé, et que le projet architectural serait bien plus facile à réaliser (peu de charge au sol, pas de cuvelage), nous pourrions sans doute le vendre plus de 20 millions[1], ce qui financerait le reste. Certes, nous vendrions de nouveau une partie de l'île (comme à Pathé avant 2001), mais au moins nous garderions en propriété communale un ensemble continu du pont jusqu'à la pointe de l'île et à la rue Verte.

Les magasins auraient un accès direct à la 4 voies par le rond-point Dassault : cela permettrait (contrairement au projet Fiminco) de passer la voie sur berges à 2x1 voies, avec l'autre moitié de la surface pour le vélo et la promenade, tout le long de l'île.

En matière de cinémas, Argenteuil a déjà un bel équipement, dans la moyenne du département. Il reste à le faire vivre : étendre les horaires d'ouverture, aménager le parking et les itinéraires du parking au Figuier Blanc, rejoindre les billetteries par internet… et faire marcher le bar / snack !

Enfin, la municipalité Mothron, se découvrant adepte du bétonnage, a prévu 145 logements sur cette seule parcelle inondable de Jean Vilar ! Il va sans dire qu'il vaut mieux y renoncer purement et simplement. Et préférer reconstruire en zone naturellement constructible, sur les friches et les parcelles dégradées, en particulier aux alentours de la gare, où beaucoup de bâtiments sont obsolètes.

Je serais heureux de voir un éco-quartier, un peu à la façon danoise, réhabiliter et transformer les bâtiments de l'ancien hôpital d'Argenteuil, rue Pierre Guienne : cette rue était déjà construite et habitée au Moyen-Âge ! quel dommage qu'elle soit à l'abandon. L'éco-quartier pourrait se prolonger sur toute l'emprise du centre technique, qui serait bien plus commodément installé dans la ZI près d'Otis. (Complément : et sur la parcelle de l'ex-gendarmerie, qui s'est rapidement transformée en parking sauvage sinon en dépotoir…).

Ce ne sont que des exemples ; certains y reconnaîtront les idées qu'ils m'ont suggérées !

Est-ce que ce projet, "Mothron 2007+", ne serait pas cent fois plus prometteur, plus agréable à vivre, et plus rentable économiquement, que le projet "Mothron 2016" ?

Notes

[1] Correction du 24 novembre : non ! Une valeur pareille supposerait la construction de 100 logements ou plus, comme le Maire l'a prévu sur le terrain de Jean Vilar, mais ce n'est pas ce que je proposerais, ni sur Jean Vilar, ni sur l'actuel parc des Berges. Avec des activités commerciales seulement, le prix de vente sera moindre.

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