par Bernard Rols.

Jacques Attali, invité dimanche dernier dans l’émission politique de BFMTV, a annoncé mettre en place un programme d’intérêt général « france2022.fr », qu’il soumettra aux candidats à l’élection présidentielle de 2017. Ce programme sera dévoilé en janvier 2016, et il invite tous les Français à y participer.

Voilà en résumé quelques notes que j’ai prises lors de cette interview télévisée.

Jacques Attali, selon ses propres termes, considère que la France a un avenir plus grand que son passé, à la condition que l’on ne reste plus passif, comme nous l’avons été depuis 30 ans.

Un grand débat présidentiel est à créer.

Si aucun candidat n’est porteur de son projet, Jacques Attali n’exclut pas d’être lui même candidat à la prochaine élection présidentielle.

Une des réformes prioritaires porte sur l’Education Nationale et principalement sur l’école maternelle avec l’apprentissage du vocabulaire. C’est là que, selon Jacques Attali, se joue la mobilité sociale.

Il préconise aussi l’unité francophone et européenne. Sur le couple franco-allemand, il considère que la France n’est pas à la remorque de l’Allemagne.

Il a fait part de quelques réformes que notre pays doit entreprendre pour réduire ses déficits :

  • suppression des départements,
  • regroupement des communes,
  • réformer le statut de la fonction publique, car ce statut n’a plus de sens à ses yeux, du fait que beaucoup de missions sont désormais faites par le secteur privé (sécurité nucléaire, militaire…)

Alors que par le passé, Jacques Attali était favorable à l’entrée de la Turquie dans la CEE, il considère que ce n’est plus actuellement possible, avec le tournant islamiste qu’a pris ce pays.

En revanche, il est pour l’extension de la CEE à l’Ukraine et à la Russie, pour stabiliser politiquement ces pays.

Interrogé sur l’affaire Nadine Morano, il pense que la France est multi-religieuse avec un fondement laïc.

Sur « l’ubérisation de l’économie », c’est une vérité.

Nous devons repenser le travail, et selon Jacques Attali, nous allons devenir des intermittents de l’emploi (sur le même principe que les intermittents du spectacle), et nous allons alterner les périodes de travail et ce chômage.

Je cite : « Je ne travaille pas, je me forme et je suis payé pour ».

Il faudra donc créer un statut pour les demandeurs d’emploi en formation.

Il rappelle à ce sujet que sur les 34 milliards d’euros annuels consacrés à la formation professionnelle, seulement 3 % est affecté à la formation des chômeurs.

Pour Jacques Attali, se former pendant une période de chômage doit être assimilé à un emploi salarié.

Donc, une partie plus importante des 34 milliards d’euros de la formation doit aller aux chômeurs.

Les chômeurs en formation doivent avoir une vraie rémunération et un statut comme les salariés.

Selon sa propre expression, « la formation des chômeurs est une activité socialement utile et doit être rémunérée ».

Dans le cas contraire, la flexibilité du travail est un « cadeau » au patronat.

Il est contre tout politique d’austérité pour réduire les déficits publics, car souvent ces politiques confondent économies avec réduction des gaspillages.

Sur le rôle des syndicats : de son point de vue, les partenaires sociaux ne représentent pas l’intérêt général, mais seulement les salariés.

Le Parlement représente l’intérêt général : la Sécurité Sociale doit être gérée par le Parlement.

En revanche, les syndicats doivent avoir un rôle plus fort dans les négociations dans l’entreprise et représenter 100 % des salariés, et non plus 10 % comme c’est actuellement le cas.

Les syndicats doivent aussi représenter les travailleurs en formation.

Jacques Attali est opposé à toute baisse des salaires.

Toujours selon Jacques Attali, le débat sur les 35 heures est pour l’instant un faux débat. Il ne devrait pas porter sur le temps légal de la durée du travail (35 heures, 39 heures ?) mais sur : à partir de quand paye-t-on les heures supplémentaires.

Enfin, la fiscalité doit être au cœur de la Démocratie, et non plus la dominer.

La libéralisation du travail sans sa sécurisation est un non sens.


Depuis des années, Jacques Attali, auteur d’un rapport à la demande de Nicolas Sarkozy, « tire la sonnette d’alarme ».

Le déclin de la France n’est ni inéluctable ni irréversible, si notre pays engage les réformes nécessaires.

François Bayrou affirme la même chose. Lui-même a laissé entendre le même jour qu’il pourrait être candidat à l’élection présidentielle car il ne veut pas, pour notre pays, d’une revanche Hollande-Sarkozy arbitrée par Marine Le Pen.