par Frédéric Lefebvre-Naré

L'ordre du jour de ce Conseil du 16 novembre 2015 comportait plusieurs points susceptibles de déclencher un débat polémique entre les deux groupes. En particulier, la Municipalité propose d'envoyer au Préfet, au sujet des organismes de logement social, une motion qui est un vrai torchon — 8 fautes de français en une page et demie — comme souvent, le style est à l'image du fond.

Lamentable en temps normal, une telle motion, et les réponses qu'elle aurait nécessairement attirées, deviennent scandaleuses en période de deuil national.

Le président du groupe d'opposition, et moi-même, avons fait différentes propositions pour que ces débats municipaux puissent être reportés, sans inconvénient pour la bonne marche de la vie municipale.

Hélas, le Maire préfère consacrer chaque Conseil à son obsession anti-Doucet, même dans cette période.

Le président du groupe d'opposition est donc intervenu en ces termes, que je partage :

Suite aux attentats perpétrés ce vendredi 13 novembre 2015 à Paris et Saint-Denis, le Président de la République a proclamé 3 jours de deuil national. Nous sommes en deuil national. La Nation entière est en deuil.

Encore une fois, la France est touchée par la barbarie. Les événements tragiques qui se sont déroulés ce week-end ont déjà coûté la vie à 132 personnes.

Au delà de l'émotion et de l'indignation que nous ressentons tous, nous devons rester unis, solidaires et déterminés à défendre les valeurs de la République ; la liberté et l’égalité, mais aussi la fraternité.

Nous, élus républicains, sommes venus ce midi pour rendre hommage aux victimes des attentats et exprimer notre solidarité envers celles-ci et leurs familles.

Ce conseil municipal n’aurait pas du avoir lieu ce soir.

Alors que la Nation entière se recueille, l’heure n’est pas aux débats contradictoires du conseil municipal, aussi légitime soit-il. C’est pourquoi nous vous avons demandé le report de ce conseil municipal. Nous regrettons qu’il ait lieu.

Ne pouvant pas cautionner cette démarche qui brise l’unité requise, nous ne participerons donc pas aux débats de ce soir.

J'indiquerai cependant sur ce blog la position d'Engagés pour Argenteuil sur chacun des sujets à l'ordre du jour.


Je complète ce billet avec mes notes de l'intervention de Fatima Amarir, pour la majorité municipale :

Lors de l’attentat contre Charlie Hebdo, l’émotion populaire a été très forte, nous avons été nombreux à descendre dans la rue. Cette fois le sentiment est d’écrasement. Les terroristes s’en sont pris à ce qui fait la France. Ne laissons pas la terreur nous envahir. J’en appelle au discernement de tous afin de ne as tomber dans la stigmatisation de certaines composantes de notre société. Daech prend en otage une confession religieuse.

Il y a quelques jours, nous nous réunissions pour commémorer l’armistice de 1918 et les tortures perpétrées par les nazis contre les Juifs. Gardons en mémoire les heures sombres de notre histoire.

Nous devons comprendre pourquoi des jeunes se retrouvent en Syrie, et les motivations qui les ont poussé à commettre des attentats sur notre territoire. Il serait urgent de passer aux actes : donnons les moyens à notre jeunesse de croire à un avenir meilleur. Éradiquons le discours de haine et mettons hors d’état de nuire les individus qui alimentent le terrorisme.

Les réseaux sociaux ont fait circuler beaucoup de photomontages ce week-end. Il faudrait que ces sites de haine soient désactivés.

Monsieur le Maire nous dit très souvent : arrêtons de vivre les uns à côté des autres, vivons les uns avec les autres.

N’ayons pas peur d’alerter les forces de l’ordre ou les politiques quand nous voyons des situations inhabituelles. N’hésitons pas à demander de l’aide : mieux vaut prévenir que guérir.

J’ai une pensée pour les familles endeuillées, dont celles de mon entourage, celles à la recherche de leurs proches, les personnes hospitalisées.

Vive Argenteuil, vive la France, vive la République.

Le Maire : "Je regrette que, dans ce jour d’unité, que nous avons démontrée ce matin dans le hall de l’Hôtel de Ville, cette unité soit brisée ce soir. La vie continue. Je propose donc de continuer les points à l’ordre du jour."