par Frédéric Lefebvre-Naré — Tribune dans L'Argeteuillais

Les quais de Pontoise ont fait le plein avec les danses latines, les dimanches de l’été. Des restaurants et commerces ont rouvert en bords de Seine à Herblay et La Frette. Les Yvelines et les Hauts-de-Seine ont aménagé une « Promenade Berges de Seine » continue de Bougival à Gennevilliers, où le port l’arrête. Cormeilles-en-Parisis lance la création d’un port de plaisance, et pourtant elle n’a que 850 mètres de berge.

Argenteuil en a près de 6 kilomètres. Mais à Argenteuil la Seine est inaccessible. La 4-voies nous l’interdit presque partout ; et au bout, le port clôturé barre la route aux promeneurs ou cyclistes qui voudraient rejoindre le chemin de halage.

Pourtant, la Municipalité n’a de cesse de proclamer la reconquête ! Encore ce mercredi 17 octobre, à la réunion sur l’avenir de la Porte-Saint-Germain. Les habitants, venus nombreux, ont pu entendre la Municipalité parler de « valoriser la présence de la Seine », de « se rapproprier la Seine », le Maire citant même « l’île Héloïse que nous voulons transformer pour rendre l’accès à la Seine » !

Il faut se pincer fort pour croire ne pas rêver !

Les choix réels de l’équipe municipale vont à l’inverse !

Sur l’île Héloïse, c’est un bétonnage en règle qu’elle a prévu, sur 80% du terrain de Jean Vilar et de son square, avec un PLU permettant de construire à 45 mètres de haut.

L’avocat de la Ville vient de répondre à notre recours contre ce PLU : selon lui, le projet n’a pas « d’effet notable sur l’environnement », cet espace « était déjà urbanisé » et ne concerne pas les berges de Seine … puisque celles-ci sont entre la 4-voies et le fleuve !

Pour les abords de la gare centrale, la Municipalité avait présenté un projet « Argenteuil Littoral » élégant, de hauteurs raisonnables, lauréat d’un appel à projets du Grand Paris…

Maintenant, la Municipalité modifie le PLU pour permettre de construire à 30 mètres de haut… deux fois la hauteur du quartier de la Colonie par rapport aux berges de Seine ! Le projet est dénaturé.

Au Val Notre-Dame, la Municipalité dit envisager des passerelles et pontons… mais programme de « reporter le trafic de transit vers les voies sur berge », ce qui ne ressemble pas du tout à un projet de reconquête !

Combien de temps Argenteuil restera-t-elle le dernier carré des bétonneurs, la dernière barrière entre les Franciliens et leur fleuve ?