par Frédéric Lefebvre-Naré

Comme l'a raconté, je crois, Le Parisien, suivi par La Tribune d'Argenteuil qui produit les documents originaux, une scène étonnante s'est produite au dernier Conseil Municipal… alors même que je perdais ma connection internet et interrompais mon compte-rendu en direct.

En guise de réponse à l'intervention de Philippe Doucet sur le budget 2015, et sachant que l'opposition ne pourra plus intervenir, le Maire sort et projette des e-mails nominatifs, datant de 2013 et début 2014, d'un responsable des services financiers au Directeur Général des Services, pour lui faire part en termes familiers de la trésorerie extrêmement tendue de la Ville — à l'époque, les Argenteuillais s'en souviennent, le Maire Philippe Doucet tentait de boucler le plus possible de chantiers avant la fin de son mandat, soit une masse d'investissement qui dépassait les possibilités annuelles de la Ville.

Dans la foulée, le Maire présente une liste d'économies possibles, émanant du même service, et il la présente comme le plan d'économies qu'aurait réalisé Philippe Doucet s'il avait été élu !

Manipulation ou confusion des responsabilités entre services administratifs et élus mandatés par les citoyens, dans les deux cas, c'est indigne du Maire d'une grande ville.

Que cela soit sorti 14 mois après les faits, en lieu et place de la réponse attendue sur le budget 2015 (et non 2013), cela suggère que l'équipe actuelle ignore tristement l'avenir, en s'obstinant à refaire le passé.

Le plus choquant est que ces mails internes à l'administration, sont produits dans le débat politique alors qu'ils n'apportent aucun élément nouveau par rapport à l'avis de la Chambre régionale des Comptes, qui est accepté par toutes les parties comme décrivant la situation financière de la ville à la date où il a été remis.

Il s'agit donc, pour le premier élu de la Ville, de faire du scandale pour faire du scandale, de susciter une affaire dans l'affaire pour écarter le débat du seul sujet qui ait une portée : ce que fera la Ville en 2015, et quels projets elle élabore pour les années suivantes.