par Frédéric Lefebvre-Naré

Conseil Municipal ce 16 juin, auquel je suis arrivé en retard :-( …

…ratant ainsi l'occasion de défendre le premier amendement que j'aie déposé pendant cette mandature : je proposais de porter à 10000 € l'aide qu'Argenteuil attribuera, après la catastrophe au Népal, à une association argenteuillaise connue pour son action là-bas. 9 centimes par Argenteuillais, ça ne me semblait pas excessif, même pour une ville si endettée. La majorité s'en est tenue aux 3000 € qu'elle proposait — comme les Adjoints me l'avaient annoncé hier en Commission des Finances, en réponse à cette proposition d'amendement.

La délibération n°3 porte sur le nouveau Contrat de Ville, 2015-2020 : un plan-cadre pour l'ensemble des actions de "politique de la Ville", ciblée sur les quartiers les plus en difficulté.

Présentant ce nouveau Contrat de Ville, Philippe Métézeau (UDI) souligne des priorités :

  • Réussite éducative : repérer le décrochage scolaire au plus tôt.
  • Prévention : activité des Centres médico-sociaux
  • Citoyenneté et sécurité.
  • Chômage : 9000 demandeurs d’emploi à Argenteuil (catégorie A).
  • 70% des Argenteuillais sortent de la ville pour le travail, 60% des emplois à Argenteuil sont pourvus par des non-Argenteuillais : les transports sont essentiels à l’emploi.
  • Un développement économique « inclusif » : ne pas seulement demander aux personnes de s’aligner sur les besoins des entreprises, mais prendre aussi en compte les capacités des personnes dans les projets économiques.

« Le dernier point, c’est la participation des habitants, avec des Conseils citoyens qui vont être créés sur Argenteuil. Le but, c’est la co-construction et l’évaluation. L’évaluation de ce qui a été fait — voir ce qui a marché ou non — est souvent faible. Comment vont s’organiser les Conseils citoyens ? Il s’agit dans un premier temps de faire un premier Conseil citoyen qui concernera toute la ville, pour démarrer vite ; il aura deux collèges,

  • « habitants, tirés au sort à partir des 600 qui s’étaient portés volontaires pour faire partie des comités de quartier, et des usagers des Maisons de quartier : des habitants qui se signalent et qui veulent participer à la vie de notre ville. Des habitants non élus pourront également y participer, sans droit de vote, mais il est rare que des votes soient organisés dans de tels conseils »,
  • « associations et acteurs locaux ».

Ces tirages au sort seront à l’automne 2015.

Chantal Colin (PS) : "Je souhaiterais apporter quelques éclairages pour compléter cette présentation, sur laquelle je n’ai rien à redire… un peu biaisée tout de même.

L’engagement de l’État va au-delà des subventions : exonération de « surloyers », TVA réduite, etc.

Il y a 9 quartiers concernés dans l’Agglomération, 37000 habitants y résident. L’Agglomération est pilote de la procédure, a mobilisé les partenariats entre acteurs : villes, bailleurs sociaux, institutions, services de l’État. Il s’agit pour la première fois d’un contrat unique, censé reprendre les dispositifs qui se sont juxtaposés au fil du temps. Le travail de l’Agglomération ne s’arrêtera pas à la signature du contrat, et se poursuivra avec les programmes d’action annuels. Le législateur a insisté sur la participation active des habitants à cette ‘politique de la Ville’. Il s’agit d’améliorer leurs conditions de vie et de favoriser le ‘vivre ensemble’. Ce travail a donné lieu à de nombreux travaux depuis novembre 2014 : nous avons posé un diagnostic, défini des orientations stratégiques, entre mars et mai nous les avons déclinées par thème et par quartier.

La démarche participative des habitants n’a pu se mettre en place pendant l’élaboration du contrat, mais les diagnostics ont été faits dans l’ensemble des centres sociaux de la Ville.

Le législateur a précisé qu’un Conseil citoyen devait voir le jour dans chaque quartier prioritaire. L’Agglomération a demandé à chaque ville ses propositions. Celles d’Argenteuil (un seul Conseil citoyen avec 2 habitants par quartier) nous semblent très au-dessous de ce qui est souhaité. Il y a de grandes différences entre quartiers, des problèmes spécifiques à chacun. Parmi les habitants qui participent aux comités de quartier, peu résident dans les quartiers « prioritaires » de la politique de la Ville.

Le désaccord entre Ville et Agglomération sur le montant des « avenants de sortie des conventions ANRU » retarde la signature du contrat. Pour cette raison, nous ne participerons pas au vote ce soir."

Georges Mothron (Maire, UMP… euh, LR) : "Je trouve la ficelle un peu grosse. Il y a là des associations, des habitants que vous prenez en otage. Le désaccord sur les avenants ANRU est dû aux choix que nous avons dû faire, devant le marasme financier que vous nous avez laissé. Vous avez foutu le feu et vous présentez comme pompiers."

Philippe Métézeau : "La loi nous obligeait à travailler sous la coupe de l'Agglomération. On aboutit à un document dont vous avez piloté la mise en oeuvre. Je me suis bien gardé, dans ma présentation, d'évoquer les responsabilités respectives. On est au Conseil Municipal d'Argenteuil. Vous êtes ici comme conseillers municipaux d'Argenteuil."

Effectivement, n'étant pas conseiller d'Agglomération, je suis particulièrement sensible à cet argument. Mais également choqué par la façon dont la Municipalité vide de son contenu la disposition légale sur les Conseils citoyens.

Créer, comme le demande la loi, un Conseil dans chaque quartier, même tout petit (la Cité du Tronc est l'un des quartiers !), c'est donner la parole à ceux qui d'habitude ne l'ont pas, et qui pourtant sont les premiers concernés. Ceux qui ne sont pas dans les listings des comités de quartier, qui ne président pas, pour la plupart, d'associations, qui ne fréquentent pas, pour la plupart, les maisons de quartier.

On ne peut pas voter contre un contrat qui rapportera de l'argent à la Ville, pour des actions bien légitimes, dans les quartiers en difficulté… Mais constituer ces Conseils par quartier était le seul engagement concret que devait prendre la Ville à travers cette délibération. C'était essentiel. Ce n'était pas coûteux. Elle s'en dispense. C'est bien triste.

Je partage donc la position du groupe d'opposition.