par Frédéric Lefebvre-Naré

à 19h à l'Hôtel de Ville, et en diffusion vidéo, et si possible en live blogging ici.


C'est parti ! avec une allocution liminaire du maire Georges Mothron (LR).

"La ville recommence à avancer : Argenteuil Littoral où Otis se fixe définitivement ; la ville va retrouver une entrée de ville digne d’elle. La reconversion de l’ancien titre Yoplait par le programme Urban Valley. Le groupe scolaire Simone Veil, la nouvelle implantation de la « Ferme du Spahi » constituent les premières pierres du nouveau quartier de la Porte Saint-Germain.

Chaque budget atteste d’une santé financière retrouvée.

Le Budget Supplémentaire voté ce soir ira à la voirie aux écoles, aux caméras de vidéosurveillance, aux conditions de travail des agents de la Ville, artisans de notre redressement.

Le 29 juin 2018, ce Conseil votait la contractualisation, avec l’État, des dépenses de fonctionnement, plafonnées à +1,5% par an. Nous avons rempli le contrat.

La campagne qui approche est la saison des promesses ? L’encadrement des dépenses s’imposera à la prochaine majorité municipale.

La réussite des grandes manifestations populaires de mai et juin (Soupe en Seine, fête de l’Enfance avec 8000 personnes, fête de la Musique, la 2ème édition du festival de cerfs-volants Air’genteuil) est une fabrique du vivre-ensemble, de la cohésion de notre ville.

Cette grande maison a eu une longue lignée de Directeurs Généraux des Services. Christiane Ayache va nous quitter, son succès ici n’a pas échappé à l’État : le président de la République l’envoie remettre de l’ordre sur l’île de Saint-Martin. Réussir à Argenteuil est un tremplin ! Je lui souhaite bon vent.

Tout à l’heure, quelque chose m’a attristé : le décès aujourd’hui de Claude Vienney. Elle était pensionnaire de notre maison municipale de retraite aux Gobelins, elle nous a quittés après une vie professionnelle très riche, et une activité politique souvent opposée à la mienne. Nous avons souvent discuté au bureau de vote n°1, et je garderai le souvenir de son action avec France-Russie et comme DDEN de l’Éducation Nationale. Le 5 avril, nous lui avions offert le tire de chevalier des Palmes Académiques. Son mari avait été secrétaire général de Robert Montdargent" (maire d’Argenteuil de 1977 à 1995).

Philippe Doucet (PS) s'associe à ces derniers propos, salue également le départ annoncé de Mme Agostini, "une perte pour la ville, vous avez toujours agi avec courtoisie à l'égard des élus de l'opposition".

0. Vote du PV du Conseil précédent : Franck Debeaud (PCD) indique attendre toujours les informations qu'il avait demandées au début du précédent Conseil et que le maire lui avait demandé pour incessamment sous peu.

1. Budget supplémentaire 2019. Xavier Péricat (LR), adjoint aux Finances, annonce un budget supplémentaire de 90 M€ (cela inclut en fait les "reports" d'une année sur l'autre d'investissements engagés mais non terminés dans l'année).

"Le montant dotations et fonds de concours de l'État sont une bonne surprise (cet argent venu de l'État atteint en fait un record historique à Argenteuil), la Ville encaisse aussi 1,5 M€ d'impôts de plus que prévu.

Côté dépenses, quelques scories d'anciennes factures de l'agglomération, des prestations supplémentaires dans les écoles, et surtout 17,6 M€ d'investissements nouveaux :

  • Voirie : 5,5 M€, comme la requalification d'Henri Barbusse avant la livraison prochaine de l'école Simone Veil, et la poursuite du remplacement des réseaux HTA, la rue du Nord, le rond point à la sortie de l'A15 proche de Grand Frais ;
  • Travaux dans les écoles : 3,7 M€ : Ambroise Thomas, Paul Langevin, préparation de la future école sur le site Henri Dunant ;
  • (…),
  • travaux supplémentaires de rénovation du centre aquatique ;
  • 100 000 € de travaux sur la basilique ;…"

Fabien Bénédic (PS) répond que les impôts baissent donc bien moins que la municipalité ne l'avait annoncé, "baisse déjà symbolique, maintenant infinitésimale".

Il voit dans ces investissements un "saupoudrage" de "projets de dernière minute", causant des "frais exorbitants d'études et de maîtrise d'ouvrage". "Il faut rattraper le temps perdu"…

"Passons sur les 200 000 € dépensés en plus pour l'Atrium, cette tente Quechua trop tôt réalisée pour un chantier (sur Jean Vilar) qui ne voir pas le jour".

Je constate que côté impôts, la suppression de l’Abattement Général à la Base par l’équipe de Philippe Doucet à la fin de son mandat a augmenté la taxe d'habitation d'environ 7 M€ par an. Ça fait 35 M€ en 5 ans. "Cela semble suffire à expliquer, comptablement, que les déficits que vous avez trouvé en arrivant soient devenus les excédents dont vous vous vantez. Justement, vous vous étiez engagé à restaurer cet abattement dès votre arrivée en fonctions. Au bout de 5 ans, on attend toujours."

"Vous nous proposez une sorte de voiture balai d’investissements de fin de mandat.

J’ai des inquiétudes sur plusieurs de ces investissements, que je trouve mal préparés, avec trop peu de concertation, et qui risquent de nous coûter trop cher.

Braque : vous avez organisé une réunion de concertation à la MJC, où sont venus une douzaine de riverains. C’est déjà ça. Vous pensez installer des jeux d’enfants sur la place, à l’intérieur d’une partie clôturée, fermée la nuit, comme les jeux près de l’Intermarché. Mais j’ai des doutes sur l’aménagement dans son ensemble. La clôture obligerait les dealers à déplacer leurs cachettes de 50 mètres ; est-ce que ce sera une grande victoire ? Dans un espace public, si trop peu de gens ont de bonnes raisons de passer, ça risque de tourner mal quels que soient les aménagements qu’on y fera. Aujourd’hui, ce qui suscite encore un peu de passage sur Braque, c’est l’Intermarché, mais vous avez décidé de le déplacer.

Plataneraie : par rapport à votre projet de couper le bout de la plataneraie, pour raccorder à angle droit Charles de Gaulle aux voies sur berges, je vois bien l’intérêt pour les automobilistes d’avoir 2 feux rouges au lieu de 3. Ce qui m’inquiète, c’est que ce projet tend à augmenter la circulation sur la voie sur berges. Elle a brutalement augmenté depuis les dégâts et les travaux sur le pont de Gennevilliers ; le pont a été rétabli mais les habitudes sont restées, les automobilistes du Val d’Oise ont trouvé nos rives de Seine et notre île plus sympa que le viaduc au-dessus du port de Gennevilliers … Notre priorité devrait être de les réorienter vers le réseau autoroutier et plus généralement d’alléger la circulation pour reconquérir les berges, projet demandé par les Argenteuillais et répété en boucle par le Conseil départemental, par vous et vos prédécesseurs… Vous avez annoncé au Val Notre-Dame que la restructuration du quartier de la Porte Saint-Germain va réorienter plus de circulation vers la berge… Vous créez maintenant ce carrefour à angle droit qui va lui aussi favoriser la traversée d’Argenteuil vers la voie sur berge.

J’avais proposé dans ce Conseil une alternative, celle d’un rond-point à feux, qui permettrait aussi de passer de 3 feux à 2, mais en réduisant la vitesse de la voie sur berge et en marquant une véritable entrée de ville, qui fasse bien sentir aux automobilistes de passage qu’ils ne sont pas sur une autoroute. Cette proposition est restée dans réponse à ce jour, je la maintiens.

Le Gabegium : vous avez décidé de dépasser largement, par de nouvelles dépenses sur la Gabegium, le coût de 2 M€ qu’avait dénoncé le comité Jean Vilar … ce que vous dénonciez, vous, à l’époque, comme fake news. Sur combien de manifestations espérez-vous rentabiliser ces nouveaux investissements ? Quel est le coût du Gabegium par manifestation accueillie ? Quand on s’enfonce, il faudrait arrêter de creuser.

Enfin, la nouvelle école rue Henry Dunant derrière le CMS Fernand Goulène. Je sais bien que nous avons un besoin criant de nouvelles écoles, mais voilà un site qui concentre les inconvénients. Les rues pour y accéder sont étroites, le terrain est si petit que vous allez devoir entasser 2 étages sur des parkings souterrain et que malgré ça, il restera pour les cours de récréation des espaces format timbre poste. Je n’ai pas trop remarqué l’ampleur de la concertation avec les habitants du quartier et futurs parents d’élèves.

Une chose est sûre, ça va être un chantier difficile. Mais vous voulez le mener à toute allure pour ouvrir à la rentrée 2020.

Alors comment comprendre que vous n’ayez pas anticipé ? En Commission d’Appel d’Offres, on nous a expliqué que cette accélération allait nous coûter plusieurs centaines de milliers d’euros supplémentaires. Mais ça fait bien 2 ans que vous nous expliquez que la situation financière est très bonne et que vous avez fait une prospective des nombres d’élèves et des besoins de classes. Alors comment comprendre ce lancement en mode panique ?

Enfin vous budgétez 200 000 € pour des études de mise en accessibilité aux personnes avec handicap, en plus des 200 000 € budgétés en début d’année. Très bien, mais j’en déduis que 14 ans après la loi de 2005, vous n’inscrivez toujours aucun €, 0 €, à des travaux réels, physique, au titre de la mise en accessibilité.

J’ai consacré mon intervention aux projets qui manifestent le plus le manque de cohérence, de vision de long terme et surtout de concertation dans vos projets d’investissement. Je vous donne volontiers acte que ce n’est qu’une partie de vos projets, et que d’autres ne suscitent pas d’inquiétude particulière. Cet ensemble d'investissements conduirait, à lui seul, à une abstention. Mais puisque ce Budget Supplémentaire ne modifie globalement pas les orientations de votre budget initial, je voterai contre."

Pour Franck Debeaud (PCD), "votre marque de fabrique, M. le maire, c'est le mensonge et la dissimulation. Vous auriez pu dire 'grâce aux augmentations d'impôt de la précédente majorité permettent d'enregistrer un résultat de 17 M€. Vous placardez la ville de publicités mensongères : '0% de hausse d'impôts, promesse tenue', alors que votre promesse était de les baisser."

"200 000 € de dépenses supplémentaires pour une tente utilisée pour la forme…"

"Vous faites de vos promesses un classement vertical : les Argenteuillais pourront donc ranger à la poubelle vos prochaines promesses."

Gilles Savry, adjoint à l'Urbanisme, souligne l'intérêt selon lui de quelques travaux prévus :

  • "les aménagements de la Plataneraie, sous-utilisée, à ne pas confondre avec l'aménagement de voirie que le Département va financer ;
  • on accélère sur les groupes scolaires : nous avons présenté un plan d'investissement depuis des années. Les emplacements sont inscrits au PLU depuis 2015 (justement, c'est pourquoi la programmation accélérée m'étonne) ;
  • la place Georges Braque : il y a eu d'autres réunions de concertation, il y en a une sur la place demain soir, je vous y invite M. Lefebvre-Naré ; cet espace n'est pas facile à aménager ; on a envie que ce projet se réalise dans la concertation ;
  • sur la voirie : nous avons réalisé plus de 18 km sur les 3 dernières années, si vous voulez comparer avec ce qui était fait avant…" (Christine Robion, PS : "ça, on peut !").

Xavier Péricat note que pour Fabien Bénédic, "la diminution de la taxe foncière a du mal à passer ! Nous avons annoncé une baisse de 6%, et effectivement elle baisse de 4%, puisque sans notre décision elle aurait augmenté de 2%, -6+2 = -4".

"Nous avons une ambition pour l'attrait touristique de cette ville : 100 000 €" (d'études préliminaires) "ce n'est pas trop pour la maison Monet".

Enfin, concernant le matériel acheté pour l'Atrium, "il pourra être réutilisé et revendu".

Xavier Péricat précise que l'ouverture du groupe scolaire Henri Dunant sera en 2021 et non 2020 (comme je l'ai dit et comme il me semblait bien l'avoir entendu annoncer auparavant), et celui sur le site Sagem en 2022 (et non plus 2021).

Xavier Péricat répond enfin à Franck Debeaud que "pendant les 3 premières années de notre mandat, je ne vois pas comment nous aurions pu baisser les impôts, le Préfet n'aurait pas laissé passer".

2. États de l'utilisation des fonds régionaux et nationaux "politique de la Ville" : deux tableaux de chiffres répartissant l'argent attribué au titre de la pauvreté d'Argenteuil entre les différents domaines de l'action municipale — de façon tout à fait fictive, d'ailleurs la Ville n'a pas de comptabilité analytique.

Fabien Bénédic constate la paupérisation de la ville à travers les données de la Direction départementale des Finances publiques sur le "potentiel fiscal" et le "revenu moyen" à Argenteuil.