par Frédéric Lefebvre-Naré

Les délibérations sur l'urbanisme commencent sans grande urbanité : M. Savry, Adjoint, pour proposer "un protocole d'étude relatif à l'appel à projet régional pour une stratégie urbaine de lutte contre l'habitat indigne", s'en prend en long, large et travers aux choix de l'équipe précédente. Débat qui a déjà eu lieu 897 fois à ce Conseil, je renvoie le lecteur aux comptes-rendus antérieurs (voir aussi ce billet d'octobre 2014) !

Philippe Doucet remarque que dans le quartier de la Porte-Saint-Germain (rue Henri Barbusse…), le foncier est cher, grâce à sa situation géographique et malgré son état très dégradé, et la nappe d'eau à 2m50. Philippe Doucet estime qu'au niveau départemental comme national, les outils (financiers) manquent pour lutter contre l'habitat indigne. Et le député prend le pari que la Municipalité ne reviendra pas à son idée de ZAC, car un tel projet revenant à "raser un quartier" serait massivement rejeté, "une des choses qui vous ont fait perdre les élections de 2008".

Georges Mothron répond que la Ville n'a plus, après le mandat précédent, les moyens de ce projet de ZAC…

Gilles Savry estime que l'équipe précédente a "volontairement laissé ce quartier de côté" pour donner la priorité aux quartiers où intervenait l'ANRU (Val d'Argent, Joliot-Curie).

Et déclare que l'équipe 2001-2008 n'avait aucun projet précis sur le quartier au-delà de l'outil de ZAC ! Je pense avoir encore sur mon disque dur des plans présentés en réunion de quartier…

9. Cession d'un bien 79 rue Henri Barbusse (à la pointe de la rue Michel Carré), acheté par la Ville dans le cadre du même projet de ZAC, et très dégradé. Gilles Savry : "Certains ont une histoire sur cette parcelle-là, ils le diront s'ils le veulent".

Pour Philippe Doucet, c'est une parcelle relevant précisément de l'habitat indigne : la remettre en l'état sur le marché est mauvais signe. L'opposition s'abstient sur cette délibération.

10. Cession d'une parcelle rue de l'Angoumois et route de Pontoise (le long de la déchetterie, face à Casto), soit 3589 m2 ; à une société d'ambulances, tenue par un "Argenteuillais de longue date", indique le Maire.

Cette parcelle devait être cédée à la société BROT Technologies (Conseils antérieurs) mais celle-ci a été rachetée et l'acheteur regroupe ses filiales ailleurs. (si j'ai bien compris).

11. Cession d'une parcelle 148 quinques rue de la République, entre Chemin de Sable et rue de Gode. "Propriété de la Ville depuis un certain temps, situé au-dessus de carrières", avec un hangar en ruines. La Ville le vend à M. Trivella qui stocke déjà des matériaux de construction sur la parcelle en face, et étendrait ainsi son aire de stockage. Des riverains en rachèteraient de petits bouts à M. Trivella.

L'opposition s'abstient (moi compris, estimant de projet de stockage de "déchets nobles" (!) peu valorisant pour cet espace, pas si mal situé face à une zone commerciale de l'autre côté de la rue de Gode).

12. La Ville renonce à la déclaration d'utilité publique sur un hôtel meublé, un taxiphone et deux autres commerces au 27-31 rue Paul Vaillant-Couturier, l'îlot le plus dégradé quand on va vers Côté Seine ou le centre ville en venant de la gare. Une des anciennes cours de ferme sur-construites il y a plus d'un siècle, lors de l'expansion industrielle.

Gilles Savry indique que le coût pour la Ville aurait été beaucoup trop élevé et que la Ville "discute avec le propriétaire" de la rénovation du bâtiment, et du changement des commerces.

Philippe Doucet "conteste complètement l'analyse de Gilles Savry" sur le coût et les risques pour la Ville. "Tout cet îlot là… c'est l'abandon du centre ville."

(photo Google Street)

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M. Mothron répond : "Vous auriez vu la décrépitude de certaines façades avant 2001 !" — effectivement, à quelques mètres de la cour délabrée, il y a maintenant de très belles façades. Mais quel effet cela fait-il, s'il n'y a pas continuité ?

M. Mothron poursuit avec une attaque, désormais plus que rituelle, si le financement, par AB Habitat, des baux de commerces de qualité qui s'installaient. "Le souci que l'on a dans le centre ville c'est que les commerces implantés puissent vivre. Mais avec 60% de logements sociaux et leurs locataires importés (sic !), il y a paupérisation du centre ville."

M. Péricat en ajoute une couche avec du "irresponsable et honteux", répété trois fois…

Nous arrivons au terme du Conseil, c'est l'heure de constater que, sujet après sujet, le projet de la Municipalité pour Argenteuil se limitent à rendre responsable l'équipe précédente de tout et du reste… Est-ce là ce que les Argenteuillais attendent de leur Maire et de leur Ville ?

13. Modification d'une garantie d'emprunt de la Ville au profit d'un bailleur social, Novigere, ex-"Cités Jardins". Les lecteurs ont l'habitude de ce type de délibérations et de l'unanimité rituelle. Ici, Novigere a obtenu un taux réduit pour son prêt, ce qui permet de réduire la garantie d'autant.

Voilà, bonnes vacances… discussion bienvenue en commentaires !