par Frédéric Lefebvre-Naré

4. Projet Éducatif de Territoire

La présentation de ce point multiplie les phrases emphatiques sur "la réussite des enfants" et "la large concertation" pour qu'ils aient "toutes les chances de s'épanouir". Philippe Vasseur, Adjoint au Maire et rapporteur de cette délibération, enchaîne de bon gré ces déclarations enthousiastes.

"Les objectifs sont l'épanouissement et la réussite des enfants"…

"Déjà dit", observe Kader Slifi — déjà dit plusieurs fois, en fait. "Concrètement ?"

Dans le texte, un petit paragraphe "modalités pratiques" explique qu'il s'agit simplement de l'organisation des activités périscolaires sur la pause de midi, dans le cadre de la réforme des rythmes scolaires. En effet, l'aide de l'État est conditionnée à la rédaction de ce "projet éducatif"…

Entre temps, Philippe Vasseur valorise, ce qui est dans le sujet, les réunions de concertation avec les parents et l'information de ceux-ci. "La parole est également donnée aux enfants d'âge élémentaire qui fréquentent les centres de loisirs, réunis au sein d'un Conseil des Enfants". Un comité de suivi présidé par le Maire "est en cours de constitution", car "si on met des actions en place, on veut en mesurer la performance".

"Au moins trois associations participent. En janvier 2016, les animateurs Jeunesse interviendront en faveur des CM2 de façon à favoriser les passerelles et les accès qu'ils auront aux services Jeunesse une fois au collège".

Comme à un Conseil précédent, nous devons constater ce transfert d'animateurs Jeunesse vers les enfants. Cela signifie-t-il — je le crains — qu'ils ont du mal à atteindre le public pour lequel ils ont été embauchés, celui des adolescents, notamment des grands adolescents déscolarisés et en difficulté ?

Pour l'opposition, Fabien Bénédic (PS) minimise l'ampleur de la concertation et l'écoute de la municipalité. "Cette concertation ne devrait guère durer, puisqu'elle a démarré cette semaine alors que vous nous faites voter aujourd'hui et prévoyez la signature début janvier !"

Le Projet aurait dû, selon Fabien Bénédic, aller au-delà de la seule pause du midi.

Fabien Bénédic rappelle l'augmentation des tarifs des cantines, qui a fait fuir selon lui "des centaines" d'enfants désinscrits par leur famille.

"Nous espérons que votre démarche tardive n'est pas seulement destinée à bénéficier des subventions d'État suite à la réforme des rythmes scolaires. Nous attendrons pour juger sur pièces, et nous abstiendrons sur cette délibération."

Philippe Vasseur estime que Fabien Bénédic "vit dans le passé : vous faites abstraction de ce qui est en route depuis la rentrée 2015. On parle avec la communauté éducative, avec les parents d'élèves, je n'ai pas entendu quiconque venir contester les horaires appliqués. Quant aux tarifs, vous allez remettre ça combien de temps sur le tapis ?"

"Les parents d'élèves ne nous ont jamais fait part d'insatisfaction".

Pour la Municipalité, Fatima Amarir conteste l'ampleur des augmentations : "c'était 20 centimes" lors du dernier Conseil Municipal. L'opposition répond qu'il s'agit de 2 années d'augmentations successives.

L'opposition s'abstient (dont moi-même pour la même raison).

5. Participation au financement des sorties scolaires avec nuitées

Délibération annuelle, montant inchangé de la participation. Avec l'opposition, je vote pour ; Marie-José Cayzac (MdP) intervient pour annoncer son abstention : "quand on veut faire des économies, on en fait sur ce qui n'est pas obligatoire", notamment ici l'aide aux "écoles privées".

Fabien Bénédic rappelle qu'il y avait pendant le mandat précédent une aide similaire aux sorties des collèges et lycées.

6. Participation au financement des écoles privées

Fatima Amarir présente cette délibération annuelle, consistant à aider les écoles privées à concurrence de ce que dépense la Ville pour les enfants de l'école publique. Une obligation légale, mais il y a un débat sur la portée de cette obligation donc le montant correspondant.

Marie-José Cayzac s'abstiendra.

Fabien Bénédic se réjouit que la Municipalité revienne dans le "droit chemin de la légalité" après avoir gelé sa dotation pendant un an.

Je regrette le manque de comptabilité analytique à Argenteuil. Une telle comptabilité permettrait d'apprécier si (en 2016 ou 2017, au seuil de 90 ou 100% du forfait prévu), les écoles privées sont sur-aidées par rapport aux obligations légales. Il me semble cependant qu'au montant actuel, l'aide doit rester dans la plaque, et je vote pour avec l'opposition.