Blog d'Engagés pour Argenteuil

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mardi 7 janvier 2020

2020, année d’espoir pour Argenteuil

par Frédéric Lefebvre-Naré : tribune pour le magazine municipal de janvier

Nous finissons 2019 avec une société argenteuillaise restée fraternelle et solidaire. Comme l’écrit le maire dans sa lettre de décembre, les « situations difficiles des personnes sans domicile fixe interpellent les Argenteuillais, qui, dans un élan solidaire, agissent individuellement ou réagissent en sollicitant les pouvoirs publics ». Mais la lettre conclut par un « N’agissez pas seul ! », précédé d’un gros point d’exclamation sur fond rouge. Oui, agissons ensemble ! Hélas, la lettre ne dit pas comment : ce sera, espérons-le, pour 2020 !

Nous finissons 2019 avec beaucoup de platanes en moins sur l’île, des sites centraux de nos quartiers bradés aux promoteurs, des immeubles de 30 mètres annoncés au bord de la gare, un centre commercial en déshérence à Joliot-Curie, et toujours autant de logements dégradés ou indignes, malgré les intentions, les études, les projets d’avenir. Espérons que 2020 permettra de passer la marche avant, vers une ville plus verte, agréable, accueillante !

Dans toutes les communes, tous les 6 ans, vient une année d’espoir. L’année où l’on inspire très fort… avant de plonger dans un nouveau mandat, succession de problèmes et de réclamations, d’initiatives freinées et d’oukases étatiques, de tensions entre équipes et de tensions dans les équipes… La responsabilité municipale n’a rien d’un « fauteuil » confortable, c’est plutôt une « sellette », les élus passant 6 ans en position d’accusés pour tout ce qui va de travers !

La beauté de la démocratie, c’est que des centaines de citoyen·ne·s se portent volontaires pour affronter ces difficultés. Pour prendre en charge un peu du bien commun qu’est une ville.

Parmi elles et eux se trouvent les futur·e·s élu·e·s : souhaitons-leur bonne chance et six excellentes années !

mercredi 18 décembre 2019

Conseil Municipal budgétaire ce 18 décembre 2019

par Frédéric Lefebvre-Naré

Le maire Georges Mothron annonce une intervention de la directrice des Affaires culturelles concernant le projet sur le conservatoire.

Il fait approuver le PV du Conseil précédent. Bien que les propos très désagréables du maire envers des locataires en difficulté aient été très atténués, nous approuvons ce PV à l'unanimité.

Bruit perturbant venant de l'extrême-droite… l'extinction d'une lumière en vient à bout.

Le maire se réjouit du Noël de la "Cosmetic Valley" à Argenteuil, applaudit l'action du Conseil économique, et se réjouit du choix d'avoir rejoint la métropole du Grand Paris. Il annonce un développement des activités de Givaudan dans le pôle gare.

Le groupe scolaire Simone Veil est (et reste) la première concrétisation des projets sur le quartier de la Porte-Saint-Germain (Val Notre-Dame) : le maire se réjouit de la richesse de la 3ème réunion de concertation, tenue pour la première fois sur place, dans la salle polyvalente de cette nouvelle école. Une "maison du projet' sera inaugurée début 2020 sous le nom de "maison traversière" et sera la point de ralliement des citoyens (bon ! ce serait alors l'inverse de celle du Val Sud jadis).

Le maire qualifie de "bonne habitude", prise depuis l'an dernier, le fait de voter le budget de l'année suivante dès décembre et non en cours d'année. Ce qui sera donc fait aujourd'hui pour 2020.

Il conclut par ses voeux de joyeuses fêtes et bonne fin d'année, et donne la parole à Mme Cassandre Deweine.

Celle-ci présente le nouveau projet d'établissement du Conservatoire (CRD), elle commence par appeler à l'aide pour pouvoir "montrer…" à l'écran.

Le conservatoire représente 2214 élèves, 867 heures d'enseignement par 79 agents, sur les deux sites du centre ville et du Val Nord (Mario Monti), et organise plus de 100 événements par an.

Écrire un "projet d'établissement" est un obligation pour tout conservatoire classé ; c'est aussi un "outil de conduite du changement", dit Mme Deweine.

"Le projet vous a été transmis, je synthétise deux ambitions : ancrer le conservatoire dans la modernitéé ; développer l'accessibilité de la pratique artistique :

  • travailler davantage avec des artistes en résidence ;
  • une semaine de la création et des musiques d'aujourd'hui : commander des pièces… ;
  • développer l'espace Mario Monti" (trop peu utilisé), en proposant par exemple "un parcours apprentissage axé sur la danse et la musique ;
  • mettre en place une remise de diplôme pour valoriser les élèves qui réalisent un travail assez lourd ;
  • travailler des projets avec les anciens élèves ;
  • utiliser les applications de e-learning ;
  • dématérialiser les inscriptions et réinscriptions — mais les parcours sont très complexes !
  • une école des arts de la scène, pour travailler la transversalité des arts, on demande de plus en plus aux artistes d'être à la fois comédiens, musiciens, danseurs…
  • que les modules soient plus choisis par les élèves ;
  • une "école du spectateur", développer l'écoute, encourager à aller voir des professionnels."

"Le Conservatoire veut développer des partenariats avec les centres de loisirs, les services des sports et du patrimoine, avec le centre hospitalier, et intervenir sur les événements : Cinglés du cinéma, Mai des artistes, au Quai Branly en juin prochain… et que 20% du volume horaire soit en 'éducation artistique et culturelle' : 1200 élèves dans ce cadre aujourd'hui en établissements scolaires. On a mis en place un orchestre à l'école, la danse à l'école…".

Franck Debeaud, à la lecture du projet, s'interroge sur les "incitations au double cursus par un tarif attractif" : la 2ème activité est déjà à -50%, s'agit-il de revenir en arrière, de la rendre gratuite ? Cassandre Deweine répond que non. Il s'agit plutôt d'une remontée de réactions de parents d'élèves.

Sur les travaux à Mario Monti, Franck Debeaud rappelle qu'à l'époque où il était en responsabilité, il avait souhaité que le Conservatoire propose un cursus complet au Val Nord ; on lui avait répondu à l'époque que les locaux, mal conçus, ne le permettaient pas. Cassandre Deweine confirme que l'on envisage de casser une cloison pour y permettre les cours collectifs.

Franck Debeaud rappelle également l'affirmation du maire selon laquelle l'harmonie municipale allait être reprise par le Conservatoire : qu'en est-il ? Cassandre Deweine répond qu'elle a été reprise par M. Rieira, enseignant du conservatoire. Georges Mothron estime qu'elle pourrait travailler plus qu'elle ne travaille.

Beaucoup de demandes ne sont pas pourvues, surtout en piano et guitare : est-il prévu d'ouvrir de nouveaux cours ? Cassandre Deweine répond qu'il y a déjà eu une augmentation de 28 heures à la rentrée 2019.

Il demande enfin s'il est envisagé d'organiser un covoiturage : non.

Le maire passe donc en premier le point …

…2. Projet d'établissement du Conservatoire (CRD) : difficile d'assurer que tout me convient dans un document de 128 pages, qui pour beaucoup réunit des comptes-rendus d'ateliers, dont il est difficile de savoir si les idées se concrétiseront. C'est tout de même un beau travail de réflexion collective avec plein de bonnes idées. Je vote pour, de même que le groupe "Vive Argenteuil !" (VA). Le groupe "Tous Fiers d'Être Argenteuillais" (TFdEA) s'abstient sans commentaire,

1. Motion appelant l'État à budgéter 400 M€ comme prévu au "contrat de plan", au lieu de 190 M€ prévisibles avec la nouvelle "loi sur les mobilités", pour les infrastructures de transport en Ile-de-France Le maire rappelle le "sous-investissement depuis 30 ans dans le réseau de transport d'Ile-de-France, alors que la fréquentation a augmenté de 15% depuis 2018. Argenteuil attend depuis des décennies certaines infrastructures : le tramway T11 (le maire dit "T1") sur la ligne SNCF de grande ceinture ; le tram T1 de l'autre côté de la Seine à Colombes ; le bus TCSP jusqu'au pont de Bezons…

Franck Debeaud regrette que le maire n'ait pas rappelé la prolongation du T2 vers Cormeilles, désormais abandonné au profit d'un bus. Le maire regrette en effet que ce soit "impossible dans les conditions actuelles, il y aurait une rupture de charge à organiser à La Défense". Mais on construit bien des gares géantes à La Défense, qui doivent coûter vingt fois ça !

J'ai déploré à moult reprises dans ce Conseil la façon dont la Ville défendait bien timidement ses intérêts, et poussait même contre ses intérêts des projets comme le Grand Paris Express, qui assèchent tous les financements dans des chantiers pharaoniques, alors que notre réseau RER et SNCF crie famine…

3. Mécénat : la Société de Travaux de Démolition et de Terrassement (Trivella) propose 20000€ pour la maison Monet (<2% du coût des travaux). Ça lui coûterait, après défiscalisation possible de 60%, 8000 €. En échange de quoi "L’Administration s’engage à faire figurer le nom du Donateur et son logo… sur les supports d’information du Projet" !

Ça me semble tout à fait disproportionné, je voterai donc contre de même que le groupe TFdEA.

Mais je me réjouis du projet et de ses évolutions telles qu'elles ont été évoquées en commission.

4. Taux d'imposition 2020 : baisse du taux de la taxe foncière, de 21,84% à 20,96% ; il était à 23,29% jusqu'en 2018. La taxe d'habitation est inchangée (et devrait le rester : l'État en prend les deux tiers en charge, mais sur la base du taux 2017).

Fabien Bénédic, pour le groupe TFdEA, calcule que ce manque à gagner de 2,2 M€ pour la Ville, représentera 78€ par foyer fiscal argenteuillais, une baisse "infinitésimale, écran de fumée pour masquer la vacuité de votre bilan. Les impôts auront en fait augmenté sur l'ensemble de votre mandat", du faut notamment de la hausse des 'bases' (les valeurs des logements, décrétées par l'État, sur la base desquelles on est imposé). Fabien Bénédic rappelle les hausses de tarif, les parkings devenus payants, accusant l'équipe en place d'un "cynisme sans limite".

Franck Debeaud rappelle également que les impôts ont augmenté considérablement en 2014, générant sur le mandat 34 M€ de recette supplémentaires (plutôt 42 M€ à mon avis). Et vous nous demandez maintenant une baisse qui s'appliquerait pour "la prochaine équipe municipale, dont vous ne serez pas, je l'espère, responsable".

Mais l'un et l'autre, et leurs groupes, voteront pour ; Xavier Péricat et le maire en rient. Je voterai pour moi aussi, ayant depuis le début du mandat défendu une baisse, fût-elle modeste, des taux d'imposition, comme signe donné aux Argenteuillais des efforts faits par la Ville pour rendre le meilleur service au moindre coût.

Xavier Péricat rappelle l'historique du mandat dans les mêmes termes, en plus narratif, que lors de la dizaine de débats budgétaires précédents.

Georges Mothron relève l'engagement de certain candidat (Philippe Doucet en l'occurrence) de baisser la taxe financière de 30% dans les 6 années de son éventuel prochain mandat.

Je m'engage à ne pas aller jusqu'au bout de ce Conseil… la batterie est à 16%, et non, il n'y a pas de prises électriques ici !

5. Budget 2020: Xavier Péricat annonce 66 M€ en 2020 à l'investissement… dont 24 M€ à du remboursement de capital de dette, en face duquel la Ville souscrira 24 M€ de nouvel emprunt (ce sont les chiffres à l'écran, mais il les présente de façon plus valorisante…).

Comme d'habitude, Xavier Péricat présente comme "chiffre clé" et "concept central" l'épargne brute, qui n'a guère de signification : un cas comme celui-ci (24 M€ de dette qui "tourne" entre anciens et nouveaux emprunts) augmente l'épargne brute de 24 M€ ! (par rapport à la situation, financièrement équivalente, où la ville ne rembourserait pas et n'emprunterait pas).

Xavier Péricat reconnaît l'augmentation des dépenses de personnel, notamment sur la "propreté" (pourront largement sous-traitée !) et les "dédoublements de classes" (dont l'impact sur le personnel municipal demanderait à être précisé) ; aussi l'ouverture de l'école Simone Veil.

"Les dépenses principales de personnel supplémentaires seront liées à la réouverture de l'ancien bassin du centre aquatique : 1500 enfants supplémentaires accueillis (+80%) ; actuellement ~1800 ; et extension des horaires d'ouverture au public.

Xavier Péricat se réjouit d'avoir obtenu de l'État le droit d'augmenter ses dépenses de 4,5% en trois ans (2017-2020), augmentation qu'elle atteindra presque en 2020.

Les opérations de rénovation urbaines étant achevées, nous n'aurons pas de subventions à ce titre en 2020.

La municipalité a fait des prévisions prudentes concernant les "autres concours financiers", FSRIF et DSU notamment qui, a priori, augmenteront, précisait Xavier Péricat en commission.

Mais qu'en est-il des cessions ? Les 7,5 M€ de cessions annoncées reposent en majorité (3,8 M€) sur le projet de construction massive de logements sur le trou Balzac… Le permis sera-t-il délivré aussi vite ? À propos, il reste 2 jours pour donner son avis !

Xavier Péricat annonce les principaux projets d'investissement 2020 :

  • le nouveau groupe scolaire sur le site du centre de loisirs Henry-Dunant ; le lancement du "marché global de performance" pour construire (à partir de 2021, mais avec déjà 1 M€ de dépenses 2020) un groupe scolaire au-dessous de l'hôpital sur l'ancien site SAGEM.
  • l'aménagement de la plataneraie "depuis trop longtemps abandonnée" : 850 000 € pour la première phase de travaux ;
  • l'aménagement de la rue du Nord (900 000 €) et du boulevard Youri Gagarine (au pied de la butte des Châtaigners) ;
  • 1 M€ de travaux de voirie dans les quartiers ;
  • 500 000 € pour réaménager la place Carnot ;
  • "enfin mettre en oeuvre les premiers travaux d'accessibilité", pour 1 400 000 € ;
  • 1 200 000 € pour la maison de Claude Monet (la contribution nette de la Société de Terrassement représente donc 0,7% seulement de ce coût… ça, c'est un mécénat !).

La taxe d'habitation est désormais prise en charge par l'État pour 80% des contribuables, soit 2/3 du montant.

L'État transfèrera aux communes l'actuelle part départementale de la taxe foncière, ce qui fragilisera les budgets des départements.

Fabien Bénédic annonce qu'il n'aura pas besoin de répéter ce qu'il disait le mois précédent lors du débat d'Orientation Budgétaire. "Quand on vous voit, on a envie de vous croire, mais !"

Il estime que la Ville ressort aujourd'hui des projets déjà préparés par l'équipe précédente avant 2014 (Cosmetic Valley par exemple), après les avoir arrêtés ou freinés pendant 5 ans.

Il remarque que Xavier Péricat chiffre aujourd'hui l'épargne brute sans y ajouter le résultat prévu pour 2019 : peut-être celui-ci sera-t-il moins favorable qu'évoqué jusqu'ici ?

Pour Fabien Bénédic, les 4 agents de la brigade de l'environnement "coûtent beaucoup plus cher qu'ils ne rapportent", et le centre aquatique, vu le retard que prennent ses travaux, ne sera pas livré dans les temps.

"Vous affirmiez le mois dernier que la dette serait de 357 M€, nous vous avions fait remarquer que le chiffre était bidon, même stratégie que l'année d'avant : trois semaines plus tard, 12 millions d'euros de plus ! pour 2019 comme 2020. Tout ça n'est pas sérieux, pas crédible."

Fabien Bénédic revient sur d'autres arguments aussi évoqués dans les débats budgétaires précédents.

J'avais annoncé au précédent Conseil que si, vraiment, en 2019, comme indiqué dans le rapport d'orientation budgétaire, la Ville avait réalisé de 74 M€ de dépenses d'équipement en 2019 (=) et baissé sa dette de 23 M€, je ne manquerais pas, devant ce résultat prodigieux, de voter pour les comptes 2019. Mais il n'y a pas eu besoin d'attendre les comptes ! La dette annoncée vient de remonter de 12 M€, comme l'a remarqué Fabien Bénédic. Le miracle annoncé est déjà dissipé (et 11 M€, ce n'est pas rien, c'est de l'ordre de 5% du budget annuel).

Les emprunts structurés, dont vous aviez annoncé l'extinction totale il y a quelques années, sont toujours là, pour 28 M€, soit 8% de notre dette, plus de 2 fois plus que la moyenne nationale.

La Ville se vante de la baisse des charges financières : mais le taux d'intérêt moyen de notre dette est proche de 3,5% : la moyenne nationale est à 2,2% : 4 M€ de trop ! Un niveau de taux d'intérêt du en grade partie, justement, à la souscription d'emprunts structurés qui a culminé à la fin de votre précédent mandat.

Parmi les chiffres imaginaires, les 20% d'économie sur les indemnités d'élus, que vous avez rappelés dans le débat d'orientation budgétaire, et qu'il est toujours aussi impossible de retrouver dans les chiffres du budget.

Comme chaque année, j'ai formulé en commission des Finances une dizaine de demandes de précision sur différents points du budget ; comme chaque année (sauf une, à l'époque où Mme Ayache était DGS), ces questions restent sans réponse au moment où je dois intervenir.

Absentéisme : j'attends toujours les chiffres qui m'ont été promis au précédent Conseil, et antérieurement. Sur ce problème qui me semble être le plus lourd poids sur les finances de la Ville.

Nous avons cependant des chiffres d'effectifs : les évolutions depuis 3 ans (après le rattachement de l'évolution) sont de :

  • +33 agents dans le filière administrative, malgré la dématérialisation des procédures, malgré le transfert de personnels au Territoire ;
  • +42 dans la filière technique ;
  • +30 dans la filière animation ;
  • ÷ aux dépens de la filière sanitaire et sociale (-38), culturelle (-7), et de la police municipale (-4).

Je n'y reconnais pas l'ordre des priorités qu'exprime les Argenteuillais que nous rencontrons.

De même pour les investissements : je vois mal en quoi la traversée de la Plataneraie par une 2x2 voies représentera une reconquête par les Argenteuillais. Je regrette l'achat du 82 bd Héloïse pour Hauts-de-Seine Habitat, les surfaces restent inutilisées (et la Ville ne paye pas ses charges de parking, comme dans bien d'autres immeubles). J'espère que la cession de la surface Balzac ne se concrétisera pas en 2020, car le projet immobilier actuel barre ce qui aurait dû être un grand espace vert et de promenade au Sud de la gare du Val — espace vert qu'on aurait pu réaliser même en construisant aussi des logements sur ce site.

Je voterai donc contre ce budget 2020.

Franck Debeaud parle d'un budget de pure gestion, sans ambition, mais marqué par la précipitation de fin de mandat.

Philippe Métézeau veut "ajouter de l'humain" dans ce débat de chiffres : il évoque, notamment, le nombre croissant de personnes accueillies à la Maison des Femmes, ainsi que la participation très fortement croissante aux ateliers qu'elle organise. Et l'accueil des personnes sans domicile fixe. Philippe Métézeau déplore lire sur Facebook, aux premiers froids, que "la municipalité ne fait rien" alors que la préparation de la période hivernale commence dès juin-juillet. Le Centre d'Hébergement d'Urgence créé lors du mandat précédent fonctionne toujours de la même façon. La Croix-Rouge met trois 'appartements diffus" à la disposition de couples, ou femmes isolées, avec enfants.

(Des voix protestent dans l'opposition : et les matelas devant Auchan ? Les SDF qui sont partout ?)

Le maire s'engage à présenter les comptes 2019 au prochain conseil municipal, en février.

(J'ai dû interrompre la retranscription pour cause de fin de batterie ! Ci-dessous un abrégé. Mes votes sont ceux décidés lors de la réunion de préparation organisée par Engagés pour Argenteuil, au premier près).

6. Affectation de 21500€ de "dépenses imprévues" en remboursement de capital emprunté. : nous avions prévu l'abstention pour laisser à la municipalité la responsabilité de son erreur sur le montant en question, j'ai manqué le moment de lever le bras donc voté pour… ça ne mérite pas une rectification de vote.

7. Renouvellement de la "convention-cadre de renouvellement urbain" pour le secteur Porte Saint-Germain : 10 M€ de subventions espérées sur 95 M€ d'investissements : Je souligne l'importance du projet, non seulement pour les mois et les années qui viennent mais sur des décennies (c'est l'équivalent d'une petite ville à reconstruire presque totalement). Pour cette raison, le projet urbain devrait prendre en compte :

  • la perspective d'un tramway du pont de Bezons à la gare d'Argenteuil. Le site reste idéal pour cela. Cette ligne de tramway structurera à terme l'urbanisme du quartier. Mais pour cela, il faut en réserver la place ! Si ce tramway est une prolongation du T2, il faut découper la ligne T2 à La Défense, et la place manque, nous dit-on, pour aligner les deux terminus (T2 Nord et T2 Sud) : mais ça resterait un tout petit chantier par rapport à ceux, pharaoniques, annoncés à La Défense pour le Grand Paris Express !
  • la perspective de reconquérir les berges de Seine, c'est-à-dire de récupérer au moins une chaussée de la voie sur berges pour les promeneurs, les vélos, etc. : or les projets de la municipalité visent au contraire à orienter encore plus de circulation vers les berges de Seine.

Je regrette l'absence de ces deux perspectives dans le projet présenté et m'abstiens pour cette raison.

8. Partenariat avec l'association Akousmatic (localisée à l'ancien musée) pour réparer les vélos épaves (qui ont le statut de déchets !) : pour. La Ville pourrait, avec un peu d'inventivité sur le circuit juridique, faire de même pour les voitures épaves, souvent des automobiles HS laissées dans la rue, en attendant des jours meilleurs, par ceux qui les ont achetés "pour pièces" out par des propriétaires qui ont renoncé à les faire rouler.

9. Subventions 2020 aux associations "autres que sportives" : pour ; en regrettant, une fois de plus, que le Conseil ne reçoive pas une information minimale sur chaque association aidée : son nombre d'adhérents ou de licenciés, et l'événement le plus marquant de son année. Ça tiendrait dans les deux pages qui nous sont remises…

10. Subventions 2020 aux associations sportives : pour avec la même observation. Pour le groupe TFdEA, Hakim Hssini note que les associations sont désormais aidées, dit la Ville, au regard d'une convention d'objectifs ; mais ces objectifs ne sont pas rappelés, pas moyen de voir s'ils ont été atteints, dépassés… : alors, quand la Ville augmente ses subventions de 100000 € au total, comme c'est le cas cette année, comment comprendre pourquoi telle association obtient nettement plus qu'en 2019 et telle autre n'en bénéficie pas ?

11. Montant de la rémunération des 3 candidats non retenus sur le "marché global de performance" de l'école future sur le site Sagem : 113 000 € chacun. : contre. Cette procédure "globale" n'apporte à mon sens aucune garantie de meilleure "performance" ; elle peut au contraire générer des surcoûts (notamment du fait de l'obligation d'une base de données informatique commune aux intervenants, le "BIM") ; et elle nous coûte tout de suite 339 000 € pour les avant-projets qui ne se concrétiseront pas ! Avons-nous les moyens de ce luxe ? La municipalité espère sans doute que cette procédure permettra de gagner 3 ou 6 mois sur le délai global ; mais si c'est le cas, pourquoi ne pas avoir lancé le travail sur l'architecture il y a 3 ou 6 mois ? Une école primaire est à l'échelle d'Argenteuil un projet très classique ! (voir point 28 ici). Nous n'avons pas à payer aussi cher le manque d'anticipation de cette équipe.

Le maire répond qu'un concours d'architecture aurait coûté aussi cher ; j'en doute très fortement, la municipalité ayant aussi la possibilité de procéder en deux phases (avec présélection des candidatures qui seront effectivement rémunérées). Voir sur les concours, et l'usage du BIM, ce bilan.

12. Élargissement d'un "périmètre d'étude" (permettant de geler les projets de construction) sur Orgemont à la limite Est de l'échangeur de l'A15. Abstention ; je découvre à cette occasion ce périmètre instauré, le n-ième sur Argenteuil, mais instauré non plus par la Ville mais par le territoire Boucle Nord…

13. Rapport annuel de la commission communale pour l'accessibilité Acte

14. Acquisition du terrain vide de 4068 m2 entre Verdun et Maurice Rechsteiner Pour

15. Cession de 206 m2 148quinquies rue de la République, aux voisins directs Pour

16. Le Département devient propriétaire du terrain du collège Joliot-Curie : Pour (c'est la réglementation).

17. Deux parcelles "sans maître" de 200 et 332 m2 (sur le terrain de l'Hôpital et à la clôture du collège Eugénie Cotton) sont incorporées au domaine communal : pour

18. Dénomination "avenue de Plaisance" pour la nouvelle voie (raccordant l'actuelle avenue de Plaisance à la rue de l'abbé Ruellan à travers le nouveau "domaine de Plaisance") : pour

Travaux sur le domaine de Plaisance, vus de la rue de l'abbé Ruellan, samedi 19 octobre 2019

travaux_domaine_Plaisance_19oct2019.jpg

19. Enfouissement par Orange de son réseau rue Laugier : pour

20. Utilisation du parking Jean Jaurès pour le marché des Champioux (renouvellement) : pour

21. Installations de stationnement vélo au parking souterrain de l'Hôtel de Ville et devant l'école Simone Veil : pour

22. Accès des étudiants de l'Université de Cergy-Pontoise au "Pass campus" (tarifs réduits du Figuier Blanc, cinéma Jean-Gabin et La Cave). : pour

23. Adhésion au réseau professionnel des médiathèques "Cible95" : 800 € : pour

24. Subvention exceptionnelle de 30000 € au Racing Football Club d'Argenteuil : abstention. Le maire présente cette subvention comme un effort exceptionnel et un "solde de tout compte" tout en la justifiant par la mauvaise gestion du club qui avait l'an dernier un déficit de 140000 € (plutôt 180000 € selon Philippe Doucet) : mais rien dans le débat ne montre quelles mesures de meilleure gestion ont été prises et comment la situation sera résolue ! L'aide ne devrait venir qu'en complément d'un plan de redressement contractualisé et crédible.

25. Renouvellement de la convention avec la crèche Marguerite Joly : pour

26. Revalorisation des subventions des crèches Arc en Ciel et Minid'Hom (+ 30€ par jour et par place) : Pour

27. Subvention au comité des Fêtes pour le défilé du carnaval en juin 2020 (soit jusqu'à 20000 €) : pour

28. Partenariat et subvention 2020 aux "Pincées musicales" : pour.

29. Retour à la relation antérieure entre Municipalité et MJC (annulant la délibération de juin 2019 sur le sujet) : pour… on dirait que l'accord de la MJC dont se prévalait la mairie en juin dernier, manquait 🤔.

30. Passage à 230 000 € (contre 200 000) de la subvention annuelle du CASC ("comité d'entreprise" des agents de la Ville) : pour

31. Renouvellement de l'accès des personnels de la Ville au restaurant de l'Hôpital (2 € le repas complet pour qui travaille à proximité ou arrive à stationner !) : pour

32. Demande de renouvellement de l'agrément pour que la Ville accueille des volontaires en service civique : pour

33. Ouvertures des commerces le dimanche en 2020 : 4 dates pour les concessions auto, 11 dates pour les autres commerces. : abstention ; à mon avis 9 ou 10 dimanches suffiraient pour couvrir les soldes, la fête des mères et le pic de commandes de Noël.

34. Rapport 2019 de la "CLECT" : coûts correspondant aux missions du Territoire prises en fait en charge par la Ville : abstention

35. Règlement de publicité intercommunal du Territoire : Acte

36. Bilan annuel des recours contre le "Forfait post-stationnement" (amende) : Acte

37. La Ville se charge de l'entretien de l'Ouvre-Boîte, des Bains-Douches et du bâtiment Grandel (vide ? Au Val Nord) bien qu'ils relèvent du Territoire : abstention

38. La Ville met les Bains-Douches à disposition du Territoire : Abstention

39. Transfert aux territoires de biens de communes voisines : Abstention

vendredi 13 décembre 2019

Des nouvelles sur l’avenir de Jean Vilar : sondage et réflexion

par Frédéric Lefebvre-Naré : tribune pour le numéro de décembre du magazine municipal

La commission des sondages a mis en ligne, après notre réclamation, une notice technique sur le sondage OpinionWay. Cette notice le confirme : la question qui a recueilli le % d’approbations dont se vantait le maire prétendait que le projet comprenait des crèches… l’équipement le plus demandé par les Argenteuillais interrogés ! Alors que le rapport publié et la communication de la Ville montraient ce pourcentage… mais sans crèches. Mensonge patent.

Le maire a annoncé un groupe de réflexion comprenant l’opposition municipale, le comité de quartier et le comité Jean Vilar.

Philippe Métézeau, à qui le maire a confié l’animation de ce groupe, m’a invité à en discuter : volontiers, étant à la fois dans l’opposition municipale, au comité de quartier et au comité Jean Vilar !

Je lui ai dit les conclusions qui me semblaient se dégager des débats de ces 3 années :

  • garder public, municipal, cet espace ;
  • rénover ou reconstruire la salle des fêtes dans la continuité de son rôle actuel, du large accueil qu’elle permet ;
  • renoncer à implanter un centre commercial si près de Côté Seine, un cinéma si près du Figuier Blanc, des logements en zone inondable ;
  • préserver les grands arbres anciens ;
  • paysager le parking ;
  • libérer les berges de Seine d’une partie de la circulation automobile pour faire place aux promeneurs, piétons, sportifs, cyclistes…

L’action de la municipalité va hélas dans le sens opposé.

Mercredi 11, le cabinet du maire m’appelle : « la réunion se tient vendredi 13, vous représenteriez le comité Jean Vilar ». Depuis quand une municipalité décide-t-elle qui représente une association ? La présidente n’avait même pas été contactée !

Je souhaite tout le succès à cette démarche… malgré ces conditions étranges.

mercredi 4 décembre 2019

SNCF : Une nouvelle grève qui va s’éterniser ?

par Bernard Rols

Les syndicats de la SNCF s’opposent à la réforme de leur régime spécial de retraite et organiseront à partir du 5 décembre prochain, un mouvement de grève probablement reconductible à 3 semaines des fêtes de fin d’année.

Selon un sondage publié ce dimanche dans le JDD, 61 % des personnes interrogées préfèrent une harmonisation des régimes de retraite à l’existence de régimes spécifiques.

76 % des français se disent très largement favorables à une réforme du système de retraites.

Dans un esprit d’équité et de justice sociale, je suis également favorable à un système universel de retraite par points.

42 caisses de retraite, ce n’est également plus acceptable en coûts de gestion, car nous serons amenés à nous reconvertir tout au long de notre vie professionnelle, à l’inverse des carrières linéaires dans une seule branche professionnelle comme nous les connaissions, qui deviendront de plus en plus difficiles à réaliser.

S’agit-il alors pour les syndicats de la SNCF d’appeler à une grève corporatiste avec la volonté de maintenir un système de retraite avantageux pour les cheminots, financé grosso modo à 60 % par la dette publique ?

Très certainement, car selon l’IFRAP, le régime spécial de la SNCF c’est 3,2 milliards d’euros de subventions d’équilibre payées par le contribuable.

Mais pour autant, ne faut-il voir dans cette grève, qu’une revendication corporatiste des cheminots considérés comme des privilégiés par beaucoup de Français ?

Pour rappel, l'ouverture à la concurrence s'accélère puisque les transports nationaux (TGV) seront concernés à partir du 1er janvier 2020 ; les Intercités et TER le seront aussi.

La Cour des Comptes vient d'évaluer à 700 millions d’euros le surcoût de la politique sociale à la SNCF.

Il va sans dire qu’en l’absence de la suppression de leur régime de retraite spécial et d’une vraie négociation en interne sur les conditions de travail, les salaires et les effectifs, la SNCF risque de décrocher dans les prochaines années face à la libéralisation du transport ferroviaire voulue par l’Europe.

Certes, la concurrence existe déjà pour les TGV internationaux (Paris, Barcelone via Montpellier par exemple) et nous ne pouvons pas nous y opposer si nous voulons à notre tour conquérir des marchés européens.

En revanche, pour nos lignes intérieures LGV et pour nos lignes régionales, souhaitons-nous le démantèlement de notre entreprise ferroviaire historique au profit de sociétés privées ?

L’avenir aujourd’hui incertain de la SNCF, est primordial pour les cheminots et pour tous les Français, bien au-delà d’un conflit social pénalisant des milliers d’usagers sur plusieurs jours et d’une perte de chiffre d’affaires en millions d’euros pour la SNCF déjà lourdement endettée.

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