Blog d'Engagés pour Argenteuil

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jeudi 5 avril 2018

En mai, ouvrons les berges !

par Pierre Bruneau

Le mois de mai sera ensoleillé. La moyenne des températures et des précipitations l’imposent, compte tenu du passé météorologique récent !

Dans ces conditions pourquoi ne pas redonner aux marcheurs, aux cyclistes et aux familles la voie rapide des berges ?

Ainsi, chaque fin de semaine (samedis et dimanches) et les jours fériés, de 9h à 18h ou un peu plus, la 4 voies serait bloquée du rond point Dassault, jusqu’au feu tricolore situé après le pont des eaux.

C’est simple : une autorisation et quelques barrières.

Le coût de cette opération ne sera pas très élevé !

Là, nous verrons la volonté de la majorité municipale et de la majorité départementale de reconquérir, de rouvrir aux Argenteuillais, les berges de Seine !

Claude_Monet_-_The_basin_at_Argenteuil.jpg

mardi 27 mars 2018

Conseil Municipal live-bloggé, 27 mars 2018

Après l'appel (la majorité a tout juste le quorum : 28 présents), le Maire invite le Conseil Municipal à une minute de silence à la mémoire des "victimes civiles et militaires… du monstre qui jette sur la vindicte sur les religions, et sur une religion en particulier".

Il évoque "notre ville et les évolutions positives qu'elle connaît. Nous avons fait le choix fondateur de rejoindre la Métropole du Grand Paris. Le projet 'Argenteuil littoral' va permettre la résurrection du quartier de la gare. La MGP a lancée un 2ème appel à projets et a retenu notre candidature sur le site Yoplait. Je suis sûr qu'il attirera des projets prometteurs. Nous avons bien fait de le racheter pour éviter que ne s'y implante une base logistique du n°1 américain du e-commerce."

CM_27mars2018.jpg

"Le bus en site propre qui arrivera sur les bords de Seine permettra en outre une réhabilitation des rues Henri Barbusse et Michel Carré."

"Nous serons aussi candidats à l'appel à projets 'centres-villes vivants' de la Métropole.

Nous travaillons aussi au futur pôle Héloïse. L'avancée du projet nous conduit à suspendre la salle Jean Vilar actuelle. Nous tenons l'engagement envers les associations de proposer une nouvelle salle, à bien des égards plus fonctionnelle que Jean Vilar. Nouvel équipement dont le coût total ne dépasse pas 1,6 million d'euros. Il faudra que les opposants nous expliquent comment ils mèneraient une rénovation sans proposer un équipement provisoire[1]. La salle est prête et les associations pourront la découvrir début mai."

"L'État, en réduisant la DGF, nous prive du financement de 3 groupes scolaires, tandis qu'il nous demande d'ouvrir 71 classes, c'est-à-dire l'équivalent de 4 groupes scolaires ; dont 61 pour dédoubler les classes de CP."

"Ce cas d'école, sans jeu de mots, illustre l'enjeu vital du redressement financier de la ville, dont ce Conseil donnera le témoignage (points 3 et 4)."

"L'opposition donnera des leçons de gestion, nous continuerons à travailler au service des Argenteuillaises et Argenteuillais. Pour ouvrir l'équivalent de 4 groupes scolaires en 1 an."

Le PV du Conseil municipal de janvier est approuvé sans remarque particulière. (Il est très fidèle, de même que le précédent).

Philippe Doucet rappelle que le Maire avait annoncé lors de ce Conseil une réunion publique sur Jean Vilar pour "fin mars", et "on ne voit rien venir". Le Maire répond avoir parlé du "premier semestre, sauf erreur de ma part". Il y a erreur ;-) (vérification faite, par écrit en tout cas, c'était bien 'premier semestre'. En revanche on attend toujours l'enquête publique annoncée en mars 2016 sur le déclassement de la salle et du parking.)

… et cette réunion aurait lieu "fin avril".

1. Soutien au projet de bus en site propre "Bus entre Seine"

Gilles Savry présente les deux lignes du projet, au départ de Pont de Bezons, l'une vers "Tablapizza" (rond-point des Martyrs de Châteaubriant) puis le centre commercial de Cormeilles ; l'autre vers la gare d'Argenteuil par la rue Michel Carré et le boulevard Léon Feix. En 2025 au mieux.

Je regrette que la ligne prévue sur la N192 bifurque vers Cormeilles et non vers le Val d'Argenteuil, projet pourtant porté par la Ville d'Argenteuil depuis au moins une trentaine d'années (sous forme de tramway). Cependant "un tien vaut mieux que deux tu l'auras" (peut-être) et je vote donc pour.

Franck Debeaud regrette un recul : il rappelle que le SDRIF, en 2008, prévoyait la prolongation du tramway T2 jusqu'au rond-point des Martyrs de Châteaubriant puis Sartrouville ; projet préparé par la préemption des terrains. "Certes, nous ne souhaitons pas attendre 20 ans… mais le tramway devrait être poussé en priorité. Je m'abstiendrai."

Marie-José Cayzac s'abstient pour la même raison.

2. Réaffectation d'1 M€ de budget d'investissement, à la voirie ou plus exactement à l'achat de matériels de voirie. Justifié par les intempéries, dit le Maire : "les barrières de dégel n'existent plus".

En Commission, nous avons remarqué qu'il n'y a pas grand lien entre nids de poule et achat de balayeuses…

Le Maire veut que "dans les deux mois qui viennent, nous ayons retrouvé un état des rues satisfaisant."

Encore moins compréhensible ! Comment les nouveaux matériels à acheter auraient-ils réalisé tout cela en 2 mois ?

Le groupe d'opposition TFdEA et moi-même ne prenons pas part au vote.

3. Comptes 2017 du Trésorier municipal

C'est l'équivalent du relevé bancaire de la ville, tenu par le Trésor Public ; en plus détaillé qu'un relevé bancaire ordinaire ;-)

Nous l'approuvons rituellement, faisant confiance au receveur pour que ce compte reflète bien l'état de notre trésorerie. Unanimité.

4. Comptes 2017 de la Ville

Ce qu'on appelle "compte administratif" : la "photographie de l'état des finances au 31 décembre 2017", et le bilan des différents types de recettes et dépenses. Ce compte se compare au budget voté en début d'année.

Xavier Péricat, adjoint aux Finances, note que la "dotation globale de fonctionnement" donnée par l'État a baissé, mais que les recettes d'impôt sont plus élevées que prévu "grâce à une bonne dynamique des bases fiscales" (tautologie).

Xavier Péricat parle d'un "retour de l'investissement, avec 37 millions de dépenses d'équipement." Il y inclut "comme grandes priorités les écoles, la voirie…", alors qu'il n'y a pas eu de nouvelle école : ces "investissements" comprennent sans doute une majorité de travaux de réhabilitation et remise en état de locaux vieillissants.

Le "résultat de fonctionnement est record, 45 millions d'euros", permettant de "financer sur fonds propres une large part de nos investissements".

"La masse salariale est maîtrisée et stabilisée, un an après l'intégration des personnels venus de l'Agglomération".

(J'avais posé en commission hier, par oral et surtout écrit, 25 questions sur ces comptes et sur le budget ; l'une d'entre elles avait eu une réponse. Jusqu'ici, pas les autres. — mise à jour : Mme Ayache, Directrice Générale des Services, m'a remis une note de réponses écrites juste après le vote de ce compte administratif.)

Xavier Péricat souligne l'apurement de créances irrécouvrables, "conforme aux préconisations de la Chambre régionale des Comptes" (en réalité minimes par rapport à ces préconisations).

"Les dépenses d'équipement, hors projets ANRU, recommencent à progresser : 25 M€".

"L'épargne brute" (excédent de fonctionnement) "est de 33 M€, niveau jamais atteint depuis 10 ans", soit 1/12ème de la dette : cela se reformule comme "la capacité de désendettement est de 12 ans", dans l'hypothèse (absurde) que toutes les années se ressemblent. Xavier Péricat revient comme chaque fois sur le cas de 2013, année d'investissements très lourds, où cette durée était de "146 ans".

Xavier Péricat ressort aussi comme chaque fois l'indicateur sans signification qu'est "l'épargne nette".

Pour la première année, l'excédent de fonctionnement "couvre la totalité du déficit d'investissement".

Nicolas Bougeard (PS) répond "Tres repetita", que les non-latinistes l'excusent : les répétitions de Xavier Péricat "en deviennent affligeantes. Nous répéterons encore et encore la réalité des choses. Les faits sont têtus."

"Vous avez voulu quitter l'agglomération, erreur stratégique, et rejoindre un EPT qui ne fonctionne pas. La dette dépasse 400 M€ à la fin de cette année selon le budget 2018."

"Je ne m'attarderai pas sur les emprunts toxiques, conséquences de la gestion hasardeuse de votre premier mandat. Tout de même, j'ai noté hier soir la signature des renégociations au 1er mars 2018. Nous attendons avec impatience dans les prochaines décisions du maire, le coût de cette renégociation."

"Nous devons des comptes à nos concitoyens. Ce compte est l'heure de vérité : 30 millions d'investissements non-réalisés" (record depuis le début du mandat), "recettes d'Etat et fiscales volontairement sous-estimées".

"Promesses fiscales non tenues, absence de projets pour les jeunes ou seniors, mise au pas des associations… Nous ne nous résignerons pas, et ne voterons pas ce compte administratif, témoin implacable de votre manque de vision".

Je fais l'intervention prévue ici.

Georges Mothron qualifie de "minable" ma référence au drame du "Berkane".

Philippe Métézeau "s'attendait à autre chose ce soir : les Argenteuillais veulent y voir clair. Les faits sont têtus."

"C'est dur à entendre que nous n'ayons pas de projet. Je vais vous dire pourquoi vous n'en avez pas entendu parler jusqu'à maintenant. On entre dans une période où enfin, un certain nombre de projets vont pouvoir sortir ; ce n'est pas faute de les avoir imaginés."

"La préoccupation numéro 1 de la Jeunesse, c'est l'emploi, la Mission Emploi est une réussite par rapport aux résultats qu'elle obtient."

Nicolas Bougeard : "et votre promesse de 10000 emplois ?"

Philippe Métézeau : "sur les seniors, interrogez les représentants de votre groupe au CCAS, nous avons des projets, et nous les réalisons dès 2017".

"Les taux d'imposition, c'est vrai que nous n'avons pas pu les baisser dès la première année comme nous l'avons prévu ; vous savez pourquoi. Allons-nous maintenant baisser la taxe d'habitation alors que l'Etat en prend une part en charge ? Ce serait une grosse bêtise de lui faire ce cadeau."

Et la taxe foncière alors ? remarque Marie-José Cayzac.

Philippe Métézeau : "sur le personnel, si nous embauchons des gens, c'est la preuve qu'Argenteuil repart de l'avant. Ça vous gêne que la situation s'améliore ? Vous trouvez que ce n'est pas normal ? Tournez-vous vers l'avenir, discutons de projets."

(L'opposition fait souvent du bruit quand une personne de la majorité s'exprime ; l'inverse est bien plus rare. Pourquoi ? Simplement parce que le Maire ne redonne jamais la parole à l'opposition pour répondre à ce que la majorité lui dit ; alors qu'il donne toujours, à ma connaissance, la parole aux personnes de la majorité qui la demandent[2]. Donc, il leur suffit de patienter).

Xavier Péricat estime, rituellement, que Nicolas Bougeard est dans le "déni de réalité" et "s'accroche au mirage d'une agglomération, dont la dotation globale de fonctionnement aurait de nouveau disparu" (mais en 2014 son argument, et celui du Maire, était l'inverse : que nous allions garder cette dotation de 4 millions, grâce au Territoire T5 du Grand Paris.)

"Que certaines compétences aient été récupérées, et qu'Argenteuil soit la seule ville du T5 venue d'une agglomération, a permis de récupérer in extremis une partie de cette DGF." (une petite partie, c'est ce qu'il ne dit pas ;) ).

Xavier Péricat : "on nous parle de budget insincère, alors que là on parle du compte administratif, et s'il était insincère, il serait différent du compte de gestion." (et c'est pourquoi Nicolas Bougeard parlait bien du budget et non du compte administratif).

Xavier Péricat enchaîne avec un exposé sur la structure de la dette… qui répond totalement à côté, notamment sur le "taux moyen" de la dette… hors pénalités de renégociation !

92% de l'encours est constitué d'emprunts non structurés. Et 8% d'emprunts "tout à fait raisonnables". Xavier Péricat estime que je donne de la ville "une image misérabiliste qui ne correspond plus à la réalité".

Georges Mothron : "l'histoire de l'hôtel est minable. Et quand on dit" (comme je le fais) "qu'Argenteuil a loupé un train avec l'opération 'Coeur de ville'… ce dispositif n'était pas accessible aux villes faisant partie de métropoles. (Bon ! Je n'ai pas lu ça dans les documents officiels). Mais nous allons candidater à l'opération similaire de la Métropole du Grand Paris."

Vérification faite, la circulaire du Ministre dit plus précisément que le programme est destiné aux 'villes moyennes… entre les communes rurales et les grandes agglomérations et métropoles', et que leurs 'enjeux' sont 'distincts de ceux des bourgs et des grandes villes' ; puis, que le programme s'adresse 'en priorité à des villes 'pôles d'attractivité' hors périmètres des métropoles'. Il me semble tout de même que le cas d'Argenteuil était plaidable ;-) : s'il n'y a pas 'priorité' il peut y avoir exception légitime. Bien sûr, si la MGP avait un programme de la même ampleur et qu'Argenteuil est retenue, j'en serais enchanté… mais là, il ne s'agit que de 5 millions, sur la première année, 2018, pour la totalité de la métropole :-(

François Poletti répond au sujet de l'hôtel Berkane que "entre 2014 et fin 2017, nous sommes passés de 10 à 0 hôtel en avis de sécurité défavorable. L'hôtel 'Berkane' était aux normes depuis 2015".

5. Affectation du résultat

Le groupe TFdEA vote contre, comme sur le compte administratif (de façon cohérente) ; je vote pour, estimant que le désaccord avec le bilan de l'action de la municipalité n'empêche pas d'approuver l'opération (essentiellement formelle) d'affectation du résultat.

6. Bilan des cessions et acquisitions

Je fais l'intervention suivante :

"Après votre arrivée, vous avez annoncé un 'plan de redressement' pour faire face à la situation financière difficile de la ville. La seule composante de ce plan qui ne réduisait pas le service rendu aux Argenteuillais, c’était de réaliser, en 3 ans, 20 millions d'euros de cessions immobilières (CM du 17 septembre 2014). Vous vous amusez à réécrire l'histoire en écrivant maintenant « 10 millions » ; c'est sûr qu’en divisant rétroactivement l’objectif par 2, il est plus facile à tenir.

Concernant les cessions immobilières, les trois années sont passées, nous pouvons donc faire le bilan. En comptant généreusement, de votre arrivée jusqu'à fin décembre 2007, c'est-à-dire, en 3 ans et 9 mois, ce sont 4,4 millions de cessions nettes que vous avez réalisées ; soit 9,5 millions d'acquisitions et 13,9 millions de ventes : le bilan est à peine positif.

Autrement dit, tout le poids de ce 'redressement' a été porté par les agents municipaux, et par les Argenteuillais à travers la détérioration des services publics.

Et le vrai bilan, pour le patrimoine des Argenteuillais, est bien pire : vous avez multiplié les cadeaux aux promoteurs et aux marchands de biens. Vous avez vendu le terrain rue de Somme Py / rue des Pâquerettes au prix magique de 288 € le mètre carré ; puis vous avez fait voter la cession du terrain de l'ancienne école Notre-Dame au même marchand de biens à prix magique divisé par 2, soit 144 € le mètre carré. Vous avez vendu à Nexity le 63 rue de Vaucelle à 180 € le mètre carré, et les terrains rue de Bavard à 155 € le mètre carré. Vous avez vendu à Burger King boulevard Jean Allemane au prix presque symbolique de 68 € le mètre carré.

Dans le sens inverse, vous avez acheté le 86 rue Michel Carré à 1532 € du mètre carré ; et plus subtil, vous avez acheté le 84 rue Michel Carré au prix un peu plus raisonnable de 910 € le mètre carré, en expliquant que, heureusement, les acheteurs nous arrangeaient en rachetant dans la même opération le 50 rue Michel Carré et le 148quinquies rue de la République, qui nous étaient restés sur les bras. Et qu'est-ce qui se passe ? Délibération 18 aujourd'hui, ils renoncent.

Ce que nous avons perdu sur ces différentes affaires doit approcher de 5 millions d'euros. Non pas par rapport au prix maximal que vous auriez pu obtenir en densifiant au maximum, mais nous savons tous que vous combattez la densification (non, je blague). Je parle de pas loin de 5 millions perdus par rapport à des projets de même nature, au prix du marché. C'est une perte sévère pour les Argenteuillais et je prendrai donc acte de ce bilan avec tristesse."

Gilles Savry me répond que j'ai oublié le coût de la viabilisation (mais non), que je confonds les terrains rue de Bavard (mais non), que me suis trompé sur la TVA (peut-être ! à vérifier), et qu'encore faut-il trouver des acheteurs (ça c'est vrai ! mais c'est la vraie question : comment faire venir des promoteurs aux prix du marché ?). Et "on vend systématiquement, au moins, au prix de France Domaine. Dire qu'on brade, c'est faire injure aux services de l'Etat. Les terrains sont vendus au bon prix. Notre engagement est de ne pas densifier la ville."

Sauf bien sûr sur l'île Héloïse !!!

7. Parking Côté Seine

Nouvelle convention avec Géant et avec le promoteur commercial de Côté Seine (Wereldhave).

Elle maintient la durée de gratuité appliquée en pratique — 2 heures 30 — et augmente les reversements des promoteurs à la Ville, propriétaire du parking.

Le groupe TFdEA s'abstient (par prudence, je pense, vu les opérations foireuses successives de l'équipe actuelle sur les parkings) ; la convention me semble cependant correcte et je vote pour.

8. Parking de la gare du Val côté Sud : "Montesquieu"

690 places dont 6 pour véhicules électriques.

Xavier Péricat : "Nous avons tout fait pour conserver ce parking dans le champ des financements ANRU" (malgré les retards sur la réalisation). "Nous avons prévu 1 heure de gratuité, et un tarif réduit à 2 € pour les usagers de la patinoire ; et un tarif vélo à 20€/an, identique au prix des consignes Véligo en gare".

J'interviens pour souligner que, malgré la qualité des réalisation et la modestie des prix, le stationnement reste anarchique au Val Nord, avec de nmbreux problèmes : voiture pompiers empêchant de passer, plots exposés si bien que l'accès à la dalle n'est plus protégé

Franck Debeaud reprend l'article du Parisien du 19 mars dernier "Parkings recherchent abonnés désespérément", soulignant le "stationnement anarchique". "Cette délibération ne tient pas compte de la réalité de terrain. Nous devons chercher des solutions.

Georges Mothron répond que "80% des parkings rénovés du Val Nord sont occupés". Point important mais, au fond, encore plus inquiétant, car cela ne semble pas avoir réduit le nombre de voitures en stationnement anarchique !

Là encore, groupe TFdEA s'abstient et je vote pour.

9. RIFSEEP : régime indemnitaire des agents territoriaux.

Georges Mothron : "j'avais dit au dernier Comité Technique que je pourrais réviser le dispositif courant 2018… Nous allons réintégrer les congés maternité et paternité" (dans le temps de présence, pour le calcul de la prime d'assiduité).

Philippe Doucet : "il y a deux sujets : le sujet de fond du présentéisme, et la légalité. Vous avez rappelé" (en introduction au sujet des ouvertures de classe — je crois) "que le Maire d'Argenteuil doit respecter la loi. Mais la loi vous interdit de compter les congés maternité en absences. La sous-préfète a été bien aimable de vous envoyer un recours gracieux au lieu d'aller au tribunal administratif directement. Mais vous vous obstinez. Etre en grève est un droit constitutionnel, être malade est un droit aussi. Vous perdrez, la loi s'applique à tous."

Franck Debeaud se réjouit que la parentalité soit maintenant autorisée.

J'explique au Maire que, si son précédent dispositif était impossible pour la Fonction Publique Territoriale selon un jugement de la Cour Administrative d'Appel de Marseille, 2003 — rappelé à la commune d'Armentières par la Chambre régionale des Comptes, mais qu'après tout, le Conseil d'Etat pourrait inverser… son nouveau dispositif, lui, est impossible de façon encore plus générale et définitive, de par une décision de la Cour de Cassation, 1990. "L'absentéisme est un problème grave : travaillons sur la motivation, sur le contrôle s'il le faut, mais ne perdons pas notre temps dans un processus dont l'échec est assuré."

Georges Mothron espère que la réforme à venir de la fonction publique permette de "prendre en compte les choses telles qu'Argenteuil les prend en compte". Ce qui est hors sujet : la décision de la Cour de Cassation s'applique à tous les salariés et tous les employeurs.

10. Nouveaux tarifs des centres de loisirs, réduits parce que les durées d'accueil diminuent aussi, avec le retour à la semaine de 4 jours dans les écoles.

Pour Fabien Bénédic (PS, groupe TFdEA), la Municipalité revient au système en place pendant le mandat précédent. Fabien Bénédic regrette que la Ville perde les 1,2 M€ d'aide d'État à la semaine de 4 jours 1/2.

Fabien Bénédic regrette cependant ce qui lui semble être des coquilles dans les "coûts non subventionnés" différents pour le mercredi et les vacances (15 € vs. 20 €). Le groupe TFdEA continue à trouver les tarifs trop élevés, même réduits proportionnellement au temps passé. Ce sont des "tarifs-impôts, nous avons installé le terme", dit Fabien Bénédic, nous ne sommes pas en phase avec ces tarifs extrêmement élevés. Fabien Bénédic estime qu'au moins 1000 enfants ont déserté les cantines, par rapport à la fréquentation antérieure, en proportion des effectifs scolaires.

Fabien Bénédic regarde la tarification des nouvelles prestations : "les familles dans les tranches A et C vont payer la demi-journée de centres de loisirs plus cher qu'elles ne payaient en 2013 pour une journée complète".

"Si votre intention était louable, vos tarifs ne sont pas du tout adaptés".

Le groupe TFdEA dont moi-même avions voté contre les précédentes augmentations (dernière version le 28 juin 2016) et votons donc contre ces tarifs maintenus.

Fatiha Bacha répond qu'en 2014, "nous avons dû mettre en place le mercredi matin en urgence sans aucune préparation de votre part" — Fabien Bénédic conteste vivement. "Nous continuerons à mettre en place les activités sur le temps du midi."

Pour les 15 et 20€, "il faudrait peut-être lire correctement". Fabien Bénédic est sûr d'avoir bien lu ;-)

Philippe Vasseur estime que l'intervention de Fabien Bénédic est un "copié-collé" de celle faite lors de l'augmentation des tarifs. "Vous pensez que la baisse de participation vient de la hausse des tarifs. Moi je pense qu'elle vient de ce que, avec ce qu'on a mis en place, les gens doivent payer. Voilà."

11. Obligation vaccinale pour les structures petite enfance

Le règlement est modifié pour imposer les 11 vaccins avant toute admission en crèche.

Franck Debeaud répond que Mme Buzyn a été financée par de nombreux laboratoires, et que "ces conflits d'intérêt ne peuvent qu'entacher la décision de rendre obligatoires ces 11 vaccins. L'Allemagne et la Grande-Bretagne n'ont pas d'obligation vaccinale, et il n'y a pas plus d'épidémies là-bas." Il votera cependant contre, parce que c'est la loi.

Sans rejoindre tout à fait les arguments de Franck Debeaud, je pense que le législateur a pris une mauvaise option en interdisant l'accès aux structures "petite enfance" aux enfants dont les parents auraient refusé de faire certaines de ces vaccinations supplémentaires. Cependant je m'abstiendrai pour ne pas faire obstacle à la loi.

Philippe Métézeau défend l'intérêt de la vaccination, "pour que les oppositions ne soient pas seules au compte-rendu".

12. "Bail à construction" permettant à l'APAJH 95 de reconstruire l'Institut Médico-Éducatif de la rue des Pieux, notamment pour accueillir désormais, parmi ses 60 utilisateurs, une vingtaine d'enfants autistes.

Unanimité.

13. Convention avec Autolib' et Vélib'

Création de 3 stations Vélib' :

  • à la gare ;
  • 33 rue Pierre Joly face à la Mairie ;
  • et sur la placette Grégoire-Collas proche de la Cave et du Figuier Blanc.

Unanimité.

En commission, j'avais bien noté que la couverture Vélib' se déploie "en tache d'huile" ce qui ne permet pas d'équiper dès aujourd'hui la gare du Val ; en revanche, une station aurait été bienvenue côté argenteuillais du pont de Colombes, vers la place du 11-novembre ou la "Ferme du Spahi".

Le Maire ajoute que Vélib' permettra à Argenteuil de gagner des places au classement des villes cyclables.

14. Mise à disposition des données cartographiques à LKSpatialist

La Ville fournit à cette société les données numérisées du Plan Local d'Urbanisme. Elle est chargée de consolider les données foncières des différentes villes du Grand Paris.

Franck Debeaud : "comme je l'ai exprimé hier en commission, ce principe ne me paraît pas juste, puisque la société impose des formats spécifiques, impose à la Ville des délais d'un mois maximum… un coût humain qu'il me paraîtrait normal de facturer". Il s'abstient.

Ayant bien souligné en commission que les conditions d'accès doivent être égales pour toutes sociétés, ce qui m'a été assuré, je vote pour.

15. Partage de données géographiques entre Ville et Azur

Unanimité.

16. Récupération de parcelles de la rue de Bavard à Nexity pour la voirie, à l'€ symbolique.

Apparemment c'est la Ville qui devra faire ces travaux de voirie, alors que Nexity a eu le terrain très bon marché. Abstention, avec le groupe TFdEA.

17. Cession d'un petit pavillon en copriété 159 rue d'Epinay

Bien à l'abandon, "vacant et sans maître", depuis 1972, qui est tombé dans les biens de la Ville, qui la revend au riverain, intéressé depuis plus d'une dizaine d'années :-)

Unanimité.

18. Abrogation de la cession du 50 rue Michel Carré et du 148q rue de la République, à laquelle l'acheteur a renoncé. Unanimité un peu forcée (nous ne sommes pas très heureux que la ville récupère ces biens difficiles).

19. Nombre de représentants au comité technique : il serait maintenu à 15 représentants du personnel (face à 8 de la Ville), "après consultation des organisations syndicales".

Philippe Doucet répond que selon l'intersyndicale, "ce point a été retiré du comité technique du 12 mars, et ne peut donc pas passer au Conseil Municipal. Ce point doit donc passer au prochain conseil".

Georges Mothron répond que "ce point n'a pas à passer en CT".

Je m'abstiens en laissant à la Ville la responsabilité de ce point juridique : les syndicats sont d'accord avec le nombre de 15 à ma connaissance.

20. Financements Politique de la Ville

Nadir Slifi insiste sur le fait que les actions "répondent bien aux axes stratégiques du contrat de Ville". "On partait de loin ; depuis 2 ans, la politique de la Ville est" (mieux, je ne sais pas trop pourquoi).

En Commission, j'ai insisté une fois de plus sur le manque de visibilité : les associations sont financées à de multiples guichets, doivent faire une nuée de comptes-rendus, mais savons-nous pour autant ce qu'elles réussissent à changer dans la situation des jeunes, des personnes sans emploi, etc. ?

M. Slifi m'a remis, à ce Conseil, copie d'une présentation au comité de pilotage de la politique de la Ville, dont je prendrai connaissance avec intérêt.

Unanimité.

21. Financement par le Fonds Social Européen

En gros, le FSE finance un gros mi-temps au service emploi avec pour mission de "coordonner et développer le dispositif des clauses sociales"…

Unanimité.

22. Adhésion à l'association Alliance Villes Emplois

… qui regroupe les PLIE et structures similaires. Unanimité sur l'adhésion et sur le montant, mais le Maire ne veut qu'un vote sur l'adhésion, la nomination et l'adhésion.

Céline Charaix est désignée comme représentante du Conseil Municipal dans cette association. Nous ne prenons pas part aux désignations internes à la majorité.

23. Subvention au CASC

L'équivalent d'un comité d'entreprise pour les agents de la Ville. Subvention reconduite à 200000 €.

24. Permanence du Centre d'Information sur les Droits des Femmes (CIDFF) du Val d'Oise à la Maison de la Justice et du Droit.

Subvention reconduite à quelques 6034 € pour tenir cette permanence et "accompagner les victimes d'infractions pénales", soit 57% des 200 personnes accueillies en 2017 (?).

25. "Les pincées musicales"

Françoise Inghelaëre présente cette nouvelle association qui réunit les différentes structures de cordes pincées (mandoline et compagnie) à Argenteuil, dont l'Estudiantina "fondée par Mario Monti il y a quelques décennies."

La Ville lui accorde une subvention de 21000 € et sera représentée au Conseil d'Administration.

Franck Debeaud se réjouit de cette initiative de Florentino Calvo, directeur de l'Estudiantina. La présidence sera assurée par Daniel Marty, jeune retraité de la Ville, qui assurait la programmation du Figuier Blanc.

Je me réjouis de tout cela, tout en estimant qu'une subvention à une association nouvelle, subvention élevée au regard de celles accordées aux associations non sportives, demande une attention particulière à l'activité effective qu'aura l'association.

La délibération incluant la désignation de la représentante de la Ville dans l'association (Françoise Inghelaëre), nous ne prenons pas part au vote. Sinon ce serait l'unanimité.

26. Adhésion au Syndicat National des Patinoires : Unanimité :-)

Nous serions heureux aussi de trouver une solution pour que la patinoire de Deuil-la-Barre soit rouverte, souligne le Maire.

27. Adhésion aux associations GRAINE et École et Nature

Jean-François Ploteau souligne que la Ville fait des "ateliers nature" depuis 1996. Unanimité.

28. Composition de la commission paritaire des marchés forains

L'un de ses membres, Nabil Maya, a démissionné du Conseil Municipal. Le Maire propose Pierre Abrinas. Philippe Doucet se dit "déçu que la Municipalité ne reprenne pas l'usage que nous avions institué : l'opposition était représentée dans cette commission. L'ouverture vantée par M. Métézeau… au-delà des déclarations d'amour, il faut des preuves d'amour ! Nous voterons contre en regrettant cette logique de fermeture."

29. Permanences Info Énergie

Cette permanence est assurée par l'association SoLiHa. Mais depuis décembre 2017, cela relève de la Métropole du Grand Paris ! On fait donc un papier pour dire qu'elle délègue ça à la Ville. En attendant que la MGP continue un "réseau métropolitaine d'agences locales de l'énergie et du climat" (ALEC). Unanimité.

Motion proposée par votre serviteur.

Philippe Métézeau répond que les écrits d'Héloïse sont très contradictoires et qu'il est difficile de la qualifier de "première féministe". Mais pour illustrer, il lit du Abélard !

En revanche, il cite bien Héloïse comme ennemie du "mariage", qu'elle qualifie de "prostitution". Mais elle s'est tout de même mariée, selon le choix d'Abélard.

"C'est un personnage intéressant, qui mérite un débat. Je propose qu'on organise des conférences ou autres sur le sujet, ce serait bienvenu. L'Université inter-âges organise des conférences, Anne-Sophie Vuillemin y travaille. Si la motion était soumise au vote, je voterais contre, mais vous pouvez la retirer, n'allons pas plus loin."

Le Maire : "Il n'y a pas de débat sur une motion".

Je réponds comprendre que le personnage soit mal connu (du grand public et sans doute de la majorité du Conseil) et qu'il soit donc difficile de voter collectivement une motion. Mais qu'il s'agit de plus qu'une réflexion historique. Il s'agit de s'adresser aux centaines ou milliers de femmes qui, à Argenteuil (comme ailleurs), subissent dans leur foyer un ordre féodal. La réflexion sur Héloïse devrait donc être, plus qu'un travail d'archivistes, aussi un travail social et d'éducation populaire.

Philippe Doucet souhaite aussi des initiatives dans la société argenteuillaise sur la situation des femmes et les violences faites aux femmes, indépendamment du personnage d'Héloïse. "Ce n'est pas par hasard que nous avons ouvert à la Maison des Femmes; il y avait 500 dossiers de femmes battues au commissariat d'Argenteuil. Un vrai sujet, malheureusement, d'actualité."

Georges Mothron estime qu'on "pourra rebondir, les uns et les autres, sur cette discussion. Merci à toutes et à tous !"

Notes

[1] En le proposant quand il y en aura besoin.

[2] Sauf quand le Maire se doute que ces personnes vont exprimer une opposition. Dans ce cas, ça dépend du jour et de l'humeur.

Ville d'Argenteuil, bilan 2017

par Frédéric Lefebvre-Naré — brouillon de mon intervention au Conseil municipal de ce soir sur les comptes 2017. Je la modifierai bien entendu selon les informations que nous entendrons en cours de Conseil.

Les comptes de la Ville pour cette année 2017 ont une importance particulière, car ils permettent de faire deux bilans. L'un et l'autre me conduiront, malheureusement, à voter contre ces comptes 2017.

Premier bilan, celui des emprunts toxiques : l’État a fermé en 2017 son guichet d’aide, mais vous avez annoncé au dernier Conseil Municipal, Monsieur le Maire, qu’Argenteuil poursuivait la renégociation de ces emprunts, et que, je vous cite, « le dernier d’entre eux tombera au mois de mars 2018 ».

Deuxième bilan, celui du « plan de redressement », entre guillemets, que vous aviez annoncé à l’automne 2014 pour 3 ans.

1. Les emprunts toxiques. Grâce à l’aide de l’État, les collectivités françaises se sont débarrassées des deux tiers de leur dette toxique. Exception, Argenteuil, qui n’en avait renégocié que la moitié. Il en nous restait pour 48 millions fin 2017, selon ce compte administratif, page 153, tableau IV A2.4. Vous en avez renégocié 4,7 millions selon votre décision n°2018/64 du 26 février 2018. Il en resterait donc, le 27 février, 42,3 millions. Soyons précis : sur 1,6 millions, la Ville a une assurance, il reste donc 40,7 millions réellement dangereux. Alors comment passer de 40,7 millions à 0 d’ici fin mars ? Monsieur Péricat m’a indiqué hier en Commission que vous aviez opéré une renégociation en date du 1er mars, qui malheureusement ne figure pas dans le relevé de vos décisions, qui va pourtant jusqu’au 6 mars. Le suspense reste entier :

D’abord, est-ce qu’Argenteuil sera libérée, d’ici ce samedi 31 mars, de ses 40,7 millions de dette toxique, ou est-ce que c’était encore un bobard ?

Ensuite, combien vont nous coûter ces 40,7 millions qui restaient au 27 février ? Grosso modo, ils sont aussi toxiques que les 48 déjà renégociés. Sur l’échelle Gissler, qui va de B jusqu’à F, niveau le plus toxique, la majorité des emprunts qui nous restaient étaient E. Sur les 48 millions, il y a eu 47 millions de pénalités (même vous aviez prétendu à ce Conseil, Monsieur Péricat, que c’était 20, c’était 47).

Donc, pour les 40,7 millions qui restent, prévoyons à peu près autant de pénalités, 40 millions. Si l’État nous en avait encore payé la moitié, ça ferait environ 20 millions. Mais sans l’aide, les 20 millions seront autant de plus à notre charge.

Ce risque se matérialise dans votre renégociation du 26 février. Elle porte sur un emprunt de catégorie D, donc moins toxique, mais elle nous coûte tout de même 1,5 million de pénalité. Donc, si on dit « la moitié », c’est 750000 € que nous aurions pu obtenir en aide d’État et qui, en fait, retombent à notre charge.

2. Malgré ces montants énormes que nous payons aujourd’hui pour les folies de votre premier mandat, vous parvenez tout de même à améliorer le résultat comptable.

Et vous y parvenez très simplement, en ayant pratiquement arrêté les investissements depuis votre arrivée. C’est normal qu’au début d’un mandat, on passe 3 ou 4 ans à préparer des projets, pendant ce temps on dépense moins et les comptes s’améliorent ; et pendant les 2 ou 3 dernières années, les projets sortent de terre, et c’est là qu’on constate les dépenses d’investissement.

Mais quels sont les projets que vous avez préparés pour 2018-2019, et qui sont prêts à sortir de terre ? Une école, dans le meilleur des cas, alors qu’il en aurait fallu au moins deux, dont une pour le centre ville. Et à part l’école, rien. Vous lancez une étude pour l’éventuelle réhabilitation du 2ème bassin de la piscine, autant dire que la ville aura passé plusieurs années avec un seul bassin de piscine pour 110000 habitants, et en plus, un bassin très excentré par rapport aux logements et aux écoles.

Je suis convaincu de la bonne volonté de votre équipe, et je peux régulièrement constater le professionnalisme des services de la Ville, pourtant rien n’avance. Dans le meilleur des cas, vous poussez tout le monde dans une voie sans issue, comme avec Fiminco sur l’île Héloïse.

Pourtant le gouvernement vous a tendu la perche. Nous avons un centre ville en grande difficulté ; justement, le gouvernement a lancé un plan « Cœur de Villes » de 5 milliards sur 5 ans. Il revenait aux Maires de manifester leur intérêt et leurs projets, et aux Préfets de faire la sélection. Le Ministre a annoncé aujourd’hui les 222 villes retenues, dont des villes de plus de 100000 habitants comme Limoges, Perpignan, Mulhouse ou Besançon. Pas Argenteuil. Avec tout le respect que j’ai pour Mulhouse et Besançon, leur centre ville est en bien meilleure situation que le nôtre. Encore aurait-il fallu montrer au Préfet un projet d’avenir crédible[1]. Ça n’a pas été le cas. Dommage, cela fait encore dans les 25 millions d’euros de capacité d’investissement perdue pour Argenteuil.

L’investissement est à l’arrêt, et les effectifs d’agents non-titulaires ont été sévèrement réduits. Pourtant, en 2017, l’effectif des non-titulaires a ré-augmenté de 38 personnes. Au total, selon vos comptes, nous dépensons 12% de plus qu’en 2016 pour rémunérer les agents non-titulaires. Dans le même temps, au titre des indemnités de chômage, nous payons encore 1,8 M€, du même ordre qu’en 2016, à des personnes pour ne pas travailler. Nous perdons sur les deux tableaux.

Les agents sont moins nombreux qu’en 2014, et ils sont largement découragés, à en juger par le taux d’absentéisme. S’il est toujours de 18%, autrement dit, 10% de plus que la moyenne pour les agents territoriaux (8%), cela signifie que chaque jour, 223 agents qui devraient être là manquent à leur poste. Quand vous arriviez en responsabilité, vous pouviez dire que c’était l’une des difficultés que vous affrontiez. Au bout de 4 ans, ça fait partie de votre bilan.

Les agents se démobilisent, les habitants s’appauvrissent. Ils souscrivent de moins en moins aux services de la Ville. Les parkings du Val Nord ne trouvent pas preneurs même au prix cassé de 350 € par an la place. Les services sociaux et périscolaires voient leurs recettes baisser cette année, malgré la croissance de la population et spécialement, pour le périscolaire, du nombre d’enfants.

Nous avons appris un drame ces jours-ci : la mort d’un homme, brûlé vif dans sa chambre d’un hôtel non déclaré, « le Berkane », où des familles vivaient dans 9 mètres carrés. Ce drame amène les journalistes et les caméras sur place, mais nous savons tous que des centaines et plutôt des milliers d’Argenteuillais vivent dans des conditions aussi lamentables. Les multiplications de boîtes aux lettres devant des immeubles misérables, les chambres sous-louées à des familles entières, les pavillons transformés en immeubles de rapport.

D’un mandat à l’autre, il y a des projets pour essayer de pallier ces problèmes, il y a des diagnostics, il y a les efforts de nos services sociaux – ou les services d’hygiène, la presse nous dit que l’immeuble du « Berkane » était régulièrement contrôlé par les services de la Ville. Mais il a brûlé quand même.

Notre bonne volonté n’a pas enrayé la dégringolade. On nous dit que la France repart, emploi, croissance économique : mais Argenteuil semble avoir raté le train.

Ce qui m’inquiète encore plus, si c'est possible, c’est la fragmentation de notre société. Entre les plus pauvres et ceux qui vivent plus à l’aise. Entre communautés religieuses, ou d’origine. Entre les jeunes et les aînés. Entre les anciens Argenteuillais, et ceux qui disent qu’ils ne font que passer et ne s’intéressent pas à la vie locale.

Toute la société française est soumise à ces tensions. Mais la particularité d’Argenteuil, et sa richesse, c’était d’arriver à les gérer, c’était l’entente. Des bobos de l’époque de Monet ou Maupassant aux bobos d’aujourd’hui, des réfugiés chassés par la guerre de Bretagne au Moyen-Âge aux réfugiés chassés par les guerres d’aujourd’hui, des prieurs de Notre-Dame aux entrepreneurs d’aujourd’hui, de Mirabeau en week-end à la campagne au XVIIIème siècle, aux fans du trail qui viennent aujourd’hui grimper nos 365 marches. Argenteuil a toujours marché tant que les municipalités, ou les dirigeants, ont cultivé ce qui était commun, ce qui était populaire, ce qui réunissait les gens.

Et c’est justement ce que vous avez coupé. Vous avez coupé les spectacles de plein air. Vous avez coupé la communication. Vous avez coupé les colonies de vacances. Vous avez coupé le 14 juillet. Vous avez coupé les vœux. Vous avez coupé les aménagements de l’espace public, des pistes cyclables, des promenades. Vous laissez le Figuier Blanc dépérir, avec très peu de séances, sans possibilité d’acheter en ligne son billet, sans fléchage depuis le parking, sans réhabilitation de ce parking, sale et squatté. Vous laissez la médiathèque se dessécher, sans renouvellement des livres. Et les maternelles, qui sont si précieuses pour réunir les familles et les enfants de toutes origines, vous réduisez drastiquement leurs moyens puisqu’il y a moitié moins d’ATSEM qu’à votre arrivée, et que leur nombre a continué à baisser en 2017.

Pourtant il y a de l’énergie à Argenteuil, et de la bonne volonté, y compris chez vos élus, je le sais bien. Selon les statistiques, Argenteuil est parmi les villes les plus entreprenantes. Et nous voyons tous combien de communautés arrivent à organiser des événements auxquels participent un très grand nombre d’Argenteuillais. Indépendamment même de toute communauté, des initiatives d’intérêt général réunissent de nombreux bénévoles persévérants, comme le collectif pour le marché de la Colonie ou le comité Jean Vilar, pour ne citer que ces deux-là.

Ce qui nous menace le plus, ce n’est pas l’individualisme. C’est l’incapacité de votre Municipalité à réunir, à fédérer les énergies, à proposer des projets où les Argenteuillais se reconnaissent et où ils aient envie de s’investir.

Cette absence de projets vous permet d’équilibrer les comptes, puisque pendant ce temps, les impôts et les dotations de l’État ont continué à très bien rentrer, bien mieux même que ce que vous aviez prévu au budget. Mais la contrepartie de ce bilan comptable, c’est un bilan social, humain, très inquiétant, qui constitue le plus grand défi pour les prochaines années.

Notes

[1] De nature à convaincre le gouvernement de faire une exception pour Argenteuil, alors que sa 'priorité' était pour les villes hors métropoles, voir la réponse du Maire au point 4 ici.

samedi 24 mars 2018

Réunion "cadre de vie" au Val d'Argent Sud

par Pierre Belot

Ce 22 mars 2018 à l'école Marcel Cachin, le cycle des réunions publiques sur "le cadre de vie" passait par le Val-d'Argent-Sud, avec comme élu·e·s

  • Naïma Raib (référente Val Nord et Sud)
  • Gilles Savry (adjoint à l'Urbanisme)
  • Philippe Vasseur (adjoint chargé des écoles et coordinateur des adjoints de quartier)
  • François Poletti (adjoint Tranquillité publique, Voirie, Sécurité civile)

Et les responsables des services

  • Patrick Lemoine : Directeur des Services Techniques
  • Louise Sadowski : Prévention, Tranquillité Publique & Sécurité Civile
  • Une personne de la Police municipale
  • Richard Gaudrit (?) : Azur

Les intervenants officiels se tenaient derrière deux tables, face au public : 4 élus à gauche, 5 responsables des services à droite.

Côté public, au premier rang, encore 2 élus (Xavier Péricat, Martine Rousseau), les référents des comités de quartier, les responsables des commissions, les techniciens sono, donc en tout une petite vingtaine de personnes impliquées dans la communication.

Face à cette armada, moins de quarante personnes parmi le public. Un problème de distribution de l'invitation serait à l'origine de ce nombre restreint.

Première partie : présentation des actions.

On commence par les référents de quartier. Merci pour la peinture sur le rond du carrefour qui ne se voyait plus, pour la visite du chantier parking (...). Arrêter de donner à manger aux pigeons, sensibiliser à la propreté des espaces verts (...) et n'oubliez pas le 7 avril : diagnostic à vélo.

Puis c'est au tour des services. Beaucoup de chiffres très difficiles à apprécier. Exemples : 400 tonnes de sel répandues lors de la vague de froid, 614 dépôts sauvages traités, 2637 utilisateurs actifs sur TellMyCity, 1284 interventions de police pour regroupements, 7500 verbalisations, X nids-de-poule rebouchés...

Deuxième partie : questions de la salle.

Là, on entre dans le lourd. La première personne ne peut retenir ses sanglots en parlant de son fils, lycéen à Julie-Victoire Daubié (ex Romain-Rolland), agressé deux fois par des collégiens.

Réponse : l'affaire est connue et en cours de traitement. "Nous sommes en train de redéployer la médiation, mais le rappel à l'ordre est exclu en cas de procédure judiciaire" : j'apprends donc que les agresseurs sont libres comme l'air du fait même qu'ils sont déjà sous le coup d'une inculpation !

On continue : des SDF le long du magasin Auchan vont faire leurs besoins en pleine rue, hurlent des grossièretés le soir, etc.

Réponse : c'est un travail très difficile avec les acteurs sociaux. On n'a pas le droit d'imposer un parcours de soin. On ne peut qu'user de persuasion, ou en cas de trouble de l'ordre public, verbaliser. Vive réaction dans la salle, moitié rire, moitié indignation. Madame Sadowski, revenue à la réalité, rectifie sa réponse.

L'épicerie pakistanaise rue du Poirier Fourrier est ouverte jusque très tard dans la nuit. Ce serait, dit l'habitant intervenant, un repaire de tous les trafics.

Réponse : pour le cas général, nous étudions la possibilité d'imposer 21 heures comme heure limite de fermeture. En ce qui concerne l'épicerie en question, une fermeture administrative est prévue et devrait avoir lieu bientôt.

Problème de motos ou scooters sur les trottoirs, conducteur sans casque, "wheeling", bruit.

Réponse : "Il est hors de question de les prendre en chasse". Trop de risque que ça finisse mal. Il faudrait les prendre à l'arrêt (ben voyons !!!). On sait que c'est d'une extrême pénibilité pour les gens. On cherche à savoir où ils cachent les bécanes mais c'est très difficile à savoir. Et encore, on ne peut mettre la bécane en fourrière que si elle n'est pas immatriculée.

D'une façon générale, les réponses sont beaucoup trop longues, plusieurs intervenants se partageant la parole. Les élus ne sont pas dupes du fait que les responsables des services sont intarissables dans leurs domaines, et qu'ils étouffent ainsi la parole du public avec la bonne conscience de répondre au mieux à ses questions.

La séance est levée à 23h passée (il était prévu 22h), alors que de nombreuses personnes voulaient prendre la parole.

Pour conclure, les problèmes les plus lourds ont été soulevés par la salle, et je ne crois pas que les réponses apportées ont été en mesure de faire converger les points de vue. Le vocabulaire utilisé n'y est pas étranger. "Redéployer la médiation", "objectiver la dangerosité" ou "faire de la prévention situationnelle" font partie d'un verbiage qui ne fait qu'accroître le fossé entre l'administration et les administrés.

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