par Frédéric Lefebvre-Naré

Je crois, je l'ai écrit hier, au travail avec le secteur privé sur ce qu'il gère plus efficacement. C'est presque toujours le cas pour les commerces. C'est généralement le cas pour les chantiers de construction, les projets "orientés sur le résultat" comme on dit… dans le privé. C'est souvent le cas aussi pour des restaurants, des cinémas grand public ou d'ailleurs "art et essai", des salles de concert — encore que le public sache faire aussi, il y a aussi des passionnés, des entrepreneurs, des organisateurs et de bons gestionnaires dans le secteur public.

Mais je crois aussi au service public. J'admire en particulier sa capacité à accueillir le public. À l'accueillir d'avance, en pensant des espaces à la fois beaux et agréables. À l'accueillir à égalité, sans coupe-file pour les plus gros portefeuilles, mais avec coupe-file en cas de handicap. À l'accueillir gratuitement, sans publicité, sans spam, sans carte de fidélité. À l'accueillir de bon coeur, comme en famille. À l'accueillir en veillant sur les plus petits et en faisant la leçon, s'il le faut, aux perturbateurs. À lui ouvrir grand les portes, à lui laisser la parole.

caravane_ete.jpg La "caravane de l'été" sur le Parc des Berges — juillet 2016

Je crois au service public et je rêve pour demain d'une île d'Argenteuil ouverte à tous, commune, objet de notre attention commune. Qu'il s'y implante, comme dans le parc de la Villette, des guinguettes, une salle des fêtes, des jeux de boules, un auditorium, des terrains de sport, des péniches-restaurants, les uns publics, les autres privés, très bien ! Mais que l'espace reste public et redevienne vert et ouvert.

La Municipalité et le promoteur Fiminco veulent en bétonner la partie centrale. Nous en aurions pour 50 ans avant de retrouver notre île. Gardons-la publique et au service du public.