par Frédéric Lefebvre-Naré

Le Conseil Municipal a voté la vente à Fiminco de Jean Vilar, son parking et son square, soit 22000 m2 de terrain, pour construire 40000 m2 de logements, commerces, cinémas et salle de spectacles, et 900 parkings.

Le tout pour 7,5 millions d'euros. Le Maire s'est vanté de financer ainsi la construction d'une école.

Mais 7,5 millions, cela fait 340 € par m2 de terrain, ou encore 188 € par m2 de plancher à construire.

Comment la Ville ose-t-elle brader un terrain au coeur d'Argenteuil, appartenant aux Argenteuillais, presque au prix du m2 agricole à Cormeilles ?

Le terrain à Argenteuil vaut autour de 500 €/m2 en zone pavillonnaire, 1000 €/m2 en centre ville. Il est facile de le vérifier sur internet ou en agences.

Est-il commun pour des communes de brader ainsi ? J'ai recherché via google des exemples récents de cessions en Ile-de-France. Voici les 8 premiers que j'aie trouvés :

  • Fresnes, 2011, 1 716 € / m2 de terrain, programme comprenant des logements, des équipements publics et des commerces.
  • Enghien-les-Bains, 2014, 1272 € / m2 de plancher, logements locatifs sociaux et en accession.
  • Saint-Germain en Laye, 2013, 750 € / m2 de plancher, logement social.
  • Saint-Ouen l'Aumône, 2014, 390 € / m2 de terrain, logements en accession.
  • Bures-sur-Yvette, 2014, 974 € / m2 de terrain, pour des logements privés, des commerces, un pôle santé ; ici le prix correspond à la valeur d'équipements publics à construire par le promoteur : médiathèque, local associatif, parking public de 120 places.
  • Conseil départemental du 92, cession à la ville d'Antony, 2015, 704 € / m2 de terrain, école publique.
  • Cachan, 2016, 5 497 € / m2 de terrain, résidence de tourisme et logements en accession.
  • Sannois, 2015, 450 € / m2 de plancher pour des logements + 180 € / m2 de plancher pour des commerces.

Sur la base de cet échantillon petit mais très divers par la destination des terrains comme par la "cote" des communes, Argenteuil aurait dû facturer à Fiminco environ 19,5 millions pour le terrain de Jean Vilar.

Ce sont 12 million nets déjà perdus par les Argenteuillais.

Sans parler des nombreux coûts d'investissements (voirie, réseaux, etc.) qu'un tel projet engendrera.

Pour stopper la gabegie… vite…