Blog d'Engagés pour Argenteuil

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

mardi 25 septembre 2018

Conseil Municipal du 25 septembre 2018 : grands projets de construction

Suite du Conseil

6. Cession de la friche Balzac à Group Life'

Gilles Savry présente d'abord l'évolution de "l'espace vert Montesquieu", la mini-dalle devant l'IUT, itinéraire piéton entre le Val Sud et la gare du Val d'Argenteuil.

La "friche Balzac" (12000 m2 de terrain) résulte de la démolition en 2005 de la "tour Axa", qui déjà ne trouvait pas de preneur depuis plus d'une décennie.

demolition_Balzac_2005.png

Gilles Savry annonce un élargissement de l'avenue Utrillo (qui mène au pont) et de la rue Louis Lhérault, qui attend le tram-train.

"Nous avons retenu la société Group Life', adossée à Nexity, pour un centre d'imagerie et un centre médical de 340 m2 chacun, des commerces de proximité pour 370 m2" (taille d'une supérette), une crèche, et surtout "des logements pour 11000 m2, et une résidence seniors pour 9000 m2" sur 8 étages.

Gilles Savry montre des esquisses du projet.

"L'objectif est de faire une promesse de vente, pour un montant de 3,5 M€ conforme à l'avis des Domaines."

Philippe Doucet "avoue (son) étonnement. C'était un de vos engagements de campagne de remplacer le libraire au Val Sud… mais les coques restent vides, vous en créez d'autres. Le centre de santé, ça sent la préfiguration de la fermeture d'Irène Lézine (centre municipal de santé). Un projet de crèche ? L'espace réservé dans l'ancienne Poste reste vide ! Une résidence personne âgées ? Nous la prévoyions plutôt en centre ville. Tout ça c'est de la poudre aux yeux. C'est d'abord un projet de logements ! Gilles Savry, qui était anti-béton, devient un amoureux du béton ! On s'inquiète un peu ! 200 logements, plus la résidence seniors, dans le quartier qui est, de très loin, le plus dense de la ville !"

"Nous avions rénové l'esplanade de Rethondes…"

Georges Mothron : "ni fait ni à faire !…"

Philippe Doucet : "… avec difficulté car c'est un dessus de parking. Et les écoles, comment allez-vous pousser les murs de Marcel Cachin, enclavée, et du collège Eugénie Cotton plein comme un oeuf ? Densifier encore ce quartier déjà si dense, ça nous sidère".

"Et le prix ! Sortir tout ça pour 3,5 M€, c'est au Bon Coin ! On brade ! C'est purement scandaleux. On avait déjà eu le cas avec Nexity rue de Bavard. Le promoteur peut être ravi ! On votera contre cette délibération et on engagera tous les recours nécessaires. Des espaces (libres) dans la ville, il y en a au Val Notre-Dame, ailleurs il n'y en a plus. Notre projet d'un grand lycée privé" sur ce site disparaît, comme tout équipement public. "Sur un pont central, à côté d'une gare où nous espérons voir arriver la tangentielle. Se dire seulement 'on a un terrain, vendons', ça nous paraît" décevant.

"Le débat avec les habitants du Val Nord et du Val Sud sur ce qu'on fait, comment ça fonctionne, ça nous paraît la moindre des choses."

Franck Debeaud : "Après Cap Héloïse vous continuez sur la même logique : absence de concertation, malgré nos engagements de campagne. Autre engagement, stopper le bétonnage massif et arrêter la densification. Là, vous nous proposez plus de 92% de logement ! Il faudrait un plan d'aménagement avec un cahier des charges… Le Val Nord et le Val Sud rassemblent 23000 habitants, la population de Montmorency ou Deuil-la-Barre, sans théâtre, sans lieu d'expositions, sans équipements à la hauteur pour les arts martiaux, sans assez d'espaces verts, d'équipements scolaires… Après 27 ans de friche, nous pouvons attendre au lieu de sauter sur la première offre venue. La société, avec 2,1 M€ de capitaux propres, ne présente pas de garantie suffisante. Et le seul élément qui nous est donné est un plan cadastral !"

Je me réjouis "qu'il y ait un projet ; malheureusement, concernant ce projet précis, tous les signaux sont au rouge.

Le nombre de projets reçus : seulement deux. À quoi a servi la mise en avant du site par le Grand Paris, que votre équipe célébrait comme une grande victoire ?

La transparence dans la comparaison de ces deux projets : nulle. Au prétexte qu'il s'agit d'un appel à projets, vous vous dispensez de toute commission pluraliste et nous proposez un seul choix.

La transparence dans les capacités de l'acheteur : nulle. Group Life' avec apostrophe, ce n'est pas une faute de frappe, est une holding qui ne publie pas ses comptes. Group Life sans apostrophe a fait 5 millions d'€ de CA la dernière fois qu'elle a publié ses comptes, il y a quelques années. "Groupe IDEC", société qui partage la même marque, présente un CA de 18 M€. Groupe IDEC se présente comme un "opérateur immobilier global", je cite avec "75 collaborateurs" répartis en 9 filiales, dont Group Life, avec ou sans ', ne font pas partie. Ça donne l'impression que nous traitons avec des joueurs de bonneteau. Et que signifie "l'adossement à Nexity ?" Quel contrat, quel accord ferme ?

La fiabilité de cet acheteur dans ses projets : zéro. Son projet le plus cité dans la presse date de 2012, il s'agissait de 200000 m2 d'entrepôts à Fos-sur-Mer. Six ans plus tard, il n'en a réalisé qu'un cinquième, 43000 m2.

Je partage par ailleurs les réserves, inquiétudes et oppositions exprimées par mes collègues sur les espaces verts (on attendrait dans ce quartier une promenade paysagée cohérente de l'IUT à Eugénie Cotton, sur votre plan elle est coupée),…

Schema_trou_Balzac_27sep2018.png

… sur le prix de vente dérisoire, sur l'absence d'équipements publics, sur la bizarrerie du choix d'une résidence seniors pour ce site.

Alors oui, il faut boucher ce trou à rats, mais après 13 ans de trou, on peut prendre 6 mois de plus. Faisons un vrai cahier des charges ou au moins un cahier d'esquisses, de scénarios… qui puisse donner plus d'idées à plus d'acteurs. En plein coeur de quartier, à 13 minutes de train direct de Paris, à peine plus loin de Cergy et Pontoise, ce site est un trésor, il mérite un meilleur projet. Je voterai contre celui que vous proposez."

Gilles Savry : "Il y a dans le quartier, des demandes de résidences senior de qualité. Le gérant sera quelqu'un de très grande qualité.

Pour le centre médical, on a rencontré tous les praticiens de ce secteur. Il y a une vraie demande de cabinet de radiologie, de kinésithérapie avec notamment des piscines, d'orthodontie… Il y a de quoi faire.

La crèche, dans l'ancienne coque Toit et Joie (ex-Poste), c'est impossible : pas d'espace vert pour faire sortir les gamins.

À la gare du Val il y a des trains toutes les 6-7 minutes, il faut des commerces, genre café Starbuck's, qui attirent les gens à cet endroit.

Quant au logement : nous ne voulons pas de bétonnage, oui, sans créer de commerces, de centre médical, d'écoles. Avec les immeubles créés au bout de Jean Jaurès, Jules Guesde est blindée. On est en train d'acquérir pour faire un groupe scolaire rue Henry Dunant lors du prochain mandat, quelle que soit l'équipe.

Oui, une ville doit se développer : M. Doucet, vous vouliez faire venir du monde… Nous créons des logements pour accueillir des nouveaux habitants dans de bonnes conditions.

Concertation ? On a présenté ce projet aux deux conseils de quartier qu'on a réunis ensemble ; et en réunion publique ; on passe maintenant en Conseil Municipal."

Vote contre de MM. Debeaud et Adalou, du groupe TFdEA et de moi-même.

7. Convention "PUP" pour faire contribuer le promoteur du 28 rue Danielle Casanova, à la limite de Bezons, après Dassault venant d'Argenteuil. "Une construction de 97 (?) logements en accession à la propriété, sur une parcelle qui sert actuellement de stockage et vente de véhicules et apporte beaucoup de nuisances aux riverains", explique Gilles Savry. La taxe d'aménagement est à 5% dans cette zone, hors de notre périmètre d'études. On a discuté avec le promoteur pour signer un PUP" qui revient à remonter le taux à 20%.

Georges Mothron rappelle une visite de quartier "rue du Vieux Chemin de Saint-Germain : les riverains se plaignaient de la transformation du grossiste en légumes, en stockage de véhicules ; et du rachat de grands pavillons pour les découper en rondelles…"

Philippe Doucet, revenant au sujet précédent, "invite le Maire à regarder sérieusement qui est derrière Group Life' et (son président) M. Guedj. Attention où vous mettez les doigts."

Concernant la rue Casanova, "on n'est pas fermés à cette évolution, on regardera ; nous nous abstiendrons."

Je suis opposé au principe de l'aller-retour entre exemptions de taxe d'aménagement et PUP… mais enfin bon, compte tenu de ces explications, je m'abstiens.

8. Acquisition d'un petit pavillon à la limite de l'Hôpital pour en faciliter l'extension future. 90000 €… Unanimité.

Je compléterai ce billet avec d'autres sujets sur l'urbanisme, et passe aux marchés.


21. Acquisition d'un appartement au 14 boulevard Jean Allemane : dernier lot, enfin racheté, de cet immeuble insalubre et désaffecté. Unanimité.

22. Cession de 3088 m2, 158 rue Henri Barbusse, pour EIFFAGE Aménagement, pour 975 000 € HT

La Ferme du Spahi doit déménager "dans les prochains mois" sur le site de l'ancienne succursale Renault.

EIFFAGE Aménagement prévoit d'élargir la place du 11 Novembre et la rue Ambroise Thomas, et de créer des commerces et logements.

Le projet pour l'ensemble de la parcelle prévoit 4500 m2 de surface de planchers, à ce que dit le dossier papier, dont des pavillons en fond de cour : cette densité ne me semble pas excessive.

Philippe Doucet répond à Gilles Savry que "le projet n'a été présenté nulle part en conseil de quartier ou réunions de quartier. Que va faire EIFFAGE exactement ? Les propriétaires de la ferme de Spahi, quelle surface ont-ils obtenu sur la surface Renault à l'entrée de Bezons ? Quel impact est prévu sur Côté Seine ? La presse du jour annonce que Casino veut vendre 20 hypermarchés : celui d'Argenteuil en fait-il partie ? On n'est fermés à rien, on s'abstiendra, on veut des réponses les plus précises possibles sur ces enjeux."

Georges Mothron répond, "pour les plus anciens dans ce Conseil, ou d'autres qui n'y sont plus : ils savent le problème que pose la Ferme du Spahi depuis des décennies. Leur petite unité a grossi sur des terrains qui ne sont pas à eux, un propriétaire privé qui se régale tous les mois d'un loyer fort. Vous vous êtes cassés les dents, comme nous, nous nous sommes cassés les dents pendant notre premier mandat. C'est un billard à plusieurs bandes. On a fait préempter (le terrain) Renault et on l'a fait porter par l'EPF-IF. La jonction entre T2 et gare d'Argenteuil passera par là. C'est presque fini maintenant. Il est hors de question que le propriétaire de la ferme de Spahi parte chez Renault en gardant son terrain (de la Ferme du Spahi) pour le louer à un autre acteur. Tout ça ne va pas s'inventer du jour au lendemain. On va passer à la discussion avec les différents acteurs, dont le Conseil municipal dans son entier. Le quartier a été laissé à l'abandon depuis des décennies, voire un siècle."

Gilles Savry : "vous (Philippe Doucet) avez raison, c'est un projet d'ampleur pour la ville. Le NPNRU va nous apporter des financements beaucoup plus importants que prévu initialement. On a présenté le projet en réunion de quartier, à grandes mailles. Ce projet est compliqué, le Maire vient de le rappeler. Il faut maintenant en discuter. Cette promesse de vente est sous conditions que l'ensemble se fasse. L'aspect commercial mériterait une discussion plus approfondie : des études commerciales faites, dont on a parlé sur le projet Héloïse, montrent le potentiel d'achat sur Argenteuil. Le nouveau projet (sur l'ancienne succursale Renault) sera un peu plus grand que la Ferme du Spahi, d'autres commerces pourraient arriver en complément. Vous aviez fait des études à votre époque, on en a retrouvé dans les cartons. Mais le Géant Casino d'Argenteuil ne me semble pas prêt à partir, leurs recours contre le projet Héloïse le montrent !"

"Une 2ème phase de concertation avec les habitants commence mi-octobre dans le quartier".

Conseil Municipal du 25 septembre 2018 : culture, crèches et radicalisation

C'est parti.

Le PV du Conseil précédent est approuvé à l'unanimité (avec de ma part une précision sur l'un de mes votes[1]).

Le Maire enchaîne avec un exposé sur "une rentrée exceptionnelle et une nouvelle année prometteuse et pleine de nouveautés. 51 classes ouvertes : 15 au titre de la croissance des effectifs, 36 par dédoublements. Un tour de force dont nous sommes fiers. Nous investissons près de 16 M€ cette année dans l'éducation. (…) C'est plus sympathique que les affiches de la députée qui disent 'on l'a dit, on l'a fait', en oubliant la part de la Ville et de ses agents."

"Je me réjouis de la future reprise de l'extension de l'hôpital d'Argenteuil, aujourd'hui actée par l'Agence Régionale de Santé. Nous travaillons aux acquisitions foncières" nécessaires.

"Pour finir, lors de la présentation de deux actions, j'ai souhaité que des intervenants extérieurs nous rejoignent. Nous aurons des suspensions de séance.

Justement, au point numéro 1, nous sommes heureux d'accueillir de nouveaux arrivants, surtout riches de 10000 ans d'histoire : le musée du Quai Branly, partenaire our 2 ans de la vie culturelle de la ville. J'accueille Jérôme Bastanelli, directeur général délégué du musée" et 2 de ses collègues. "Nous avons été séduits par cette démarche originale du musée à la rencontre de son public", les Ateliers nomades. "Avec 60000 ans d'histoire, Argenteuil est présente aussi sur les murs des musées du monde entier. Bordée par la Seine telle le musée du Quai Branly, notre ville a toujours été ouverte sur le large, accueillant ceux qui l'ont choisie pour s'y établir. L'arrivée du Quai Branly s'inscrit pleinement dans la volonté de la Ville de (…) lutter contre les communautarismes. 10 associations ont déjà manifesté leur intérêt pour le dispositif."

1. "Ateliers Nomades" avec le musée du Quai Branly

Petit film d'introduction. Sans doute bientôt sur le site de la Ville[2] !

Jérôme Bastanelli se réjouit de "l'intérêt des jeunes pour notre musée, dont les oeuvres entrent sans doute en résonance avec leur imaginaire."

Les Ateliers nomades ne sont, poursuit-il, pas "une structure mobile, un container. Avec beaucoup d'humilité, nous travaillons avec les municipalités : Cergy-Pontoise, puis Clichy-Montfermeil, puis les communes de Grand Paris Sud. Nous présentons des vraies oeuvres, par des vrais conservateurs, des vrais scientifiques. Ce n'est pas facile car le code du Patrimoine est un peu rigide : il interdit de la laisser plus d'une journée ! S'il le faut, elle arrivera le matin et repartira le soir. ll y a quelque chose de différent qui se passe quand vous voyez une vraie oeuvre, qui ne se passe pas devant une photo ou un écran. Il pourra y avoir une conférencière sur les arts de l'Islam, ou sur la représentation des masques en Afrique, nous verrons avec vous quels sujets vous intéressent et comment les traiter."

Je lui réponds par ce petit souvenir, en souhaitant que beaucoup d'enfants d'Argenteuil vivent le même choc, le même éblouissement.

Avant de passer au point 2 sur les crèches, le Maire rappelle la baisse de la Dotation Globale de Fonctionnement reçue de l'État, et prétend (contrairement aux faits[3]) que les autres dotations ont été loin de compenser cette baisse. "Il faut que tous les matins on imagine comment faire un service public plus de qualité avec des blocages totaux en recettes et en dépenses. Ce qui est endémique à Argenteuil, le service à la petite enfance, des progrès ont été faits mais ils ne sont pas suffisants. Il nous faut des centaines de berceaux supplémentaires."

2. Privatisation de la crèche le Blé en Herbe, rue Henri Barbusse + création par le même opérateur privé d'une nouvelle crèche boulevard Jeanne d'Arc

Tania de Azevedo rappelle que 2100 bébés naissent chaque année à Argenteuil. La ville compte 600 assistantes maternelles indépendantes, 1200 demandes d'accueil régulier sur liste d'attente. Le "Pacte de confiance et de responsabilité" exige que nous réduisions nos dépenses de façon drastique. La délégation de service public (au privé) permettra de proposer une qualité de service identique, la prestation proposée sera (même) plus performante dans certains domaines, les prestataires ont leur propre école de formation. La qualité sera notre priorité, 60% des points (dans la consultation). Les agents titulaires actuellement en poste au Blé en Herbe pourront, soit être reclassés ailleurs, soit être détachés auprès du prestataire. Les agents contractuels se verront proposer un CDI et bénéficieront d'un accompagnement individuel."

Marie-José Cayzac répond pour le groupe d'opposition que "l'augmentation affichée du nombre de places relève au mieux de la mauvaise foi. S'il y a bien 1100 places d'accueil d'enfants sur Argenteuil, il n'y en a pas 1100 pour les Argenteuillais. À Françoise Dolto, la Ville ne réserve que 18 des 80 places… En 2008, il y avait 12 crèches municipales, 2 associatives et celle de l'Hôpital. En 2014, 24 crèches et une dont il ne manquait que de couper le ruban. Aujourd'hui nous voilà descendus à 20 crèches et les crèches municipales continuent à faire les frais de l'opération. Vous espérez résoudre le problème des "25% d'absentéisme" dans le personnel de la crèche le Blé en Herbe, en privatisant ? C'est lutter contre la fièvre en cassant le thermomètre.

Les crèches d'Argenteuil sont devenues des garderies dont vous poussez les murs au risque de les faire craquer. Vous avez réduit le niveau de qualification, passant de 65% (?) d'auxiliaires puéricultrices, à environ 50%. Le taux d'occupation est inférieur à 70%, point le plus bas que nous ayons connu (dans le mandat précédent) en 2010. Les adaptations, mon tellement important, ont été suspendues cette semaine dans plusieurs crèches. Faute de pédiatre, les visites d'admission sont réalisées par un médecin généraliste. Passer au privé vous permet de masquer ce faible taux d'occupation ! À qui allez-vous faire croire que le privé, en réduisant les coûts de plusieurs milliers d'€ par an, rendrait un meilleur service ? Votre politique est dénoncée par les syndicats, le personnel… et les parents qui ne peuvent le dire au grand jour."

Je rappelle qu'en Commission d'Appel d'Offres, en 2015, la Ville obtenait des réductions de 1000 à 1500 € par an et par berceau, de prestataires privés ou associatifs. Un représentant des services expliquait comment : "on leur a fait savoir qu’il fallait un effort maintenant, et qu’en octobre, selon leurs prix, on pourrait leur attribuer plus de places en supprimant des crèches municipales." Ça ne s'est pas fait à l'automne 2015 mais à l'automne 2018… la Municipalité laisse ce "cadeau" à ses successeurs, je ne l'en félicite pas et voterai contre la délibération.

Philippe Métézeau proteste contre le terme de "crèche low cost" utilisée par Marie-José Cayzac, et qui "conviendrait mieux à une ville voisine, de population et histoire similaire (comprendre : Colombes), ville qui a obtenu d'un gestionnaire privé un prix annuel par berceau de 2200 € par an (comprendre : hors participation de la CAF et prix payé par les familles.). Nous avons estimé au double, 4500 €, la participation nécessaire pour obtenir une bonne qualité. Le coût pour la Ville ne changera pas, ce sera une prestation au lieu de salaires, mais les frais de fonctionnement resteront les mêmes (Belle contradiction avec le "exige que nous réduisions nos dépenses de façon drastique" de Mme de Azevedo[4]). Je m'attendais à un accueil positif de votre part à la création d'une nouvelle crèche."

(Évidement le procédé est gros : cacher la privatisation d'une crèche derrière la création annoncée d'une autre… Cela aurait pu constituer 2 décisions distinctes !)

"Vous mettez en cause la qualité du personnel. Il y a des normes. Quand on veut laver plus blanc que blanc, des fois, on n'y arrive plus. Avec 50%, on est très au-dessus de ce qui est demandé par les PMI et la CAF. Le problème, c'est que des auxiliaires de puériculture formées, on n'en trouve pas. Si vous avez des CV, vous nous les envoyez."

"Une des crèches privées, vous dites qu'il ne restait qu'à couper le ruban ? Le gestionnaire choisi était en faillite, on a dû en trouver un autre."

Marie-José Cayzac : "vous mentez, ce n'est pas correct."

Philippe Métézeau : "je maintiens que le projet était dans un cul de sac et que nous l'en avons sorti. J'ai entendu aussi que nous n'avions plus de pédiatre ? Trouvez-nous en un. Le médecin qui a été choisi n'a pas bénéficié d'un quelconque appui du vice-président du Conseil départemental. Ce médecin, nous le connaissons bien, elle — c'est une dame — a une expérience en PMI dans une autre ville. Si on n'avait pas pris cette solution, les parents auraient gardé leur bébé sur les bras, on n'aurait pas manqué de nous le reprocher !"

"Pour gérer l'absentéisme, il y a 2 méthodes ou même 3. S'interroger sur les raisons : on l'a fait. On va lancer très prochainement une étude plus ciblée sur différentes choses dont l'absentéisme. (après 4 ans 1/2 de mandat ?!). Il y a dans cette crèche 5 absences, en équivalent temps-plein, sur 21 personnes. (…) On cherche toujours la bonne solution. Si la bonne solution c'est la crèche municipale, il n'y a aucun raison de changer ce statut. S'il faut évoluer, on évolue."

3. Convention d'objectifs et de financement des crèches municipales par les Allocations Familiales : très bizarrement, la convention avec la CAF porte essentiellement sur le portail internet. Il n'y a pas de montants en € indiqués. Unanimité tout de même sur cette délibération annuelle, précise Mme de Azevedo.

Philippe Doucet revient sur la gestion des crèches sur la précédente et l'actuelle municipalité. "On sait bien comment se passent les choses pour le personnel : on mute une personne d'Argenteuil dans une crèche à Cergy et Osny, et elle quitte rapidement son poste devant les contraintes que cela impose… Vous avez du mal à recruter des auxiliaires puéricultrices, mais on entend les gens : il y en a à Argenteuil : quand elles ne sont pas bien traitées, elles ont travailler dans les communes autour, il y a un marché ! Que vous en soyez à les sortir, à les mettre ans le privé… la ville de Colombes, que vous avez citée, elle, ne le fait pas, elle garde ses crèches !"

Philippe Métézeau ne s'étonne pas "que quand les gens vont vous voir, ce n'est pas pour dire que tout va bien, quand on est dans l'opposition ; on y a été, on sait ce que c'est."

4. Nouvelle organisation du Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance et de la Radicalisation (CLSPDR)

Le Maire Georges Mothron introduit ce sujet. Le "fait religieux" est, avec d'autres, "une problématique montante" selon lui. Nous devons "porter des projets communs, les protéger contre les attaques plus ou moins graves contre la vie en société : repli communautariste et radicalisation. Certains y travaillent aujourd'hui, il faut que nous soyons à l'initiative. J'ai décidé d'engager la ville dans un plan d'action très concret : faire respecter la laïcité et les valeurs de la République, aider les jeunes à devenir des citoyens, prévenir les radicalisations en liaison avec les partenaires… Il s'agit d'une démarche pilote, innovante, qui donne l'opportunité à Argenteuil de devenir une référence nationale. Des dérives se sont installées depuis trop longtemps. Je veux conduire avec vous cette démarche de citoyenneté jusqu'à la fin du mandat. Il s'agit d'une démarche non partisane. Nous avons recruté un chargé de mission, M. Akrouf (? cette personne ?), qui a pris ses fonctions hier. J'ai souhaité que la Ville soit assistée par l'ancien préfet Gilles Clavreul. Je lui laisse la parole."

Gilles Clavreul "je vous emmènerai moins loin que mon prédécesseur du Quai Branly. Préfet ayant quitté l'administration récemment, j'ai été conseiller du président Hollande sur les affaires intérieures, donc les affaires de sécurité,… J'ai rendu un rapport en début d'année au Ministre de l'Intérieur sur la laïcité. Ces sujets sont complexes. Il faut les déplier avec sérénité et détermination. La laïcité est un cadre historique et juridique précis, il faut le rappeler. Il faut d'abord constituer du commun et former un bloc équipe, déployer une vision commune de ce dont on parle et de ce qu'on veut faire. Et ensuite, de s'ouvrir vers l'extérieur, la ville, les relais, les cultes, les associations. Le sens de la démarche est d'avoir un plan pérenne qui fasse consensus. Voilà la méthodologie qu'on va développer, avec des partenaires État qui suivent de très près ce qui se déroule à Argenteuil. Voyons ces sujets comme des opportunités de faire progresser la vie en société et le vivre-ensemble."

Philippe Doucet : "nous découvrons cela ce soir, puisque rien n'a été annoncé (même en commission hier). On sait où vous vous situez politiquement, et où Gilles Clavreul se situe. Il anime un think tank sur les mêmes sujets…Les discours en surplomb sur ces sujets, on les connaît… Vous parlez de démarche non partisane, mais sans l'opposition, qui n'est pas représentée dans ce Conseil Local ! On suivra ça sans illusion. Quel est le statut de M. Clavreul ? Y a-t-il une convention ? Combien ça coûte ? C'est de l'information minimale dans le débat démocratique." Le groupe Tous Fiers d'Être Argenteuillais votera pour.

Georges Mothron répond qu'il y a "une surface transversale entre le CLSPDR et ce que M. Clavreul nous invite à bâtir. Sur l'aspect contractuel, pour 2 ans, je vous enverrai les éléments. Sur la présentation de opposition au CLSPDR, je veux bien qu'on se pose la question."

Pour moi, "l'intervention du Maire et celle de M. Clavreul manquent de concret.

Les pyramides de mots sur la laïcité, les valeurs du vivre-ensemble et autres valeurs républicaines, sonnent totalement creux tant qu'on n'en discute pas avec les intégristes religieux, avec celles et ceux qui préfèrent vivre à part (au moins à part de certains autres), avec celles et ceux qui ne se reconnaissent pas dans les valeurs républicaines. Toute religion a son intégrisme, comme toute politique a son fanatisme, tout métier a ses drogués du boulot, etc.

Avec combien d'intégristes la mission de M. Clavreul a-t-elle échangé ? Avec combien de responsables d'écoles hors contrat ? Avec combien d'auteurs de sites de "réinformation" entre guillemets ? Avec combien de responsables de mouvements politiques se revendiquant d'une religion ?

De puissantes forces de désintégration traversent notre société européenne, française, argenteuillaise.

Au-delà des grands principes réaffirmés, au-delà aussi de la vigilance quotidienne de nos institutions, la police, l'Éducation, nous avons besoin d'un dialogue franc, ouvert, direct, cash, avec les personnes et les forces qui se méfient de ces grands principes, qui se sentent exclus ou mis sur surveillance par nos institutions.

Il y a eu quelques initiatives de l'ancienne municipalité, de l'ancien député, de l'actuelle municipalité comme la conférence du 31 mai 2017 à l'Hôtel de Ville sur la prévention de la radicalisation, avec l'association "Syrie prévention familles". Je me réjouis de ces efforts, je crois qu'il faudrait les multiplier par cent pour arriver à une prévention efficace, que ce CLSPDR devrait piloter et évaluer. Je n'en vois pas encore les signes, mais je me permets d'espérer, et en attendant, je m'abstiendrai sur cette délibération."

Franck Debeaud s' "associe à cette réflexion" et se demande "quels nouveaux éléments de prévention ont été mis en place depuis que la mission du CLSPD a été étendue à la radicalisation" ; il s'étonne de ne pas voir dans la composition du CLSPDR "l'adjoint à la jeunesse".

Georges Mothron dit que la mission de M. Clavreul commencera par "aider les services de la Ville à avoir les mêmes définitions des mêmes termes, laïcité par exemple".

5. Subvention exceptionnelle à l'Olympique Rugby Club suite à l'incendie de son club-house

Le club-house avait été construit et aménagé par la Ville, et lui appartient ; mais le club a perdu dans un incendie "d'origine accidentelle", aux dernières nouvelles, une quantité de matériel. Il en fournit le détail sur sa collecte en ligne de dons.

Franck Debeaud demande quand le club-house sera de nouveau opérationnel, et s'il y aura une solution provisoire.

Marie-France Le Nagard répond que "nous sommes en phase de décontamination, qui devrait se terminer vendredi ; et en attendant, réouverture demain de l'ancien Bar, coté tribune, transformé entre temps en laverie."

Unanimité, bien que je n'ai pas bien compris pourquoi l'assurance n'assure (apparemment) pas.

On continue avec des grands projets de construction.

Notes

[1] Sur le point 16 ici.

[2] Au 27 septembre : pas encore.

[3] Point 1 ici 2015, point 3 ici 2016, ici 2017, point 7 ici 2018…

[4] Philippe Métézeau apporte sur Facebook ce 27 septembre la précision ou rectification suivante : "je n’ai pas dit que le coût serait le même pour la ville. Je répondrai à votre remarque que l’on diminuait artificiellement la masse salariale pour ainsi mieux répondre aux obligations du contrat signé avec l’Etat. Ma réponse voulait dire que remplacer une dépense RH par une DSP n’avait aucun effet sur nos obligations (vases communiquants), mais par contre si la dépense est moindre c’est bien sûr bénéfique. Il n’y a pas de contradiction." Aux lecteurs d'apprécier la diversité des arguments !

mardi 11 octobre 2016

Conseil Municipal du 11 octobre 2016, logement et foncier

Gilles Savry, Adjoint à l'Urbanisme : "Monsieur le Maire nous apprend ce soir qu'Argenteuil a été retenue pour un appel à projets du Grand Paris (ce sera le point 3).

Ici (point 2 de l'ordre du jour) il s'agit d'un Contrat d'Intérêt National. Ce n'est pas une Opération d'Intérêt National où l'État aurait la main ; la Ville garde la main.".

Gilles Savry en reprend quelques phrases de jargon, en voici d'autres :

"L’objet du CIN est de pérenniser un cadre de gouvernance permettant de faire vivre le partenariat sur le long terme. Le Comité Interministériel (CIM) portant sur le Grand Paris du 15 octobre 2015 a exprimé l’objectif de création d’une OIN multi-sites sur le territoire argenteuillais pour favoriser la réalisation des projets d’aménagement stratégiques. Le Contrat d’Intérêt National apparaît d’ores et déjà comme l’outil le plus adapté pour instaurer un partenariat renforcé entre les différents acteurs impliqués, permettant à la fois de partager et définir les objectifs poursuivis en commun, et de créer les conditions de la coordination de la mise en œuvre des différents projets d’initiative publique et privée. Le présent contrat doit donc donner lieu à la mise en place d’une gouvernance collégiale renforcée, réunie sur la base d’objectifs partagés par les différents partenaires qui va permettre la définition et la réalisation d’actions coordonnées, destinées à faire, à moyen et long terme, levier sur l’ensemble du territoire argenteuillais."

Ouaf.

Philippe Doucet répond que tout cela était déjà "dans les cartons" lors du mandat précédent (le sien), y compris un projet sur la Gare, "avec une nuance, nous avions prévu un peu de logements qui, si j'ai bien compris, ont disparu. Ça aurait été un peu classe de le reconnaître."

"Un Contrat d'Intérêt National ou une Opération d'Intérêt National, c'est pour faire du logement, pour construire. Nous nous réjouissons que vous en reconnaissiez la nécessité. Si on était taquins, on vous aurait bien traités de bétonneurs : sortir 1200 logements d'ici 2020, va falloir passer la seconde sur les permis de construire. Vous freinez sur les logements sociaux : nous ne sommes pas à 37% mais à 34%. Heureusement, sur la porte Saint-Germain, il y aura 20% de logements sociaux, et sur les 1200, ça ne ferait pas loin des 250 que je vous au proposés, M. le Maire : je vous re-tends la main. Ne serait-ce que parce que, quand vous allez détruire les 250 logements insalubres, ces pauvres gens ne seront absolument pas en mesure d'accéder à la propriété. Nous voterons donc pour."

Philippe Métézeau : "Je reviens sur l'inquiétude que vous manifestiez tout à l'heure concernant l'implication du Val d'Oise dans les CIN d'Argenteuil, comme de deux autres villes. Le projet de TCSP (sur les berges) est bien dedans. Sur la tangentielle SNCF, le Département a toujours soutenu le projet mais le premier tronçon a cumulé les surcoûts et les retards, ce qui reporte notre projet. Le développement économique est (essentiel). En ce qui concerne les berges de Seine, le Département actuellement n'envisage pas, pour des raisons budgétaires dont est notamment responsable le Gouvernement que vous soutenez,… Le projet n'est pas mûr actuellement sur sa totalité. Vous n'êtes pas arrivé à le faire adopter sous votre mandat, ça n'a pas avancé du tout. (Et depuis 30 mois ?). Le Département a "différé"… Le CIN court jusqu'à 2030, tout ne va pas démarrer en même temps. Dans cette optique, l'aménagement des berges de Seine n'est pas dans les priorités."

Gilles Savry : "oui, dans ce CIN, nous prévoyons 1200 logements et 80000 m2 d'immobilier d'entreprises, mais les 1200 logements ne seront pas tous dans le périmètre de l'EPF-IDF, donc votre calcul '20% de 1200' est faux. Nous "passerons la seconde pour les permis", comme vous le dites, uniquement lorsqu'on aura les écoles nécessaires. En urbanisme on est jugé sur les résultats, pas sur les études."

Philippe Doucet : "nous attendons vos résultats avec intérêt !".

Georges Mothron : "je glisse ici un point. Nous avons été lauréats de l'appel à projets du Grand Paris. Cela demande un certain nombre de dispositions, notamment une convention d'adhésion à l'appel à projets (sic !!!). Tout d'abord il faut nous prononcer sur l'urgence …"

Philippe Doucet : "On ne va pas être taquins… on va s'abstenir, mais ce n'est pas très sérieux, ça aurait mérité de passer en commission d'urbanisme".

Georges Mothron : "Je note l'urgence et l'abstention de l'opposition."

3. Acquisition du 177bis rue Henri Barbusse (terrain Casse Auto) pour construire une école

On est, à un mètre d'altitude près, au-dessus de la zone inondable.

Gilles Savry rappelle que le Plan Local d'Urbanisme de 2015 a prévu deux emplacements réservés, dont cette parcelle de 3350 m2 à côté de laquelle la Ville possède une parcelle de 1300 m2.

Chantal Colin, qui l'a précédé à l'Urbanisme, estime qu'on "ne peut que reconnaître qu'un groupe scolaire est absolument nécessaire sur ce secteur. Le choix du site est cependant étonnant au regard de l'incertitude sur le plan d'aménagement de la Porte Saint-Germain, et de la pollution, compte tenu de l'historique. La Ville s'engage à acheter ce terrain en l'État, et prend donc les risques pour elle. Un projet antérieur de votre majorité sur le Val Notre Dame avait rencontré la même difficulté."

Xavier Péricat précise que ce dernier projet "à la Glacière au Val Notre Dame, que vous n'aviez pas souhaité réaliser (lors de votre mandat 2008-2014), prévoyait une étude de dépollution, qui n'avait montré aucune pollution aux hydrocarbures, uniquement des dépôts d'ordures ; le groupe se situait en haut de l'avenue de la Glacière, hors de la zone marécageuse du bien nommé stade du Marais. Si ce projet a échoué, c'est parce que vous n'avez pas souhaité y donner suite."

Gilles Savry : "sur la carte scolaire : les enfants à Ambroise Thomas viennent de très très loin (pas du tout, selon Marie-France Fari). Et nous avons prévu un autre emplacement entre centre ville et Val Notre Dame. Concernant le risque de pollution, une étude a été menée parce qu'un promoteur voulait l'acquérir. C'est une pollution historique, industrielle, comme un peu partout dans ce quartier, et on en connaît à peu près le coût. À ce prix compte tenu du quartier, la Ville fait une affaire."

La Ville achète à 507€/m2. Elle vend le terrain Héloïse, non pollué et incomparablement mieux situé, à 337€/m2…

4. Taux communal et périmètre de la taxe d'aménagement majorée : La taxe d'aménagement remplace l'ex-taxe locale d'équipement. La majoration sera fixée à 20% "ce qui correspond à peu près", indique M. Savry, "au coût de construction de classes correspondantes aux logements créés".

"La demande des promoteurs" est si élevée qu'un tel niveau de taxe "ne les freine pas".

La délibération écrite explique que la métropole récupère la compétence en 2017, il fallait donc augmenter le taux avant…

Chantal Colin : on peut comprendre votre angoisse devant le besoin d'équipements publics, mais la Municipalité vient ainsi détériorer les équilibres d'opérations. Les promoteurs ont les moyens de payer ? Ils ont aussi ceux d'aller ailleurs. Quand aux opérateurs sociaux et particuliers les taxes sont extrêmement lourdes.

5. Extension des crèches de 23 places : demande de subvention à la CAF. Marie-José Cayzac : "Cette nouvelle délibération qui accroit de façon artificielle le nombre de places d’accueil en crèche collectives, sur des locaux existants, peut paraître une décision vertueuse. C’est en réalité de l’enfumage. En effet ce qui se cache derrière non pas l’agrandissement des crèches, anciennes, dont on ne pousse pas les murs, c’est un réaménagement pour mettre plus de bébés, toujours plus de bébés…

Votre souci de rentabilité d’optimisation de l’espace, comme vous le qualifiez pudiquement s’accompagne d’une situation à la limitee du bon traitement pour les enfants accueillis et pour le personnel.

En effet, moyennant quelques déplacements de cloisons, vous regroupez les sections des moyens et des grands. Vous avez à ce jour dans certaines sections des enfants qui ont 13 mois d’écart, comme si les enfants avaient la même évolution à 1 an et demi et à 2 ans et demi. Quand on connaît les locaux des crèches telles que les Aquarelles ou l’Oiseau bleu…, on sait qu’il n’existe pas de miracles.

Mais vous poursuivez inlassablement dans cette voie qui n’a que pour seul but de faire du chiffre sans vous soucier de la qualité. Vous êtes tranquilles, les parents ont besoin de travailler et gardent le silence...

Avec vous, au moins ; mais ils savent nous dire leurs inquiétudes mais aussi combien ils sont captifs de votre impitoyable concept chiffré.

Certaines sections ont aujourd’hui deux tables de change pour 30 enfants ; les lits sont alignés comme au bon vieux temps des dortoirs d’internat. Des températures de 17° dans certains lieux de crèches. Les parents sont atterrés mais n’ont d’autres choix que se plier à ce diktat. Vous devriez inviter la CAF et la PMI plus régulièrement à visiter les modes d’accueil collectifs.

Quelle est votre ambition pour cette jeunesse en herbe ? Vous sacrifiez sur l’hôtel de Saint Fric ce que nous avons de plus précieux, nos jeunes enfants…Quand aurez-vous la réflexion qualitative de l’accueil ? Certes pas à l’école maternelle, où vous avez supprimé de nombreux postes d’ATSEM comme s’il s’agissait d’un luxe…

Décidément, nous n’avons pas la même vision de ce qu’est la petite enfance, et là il ne s’agit pas seulement d’idéologie, mais oui, on ne peut pas toujours se situer dans une logique comptable quant il s’agit de l’éducation, des apprentissages initiaux. Alors je vous laisse à votre petite comptabilité sans âme et m’empresse d’écouter les parents et le personnel, qui eux ont sans doute définitivement perçu ce qui faisait notre différence."

Georges Mothron : "c'est sympa de vous écouter, ça me rajeunit. En 2001 quand nous sommes arrivés dans cette maison, c'était presque 0°, c'était un système communiste qui consistait à garder les gosses…"

Marie-José Cayzac : "… et vous ne l'avez pas changé".

Philippe Métézeau : "j'ai entendu 'enfants maltraités' ?"

Marie-José Cayzac : "Non".

Philippe Métézeau : "la logique économique ne faisait pas partie de votre politique, je vous en donne acte. Optimiser la gestion des m2, je vous le concède. On vous exposera la liste des travaux. Vous verrez que les salles de bains qui ne sont plus utilisées depuis un certain nombre d'années, peuvent être récupérées. Mêler des enfants de différents âges n'est pas une logique comptable, je ne vois pas en quoi, mais peut faciliter le travail à certaines heures du jour. Vous avez trouvé une température de 17° ? Ce n'est pas le fait d'ajouter des enfants qui fera baisser la température. Je ne prétends pas juger le travail de la PMI, des professionnels qui visitent nos crèches."

"J'ai fort peu apprécié que vous contactiez la CAF pour essayer de faire que nous n'obtenions pas cette subvention".

Marie-José Cayzac : "Ce n'est pas cette CAF. Et j'en suis fière."

Philippe Métézeau : "Je vous mets au défi de trouver une demande que vous ayez faite à la CAF pendant votre mandat, et que je n'aie pas appuyée."

Marie-José Cayzac : "C'est la qualité qui est en cause"

Philippe Métézeau : "Ça n'a pas marché"

Marie-José Cayzac : "Vous avez été obligé de rectifier, j'en suis heureuse."

6. Motion de soutien à la réalisation de la 2ème phase de la tangentielle Nord

C'est en fait un soutien extrêmement mou… La motion rappelle qu'Argenteuil ne bénéficie d' "aucune infrastructure de rocade au titre du nouveau Grand Paris". Elle aurait dû rappeler que la fréquentation prévisible sur cette ligne est, au regard du coût, bien plus élevée que celle de la plupart des projets du "Grand Paris Express".

Gilles Savry déclare que "le traité est maintenant défini. Celui qui sera certainement retenu confirmera le tracé C (au Nord du Croissant Ferré). On a amendé la motion pour le préciser." (C'est dire à quel point les choses sont "définies").

Gilles Savry : "malgré toute la qualité relationnelle qu'il a pu y avoir vis-à-vis des habitants, c'est toujours difficile de se voir exproprier d'une partie de terrain, plus d'une centaine d'Argenteuillais sont concernés alors que les financements ne sont pas actés."

Je ne comprends effectivement pas le choix de doubler les voies, qui rend le projet cher et compliqué. Le sens de ce projet était remplacer simplement le fret en journée sur ce trafic. Alors que le trafic fret se réduit désormais à peu de chose, et qu'il serait bien préférable qu'il contourne plutôt Paris (comme c'était le cas lors de la construction de cette ceinture !), et qu'une voie aussi précieuse en plein agglomération soit désormais consacrée aux voyageurs.

Philippe Doucet : "dans le document que vous venez d'adopter sur le Grand Paris, le tram tangentiel est supposé passer par le tracé Sud, celui dont on ne veut pas… Je ne serai décidément pas taquin. On est sur du temps long puisque ce projet remonte à 1998. On va se trouver décrochés quand le Grand Paris Express traversera les Hauts-de-Seine et qu'on n'aura toujours pas la tangentielle."

Georges Mothron était à une réunion récente avec le STIF, la Région, etc., "sur le financement du TCSP qui prolongera le T2, mais sur la Tangentielle il n'y a pas le moindre kopeck, ni sur la partie Ouest ni sur la partie Est, où seront les garages et la maintenance, donc qui se fera avant la nôtre. Je ne sais pas combien d'entre nous verront cette tangentielle de leur vivant. Il faut quand même continuer de se battre."

mardi 10 mai 2016

Liveblog conseil municipal du 10 mai 2016

La Municipalité a sans doute voulu fêter les 35 ans du 10 mai 1981 — date à laquelle je ne votais pas !

Pour me joindre à la célébration je poste dès maintenant la liste des 19 points à l'ordre du jour.

L'appel : de nombreux conseillers de la majorité manquent… en l'occurrence, ont donné pouvoir. Les conseillers de l'opposition sont venus avec des amis oursons nocturnes :

oursons_3885.jpg

Dans le point initial sur le PV du Conseil précédent, Georges Mothron, (LR, Maire), interdit à Philippe Doucet, (PS, chef du groupe d'opposition et député), d'étendre sa réponse au fonctionnement des Commissions (où nos questions restent généralement sans réponse, même que cette réponse est annoncée et que le PV en fait foi).

Georges Mothron revient sur la dissolution de l'Agglomération qui "nous a permis de retrouver notre capacité d'action en matière de voirie et de propreté. Les premiers résultats sont déjà là avec les opérations 'pas de quartiers pour les déchets' qui ont permis le nettoyage en profondeur de trois quartiers, et demain matin du Val d'Argent Nord et Sud. Nous poursuivons avec une opération "Pas de quartiers pour la voirie' (sic), c'est à ce jour 470 nids de poule comblés, 230 potelets et 180 barrières posées. Nous avons refait les trottoirs devant les écoles xx et Ambroise Thomas… Nous avons ainsi fait en quelques mois plus que l'Agglomération en plusieurs années (!!!!!!!). Nous tenons nos engagements, les Argenteuillais le méritent."

(Dans le public : "ça va être comme ça toute la soirée ?")

1. Projets d'éducation artistique et culturelle : 6350 euros pour 9 "projets éducatifs, artistiques et culturels" d'écoles concernant "73 classes". La Ville finance le montant demandé "dans la limite de ce que l'Education Nationale a elle-même accordé".

Soit 755 € de moins et 2 projets de moins que l'an dernier.

Mme Aminata Badiane prend la parole (pourquoi à ce moment, je l'ignore) avec une adresse solennelle sur l'abolition de l'esclavage, "rend hommage aux victimes de l'esclavage dans le monde, un des phénomènes les plus monstrueux dans l'histoire de l'humanité… 15 millions de personnes ont été vendues au Nouveau Monde comme des marchandises. Si l'esclavage est aboli dans le monde, nous le devons aussi à la France. Je pense aux millions de victimes de maltraitance et d'exploitation, du mariage forcé… sans compter les pauvres ouvriers indiens ou bengalis qui travaillent dans des conditions inhumaines au Qatar. Au nom de la liberté, de la dignité humaine, nous devons lutter contre toute forme d'esclavage, transmettre l'histoire de l'esclavage et perpétuer le travail d cela société civile, non pas seulement pour les autres, mais aussi pour nous-mêmes, pour ne pas laisser les rancœurs gagner l'esprit de nos enfants. Faisons entrer la mémoire à sa juste place dans les programmes de nos écoles. La grandeur d'un peuple se mesure à sa capacité d'assumer son histoire. Je souhaite qu'Argenteuil ait une rue pour commémorer l'abolition de l'esclavage. 'Gardez-vous de vous serrer les bras dans l'attitude stérile du spectateur' — Aimé Césaire.".

L'opposition se lève pour applaudir cette adresse.

Une personne dans le public estime que devant la statue commémorant l'abolition de l'esclavage, square du chevalier de Saint-George… "on vous a attendus toute la journée".

Philippe Doucet appelle à en réparer la plaque, cassée, "à l'occasion d'un 'pas de quartier' quelconque." Et il s'étonne du positionnement politique, "avec un tel discours de gauche" selon lui, d'Aminata Badiane.

Il enchaîne avec le censure de deux films dans les salles de cinéma municipales, "manquement manifeste au principe de la liberté d'expression. Nous pourrions sourire, si ce n'était si grave, en relisant votre lettre après les attentats contre Charlie Hebdo, où vous vous revendiquiez défenseur de la liberté d'expression… Républicains et démocrates, nous saluons tous ceux qui se sont mobilisés et se mobilisent contre la censure, nous appelons à dénoncer ces actes fermement, et espérons que des membres de la majorité se reconnaissent dans ces termes, républicains et démocrates. Pour lutter contre tout obscurantisme. Nous vus demandons solennellement la reprogrammation, dans les plus brefs délais, des deux films."

M. Mothron ne répond pas à ce voeu ni à ce point, fait voter les PEAC (unanimité) et passe la parole à M. Savry pour le point 2.

2. Extension du périmètre d'étude Porte Saint-Germain

Ce "périmètre d'étude", déjà voté, permet de surseoir à certaines demandes de permis de construire, de façon à préserver des choix d'aménagement futurs. La Municipalité veut intégrer dans ce périmètre toute la zone d'activité, en grande difficulté — Gilles Savry dit : "une grande mutation qu'il convient de maîtriser."

Philippe Doucet déplore que son intervention précédente ait été "coupée de la retransmission internet". Georges Mothron demande si la diffusion a repris.

Chantal Colin estime que cette extension du périmètre peut paraître logique, mais que l'opposition n'a aucune visibilité sur les objectifs poursuivis par la Municipalité sur la zone industrielle, et doit donc s'abstenir.

3. Régularisation foncière rue de Rethondes suite à la résidentialisation du jardin de Rethondes, au Val Sud — "avant, une dalle pleine de trous, maintenant un vrai passage qui est un plus pour ce quartier", rappelle Chantal Colin — ce chantier ayant été mené sous le mandat précédent.

Georges Mothron regrette que Chantal Colin ait été absente de la visite de quartier : ce "jardin" est un "dédale où tout le monde se tord les pieds, les dalles sont posées n'importe comment, vous ne devriez pas être fière".

Unanimité cependant.

4. Enquête publique pour le déclassement de la rue Yves Farges afin de construire à côté de l'école Joliot-Curie, sur une partie de la rue Yves Farges actuelle, donc devant le mur de la salle de spectacles Maurice Sochon, un nouveau centre de loisirs remplaçant L'Orange Bleue. La rue fait une boucle, c'est l'un des deux côtés de la boucle qui serait utilisé.

J'avais pu assister à la présentation de ce projet au comité de quartier d'Orgemont / Joliot-Curie en mars dernier. C'est un projet "ANRU" datant du mandat précédent, mais qui a évolué : justement, (me semble-t-il) le centre de loisirs était prévu sans emprise sur la rue actuelle.

Chantal Colin estime que le projet donne peu de visibilité sur l'évolution de la voirie. Le groupe est plutôt fidèle au projet dans la version qu'il avait portée auparavant, et s'abstiendra.

Philippe Vasseur répond qu'il y a eu présentation aux riverains, aux parents d'élèves, et qu'un membre de l'opposition, membre du comité de quartier, n'est pas venu. Manque de pot : ne pouvant, effectivement, venir, il s'était fait représenter (par moi comme je viens de l'écrire). Ce que je réponds, sans micro bien sûr, à M. Vasseur.

Je trouve le projet défendable et suis favorable à cette enquête publique. Mais si la majorité le prend comme ça, l'abstention est préférable !

Gilles Savry ajoute que le projet est en cours et pourra évoluer.

Une ancienne élue, dans le public : ça veut dire que vous ne démolissez plus Joliot ?

M. Mothron lui reproche… "d'aboyer"…

5. Cession d'un pavillon 172bis rue Henri Barbusse … qui n'est plus, faute de moyens suffisants, une zone prioritaire pour l'aménagement : unanimité.

6. Convention sur le suivi-animation des copropriétés du Val Nord : les "opérateurs" sont chargés "d'assurer la bonne marche des travaux, le suivi des situations financières, pour qu'elles puissent se gérer", bref la mission sociale et au jour le jour qu'un syndic devrait tenir, mais lesquels le font ? Ce vote consiste à prolonger la mission de certains de ces opérateurs, la Ville payant 25% de leur coût total.

Cette prolongation avait été discutée en Commission d'Appel d'Offres, à laquelle je participe, et toutes les explications demandées avaient été données. Unanimité.

7. Subvention aux centres sociaux associatifs du Val Nord, Conjugue et la Maison Pour Tous

La Mairie avait conclu une convention avec ces deux centres, courant jusqu'au 31 décembre 2017. Le vote reconduit les subventions,indique le rapporteur, M. Slifi.

Je renouvelle, au nom de l'opposition, le souhait d'une présentation consolidée des différents financements allant à chaque centre social, que ce soit au titre de son fonctionnement ou de ses différentes actions.

M. Slifi, répond que "nous sommes en train de travailler sur un document qui permettra d'en faire une présentation consolidée."

Espérons que ce soit plus qu'une liste ou qu'une déclaration d'intentions. Unanimité.

8. Subvention à la Ligue Nationale contre le Cancer Val d'Oise pour réaliser, comme chaque année, des agendas anti-tabac à distribuer aux élèves en fin de CM1 avant leur entrée en CM2. Unanimité rituelle.

9. (Re)création de mini-crèches par la société Mini d'Hom

La Municipalité ouvre deux nouvelles crèches, annonce Philippe Métézeau, dont une aux Coteaux. Elle bénéficiera de locaux municipaux, "ce qui équivaudra à une subvention de 17000 € par an". L'autre crèche aura des tarifs similaires à ceux de crèches municipales ou d'entreprises, et serait subventionnée par la Ville à hauteur de 60 k€ (4000 € par berceau), dont déduire 55% qui seraient reçus de la CAF au titre du "contrat enfance jeunesse".

M. Mothron : "Mme Cayzac, quelle surprise, je vous laisse la parole !".

Marie-José Cayzac remercie Mme Le Guen (des services de la Ville) qui lui a transmis des réponses à ses questions en Commission la veille, même si les questions posées à la précédente commission restent sans réponse.

Pour Mme Cayzac, après avoir fermé 4 crèches municipales et reclassé le personnel ailleurs, la Municipalité privatise simplement deux des locaux de ces crèches. "Si nous l'avons fait durant notre mandat, ce ne dut jamais en remplacement du secteur public.

Le premier sous la piscine, 10 berceaux, sous la vocable de "micro-crèche", n'est rien d'autre qu'une "maison d'assistantes maternelles" baptisée autrement. "Aucune garantie sur la qualification des personnes — et là, je n'ai pas eu de réponse ! Et les parents paieront le tarif d'une assistance maternelle, sans que leur soit appliqué le quotient familial. Le cadeau de 17000 € semble même sous-évalué" — en effet il y a plus de 200 m2 !

"Concernant la crèche sur l'ancien emplacement de Pom d'Api — ouverte sous votre mandat, fermée par vous en 2014, et après avoir payé les locaux vides pendant 2 ans, vous la bradez à une entreprise privée. En low cost : 4000 € par berceau et par an", soit la moitié des coûts des associations aux coûts les plus modestes. "Nos jeunes enfants du Val Nord méritent mieux que de faire du piteux avec peu."

Le groupe votera contre.

Philippe Métézeau contredit Marie-José Cayzac sur les fermetures, qui "ne se sont pas accompagnées d'une diminution du nombre de places, puisque d'autres crèches ont vu leur nombre de places augmenter" (… la nouvelle Municipalité a intégré les marges de dépassement tolérées, dans les nombres de berceaux affichés).

"Vous aviez acheté des berceaux 10 à 12000 € par an, vous ne négociiez même pas. Nous ne pouvions que faire des efforts. Sur une autre crèche, nous étions la seule ville à part Bezons à avoir acheté des places à cette société… nous en gardons encore un peu car la crèche est de qualité."

"Sur la qualité, vous n'avez pas à inquiéter les parents. La CAF doit donner des agréments, elle n'est pas spécialement tendre. Elle est présidée par un président CGT, certainement soucieux de la protection des travailleurs."

"Nous ne privatisons pas des crèches municipales, nous ajoutons des places supplémentaires. Et ce sont des emplois nouveaux. La société avec laquelle nous travaillons a déjà des crèches ailleurs."

"Et nous avons, je crois, répondu à toutes vos questions concernant les crèches."

Je suis heureux de ces ouvertures, mais partage l'inquiétude de Mme Cayzac sur la nature de ces réalisations… et n'entends pas dans l'intervention de M. Métézeau, des réponses précises sur la faisabilité économique d'un des projets et la vocation sociale de l'autre. Je m'abstiendrai donc.

10. Inclusion du travelator "Franprix" dans le périmètre des parkings Vinci/Indigo et suppression d'un ascenseur prévu dans le parking Bapaume

Le travelator "du Franprix de la dalle"' — extérieur au magasin — est constamment cassé et dégradé. Nous avions discuté en commission Finances et Affaires Générales, il y a déjà un an environ, de l'idée de le confier à Vinci, concessionnaire des parkings du Val Nord, afin qu'il soit gardienné. C'est ce que ce vote va entériner et je m'en réjouis !

Philippe Doucet rappelle la négociation difficile qui a permis d'intégrer des parkings délégués au privé, aux financements ANRU… et se réjouit lui aussi si ce travelator est remis en marche !

Unanimité.

11. Tarification du Conservatoire

Franck Debeaud, délégué à la Culture, fait part de deux changements importants : l'autorisation donnée au Maire de modifier les tarifs jusqu'à +-20% et de créer des tarifs ad hoc pour des activités exceptionnelles ; et une forte augmentation de tarifs pour les non-Argenteuillais !

"C'est notre volonté d'avoir à Argenteuil une pratique culturelle accessible à tous". Le coût pour la Ville, par élève est de l'ordre de 1600 €. Le futur tarif pour les non-Argenteuillais couvrira environ le tiers du coût.

Évidemment, autoriser le Maire de modifier les tarifs de + ou - 20% d'une année sur l'autre, alors que l'inflation est de l'ordre de 1%, vide de tout sens le contrôle des tarifs par le Conseil Municipal, et je voterai contre.

Renée Karcher a écrit soigneusement son intervention : "une famille avec 2 enfants dans la tranche M passe de 877 à 965 € ; et une inscription au forfait ne permettra plus de faire à la fois de la musique et de la danse, ou du théâtre… désormais il faudra des suppléments par spécialité.

Notre Conservatoire, comme l'a dit M. Debeaud, est "à rayonnement départemental" : le 3ème cycle accueille donc plus de 80% d'élèves d'autres communes, dont le Conservatoire n'a pas de 3ème cycle. Votre augmentation de tarif, est-ce la la mort annoncée du 3ème cycle ?

Plusieurs professeurs en fin de contrat ne seront pas renouvelés fin août, ou ne seront pas remplacés…

Vous êtes dans une stratégie d'étranglement et j'en veux pour preuve votre réponse à notre dernier échange : les parents d'élèves élus vous ont de mandé un RV, vous m'avez répondu "les activités rentables du CRD demeureront". Le concert de seuil de rentabilité pour la culture, m'avait échappé jusqu'alors ! Comment le mesurez-vous ? Avez-vous conscience que l'enseignement artistique a un rôle social, assure la mixité sociale ?

Vous avez supprimé 4 spectacles dont l'un destiné aux collégiens, qui avaient travaillé sur la 1ère Guerre Mondiale avec leurs professeurs pour cette occasion… et renoncé au passage aux 8000 € de subvention régionale pour ce spectacle.

Et vous avez donné l'occasion à Claire Chazal de parler d'Argenteuil dans son émission culturelle — en censurant deux films !

À chacun sa vision de la culture. André Malraux disait 'Je ne peux pas obliger d'aimer l'art à tout le monde'… Vous aimez censurer, vous aimez l'obscurantisme, vous n'aimez pas que les Argenteuillais choisissent ce qu'ils ont à faire ou à voir. Mesdames et Messieurs les élus de la majorité, j'espère que ces mots vous aideront à reconsidérer vos choix de vote. Cette délibération va à l'encontre de l'idée que nous nous faisons de la culture et de l'enseignement artistique."

Georges Mothron "vous semblez oubliez la situation que vous nous avez léguée…"

Un spectateur (bien connu des lecteurs de ce blog) : "et les emprunts toxiques !…"

Georges Mothron "le fou des emprunts toxiques peut sortir !"

L'opposition proteste contre l'insulte. "Un peu de dignité, Monsieur le Maire !…"

Georges Mothron : "arrêtez d'aboyer !"

Un autre spectateur : "et le Figuier Blanc, trois fois son budget !"

Georges Mothron détaille le budget de la saison culturelle, estimant la dépense prévue par l'Agglomération pour janvier à juin 2016, supérieure de 500000 € à celle de l'année précédente, "quelque chose que nous ne pouvions absolument pas gérer."

Franck Debeaud accuse l'Agglomération d'avoir "mené une politique de la terre brûlée" ; la suppression de 4 spectacles aura permis, indique-t-il, "85000 € d'économies" (moins donc que les 100000 comme précédemment annoncé : les 4 spectacles auront donc coûté 138000 € pour 0 spectateur, merci !).

Franck Debeaud présente quelques autres tarifs du CRD, qui auront très peu augmenté. Et confirme qu'il est pertinent, selon lui, de faire payer un supplément aux élèves de plusieurs disciplines, pour ne pas encourager à s'inscrire à des cours que peut-être on ne suivra pas suffisamment (sic). "Dépenser sans avoir l'argent pour payer, c'est facile".

Le forfait le moins coûteux, à 53€, coûtera 2600 € à la collectivité.

Xavier Péricat rappelle qu'une heure d'enseignement musical sera facturée à 1€-1,10€ en moyenne. "La seule musique qu'on ait connue depuis 2 ans à Argenteuil est une musique de chambre, celle de la Chambre Régionale des Comptes. Les choix dont vous parliez tout à l'heure ont coûté cher aux Argenteuillais, en augmentations d'impôts. Et je crois important de rappeler la baisse de 6,5 M€ des dotations de l'Etat cette année."

Brouhaha total.

Nous votons contre ces augmentations, qui menacent en effet la vocation "départementale" de notre Conservatoire.

12. Tarifs École des Sports, École de Natation, installations sportives, Patinoire, centre aquatique

Mme Le Nagard présente ces tarifs comme stables.

Elle répond à une question posée en commission par Marie-France Fari sur les inscriptions à l'aquafitness : il ne reste de place que dans les créneaux de 18 et 21h du vendredi.

Hakim Hssini, PS, remercie par avance Mme Fatima Amarir pour la réponse qu'en Commission, elle lui avait promise pour ce Conseil — mais qui n'est pas arrivée. Hakim Hssini en profite pour reposer les questions en suspens… Georges Mothron coupe son micro. Hakim Hssini continue sans micro et debout. Georges Mothron a sans doute mis aux voix…

Georges Mothron donne la parole à Marie-France Le Nagard pour le point suivant. Hakim Hssini continue son intervention et commente "la censure, ras-le-bol"…

13. Plan d'Organisation de la Surveillance et des Secours à Youri Gagarine mis à jour car, après la fermeture de l'ancien bassin, le cheminement des vestiaires est changé.

Hakim Hssini indique que nous voterons contre le point numéro 12.

Hakim Hssini revient sur le point 13 "vous avez fait le choix de fermer l'ancien bassin, or vous avez besoin de ses vestiaires pour les scolaires… tout cela traduit votre manque d'intérêt pour les équipements sportifs de cette ville. Nous n'y souscrivons pas, et ne participerons pas à ce vote."

Là encore, j'aurais pu voter ce point, mais la tenue lamentable des débats par le Maire rend la non-participation au vote particulièrement opportune.

14. Partenariat avec la société "Le vin vagabond"

La Ville ouvre pour quelques kopecks sa vigne et son chai à un entrepreneur privé, organisateur d'animations autour du vin.

C'est une idée sympathique, pour quelque chose que la Ville pourrait faire elle-même mais ne fait pas. Le "modèle économique" ne semble cependant pas clair puisque le vin municipal ne peut être vendu : difficile pour "le Vin vagabond" de faire beaucoup de chiffre, donc, de payer un jour beaucoup de loyer. C'est donc peut être une fausse bonne idée.

Gilles Savry précise — le point n'était pas clair dans les conventions — que le Vin vagabond pourra utiliser le chai mais que les jardins resteront ouverts au public.

Ces précisions me semblent permettre de ne pas voter contre, et je m'abstiendrai.

Le groupe votera cependant contre ce que Fabien Bénédic qualifie de privatisation d'une activité qui relèverait de la Ville. Privatisation à vil prix - 350 € contre 1000 €, tarif que nous avions voté il y a quelques mois. Et des agents communaux seront mis à disposition de la société privée, donc sous ses ordres ? "Le personnel municipal saura apprécier". "La promotion de la culture, du patrimoine de la Ville d'Argenteuil, doivent rester dans le domaine public."

Gilles Savry estime en réponse que public et privé peuvent être complémentaires, et c'est l'enjeu de ce projet, comme pour les crèches et dans d'autres domaines. (Et pour le coup, cela fait partie des convictions du centre — alors même que quelques-uns de mes collègues répondent à M. Savry "public-privé, c'est la différence entre la gauche et la droite !")

Georges Mothron rappelle à cette occasion les remerciements reçus de nombreux visiteurs à l'occasion de l'ostension de la "Sainte Tunique", et en "remercie tous les acteurs".

15. Abrogation de la délégation partielle du droit de préemption urbain

Ça ça fait des syllabes ! La Ville avait délégué ce droit à l'Agglomération, ce vote annule ladite délégation… alors que l'Agglomération est dissoute ! Nous ne participons pas au vote.

16. Redevances pour les chantiers de travaux électricité ou gaz

Les entreprises d'électricité et de gaz devront, selon une nouvelle loi, payer quelques sous pour leurs chantiers sur l'espace public. Comme l'a précisé Xavier Péricat en commission, cela rendra plus lisibles les interventions sur la voirie ("les entreprises n'étaient pas toujours très respectueuses des procédures") : tarifer est une occasion d'avoir cette information.

17. Admissions en non valeur : Le Trésorier Municipal annonce que 504895 € de créances dues, pour l'essentiel depuis avant 2007, ne sont plus recouvrables ; nous en votons "l'admission en non-valeur".

Philippe Doucet rappelle en réponse que lesdites créances datent pour l'essentiel du mandat précédent de Georges Mothron. C'est le Trésorier, agent de l'État, qui dit si la créance est recouvrable ou non, ce n'est pas la Ville. Si vous avez des reproches à faire au Trésorier qui servait de 2008 à 2014, ce n'est pas à nous.

Georges Mothron : "vous auriez dû écouter le Trésorier plus tôt. Si la collectivité ne relance pas sur les impayés, comment voulez-vous que le Trésorier constate ces impayés ?"

Xavier Péricat : "ces créances de 2001-2008, elles n'étaient pas irrécouvrables quand notre mandat s'est terminé en 2008. Au-delà de ça, pour imputer des créances irrécouvrables, il faut des disponibilités budgétaires."

18. Extinction de créances

Là il s'agit d'effacements de dette décidés par la Justice, et dont le Conseil doit simplement prendre acte, pour 89759 €.

19. Délégations de service public

Xavier Péricat indique que la Commission Consultative des Services Publics Locaux s'est réunie pour recevoir ces rapports sur les marchés forains, sur le réseau de chaleur urbain et sur les parkings.

J'interviens pour féliciter le concessionnaire des marchés, la société Mandon, pour la richesse et l'intérêt de son rapport. Que les services de la Mairie me permettent d'ajouter ici mes félicitations pour leur travail : leurs questions successives à Mandon, précises et exigeantes, ont contribué à ce résultat !

Je remercie aussi M. Poletti, Adjoint au Maire, pour les réponses apportées en direct en Commission à deux questions touchant le coût du chauffage urbain à partir de juin 2014, et le pH de l'eau du réseau de chauffage Dalkia.

Je confirme deux autres questions posées en commission :

  • que le rapport du cabinet Qualiconsult sur la conformité électrique du marché de la Colonie, payé 240 €, nous soit communiqué. D'autant que la conformité électrique du marché de la Colonie ne saute pas aux yeux du chaland (l'essentiel étant, certes, le jugement du professionnel).
  • que Vinci Park / Indigo explique pourquoi il lui faut à Argenteuil 1 agent pour 210 places de parking, contre 1 agent pour 1330 places au niveau national selon son site. Les explications proposées en Commission ("On ne peut pas se référer à des ratios nationaux… En fonction des lieux, l'effectif n'est pas le même…") étaient pour le moins floues, le mieux serait donc d'avoir la réponse de Vinci Park au regard des ratios nationaux tels que déclarés sur le site Indigo.

Ceci dit, le Conseil prend acte du rapport, et l'opposition pose pour la journaliste du Parisien. Merci à Pierre d'Argenteuil pour cette photo de la photo !

oursons2_IMG_3897.jpg

- page 1 de 2