par Frédéric Lefebvre-Naré

Ce 250ème billet (merci aux contributeurs, aux commentateurs et trices, aux lecteurs et trices !) sortira de l'ordinaire. Nous avons eu connaissance d'un fait divers tragique, même s'il a commencé en farce, fait divers dont les journaux n'ont pas rendu compte.

L'affaire se déroule dans un bar bien connu, tout proche de Salvador Allende.

Monsieur J. L., pourtant marié et père de famille nombreuse — sept enfants, et sa femme était enceinte — y passait l'essentiel de ses jours de repos, avec un groupe d'amis dont S. P. …

Ce jour-là, J. L. s'était carrément endormi sur place.

S. P., mal inspiré, lui fait la farce de lui enlever une chaussure et de la cacher.

À son réveil, J. L. se rend évidemment compte qu'il est à moitié chaussé, et doit enlever sa deuxième chaussure, tout en demandant qu'on lui rapporte la première. Mais S. P., toujours mal inspiré, prend le deuxième soulier, le jette par la fenêtre, d'où il tombe directement dans un puits !

S. P. s'excuse et va chercher de quoi récupérer la chaussure, chez les commerçants voisins, sur Paul Vaillant-Couturier. Il ne trouve pas ce qu'il faut. Discussion, éclats de voix qui attirent d'autres commerçants… S. P. a commencé à descendre dans le puits à la recherche de la chaussure, J. L. s'emporte contre les commerçants qui ne l'aident pas, une altercation commence !

Attiré par le bruit ou prévenu par un voisin, survient le beau-père de J. L. ! Il sait son beau-fils bagarreur et craint que la situation ne dégénère. Malgré ses 70 ans, il se jette sur J. L., l'attrape par le col et "l'engueule" en lui ordonnant de se calmer. Bien au contraire, J. L. énervé se débat, et en essayant de se dégager, donne un coup de pied dans le bas-ventre de son beau-père.

Le pied n'est pas chaussé, pourtant, le coup est violent. Plié en deux, le beau-père rentre immédiatement chez lui, où il se couche. Hélas, c'était une hémorragie interne, rapidement fatale au septuagénaire.

Aussitôt arrêté et mis en détention, J. L. risque évidemment gros. Son beau-père avait eu le temps, avant de mourir, de lui pardonner son acte involontaire ; peut-être cela pèsera-t-il dans la décision des juges. En attendant, les quelques biens de J. L. devraient être saisis pour dédommager sa belle-famille, qui, sans doute, devra prendre la lourde charge de ses sept et bientôt huit enfants.

Merci à Éliane Hartmann qui nous a communiqué cette information, ayant eu accès au rapport de police.