par Bernard Rols

Comme chaque citoyen français, horrifié par ces attentats à Paris et Saint-Denis, dans lesquels tant de personnes innocentes ont perdu la vie, je me devais de réagir.

Je le fais tardivement, car choqué profondément par la violence de ces attaques. Il m’a fallu trouver mes mots pour m’exprimer.

Notre pays était en deuil aussi, et je ne voulais pas rentrer dans un quelconque débat, rechercher pourquoi ces attentats n’ont pas pu être évités et/ou proposer des solutions à la va-vite pour éradiquer les intégristes…

La France a rendu, vendredi dernier 27, un très bel hommage aux victimes.

Je prends maintenant la parole pour exprimer mes craintes et envisager l’avenir, car rien ne sera plus comme avant.

Ce drame marquera profondément notre pays pour des années, voire des décennies ; la jeune génération, avenir de notre pays, a payé un lourd tribut parce que tout simplement, elle faisait la fête.

D’abord, ne nous laissons pas envahir par une islamophobie galopante et une dérive du tout-sécuritaire, même si l’état d’urgence actuel est une évidence, notre pays étant en guerre contre la barbarie.

J’entends de ci de là, qu’il faudrait fermer les mosquées qui prônent la haine, déchoir de la nationalité française, les binationaux qui constituent une menace pour l’ordre public, puis procéder à leur expulsion immédiate…

Soyons réalistes un seul instant.

Pensez-vous que le fait de fermer des mosquées éradiquerait les imams qui délivrent un discours de haine ?

Tout au contraire, nous créerions des mosquées « clandestines » dans les caves d’immeuble, où le discours radical serait encore plus difficile à combattre.

Séparément, les pays du Maghreb, alliés de la France, victimes des mêmes actes barbares (Tunisie, Maroc) luttent aussi contre l’islamisme radical sur leurs propres territoires.

Croyez-vous qu’ils accepteraient que la France leur « exporte » de potentiels terroristes de DAESH ?

En revanche, la République, représentée par ses élus, ne doit plus négocier face à ceux qui voudraient appliquer dans notre pays la charia, établir une différence entre les hommes et les femmes.

Nous ne devons plus accepter de discuter pour, par exemple, le choix de son médecin traitant à l'hôpital, ou des heures de piscine accessibles uniquement aux femmes.

Plus important, il serait temps de se demander, sans bien sûr leur trouver la moindre excuse ou circonstance atténuante, pourquoi de jeunes Européens (Français, Belges), nés sur notre sol, ayant été à l’école de la République, peuvent adhérer à une idéologie de haine, au point d’assassiner.

Cela fait des années que l’on parle du "vivre ensemble", il faudrait peut être le faire, non ?

Jacques Attali déclarait récemment que la France est multi-religieuse avec un fondement laïc.

Notre problème n’est pas l’islam mais le manque de tolérance.

Notre société doit revenir aux valeurs qui ont fait son socle : liberté, égalité, fraternité, et sortir enfin de l’individualisme égoïste.

Nous devons sortir notre jeunesse de la « ghettoïsation » économique et culturelle.

Je ne reviendrai pas sur les mesures économiques à prendre, nous centristes, nous étant plusieurs fois exprimés sur le sujet.

Sur le plan culturel, nous devons démontrer à cette jeunesse, parfois perdue entre plusieurs cultures, pourquoi nous revendiquons haut et fort, les valeurs qui ont fait et font toujours de notre pays une République laïque et démocratique ; je rajouterai "égalitaire" pour les hommes et les femmes, pour toutes les religions.

Français humanistes, nous devons combattre cette ignorance, le pire des fléaux.

Combattre, chaque jour, cette ignorance de nos valeurs républicaines, sera plus efficace que lutter les armes à la main, contre une idéologie de haine et de « retour en arrière » de notre société.