par Bernard Rols

Nous assistons, depuis quelques semaines, à une déferlante de haine et de violences en marge des manifestations sociales des Gilets Jaunes.

L’intellectuel Alain Finkielkraut insulté dans la rue, un véhicule de police pris pour cible…. la semaine dernière, l’incendie du domicile personnel du Président de l’Assemblée Nationale, des actes délictueux que nous réprouvons.

Cette intolérance diffuse à l’encontre de nos élus, des corps constitués, des personnels (policiers…) représentant une autorité régalienne, des médias, des juifs et des musulmans, s’exprimait dans une relative impunité, sur les réseaux sociaux.

Elle descend aujourd’hui dans la rue à visage découvert.

La France a été et doit rester le pays de la libre expression, le pays des libertés individuelles.

Débattre sans aucun tabou, confronter nos idées, s’opposer souvent, ont façonné notre histoire.

En revanche, nous ne pouvons plus tolérer que quelques uns jettent l’anathème, avec forte haine, sur tel parti politique, tel média, telle religion, telle profession, telle classe sociale… car ils n’ont pas la même opinion politique, croyance, le même niveau social, plus encore réprobateur, la même origine, culture ancestrale.

Une France fantasmée des « elle est à nous » ou des « on est chez nous », du rejet de l’autre, résolument raciste et antisémite, ne saurait être notre France républicaine, indivisible, la France de l’égalité pour tous ses citoyens et toutes ses citoyennes.

A la question d’une journaliste « allez vous porter plainte ? » Alain Finkielkraut, répondait, dès le lendemain, par la négative : « je ne suis pas là pour punir mais pour comprendre ».

A nous de comprendre, au-delà d’Argenteuil, que le pays des Lumières, des Droits de l’Homme, de l’Humanisme, risque d’être emporté dans la tourmente si nous ne réagissons pas à tous ces coups de boutoir, d’où qu’ils viennent.