Suite du Conseil

6. Cession de la friche Balzac à Group Life'

Gilles Savry présente d'abord l'évolution de "l'espace vert Montesquieu", la mini-dalle devant l'IUT, itinéraire piéton entre le Val Sud et la gare du Val d'Argenteuil.

La "friche Balzac" (12000 m2 de terrain) résulte de la démolition en 2005 de la "tour Axa", qui déjà ne trouvait pas de preneur depuis plus d'une décennie.

demolition_Balzac_2005.png

Gilles Savry annonce un élargissement de l'avenue Utrillo (qui mène au pont) et de la rue Louis Lhérault, qui attend le tram-train.

"Nous avons retenu la société Group Life', adossée à Nexity, pour un centre d'imagerie et un centre médical de 340 m2 chacun, des commerces de proximité pour 370 m2" (taille d'une supérette), une crèche, et surtout "des logements pour 11000 m2, et une résidence seniors pour 9000 m2" sur 8 étages.

Gilles Savry montre des esquisses du projet.

"L'objectif est de faire une promesse de vente, pour un montant de 3,5 M€ conforme à l'avis des Domaines."

Philippe Doucet "avoue (son) étonnement. C'était un de vos engagements de campagne de remplacer le libraire au Val Sud… mais les coques restent vides, vous en créez d'autres. Le centre de santé, ça sent la préfiguration de la fermeture d'Irène Lézine (centre municipal de santé). Un projet de crèche ? L'espace réservé dans l'ancienne Poste reste vide ! Une résidence personne âgées ? Nous la prévoyions plutôt en centre ville. Tout ça c'est de la poudre aux yeux. C'est d'abord un projet de logements ! Gilles Savry, qui était anti-béton, devient un amoureux du béton ! On s'inquiète un peu ! 200 logements, plus la résidence seniors, dans le quartier qui est, de très loin, le plus dense de la ville !"

"Nous avions rénové l'esplanade de Rethondes…"

Georges Mothron : "ni fait ni à faire !…"

Philippe Doucet : "… avec difficulté car c'est un dessus de parking. Et les écoles, comment allez-vous pousser les murs de Marcel Cachin, enclavée, et du collège Eugénie Cotton plein comme un oeuf ? Densifier encore ce quartier déjà si dense, ça nous sidère".

"Et le prix ! Sortir tout ça pour 3,5 M€, c'est au Bon Coin ! On brade ! C'est purement scandaleux. On avait déjà eu le cas avec Nexity rue de Bavard. Le promoteur peut être ravi ! On votera contre cette délibération et on engagera tous les recours nécessaires. Des espaces (libres) dans la ville, il y en a au Val Notre-Dame, ailleurs il n'y en a plus. Notre projet d'un grand lycée privé" sur ce site disparaît, comme tout équipement public. "Sur un pont central, à côté d'une gare où nous espérons voir arriver la tangentielle. Se dire seulement 'on a un terrain, vendons', ça nous paraît" décevant.

"Le débat avec les habitants du Val Nord et du Val Sud sur ce qu'on fait, comment ça fonctionne, ça nous paraît la moindre des choses."

Franck Debeaud : "Après Cap Héloïse vous continuez sur la même logique : absence de concertation, malgré nos engagements de campagne. Autre engagement, stopper le bétonnage massif et arrêter la densification. Là, vous nous proposez plus de 92% de logement ! Il faudrait un plan d'aménagement avec un cahier des charges… Le Val Nord et le Val Sud rassemblent 23000 habitants, la population de Montmorency ou Deuil-la-Barre, sans théâtre, sans lieu d'expositions, sans équipements à la hauteur pour les arts martiaux, sans assez d'espaces verts, d'équipements scolaires… Après 27 ans de friche, nous pouvons attendre au lieu de sauter sur la première offre venue. La société, avec 2,1 M€ de capitaux propres, ne présente pas de garantie suffisante. Et le seul élément qui nous est donné est un plan cadastral !"

Je me réjouis "qu'il y ait un projet ; malheureusement, concernant ce projet précis, tous les signaux sont au rouge.

Le nombre de projets reçus : seulement deux. À quoi a servi la mise en avant du site par le Grand Paris, que votre équipe célébrait comme une grande victoire ?

La transparence dans la comparaison de ces deux projets : nulle. Au prétexte qu'il s'agit d'un appel à projets, vous vous dispensez de toute commission pluraliste et nous proposez un seul choix.

La transparence dans les capacités de l'acheteur : nulle. Group Life' avec apostrophe, ce n'est pas une faute de frappe, est une holding qui ne publie pas ses comptes. Group Life sans apostrophe a fait 5 millions d'€ de CA la dernière fois qu'elle a publié ses comptes, il y a quelques années. "Groupe IDEC", société qui partage la même marque, présente un CA de 18 M€. Groupe IDEC se présente comme un "opérateur immobilier global", je cite avec "75 collaborateurs" répartis en 9 filiales, dont Group Life, avec ou sans ', ne font pas partie. Ça donne l'impression que nous traitons avec des joueurs de bonneteau. Et que signifie "l'adossement à Nexity ?" Quel contrat, quel accord ferme ?

La fiabilité de cet acheteur dans ses projets : zéro. Son projet le plus cité dans la presse date de 2012, il s'agissait de 200000 m2 d'entrepôts à Fos-sur-Mer. Six ans plus tard, il n'en a réalisé qu'un cinquième, 43000 m2.

Je partage par ailleurs les réserves, inquiétudes et oppositions exprimées par mes collègues sur les espaces verts (on attendrait dans ce quartier une promenade paysagée cohérente de l'IUT à Eugénie Cotton, sur votre plan elle est coupée),…

Schema_trou_Balzac_27sep2018.png

… sur le prix de vente dérisoire, sur l'absence d'équipements publics, sur la bizarrerie du choix d'une résidence seniors pour ce site.

Alors oui, il faut boucher ce trou à rats, mais après 13 ans de trou, on peut prendre 6 mois de plus. Faisons un vrai cahier des charges ou au moins un cahier d'esquisses, de scénarios… qui puisse donner plus d'idées à plus d'acteurs. En plein coeur de quartier, à 13 minutes de train direct de Paris, à peine plus loin de Cergy et Pontoise, ce site est un trésor, il mérite un meilleur projet. Je voterai contre celui que vous proposez."

Gilles Savry : "Il y a dans le quartier, des demandes de résidences senior de qualité. Le gérant sera quelqu'un de très grande qualité.

Pour le centre médical, on a rencontré tous les praticiens de ce secteur. Il y a une vraie demande de cabinet de radiologie, de kinésithérapie avec notamment des piscines, d'orthodontie… Il y a de quoi faire.

La crèche, dans l'ancienne coque Toit et Joie (ex-Poste), c'est impossible : pas d'espace vert pour faire sortir les gamins.

À la gare du Val il y a des trains toutes les 6-7 minutes, il faut des commerces, genre café Starbuck's, qui attirent les gens à cet endroit.

Quant au logement : nous ne voulons pas de bétonnage, oui, sans créer de commerces, de centre médical, d'écoles. Avec les immeubles créés au bout de Jean Jaurès, Jules Guesde est blindée. On est en train d'acquérir pour faire un groupe scolaire rue Henry Dunant lors du prochain mandat, quelle que soit l'équipe.

Oui, une ville doit se développer : M. Doucet, vous vouliez faire venir du monde… Nous créons des logements pour accueillir des nouveaux habitants dans de bonnes conditions.

Concertation ? On a présenté ce projet aux deux conseils de quartier qu'on a réunis ensemble ; et en réunion publique ; on passe maintenant en Conseil Municipal."

Vote contre de MM. Debeaud et Adalou, du groupe TFdEA et de moi-même.

7. Convention "PUP" pour faire contribuer le promoteur du 28 rue Danielle Casanova, à la limite de Bezons, après Dassault venant d'Argenteuil. "Une construction de 97 (?) logements en accession à la propriété, sur une parcelle qui sert actuellement de stockage et vente de véhicules et apporte beaucoup de nuisances aux riverains", explique Gilles Savry. La taxe d'aménagement est à 5% dans cette zone, hors de notre périmètre d'études. On a discuté avec le promoteur pour signer un PUP" qui revient à remonter le taux à 20%.

Georges Mothron rappelle une visite de quartier "rue du Vieux Chemin de Saint-Germain : les riverains se plaignaient de la transformation du grossiste en légumes, en stockage de véhicules ; et du rachat de grands pavillons pour les découper en rondelles…"

Philippe Doucet, revenant au sujet précédent, "invite le Maire à regarder sérieusement qui est derrière Group Life' et (son président) M. Guedj. Attention où vous mettez les doigts."

Concernant la rue Casanova, "on n'est pas fermés à cette évolution, on regardera ; nous nous abstiendrons."

Je suis opposé au principe de l'aller-retour entre exemptions de taxe d'aménagement et PUP… mais enfin bon, compte tenu de ces explications, je m'abstiens.

8. Acquisition d'un petit pavillon à la limite de l'Hôpital pour en faciliter l'extension future. 90000 €… Unanimité.

Je compléterai ce billet avec d'autres sujets sur l'urbanisme, et passe aux marchés.


21. Acquisition d'un appartement au 14 boulevard Jean Allemane : dernier lot, enfin racheté, de cet immeuble insalubre et désaffecté. Unanimité.

22. Cession de 3088 m2, 158 rue Henri Barbusse, pour EIFFAGE Aménagement, pour 975 000 € HT

La Ferme du Spahi doit déménager "dans les prochains mois" sur le site de l'ancienne succursale Renault.

EIFFAGE Aménagement prévoit d'élargir la place du 11 Novembre et la rue Ambroise Thomas, et de créer des commerces et logements.

Le projet pour l'ensemble de la parcelle prévoit 4500 m2 de surface de planchers, à ce que dit le dossier papier, dont des pavillons en fond de cour : cette densité ne me semble pas excessive.

Philippe Doucet répond à Gilles Savry que "le projet n'a été présenté nulle part en conseil de quartier ou réunions de quartier. Que va faire EIFFAGE exactement ? Les propriétaires de la ferme de Spahi, quelle surface ont-ils obtenu sur la surface Renault à l'entrée de Bezons ? Quel impact est prévu sur Côté Seine ? La presse du jour annonce que Casino veut vendre 20 hypermarchés : celui d'Argenteuil en fait-il partie ? On n'est fermés à rien, on s'abstiendra, on veut des réponses les plus précises possibles sur ces enjeux."

Georges Mothron répond, "pour les plus anciens dans ce Conseil, ou d'autres qui n'y sont plus : ils savent le problème que pose la Ferme du Spahi depuis des décennies. Leur petite unité a grossi sur des terrains qui ne sont pas à eux, un propriétaire privé qui se régale tous les mois d'un loyer fort. Vous vous êtes cassés les dents, comme nous, nous nous sommes cassés les dents pendant notre premier mandat. C'est un billard à plusieurs bandes. On a fait préempter (le terrain) Renault et on l'a fait porter par l'EPF-IF. La jonction entre T2 et gare d'Argenteuil passera par là. C'est presque fini maintenant. Il est hors de question que le propriétaire de la ferme de Spahi parte chez Renault en gardant son terrain (de la Ferme du Spahi) pour le louer à un autre acteur. Tout ça ne va pas s'inventer du jour au lendemain. On va passer à la discussion avec les différents acteurs, dont le Conseil municipal dans son entier. Le quartier a été laissé à l'abandon depuis des décennies, voire un siècle."

Gilles Savry : "vous (Philippe Doucet) avez raison, c'est un projet d'ampleur pour la ville. Le NPNRU va nous apporter des financements beaucoup plus importants que prévu initialement. On a présenté le projet en réunion de quartier, à grandes mailles. Ce projet est compliqué, le Maire vient de le rappeler. Il faut maintenant en discuter. Cette promesse de vente est sous conditions que l'ensemble se fasse. L'aspect commercial mériterait une discussion plus approfondie : des études commerciales faites, dont on a parlé sur le projet Héloïse, montrent le potentiel d'achat sur Argenteuil. Le nouveau projet (sur l'ancienne succursale Renault) sera un peu plus grand que la Ferme du Spahi, d'autres commerces pourraient arriver en complément. Vous aviez fait des études à votre époque, on en a retrouvé dans les cartons. Mais le Géant Casino d'Argenteuil ne me semble pas prêt à partir, leurs recours contre le projet Héloïse le montrent !"

"Une 2ème phase de concertation avec les habitants commence mi-octobre dans le quartier".