par Frédéric Lefebvre-Naré, avec François Demay

Lors de son premier mandat 2001-2008, Georges Mothron avait réalisé un pôle culturel autour de la Basilique : requalification de la Cave Dîmière, concerts à la basilique, et surtout la transformation du vieux Galilée pour créer l'actuel Figuier Blanc.

Son successeur Philippe Doucet a poursuivi dans la même orientation de 2008 à 2014 : après avoir inauguré, avec son nom actuel, le "Figuier Blanc", il a mis en valeur de l'ensemble de l'espace de l'ancienne abbaye au parvis de la Basilique, restauration des ruines de l'abbaye, création d'un espace dans les bureaux de l'ex-imprimerie (devenus entre temps les Chais) pour accueillir des expositions ou manifestations, installation du restaurant près de la Cave dîmière — la Cave, puis l'actuel Bout du Bar.

Ces choix suivaient un fil conducteur pour le cœur de ville. Les institutions publiques, commune et agglomération, gardaient la maîtrise de la politique culturelle, et des espaces pouvaient être concédés, confiés en gestion ou loués à des entreprises privées.

Le mégaplexe programmé par MM. Mothron et Doucet sur le site de Jean Vilar inverse les choix qu'ils avaient eux-mêmes faits depuis 2001 :

  • Il éloigne l'activité culturelle du coeur de ville pour l'emmener vers la Seine et les voies rapides ;
  • Il livre au secteur privé une grande part de la programmation culturelle ;
  • Il saborde les investissements publics antérieurs, payés encore aujourd'hui par nos impôts, dans le coeur de ville.

À ce rythme, où nous ruineront-ils après-demain ? Où sera le prochain uberplexe encore plus coûteux et encore plus vide que les précédents ?

Il faudrait enfin de la cohérence : faire tourner au maximum les infrastructures de grande qualité déjà payées à nos frais, mais sous-utilisées.