par Bernard Rols

Inauguré en 2010, le Polygone de Béziers est un centre commercial sur 40 000 m2 regroupant 9 salles de cinéma, 10 restaurants, 1 bowling de 20 pistes et 110 boutiques.

Plan Polygone 5

Ce mégaplexe peut accueillir 4 millions de visiteurs par an.

1500 places de parking sont à leur disposition sur 2 niveaux.

Des logements et des bureaux sont ajoutés à ce complexe commercial et culturel.

Il est situé à l’entrée Sud-Est de Béziers sur la départementale Sète-Narbonne, transformée en boulevard urbain dans sa partie ville.

Ses clients viennent essentiellement de l’agglomération Béziers Méditerranée (13 communes), population de 115 000 habitants dont 75 000 habitants pour Béziers.

En le découvrant, vous vous dites peut-être : « un projet de cet envergure doit être construit à Argenteuil »

Le Polygone de Béziers, avec sa surface commerciale identique au projet argenteuillais qui prévoit 8/10 salles de cinéma, transposons-le sur l’île Héloïse.

Etudions en premier abord, son accès, qui ne peut donc se faire que par la 4 voies en bord de Seine, le boulevard Héloïse ne pouvant pas avaler au minimum 4 millions de visiteurs / an (car aux 105 000 Argenteuillais, il faut rajouter les habitants de Colombes, Gennevilliers et Bezons).

L’entrée principale et la sortie devront être en toute logique face à la Seine : une entrée invisible des Argenteuillais, car le Conseil Départemental a abandonné la reconquête des berges de Seine. Du côté d’Argenteuil, nous risquons donc de ne voir que l’arrière du complexe commercial, une entrée bis et une structure disgracieuse.

Ayant accédé au Centre Commercial, se posera la question du stationnement. Comment un mégaplexe qui aura plus de 4 millions de visiteurs, pourra-t-il les accueillir avec 600 places de parking en moins qu'à Béziers, puisqu'il est prévu dans le projet Argenteuillais uniquement 900 places de parking, dont ceux des 145 logements ?

Sur la partie culturelle, il est indéniable que les 8 ou 10 salles de cinéma vont « tuer » le Figuier Blanc situé à quelques centaines de mètres.

Intéressons-nous maintenant à la partie commerciale. Il va sans dire que nous aurons les mêmes boutiques franchisées que le Polygone de Béziers. Certes, les Argenteuillais demandent ce type de boutiques. L’avenue Gabriel Péri, la rue Paul Vaillant-Couturier et les rues composant le centre ville seront-elles alors condamnées aux agences immobilières, bancaires et aux commerces à bas prix (exemple Babou) ?

Quant au Centre Commercial Côté Seine, c’est sa mort programmée à moyen terme, sans fleurs ni couronnes.

Je ne suis pas opposé à la construction d’un complexe commercial et culturel comparable à celui de Béziers, car Argenteuil doit se moderniser et augmenter son offre commerciale ; mais implanter celui-ci à la place de la salle Jean Vilar, me semble un projet néfaste aux commerces de centre ville dans leur ensemble.

Par ailleurs, ce projet voté en Conseil Municipal sans aucune concertation préalable des Argenteuillais, me semble inachevé et totalement inadapté pour l’île Héloïse.