Engagés pour Argenteuil

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

mercredi 20 décembre 2017

Un mensonge à 26 millions d'euros

par Frédéric Lefebvre-Naré

Ce mardi 19 décembre 2017, en Conseil Municipal, l'Adjoint aux Finances, Xavier Péricat, a présenté les orientations budgétaires de l'équipe municipale pour 2018. Comme je le lui ai répondu :

Ces orientations budgétaires ont quelque chose de magique. Non pas au sens où le magicien ferait apparaître un lapin dans le chapeau, mais au sens où la spectatrice volontaire, ou le spectateur, disparaît de la caisse où le magicien l’a mis.

Que mettez-vous dans la caisse ? Des impôts parmi les plus élevés de France. Des dotations qui, vous le dites enfin clairement, sont stables depuis plusieurs années pour Argenteuil, alors qu’elles ont sévèrement baissé ailleurs et que le gouvernement prévoit de les baisser plus vite encore.

Qu’est-ce que vous sortez de la caisse ? Des dépenses de fonctionnement réduites grâce à une gestion 'exceptionnelle', des charges d’intérêt 'en baisse', portant sur un total de dette lui-même en baisse.

Donc dans la caisse, il doit rester une magnifique épargne, que vous vantiez lors des derniers débats budgétaires : de quoi de réaliser les nombreux investissements dont Argenteuil a besoin : parce que créer 15 classes par an sans ouvrir d’école, c’est intenable ; un seul bassin de piscine pour 108000 habitants, ça ne répond pas aux besoins ; sans parler de notre salle des fêtes municipale, bien vieillie et qui aurait grand besoin d’être rénovée.

Et là, magie : une seule ouverture d’école projetée sur les 6 ans de mandat ; pas de nouveau bassin, mais une étude sur les voies et moyens de restaurer éventuellement celui que vous avez fermé ; et plutôt que de rénover la salle des fêtes, vous vendez le cœur de l’île d’Argenteuil à un promoteur qui n’a aucune expérience en gestion de salle de spectacles, en l’autorisant à construire 25000 mètres carrés de logements et de commerces à son seul profit.

Principal investissement annoncé, avec quelques queues de projets 2017 : on refera la surface synthétique du terrain Alain Mimoun.

Pourquoi la boîte est-elle vide ?

Où sont passés les millions ?

À ce Conseil Municipal, le 30 mars 2016, vous avez fait voter une série de conventions grâce auxquelles Argenteuil allait bénéficier du fonds de soutien à la renégociation de six emprunts toxiques, une partie de ceux que vous aviez contracté dans votre premier mandat, et qui avaient fait d’Argenteuil la ville aux finances les plus fragilisées de France, ou la 2ème, quelques millions d’euros derrière Marseille, excusez du peu.

En commission des Finances, je vous avais demandé quel était le montant des pénalités, dont l’État allait prendre en charge une partie, mais le reste allait devoir être supporté par les Argenteuillais.

Vous m’aviez répondu en Conseil, selon mes notes de l’époque et selon le PV, je le cite :

« L’ensemble des aides porte sur un capital restant dû, refinancé, de 48,1 millions d’euros, et sur une indemnité de remboursement anticipé de 20,75 millions d’euros ».

Ça ne collait pas avec les estimations que nous avions faites, à Engagés pour Argenteuil. Je vous avais donc demandé les chiffres emprunt par emprunt. Vous me les aviez promis, mais pas transmis. Je vous ai relancé par lettre recommandée, sans réponse. J’ai fait appel à la Commission d’accès aux documents administratifs, et au final, après donc un an et demi d’attente, j’ai reçu ces documents. Je ne peux pas vous en remercier, mais enfin, je les ai reçus.

Monsieur Péricat, vous avez dit à ce Conseil, à votre équipe, à l’opposition et aux Argenteuillais, que ces 6 emprunts avaient été renégociés avec une pénalité de 20,75 millions d’euros. C’était en réalité 2,25 fois plus. C’était 46,784 millions d’euros. Vous nous avez menti, et vous avez menti à votre propre équipe, de plus de 26 millions d’euros.

Et accessoirement si je puis dire, l’aide étant de 21,219 millions, il en reste plus de 25 millions à la charge des Argenteuillais.

C’est quoi 25 millions ? C’est de quoi construire une école primaire, plus une piscine de 25 mètres, plus une salle des fêtes de la taille de Jean Vilar.

D’une part, la Ville est ligotée par les conséquences de votre aventurisme financier pendant votre premier mandat ; d’autre part, ce Conseil est enfumé par vos mensonges éhontés sur la situation financière.

Vous me permettrez de rappeler ce que vous nous disiez au début de votre deuxième mandat, en décembre 2014 :

« les emprunts structurés avec risque de change, il n'y en a plus beaucoup ; un a été renégocié en décembre. Le risque est supprimé ».

Risque supprimé. Inexistant. Et dans votre chapeau de prestidigitateur, ce risque inexistant s’est soudain matérialisé à hauteur de 47 M€ de pénalités, dont 25 millions à notre charge.

Monsieur Péricat : quelle confiance méritez-vous ?

Ceci est un débat d’orientation budgétaire ; mais comment nous orienter si on nous enfume ?


Pour *commenter* sur ce blog il faut cliquer à deux reprises sur la case "je ne suis pas un robot", avant de prévisualiser, puis avant d'envoyer le commentaire.

mardi 19 décembre 2017

C'est parti pour un Conseil municipal bondé

par Frédéric Lefebvre-Naré

à ma gauche, des représentants de l'Intersyndicale demandent à intervenir,

intersyndicale.jpg

à ma droite, des représentants de FIMINCO s'apprêtent à présenter le projet sur l'île Héloïse.

Fiminco.jpg

Le Maire donne la parole à M. Videcocq pour 3 minutes.

Il en fait un usage aussi bref qu'efficace : au nom de l'intersyndicale, M. Videcoq demande au Maire de "respecter la loi" en n'intégrant pas la prime communale dans le nouveau régime indemnitaire dit RIFSEEP. "Si vous ne le faites pas, nous irons beaucoup plus loin".


M. Azancot, de FIMINCO, indique que d'ici 2025, 130000 nouveaux m2 de commerces seront implantés dans les communes voisines.

L'évasion commerciale est de presque 100% sur le bricolage-jardinerie, la maison, la culture, l'électronique… certes faute de ces grandes surfaces spécialisées à Argenteuil.

On aurait pu implanter un hypermarché de 5 ou 6000 m2, il aurait trouvé son marché, ce n'est pas le choix qu'on a retenu, mais une solution locale. On va travailler sur l'équipement de la maison, le bricolage-jardinerie sans installer une énorme surface, dans un contexte urbain, la mode on a une évasion de 42 M€, la culture il n'est pas sûr qu'on ait un équipement… on a soumis à la CDAC 14000 m2 de surface de vente, soit 10000 m2 hors alimentaire, on n'aura pas la place d'installer toutes les activités. Le jouet, 4 M€, ça ne permettra probablement pas d'installer une enseigne, l'électroménager 25 M€…

Argenteuil : 24% des commerces fermés en 8 ans !

Le taux de vacance, 7%, est peu supérieur à la moyenne nationale. Les performances des commerces d'Argenteuil sont "moyennes-basses".

Plan masse : ouverture vers Gabriel Péri, rue commerçante avec des commerces sur 2 niveaux…

Enquête publique environnementale prévue pour mars 2018. Permis de construire l'été 2018.

10000 m2 de multiplexe, salle de spectacles et restauration ; et 10000 m2 de logements.

Parkings en superstructure sur 2 niveaux, et un parking en sous-sol, vide parce qu'uniquement dévolu aux commerces, et inondable.

Un accès en face du Conservatoire…

Nous allons mener un travail avec Voies Navigables de France pour raccorder cet équipement aux berges de Seine dont on est coupé par la RD311.

La galerie culturelle très importante, donne directement sur la Seine.

Un projet paysager très ambitieux : 200 arbres… dont 20 à grand développement (de 15 mètres en moyenne) au lieu de 19 aujourd'hui (de 18 mètres en moyenne). Des potagers et espaces plantés pour les résidents. La surface végétalisée sera multipliée par 3.

La salle de spectacles donne une vision directe sur la Seine.

Les commerces existants ont des loyers et des charges très élevés, ça crée une vraie difficulté, nous aurons une valeur locative plus conforme… Du fait de la division en volume sans GIE commerçant, on aura des charges extrêmement faibles.

Le cinéma, on vous l'avait présenté dans notre dernière intervention. Dans l'examen du dossier en CNACi, il y a eu une intervention des associations et d'Etoile Cinémas pour un travail en synergie avec le Figuier Blanc.

La salle de spectacles répondra aux besoins des spectacles modernes. Et permettra une grande facilité d'exploitation. La salle pourra être complément à plat, ou avec des gradins avancés, ou divisée en deux.

Sur le plan alimentaire, comme on vous le laissait deviner tout à l'heure, on a fait le choix de travailler avec Intermarché qui se déplacerait là, M. Filippi des Mousquetaires est présent ici. Il est implanté depuis 1984 rue Paul Vaillant-Couturier. (enfin, pas loin). Sa surface passerait de 1200 à 1800 m2. On va l'aider à grandir, à se moderniser. On va permettre de développer une autre opération sur la rue Paul Vaillant-Couturier.

À l'étage de l'Intermarché, un espace détente ouvert sur la Seine, un espace restauration ouvert sur la Seine, et sans doute un travail avec une enseigne spécialisée pour le culturel.

Une part importante de bio, de no gluten et de vegan. On a vraiment montré sur ce sujet qu'on savait travailler local.

La zone de chalandise est de 908000 habitants, on a un très gros potentiel.

Le projet est appelé "Cap Héloïse".

M. Azancot présente une vue 3D de la salle de spectacles.

Il y aura des loges (!), un espace traiteur, et de l'autre côté un multiplexe et un restaurant sur la Seine.

Puis une vue sur le cinéma qui semble sur le point de s'effondrer, "là c'est déformé c'est pas la réalité" !

Enfin un film 3D "qui sera visible sur notre site dans des conditions optimales".

Georges Mothron : "je tenais à vous remercier".

M. Azancot : sur la hauteur, j'avais dit que j'en parlerais… Héloïse esst une voie très large, 24m, on a un immeuble de 54 mètres, tout un repérage de l'ensemble des immeubles, c'est un parti pris qu'on ne peut pas aimer mais sur lequel on a voulu se positionner. Le cinéma est à 43 m depuis le sol, le pont lui-même est très élevé… l'immeuble d'habitation le plus élevé et de 33 m, ce qui, rapporté à la largeur de la voie qui est de 24 m, n'est pas démesuré.

(…)

Chers visiteurs, je devrai reporter à demain la publication des débats : ça va trop vite et… ma batterie diminue trop. Je dois garder un peu de jus pour mes prochaines interventions.

A demain et d'ici là, suivez la vidéo !

Bétonnage de l'île Héloïse, stationnement payant et maternité coûteuse, ce mardi soir en Conseil Municipal

Retrouver les berges de Seine sur l’île d’Argenteuil, cela se joue maintenant
Communiqué du comité Jean Vilar, 14 décembre 2017

Nous apprenons que la salle des fêtes d’Argenteuil, Jean Vilar, a obtenu un nouveau répit : sa démolition serait reportée à fin juin 2018. Il s’agit du troisième report, puisque la Municipalité avait d’abord annoncé sa fermeture définitive pour fin juin 2017.

Ce report permettra aux associations d'organiser leurs évènements du second trimestre, et aux écoles d’Argenteuil ou au Conservatoire d'organiser leurs fêtes et concerts de fin d’année scolaire. Nous nous en réjouissons. Mais, comme depuis bientôt deux ans sur cette affaire, la Municipalité met les Argenteuillais devant le fait accompli.

En guise de réunion publique, la Municipalité annonce pour le prochain conseil municipal, mardi 19 décembre, une présentation du projet, un an après la vague esquisse montrée en décembre 2016. Les Argenteuillais vont enfin savoir si la construction prévue monte à 45 mètres ou même plus, si les arbres remarquables seront sacrifiés, si la concurrence avec Côté Seine et le Figuier Blanc sera évitée, si l’accès à la Seine sera assuré.

Et nous rappelons que ce qui est en jeu est la pérennité d’une salle des fêtes publique et l’avenir de cet espace des berges.

Le Comité Jean Vilar appelle les Argenteuillais à venir nombreux le 19 décembre dès 18h30 à l’Hôtel de Ville. Pour nous informer, et pour témoigner de notre volonté de sauver le paysage, la vie sociale et culturelle, et les commerces d’Argenteuil.

Dans la convivialité, faisons comprendre ce soir-là à la municipalité notre espoir d’un autre avenir pour Jean Vilar et l’île Héloïse !


Les autres sujets à l'ordre du jour sont sur cet autre billet avec mes votes. Les plus sensibles passaient à la fin, sans public ou presque !

dimanche 17 décembre 2017

30 ans Argenteuillais : chapitre 2

par Bernard Rols

Suite du chapitre 1 !

Pourquoi est-ce que je voulais apporter mon témoignage personnel sur Argenteuil ?

30 ans, c’est l’équivalent d’une génération.

Depuis mon emménagement à la fin des années 80, 4 équipes municipales se sont succédé.

Je veux donner, avec tout le recul nécessaire, mon regard de citoyen sur l’évolution de notre ville.

Mon ressenti, qui sera exprimé sur plusieurs billets, aurait d’ailleurs été certainement différent si mon engagement politique actuel avait été constant tout au long de ces 3 décennies.

L’urbanisme de notre ville s’est beaucoup transformé pendant ces 3 décennies au fur et à mesure des municipalités en exercice.

Des infrastructures municipales comme le Figuier Blanc ont vu le jour.

Des immeubles d’habitation ont remplacé d’anciens bâtiments industriels désaffectés, laissés à l’abandon.

Des terrains non construits ont laissé la place aux lotissements.

Nos enfants de plus en plus nombreux, bénéficient de nouveaux établissements scolaires, et les bébés ont plus de place en crèches.

La Basilique d’Argenteuil et les vestiges de l’ancienne abbaye ont été mis en valeur.

Des espaces verts arborés ont embelli Argenteuil, comme récemment la Butte d’Orgemont, ou le Jardin des Justes près des Cités Jardins d'Orgemont, avec leurs vues panoramiques sur Paris et la Défense.

A contrario, certains endroits disgracieux d’Argenteuil, sont restés tels quels depuis 30 ans, nous pourrions dire : dans leur « jus ».

Je pense notamment au « croissant ferré » situé au « cœur » de notre ville, séparant le quartier du Centre Ville de celui des Coteaux.

Pourquoi des infrastructures disgracieuses, pourquoi des immeubles fortement dégradés et abandonnés aux « marchands de sommeil », donnant la « mauvaise image » d’Argenteuil à l’extérieur, n’ont fait l’objet d’aucun projet d’urbanisation, de rénovation ?

En quoi les municipalités ont-elles failli ?

Un manque de volonté politique ?

Des blocages insurmontables du fait de l’État, ou des administrations propriétaires des dites infrastructures ?

Ou plus simplement un manque de crédits ?

Depuis mon arrivée, j’ai toujours entendu évoquer le fort endettement de la ville.

Il est vrai que chaque municipalité en responsabilité y a contribué à sa façon.

Certaines l’ont caché aux Argenteuillais, d’autres l’ont ignoré allégrement.

(Dès 2008, le MoDem local, puis Engagés pour Argenteuil, ont dénoncé cet endettement dont il faudra bien s’acquitter un jour).

Je me refuserai ainsi par la suite, à encenser le bilan d’une équipe municipale, ou à l’inverse, à critiquer avec sévérité, le bilan d’une autre équipe municipale.

En tant que citoyen, je pense que la municipalité actuelle se doit d’assumer les erreurs du passé, ses propres erreurs passées, pour œuvrer dans l’unique intérêt des Argenteuillais.

Revenir périodiquement sur des égarements, dénoncer une mauvaise gestion qui remonterait à 3 ans, à 16 ans, à 30 ans voire antérieurement à mon installation sur Argenteuil, n’apporte rien aux débats, si ce n’est des polémiques stériles quand chacun affirme que « c’est la faute à la précédente municipalité qui était en responsabilité ».

C’est malheureusement ce débat stérile et puéril, cette « histoire contre histoire » auquel nous assistons péniblement depuis 3 ans.

Mon regard citoyen sera donc dans les chapitres suivants, un simple et humble regard de citoyen et d’habitant de ma commune.

Un regard au dehors, au-delà de l’engagement du militant politique.

- page 3 de 70 -