Blog d'Engagés pour Argenteuil

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samedi 22 juin 2019

Les emprunts toxiques en une colonne

par Frédéric Lefebvre-Naré — Tribune dans le magazine municipal de juin 2019

D’où vient l’énorme dette d’Argenteuil ? Trois sortes de mauvaises décisions ont pesé lourd.

  • Dès les années 80, quand des industries sont parties, la ville a racheté leurs terrains à prix d’or ;
  • Les municipalités ont choisi pour certains équipements (centre aquatique, Figuier Blanc…) des emplacements à problèmes, et les travaux ont coûté bien trop cher ; l’Atrium est le dernier exemple de ces investissements ruineux.
  • De 2002 à 2007, la Ville a transformé plus de 150 millions d’€ de dette en emprunts « structurés », dits « toxiques ».

Dans un contrat structuré, la Ville

  • reçoit, par exemple, 10 millions prêtés sur 15 ans ;
  • tout en pariant 2, 5 ou 10 fois plus sur un indice financier, par exemple, le cours du yen en dollars. Si ce cours dépasse une limite, la Ville doit rembourser comme si elle avait emprunté 20, 50 ou 100 millions. Elle joue le rôle de la ‘banque’ d’un casino, qui paye leurs gains aux joueurs, des spéculateurs professionnels.

La Ville faisait des économies tant que les indices n’avaient pas trop bougé ; puis certains indices ont dépassé les limites, et les spéculateurs ont touché le jackpot.

Si tous les indices explosaient, c’était la faillite. La Ville a préféré, à partir de 2012, racheter ses paris. Très cher, forcément.

  • En renégociant, en 2015, 48 M€ d’emprunts, la Ville a dû accepter 47 M€ de pénalités, dont la majorité restent à notre charge, malgré une aide de l’État ;
  • Sur les autres emprunts, la facture avoisine 46 M€ à la charge des Argenteuillais ; c’est notre estimation à partir des comptes, qui sont publics.

Une mission d’étude sur les emprunts, décidée en novembre, devrait rendre ses conclusions fin juin (au Conseil Municipal du 26 juin).

Espérons que plus jamais, une municipalité ne joue avec une telle légèreté l’argent des Argenteuillais.

Visite de quartier Colonie Volembert

par Bernard Rols, photos Frédéric Lefebvre-Naré

Ce 1er juin, Messieurs Georges Mothron, maire d’Argenteuil, Xavier Péricat, premier adjoint, et Boualem Méziane, adjoint au maire, référent du quartier d’Orgemont, ont convié les habitant(e)s à une visite de leur quartier.

Une quinzaine d’Argenteuillais, Argenteuillaises dont quelques membres du Comité de quartier, ont répondu à cette invitation.

La déambulation au fil des rues a commencé par la cité Bellevue – rue de Gode.

Un ravalement des façades vient d’être effectué sur l’ensemble des blocs d’immeuble.

Un projet de rétrocession du parking de cette cité par la municipalité à AB Habitat est envisagé. Ce parking actuellement en libre accès serait clôturé, laissant ainsi son usage exclusif aux résidents de la Cité Bellevue.

Rue de Gode – une partie du grillage délimitant la butte d’Orgemont est à terre (certainement dégradé dans le but d’avoir un accès direct à la butte par cette rue).

La rénovation de la salle municipale Rino Della Négra est envisagée.

Carrefour rues de Gode, Volembert : feu tricolore mal programmé (durée du feu vert trop courte rue Volembert).

Rue Volembert : il est constaté le non respect du stationnement matérialisé gênant la circulation en double sens.

Rue Bayard – un problème de flux de voitures à l’angle de la rue Louis Blanc est signalé.

Retour rue Volembert : RAS

Rue Gambetta (angle bd Allemane) : un projet de circulation à double sens est envisagé permettant de rejoindre le boulevard sans avoir à remonter la rue Volembert jusqu’à la rue de Gode puis redescendre le même boulevard ; alors que le pont est actuellement en sens unique.

pont_Gambetta.jpg

Rue Gambetta (angle rue Mareuil - cité Kruger) : le marquage au sol du « Stop » sur la rue Gambetta est très mal situé. Il empêche toute visibilité des voitures venant de la rue Mareuil. La municipalité réfléchit à l’installation d’un autre ralentisseur.

L’aménagement de la voirie devant l’entrée de l’école Brossolette donne entière satisfaction. Il va être définitif. Une seule réserve toutefois : les véhicules se déportent sur la gauche sur cette partie de chaussée rendant ainsi dangereuse la sortie des véhicules au n° 24. Les locataires des box ou leur bailleur peuvent faire une demande de pose d’un miroir sur le trottoir d’en face. La municipalité leur facturera alors cette installation.

Retour rue Dolet (angle rue Louis Blanc) : compte tenu de l’école St Geneviève et du collège rue Louis Blanc, il est prévu 2 modifications du plan de circulation :

  • sens descendant rue Dolet (partie République – Louis Blanc)
  • sens unique rue Louis Blanc entre les rues de la République et Dolet

Rues de la République, Baudin, du Treilly et Cormon : rien de particulier à signaler si ce n’est la présence d’un nombre conséquent de voitures ventouses (sans certificats d’assurance et de contrôle technique en cours de validation) garées sur la placette (face à l’ancienne boulangerie) rues Gambetta, République, avenue Stalingrad. Un représentant de la police municipale a relevé plusieurs immatriculations (à ce jour, aucune disposition n’a encore été prise par les services de la mairie pour l’enlèvement ou la verbalisation des véhicules gênants) malgré les plaintes de plusieurs riverains desdites rues, car ces véhicules limitent le nombre de places de stationnement disponibles aux riverains.

Placette devant l’ancienne boulangerie : il y a, depuis plusieurs mois, un souci d’attroupement de jeunes y compris en plein carrefour (jeu de ballon) mettant en jeu leur propre sécurité. Ces attroupements, souvent jusqu’à tard dans la nuit, nuisent à la tranquillité des immeubles donnant sur la placette et le début de la rue de la République.

Nous apprenons que la réouverture de la boulangerie (après plusieurs années de fermeture) est actée. Elle devrait se faire 4ème trimestre de cette année. Nous avons eu confirmation qu’il s’agit d’une boulangerie-pâtisserie et non pas d’un simple dépôt de pains.

Un réaménagement de cette placette (qui sert aussi de dépôt d’ordures au droit du container à bouteilles et de la boîte à lettre de la Poste) serait revu.

Rue Kruger (derrière la placette) : il est constaté que la SNCF n’entretient nullement les abords de la voie ferrée.

Une nouvelle fresque murale décore le souterrain permettant d’accéder à la place Aristide Briand et au marché de la Colonie.

Après plus de 3 heures de marche, le verre de l’amitié devant le marché de la Colonie clôt cette visite de quartier.

pot_Colonie_1juin2019.jpg

vendredi 21 juin 2019

La verrue rue Maurice Rechsteiner s'installe

par Pierre Bruneau, avec Frédéric Lefebvre-Naré

Je pensais naïvement que cette verrue, que je signalais en mars, allait disparaître....

photo_Rechsteiner.jpg

Eh bien non. Les services techniques ont simplement mis de la peinture noire sur les bandes blanches !

photo_Rechsteiner_2.jpg

Au delà de ce constat, une seule question: quelle est l'utilité de cette construction ?

En tournant le problème dans tous les sens, je ne vois qu'une seule raison : permettre à la personne qui habite en face[1] de sortir sa voiture sans faire de manoeuvre !!!!

Il faut avoir de très hautes relations en Mairie pour obtenir ce résultat incongru !!!!

Imaginons un instant que tous les résidents demandent de mettre la même verrue en face de leur sortie de garage !!!!! Je vous laisse le soin d'imaginer le résultat.

Que fait l'association "Légitimes Dépenses" ? Ne devrait-elle pas enquêter sur ce qui ressemble à une appropriation de l'espace public pour un intérêt privé ? Depuis cinq ans, on ne l'entend plus beaucoup. Dommage.

Notes

[1] Et qui n'est à notre connaissance, ni médecin appelable d'urgence, ni porteuse de handicap, ni… autre raison particulière de bénéficier d'un tel aménagement.

jeudi 6 juin 2019

Le 6 juin 1944 : une journée à Paris

par Bernard Rols

Nous commémorons le 75ème anniversaire du D DAY.

Le débarquement des alliés en Normandie amènera quelques mois plus tard aux libérations de Paris et de la France, mettant fin à 4 années sombres d’Occupation de notre pays par les armées du IIIème Reich.

Maurice Garçon, académicien, l’un des plus grands avocats pénalistes de son temps, a tenu son journal qui couvre, jour après jour, parfois heure après heure, la guerre, la défaite, l’Occupation et la Libération.

Voici quelques larges extraits de son journal en ce jour du 6 juin 1944, que l’Histoire a nommé « le jour le plus long ».

9 heures : Marie Darras… (probablement l’épouse de son assistant) m’annonce que les Anglais auraient débarqué au Havre. Elle ne le sait pas directement. C’est son concierge, qui a entendu la radio franco-allemande, qui le lui a rapporté.
Impossible de vérifier. Depuis quelques jours, l’électricité est coupée toute la journée. Excellent moyen pour empêcher d’entendre des nouvelles…

10 heures 30 : ….Il paraît bien qu’il y a quelque chose mais on ne sait pas quoi exactement. Tout se réduit à ce que la flotte anglo-américaine bombarderait du coté de la Normandie, à Boulogne et à Calais. On dit aussi qu’il y aurait des parachutistes du coté de Cherbourg. En somme, rien de précis.

12 heures : Depuis ce matin, les alertes succèdent aux alertes. Le courant est rétabli pendant que les avions menacent pour qu’on puisse éclairer les abris... une nouvelle époustouflante. Le débarquement pratiqué du Havre à Cherbourg et, d’un élan foudroyant, les armées du débarquement auraient avancé de 100 kilomètres.

13 heures 30 : Une amie me dit avoir entendu que les Anglais se seraient emparés de plusieurs aérodromes….

17 heures : Je rentre du Palais (de justice). La rue est calme. Personne n’a l’air de se douter qu’on se bat férocement à 200 kilomètres… Rien de changé avec ce qu’on voyait avant-hier… A peine parlent-ils (les avocats du Palais) des évènements. Notre sort se joue, et pas loin. On n’a pas l’air de s’en douter... Quelques uns, qui veulent paraître renseignés, annoncent la prise de Caen et de Rouen….
La gare Montparnasse et la gare Saint-Lazare sont fermées.

22 heures : ….un ami dont le père est à Radio Paris, affirme qu’un second débarquement vient d’avoir lieu à Cannes, à Fréjus et à Marseille. La TSF n’en dit rien. Les nouvelles sûres sont assez brèves. Le débarquement s’est fait entre l’embouchure de la Seine et celle de l’Orne. On se bat dans Caen. Les Américains, d’autre part, ont débarqué du coté de Cherbourg. En dehors de cela, on ne sait rien. Il n’y a qu’à attendre.
Je crois qu’il ne faut pas tenir compte des mille informations qu’on répand, parmi lesquelles la plus grave serait l’arrestation en masse, demain matin, des hommes de 15 à 60 ans…

Minuit : ….A partir de 10 heures du soir, le courant électrique revenu permet d’écouter un peu tout ce qu’on veut... Chacun des antagonistes déclare que les opérations se déroulent dans des conditions satisfaisantes.

Au-delà de ce que l’on appellerait aujourd’hui les fake news, l’espoir renaissait pour toute une population bientôt libérée.

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