Blog d'Engagés pour Argenteuil

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mardi 12 mars 2019

Monet de retour à Argenteuil… seulement en numérique !? Conseil Municipal du 12 mars 2018

Le Maire introduit Mme Bonamy, du cabinet CBC XII (conseil en patrimoine touristique et culturel), qui passe aussitôt la parole à un architecte, M. Chabanne. Celui-ci a visité la maison Claude Monet et fait une étude à l’automne dernier.

Maison_Monet_1.jpg

Rien à dire sur l’urbanisme aux alentours, dit l'architecte ; le bâtiment est en bon état, reste à refaire la couverture (charpente, combles) et à renforcer les fondations. Environ 600000 € de travaux de renforcement (tout de même !). Aussi 475000 € de travaux d’aménagement, car, pour en faire un « établissement recevant du public », des travaux sont nécessaires : pour la stabilité au feu, des renforts de plancher, et l’accessibilité aux PMR, "que nous pouvons faire par l’annexe qui n’existait pas à l’époque de Monet. Il faut créer un ascenseur desservant les trois niveaux (pas le sous-sol, qui ne serait pas accessible au public). L’escalier sera conservé, sans escalier de secours, ce qui limite le nombre de visiteurs à 19 personnes au total dans les étages, 40 au rez-de-chaussée."

Mme Bonamy reprend :

"Une fois assurés de la faisabilité, nous avons conduit des entretiens montrant les forces, faiblesses, opportunités et menaces. Parmi les forces, les berges de Seine et le bateau-atelier… mais elles sont difficilement accessibles. Et tous nos interlocuteurs ont dit « dans cette maison, rien ne rappelle Monet ». Auvers-sur-Oise est une concurrence sérieuse.

Que peut-on raconter dans cette maison, qui soit lié à l’histoire de la Ville, d’Argenteuil ? Plus de 150 toiles de Monet portent le nom d’Argenteuil. Le parcours scénographique partira de quelques-unes de ces 150 toiles.

On ne peut présenter aucune œuvre, pour des raisons de sécurité, de conservation.

On entrera dans le salon, pour lequel on a suffisamment de matière pour en reconstituer l’ambiance avec des outils numériques, de la projection sur des tulles.

Dans l’escalier, une frise chronologique sur Monet à Argenteuil. Au premier étage, les paysages d’Argenteuil, avec des dispositifs numériques. On pourra faire une réplique du bateau-atelier, à échelle réduite, s’en servir comme espace multimédia…

Le deuxième étage, on le traiterait comme cabinet de curiosité, comme escape game, qui pourrait recevoir des scolaires. Une pièce "Argenteuil après Monet" permettra à la Ville de communiquer sur son actualité.

Le cabanon reste, évidemment le public n'y entrera pas. On pourrait créer un mur végétal pour s’isoler de l’immeuble au fond ? (donnant sur la rue de Diane).

Comptes prévisionnels : on a regardé des sites comparables attachés à des artistes, auteurs : ils ont entre 5 et 10000 visiteurs. On peut proposer un tarif raisonnable à 5 €. La première cible c’est que les Argenteuillais viennent… des Parisiens, mais peu.

Il resterait 80000 € par an de frais de fonctionnement à la charge de la Ville.

Des subventions publiques à l'investissement seraient facilement obtenues, notamment du Fonds régional pour le Tourisme (mais pour la « numérisation »…). On peut espérer 500 000 €.

Georges Mothron : Ce projet a déjà reçu une bonne signature des éléments départementaux et régionaux. On attendra le prochain conseil municipal pour envisager un budget supplémentaire.

Franck Debeaud (ancien Adjoint à la Culture et au Patrimoine, désormais dans l'opposition) : je suis content de voir que ce projet avance, on l’avait lancé en 2017.

Avez-vous étudié la possibilité d’un ascenseur extérieur ?

La « remise » n’existait pas à l’époque Monet, pourrait-on la détruire et y placer le bateau-atelier ? Des éléments réels, c’est important… Pas seulement le numérique : pourquoi pas des copies, on en fait de très bonnes ?

Abdelkader Slifi (PS) : Pourrait-on imaginer une tarification mieux ventilée selon les cibles potentielles ? Il peut y avoir des visiteurs intéressés par plus qu'un ticket à 5€.

L’escape game semble tomber comme un cheveu sur la soupe.

(Par ailleurs il coûte 30000 € de plus en aménagements).

Philippe Métézeau : il faut ouvrir cette maison ! On a de quoi convaincre le Conseil départemental. Au moment où il repense sa politique du Tourisme… qui a une marge de progression certaine, on peut le dire élégamment. Ajoutons Argenteuil sur des circuits Monet ! au-delà d’une participation financière.

J'interviens pour applaudir les éléments de l'étude architecte, et les choix faits pour ce qui est "en dur".

En revanche, je ne comprends pas le concept. Mettre du "numérique" ou une pièce sur "Argenteuil après Monet", un "cabinet de curiosités" ou un "escape game", viser une fréquentation essentiellement locale, me semble manquer ce qui fait tout l'intérêt de la maison Monet : revivre la confrontation du plus célèbre des "bobos parisiens" avec une société industrieuse et commerçante. Ce qui l'a fait venir, et ce qui l'a fait partir. Qui est si facile à mettre en scène, parce que ça se reproduit exactement aujourd'hui, dans la même topographie… rien ou presque n'a bougé des éléments de cette aventure.

La thèse et le livre de Tucker "Monet à Argenteuil" permettent de resituer ce parcours personnel dans nos quartiers et nos institutions.

Je souhaiterais donc une conception moins numérique et moins fermée, plus ouverte à l'ensemble de la ville. Le numérique entre quatre murs, c'est que que le département a essayé à Auvers-sur-Oise, sur le même sujet, et qui a fait un bide.

J'imagine un endroit où l'on vienne peindre Argenteuil. Argenteuil n'a pas la grandeur de Paris ni la douceur de la campagne ? Et alors ? C'était justement son génie de voir des tableaux là où les Argenteuillais criaient à la mocheté, comme le nouveau pont de chemin de fer. De trouver dans les jeunes replantations sur Héloïse, trop jeunes pour ombrager vraiment, un jeu de lumières où promener une ombre bleue. De faire briller, dans la friche d'une colline, les coquelicots.

J'imagine un endroit pour les plus fans de Monet et de l'impressionnisme, ceux qui s'intéressent au peintre au-delà de l'oeuvre, ceux qui veulent retrouver le lancement de sa trajectoire, dans la ville même où l'association des peintres impressionnistes fut fondée.

Quelque chose que ne peuvent proposer ni Giverny, un petit monde forgé par Monet à son image, ni le musée Marmottan-Monet, ni bien sûr le musée d'Orsay. Sur les 650000 visiteurs annuels de Giverny, n'y en a-t-il pas 0,5% de suffisamment fans pour vouloir retrouver Monet confronté à Argenteuil ? À côté des Argenteuillais à 5€, nous devrions viser les Japonais à 50[1] !

Mme Bonamy répond à certaines des questions et suggestions : on garderait, dit-elle, la partie annexe (à gauche de la façade vu de la rue) pour son caractère pratique ; le cabanon, qui ne date pas de Monet, on peut réfléchir.

Il sera difficile de ré-immerger les gens dans l’espace fleuri de Claude Monet, si on met le bateau dans le jardin. (Je suis d'accord là-dessus : Monet n'était pas surréaliste ! Et je garderais bien le cabanon, seul élément dont l'intérieur est ancien et qui rappelle cette époque d'avant l'électricité… même s'il est postérieur à Monet).

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J’ai travaillé sur la restauration de l’atelier Valadon-Utrillo au musée de Montmartre, on a cherché à ré-immerger les gens dans l’histoire. Nous avons bien pris en compte le « pourquoi Monet vient à Argenteuil, pourquoi il en repartira »?

(Mais pour moi la scénographie devrait jouer là-dessus en partant du côté coquet, fleuri, de l'extérieur ; en mettant en scène dans le salon la création de l'association des peintres impressionnistes ; et en montrant la ville de plus en plus industrielle quand on monte dans les étages).

Maison_Monet_3.jpg

Par expérience — continue Mme Bonamy — les ambassadeurs sont les gens de la ville. Après, pour faire venir de plus loin, c’est un travail de communication et de marketing. (Bon… de concept aussi !)

Pourquoi l’escape game ? Ça peut faire des recettes.

Françoise Inghelaëre, conseillère déléguée à la Culture et au Patrimoine : des Parisiens, à 12’ de Paris, on peut en avoir ! Il y a le Transilien des Impressionnistes, les Coquelicots signalés à la gare Saint-Lazare… Le bateau-atelier, lui, peut naviguer avec 6-7 personnes. Et peut resservir de bateau-atelier. (Plus que de meuble de jardin !).

Le débat est terminé, nous remercions les intervenants et l'on passe à l'approbation du PV du Conseil précédent.

Je demande deux rectifications sur ce PV ; en particulier, je ne souhaite pas que la Municipalité « s’émancipe » de l’histoire du peintre Monet, mais qu’elle se « réapproprie » cette histoire !

Notes

[1] Que nos lecteurs au Japon excusent cet écart. Je les invite. À cet écart près, j'ai essayé de réécrire en mieux, ici, ce que j'avais improvisé en Conseil.

vendredi 8 mars 2019

"Grand débat" aux Coteaux ce 7 mars 2019 : plein d'idées pour Argenteuil

par Frédéric Lefebvre-Naré

Bernard Rols et moi-même assistions hier au "Grand débat" organisé par la députée Fiona Lazaar à la Maison de quartier des Coteaux. L'animatrice a réussi à enchaîner les 4 sujets en à peine plus de 2 heures, en donnant la parole à toutes celles et ceux qui la demandaient, parmi les 35 participant·e·s : bravo !

Les propositions portant sur la politique nationale remonteront, c'est le principe, par l'organisation nationale du Grand débat. Je zoome ici sur les idées qui concernaient plus directement Argenteuil.

Transition écologique

Selon un entrepreneur, le fonctionnement des appels d’offres publics pour des fournitures exclut les PME productrices : sont sélectionnées des entreprises qui proposent des catalogues complets de produits, donc au final des marchands / importateurs spécialisés dans les appels d'offres publics (comme je le précise en tant que membre de la Commission d'appel d'offres. C'est par exemple ainsi que le Presse-Papier a été exclus de la fourniture de livres.)

Argenteuil manque de transports de nuit ! Entre le train qui actuellement s'arrête le soir à la gare centrale sans aller au Val, et l'absence de bus vers les quartiers des Coteaux, du Val ou d'Orgemont…

La circulation est rendue difficile (pour les bus et les voitures) par les voitures mal garées. Vers la cité Champagne, vers le marché…

Des arbres, des toitures végétalisées… pas seulement dans quelques projets immobiliers de logements neufs… mais d'abord dans les écoles pour nos enfants !

Fiscalité et dépenses publiques

Trop de travaux répétés sur les mêmes sites dans certaines villes : ne plus faire et défaire. (La Ville annonce que la départementale Charles de Gaulle sera prolongée jusqu'à la voie sur berge — en traversant le terrain de boules. Mais ceci ne facilitera pas le demi-tour des camions de livraison annoncés au pôle Héloïse promu par la même municipalité ! Un rond-point à feux, remplaçant l'actuel 'sac de nouilles' au bout de la rue Verte, serait préférable à tous égards).

Repartir de zéro sur le Grand Paris et le Grand Paris Express, sources de dépenses injustifiées.

Matraquage fiscal à Argenteuil par rapport à Paris ou Neuilly. Que l’État encadre les augmentations de taux d’imposition, sur la taxe foncière et la taxe d’habitation. Sinon, tant que la taxe d’habitation n’est pas totalement supprimée, les 20% qui continueraient à payer les TH seraient à la merci des 80% restants. Et comment la suppression de la taxe d’habitation va-t-elle être compensée ? D'où viendra l'argent que l'État a promis aux communes ? Je ne vois nulle part la réponse (dit l'intervenant).

Pourquoi 6 M€ pour des fontaines lumineuses sur les Champs-Élysées, au lieu de les consacrer aux APL et aux soins médicaux ?

Démocratie et citoyenneté

Que nos élus rendent compte de leurs actes — mais ils vont dire qu’ils invitent à des réunions et que les gens ne viennent pas (Fiona Lazaar confirme ! et précise : « je publie mon actualité au quotidien, ce que je pense, vote, etc. »).

Depuis 4-5 mois : la démocratie est en crises. Il faudra continuer ces échanges après le 15 mars. Dans une liste pour les municipales, il faut des citoyens un peu experts, professionnels … Comment les former ? Comment développer la conscience politique ?

Pour le droit de vote des étrangers aux élections locales.

Une fracture entre la jeunesse et les institutions. Aller voter (devient étrange). Le cours d’éducation civique a disparu. Le tutorat dans les écoles a disparu.

Un membre du Conseil Municipal des Jeunes : on n’a plus autant d’actions qu’avant (au CMJ).

Une membre du comité de quartier Val Sud : « les voisins me disent : pourquoi tu continues à y aller ? ça sert à rien ! » Je suis peut-être un petit peu Don Quichotte. Il faudrait publier les comptes-rendus des comités de quartier. Il faudrait « la vraie synthèse : pas ce que les élus veulent voir écrit ! ». « Je pense à Socrate : la démocratie c’est la place publique, c’est la visibilité. » J’ai demandé qu’on affiche le Grand Débat dans les espaces publics multimédias en proposant aux gens de taper pour eux, s’ils sont illettrés. Une dame a demandé « comment accéder aux comptes-rendus des réunions de quartier » à un élu, qui lui a répondu « il y a des relevés techniques, non destinés à être diffusés ». Elle conclut : j’ai l’impression qu’on choisit l’information destinée à être communiquée.

Bernard Badignon rend compte de conclusions du débat organisé sur ce même thème par Perspectives Citoyennes : prise en compte du vote blanc dans les exprimés ; demande d’un service civique obligatoire ; feed-back des élus sur ce qu’ils font et disent : consultations citoyennes obligatoires sur les grands projets qui engagement la ville : référendum local d’initiative citoyenne. Exemple sur Argenteuil : projet à Héloïse, très important, un grand projet, ce serait intéressant qu’il y ait sur cette question-là… L'animatrice répond que, étant par ailleurs commissaire-enquêteur, elle appelle les habitants à participer aux enquêtes publiques que la loi impose. Bernard Badignon : c’est pas le tout d’être dans le cadre de la loi ! C’est « comment on amène les citoyens à prendre la parole, comment on vulgarise le dossier ? » Si on a la volonté de consulter, on y arrive ! Si on joue sur les relais d’opinion, les prescripteurs…

Présidente d’association de parents d’élèves et élus de parents : ce sujet de citoyenneté est passionnant et passionné ! Mais de moins en moins de parents d’élèves viennent voter.

Organisation de l’État et des services publics

Qu’un organisme dirige les gens qui n’ont pas de médecin ; c’est mon cas, j’en cherche un depuis 3 ans que le mien est parti. 17 médecins m’ont refusé. La Sécu m’a « chopé » et me pénalise. Ni l’Ordre des médecins, ni… ne peuvent m’aider ! Ou qu’on ne me pénalise plus !

Pour une faute d’orthographe sur la carte grise, il m'a fallu 6 mois pour régulariser, j'ai dû en faire une fausse pour obtenir la vraie !

J'ai dû créer une première adresse mail pour mon oncle, 90 ans, parce qu'il lui fallait créer un compte Ameli… avec une adresse mail non encore répertoriée par Ameli !

Argenteuil devient un désert médical. Un médecin part, le jeune qui reprend a coupé le téléphone, il ne répond plus que par internet, ça exclut du coup tout une part de la population. Il faut que l’État impose des implantations des médecins.

(Plusieurs intervenants, débat animé :) Conserver les services publics locaux. Le bureau de poste d’Orgemont a été fermé « après que la Poste y ait investi 500000 €, sans place de stationnement ». Tout le quartier, ~10000 habitants dont beaucoup de personnes âgées, n’a plus de distributeur ! Pas de Poste non plus au Val Nord, ~15000 habitants. Ce bureau fonctionnait, il était plein, l’attente était très très longue ! On s’y retrouvait pour discuter dans la file ! Le service public c’est ça aussi, permettre aux personnes de se rencontrer. Fermer les services publics c’est s’enfermer. Que la Poste adapte ses horaires à l’activité ! Fermée à 18h, pour quelqu’un qui travaille de l’autre côté de Paris… qu’elle ferme entre midi et 2… c’est administratif !

Hors des 4 sujets

Argenteuil a la proposition d’expérimenter le projet conduit par une structure qui s’appelle « carte blanche », mandatée par l’État pour questionner les services publics. Je me suis inscrite sur le sujet où j’étais disponible, « comment encourager l’engagement citoyen ». On va travailler pendant un an avec cette équipe de consultants. Rapprochez vous des maisons de quartier pour rejoindre Carte blanche ! Pour les parents d’élèves c’était le matin, il faut être disponible. C’est la première fois que la municipalité, la Police nationale… on nous sollicite pour donner un avis, pour améliorer le système. Nous avons proposé la création d’un tiers lieu. J’espère que vous viendrez ! Une « Maison de la citoyenneté ». Les associations, entre 19 et 22h, on peut trouver des salles.

L’Hôpital d’Argenteuil : la chef de services des Urgences est souvent interviewée à la télévision… tant mieux : l’hôpital est en crise. Parce que les médecins ne peuvent plus prendre en charge les patients. Que l’hôpital se retrouve à devoir prendre en charge les problèmes sociaux en plus des problèmes médicaux.

Créer un écosystème d’anciens élèves des écoles, entraînant les entreprises.

Une personne intervenue dans le collège Lucie Aubrac : j'ai trouvé les élèves de 3ème très refermés sur eux, résignés, défaitistes. Les professeurs sont dans une bonne dynamique mais n’ont pas l’accompagnement nécessaire pour tirer les jeunes vers le haut. A ex-Romain Rolland, Julie-Victoire Daubié, il y a des programmes d’excellence, des partenariats… Ce sont des enfants qui ont envie, mais ils ne peuvent pas y aller pare que les parents n’ont pas les moyens, qu’ils ne sont pas accompagnés (vers des bourses notamment ?)

Grand débat national — et argenteuillais

par Frédéric Lefebvre-Naré, repris de ma tribune dans le prochain numéro du magazine municipal.

En réponse au mouvement des Gilets Jaunes, le gouvernement a ouvert un « Grand débat national ».

À Argenteuil, la Municipalité ne l’a relayé qu’en mettant à disposition des bulletins à l’accueil de l’Hôtel de Ville, mais plusieurs associations ou personnalités ont pris l’initiative d’organiser des rencontres, dont Perspectives citoyennes, Conjugue, le PS avec l’ancien député-maire Philippe Doucet, LREM avec la députée Fiona Lazaar.

Participant à plusieurs de ces rencontres, j’ai pu y entendre les mêmes demandes, les mêmes idées, le même besoin de reconnaissance et de confiance entre institutions et citoyens, qui s’exprime partout en France.

J’y ai aussi entendu, de soirée en soirée, une demande répétée de débat public argenteuillais. La conscience que nous constituons une société, ancrée sur notre territoire, capable de décider ensemble comment nous voulons qu’il évolue. À chacune des rencontres à laquelle j'étais présent, il a été demandé un référendum local sur les projets de construction au bord du pont d’Argenteuil, sur le site de Jean Vilar.

Cet attachement des Argenteuillais à leur ville et à leur site, l’ancien candidat à la présidentielle, Jean Lassalle, a pu le constater quand il nous a rendu visite le 21 février. Il a pu apprécier par exemple la très jolie brochure « Promenade du 13 mai 2018 : de la gare Saint-Lazare au musée d’Argenteuil », réalisée par Claudine Arnould-Cazals et Valérie Police, et diffusée par le comité Jean Vilar.

A un an des élections municipales, il est grand temps d’ouvrir le débat argenteuillais, de faire mûrir ensemble nos idées et nos désirs pour l’avenir d’Argenteuil.

Une ville fragile, menacée, mais immensément riche des talents et de l’engagement de ses habitants.

lundi 4 mars 2019

Marché de la Colonie : et maintenant ?

par Bernard Rols ; avec Frédéric Lefebvre-Naré

Les Argenteuillaises, Argenteuillais ont découvert le nouveau magazine municipal : « Argenteuil en Seine : ma ville »

Une pleine page est dédiée au Marché de la Colonie, titrée « Jouer Collectif »

Chacun(e) sait l’attachement de notre mouvement à la réussite de ce marché du quartier de la Colonie, situé derrière la gare centrale.

Dès juillet 2014, j'avais saisi la municipalité nouvellement élue, du délabrement de la toiture du marché suite à un orage de grêle.

En novembre 2015, nous avons apporté notre aide et notre expérience à la création du Collectif du Marché de la Colonie.

Nous nous sommes impliqués plus d’une année, au coté de ce collectif d’habitants du quartier, participant activement à l’enquête de terrain, aux premiers « Café rencontre »…

Il était urgent d’agir : à l’époque, ce marché comptait, le samedi, 3 à 4 commerçants et approximativement une cinquantaine de clients fidèles…

Nous nous sommes donc réjouis lorsque le marché a été enfin rénové à l’automne 2018.

Il retrouve dans un cadre agréable, une convivialité perdue (mais pas oubliée) depuis des années.

Les associations partenaires lui apportent le lien social souvent absent dans notre société, et lui donnent une attractivité et un cachet supplémentaires.

Pour autant, l’article « Jouer Collectif » masque les difficultés restantes pour se développer et pour perdurer.

Contrairement à la quinzaine de commerçants annoncée dans l’article, le marché regroupe aujourd'hui au plus 7 à 8 commerçants.

Quant aux 500 personnes qui le fréquenteraient chaque samedi selon le magazine municipal… je constate de visu, dans la tranche horaire 10–11 heures, une moyenne d'une quinzaine de clients.

La municipalité et le Collectif semblent vouloir axer principalement ce marché sur le bio : est-ce à la portée de l’ensemble des habitants du quartier, notamment les personnes âgées aux faibles ressources, qui restent une grande proportion des clientes et clients ? La première tentative de marché "bio" du vendredi soir a fait long feu.

Les circuits courts sont demandés, le bio apporte des produits sains et de qualité, mais le marché peut et doit redevenir un pôle d'attraction pour tous les habitants du quartier et les Argenteuillais qui passent par la gare centrale le samedi matin :

  • en augmentant le nombre de commerçants (la municipalité avait annoncé lors des travaux, la présence future de 10 commerçants, non encore atteinte),
  • en diversifiant l’offre marchande,
  • avec un effort visible sur les prix — même si l’enquête de terrain réalisée par le Collectif a montré qu'ils sont comparables à ceux d'autres marchés environnants proposant, bien entendu, une qualité équivalente.

À ces trois conditions : développement, diversité et prix attractifs, la clientèle reviendra nombreuse et ce marché sera durablement viable.

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