Blog d'Engagés pour Argenteuil

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lundi 5 novembre 2018

11 novembre 1918 – 11 novembre 2018

par Bernard Rols

Dans quelques jours, nous commémorerons dans chaque commune française, devant chaque monument aux morts, le 100ème anniversaire de l’armistice de la première Guerre Mondiale.

1 400 000 soldats français sont morts sur les champs de bataille pendant les 4 années qu’a duré ce conflit (08/1914 – 11/1918).

Les premiers combats en août 1914 ont fait dans l'armée française 80 000 morts, dont 22 à 25 000 morts pour la seule journée du 22 août.

La bataille de Verdun du 21 février au 18 décembre 1916, 10 mois de combats en continu, a tué 163 000 de nos soldats.

Pour les anciennes générations, c’est le souvenir poignant d’un père, d’un grand-père qui racontait sa guerre, la souffrance endurée au quotidien dans sa tranchée, la mort continuellement présente.

Enfant, mon grand-père me réveillait en clamant « debout les morts ! »

J’en sus, plus âgé, la signification pour tous les poilus : se donner le courage pour sortir de sa tranchée, l’ordre de l’assaut donné, sachant que 50 à 80 % d’entre eux ne reviendraient pas ou seraient blessés.

Le déclenchement de cette guerre était la conséquence de nationalismes exacerbés en Europe.

Cette guerre, que les citoyens de l’époque voulaient être la « der des ders » (la toute dernière), pourrait-elle reprendre sous la poussée actuelle, en Europe et de par le Monde, du populisme et des nationalismes, sur le principe des mêmes causes, mêmes effets ?

Je ne le pense pas, car jamais notre société actuelle n’accepterait et ne supporterait le sacrifice de si lourdes pertes parmi sa jeunesse.

Serons-nous nombreux dimanche prochain pour commémorer la fin de cette guerre au passé désormais lointain, après le décès des derniers "poilus" survivants ?

Nous héritons génération après génération, du devoir national de mémoire envers ces hommes qui se sont sacrifiés pour notre patrie.

Engagés pour Argenteuil invite les jeunes générations qui ne connaissent cette guerre qu’à travers les livres d’histoire et les documentaires, à remplir ensemble, le 11 novembre 2018, ce devoir de mémoire, aux côtés des plus anciens : rendez-vous à 10 heures devant l’Hôtel de Ville.

dimanche 4 novembre 2018

Une écologie sans lobbies et sans taxes : possible ? Retour sur 3 faits marquants d’octobre 2018

par Bernard Rols

L’actualité a été dramatique : nous déplorons 14 victimes, conséquence des inondations dans le département de l’Aude.

Nous nous associons à la douleur des familles endeuillées et des habitants des communes sinistrées.

Il est facile de déclarer que les épisodes cévenols sont imprévisibles dans la région languedocienne ; qu’à la mi-octobre, la température de la Méditerranée était exceptionnellement élevée (22°) provoquant des orages particulièrement violents.

Il est aussi facile d’accuser Météo France pour ne pas avoir mis la veille ce département en vigilance rouge.

Pour autant, le danger réel de crues catastrophiques était bien connu des Pouvoirs Publics.

Pour les communes de l’Aude dévastées, puis classées en Catastrophes Naturelles par arrêté pris au 17/10/2018 permettant aux assureurs d’indemniser les victimes, des Plans de Prévention des Risques d’Inondations (PPRI) avaient déjà été validés.

Pourquoi, alors, des quartiers entiers d’habitations, construits récemment, ont-ils été inondés ?

Les départements du Littoral en Languedoc (et la région PACA n’est pas mieux lotie) subissent, depuis des décennies, le bétonnage intensif d’anciennes parcelles agricoles (souvent viticoles) sous la pression immobilière de promoteurs cupides.

Beaucoup d’élus locaux, confrontés aux difficultés économiques de leurs territoires, déplorant la baisse de leur populations, livrent ceux-ci aux grands groupes du BTP quand il n’y a pas en plus, des « arrangements locaux » entre les parties.

Un PPRI définit 3 zones pour les constructions : rouge, bleue et blanche.

Devrons-nous légiférer pour que la délivrance des permis de construire (lotissements, zones commerciales ou industrielles) dans les zones critiques, ne soit plus de la compétence administrative des maires et des présidents d’agglomérations ou des communautés de communes, et pour qu'elle relève directement du Ministère de la Transition écologique et solidaire ?

L’autre actualité particulièrement atterrante a été la révélation de plusieurs naissances de bébés, en Bretagne et dans l’Ain, sans bras ou sans mains. Au moment où j’écris ces lignes, 11 nouveaux cas dont certains remontent à 10 - 15 ans, ont été recensés par les hôpitaux de l’Ain.

Certains mettent en cause l’utilisation de pesticides dont le glyphosate dans l’agriculture productiviste.

Aux dernières nouvelles, les ministres de la Santé et de la Transition écologique lancent de nouvelles investigations. Madame Agnès Buzyn, ministre de la Santé ne privilégie aucune hypothèse.

Certes, les pesticides sont utilisés partout en France, alors que ces malformations sont localisées dans 2 ou 3 départements ; mais ces bébés sont tous nés dans des territoires ruraux.

Les seules statistiques ne peuvent expliquer la fréquence élevée de ces malformations congénitales.

L’interdiction totale des pesticides dangereux pour notre santé et pour l’environnement devrait être appliquée immédiatement, dans l’intérêt général, même si je dois reconnaître que leur emploi garantit aux agriculteurs une production moins dépendante des aléas climatiques.

Il nous faut par ailleurs revoir en profondeur notre agriculture productiviste et nos modes de consommation ; il nous faut privilégier la production locale et de saison, évitant les traitements superflus nécessaires pour le transport et la conservation des récoltes.

La troisième et dernière actualité du mois, qui concerne notre pouvoir d’achat, porte sur l’augmentation des taxes sur les carburants, décidée par le Gouvernement pour nous inciter à la transition énergétique et à la lutte contre le réchauffement climatique.

Notre Premier Ministre a déclaré devant les députés : « nous avons indiqué très tôt que si nous voulions mettre en place la transition énergétique, il fallait envoyer un signal prix ».

Les « pics de pollution » restent problématiques dans les grandes agglomérations comme la nôtre. Et la pollution atmosphérique est responsable d'un décès sur 11 en France.

Néanmoins, ce « signal prix » est violent et surtout discriminatoire pour une majorité de Français.

Il est vrai que par habitude, nous effectuons souvent en voiture, de courts trajets qui pourraient être fait à pied, en vélo ou en transports en commun.

Ceci étant, à l’inverse de l’agglomération parisienne et des grandes métropoles régionales, l’offre de transports en commun dans les villes moyennes est peu fiable (fréquence de passage des bus trop faible, voire inexistante en fin de soirée et le dimanche)

En milieu rural ou semi urbain, l’utilisation de la voiture n’est plus un choix personnel, mais l’unique moyen pour se déplacer.

Mes détracteurs me rétorqueront qu’il faut investir dans les voitures électriques.

Bien sûr, mais aujourd’hui, en ce qui concerne les batteries usagées des voitures électriques, les perspectives de valorisation sont plutôt au reconditionnement qu’au recyclage ; en clair, ce n'est pas tout à fait au point.

Ayons aussi l’esprit cartésien.

La grande majorité des véhicules n’a pas la voie publique comme lieu de garage. Dans l’hypothèse où les voitures électriques remplaceraient les véhicules actuels, nous devroins alors avoir des « forêts » de bornes de rechargement sur les trottoirs.

Nous voulons sortir du « tout nucléaire » compte tenu de l’âge avancé de nos centrales nucléaires.

Comment pourrions-nous sortir du nucléaire si dans le futur, toutes les nuits, nous rechargeons nos voitures électriques en sus de nos téléphones portables, de nos tablettes numériques, nos télévisions et nos ordinateurs laissés inutilement en veille ?

Restons sérieux, ce n’est pas pour demain que les énergies renouvelables remplaceront l’énergie nucléaire, si nous augmentons considérablement notre consommation d’électricité.

J’ai plutôt le sentiment que le lobby des constructeurs automobiles veut désormais nous « vendre » de la voiture électrique comme il y a 2 décennies, il avait promu le diesel. Il n’était alors pas question à des « particules fines » cancérigènes.

La transition énergétique et la lutte contre le réchauffement climatique sont une question de survie pour les prochaines générations, mais en aucun cas, elles ne doivent être faites de manière aussi brutale et punitive.

Des mesures non coercitives peuvent être mises en place ; en voici quelques unes qui me semblent être consensuelles :

  • développement et modernisation accélérés des transports en commun (ferroviaire, bus électriques)
  • gratuité de tous les moyens de transports en commun en prévision et pendant les pics de pollution avec l’obligation pour les opérateurs publics (SNCF RATP) et privés d’assurer ces jours là, leurs prestations de Service Public
  • en contrepartie, il pourrait être envisagé lors des pics de pollution, la fermeture de certaines voies périphériques ou d’autoroutes urbaines obligeant l’utilisation des transports en commun
  • prioriser le transport ferroviaire sur le transport routier (trop de convois de camions sur nos autoroutes)
  • gratuité systématique des parkings au pourtour des gares et en entrées des centres villes
  • développer encore plus le covoiturage (à Los Angeles, la voie de gauche sur les autoroutes est exclusivement réservée aux bus, taxis et aux véhicules transportant au minimum 2 personnes)
  • taxer plus lourdement les véhicules à forte puissance (les 4x4) et les grosses cylindrées
  • aides financières ou crédits d’impôts à hauteur minimum de 50 % des frais engagés pour le remplacement sous 5 ans des chaudières au fioul
  • accélérer l’isolation thermique des logements en les recensant
  • campagnes publicitaires régulières (sur le modèle de la Sécurité Routière) pour inciter les Français à se déplacer autrement.

Nous avons pris conscience des conséquences futures du réchauffement climatique : nos mentalités sont en train d’évoluer dans le bon sens.

Nombreux sont ceux qui n’ont pas attendu l’augmentation du prix de l’essence pour limiter leurs déplacements automobiles.

La voiture n’est plus un signe de propriété et de reconnaissance sociale pour la jeune génération urbaine.

Plutôt que de pénaliser par des taxes, pourquoi ne pas employer la « tolérance zéro » pour les stationnements en double file, à cheval sur le trottoir particulièrement près des écoles…, pour dissuader d'utiliser son véhicule sur de courts trajets ?

En revanche, la contrainte fiscale alimente à court terme le populisme et engendrera de graves troubles sociaux si les prix des carburants ne restent plus à la portée des personnes aux revenus les plus précaires.

Dans notre longue histoire, les révolutions ou les émeutes populaires ont souvent eu pour origine, non pas l’oppression et l’absence de liberté, mais l’augmentation du prix du pain ! L’essence est (malheureusement) encore le « pain » de notre société et de notre économie.

En résumé, les prémices du réchauffement climatique devenant visibles, devant l'impossibilité actuelle de renoncer entièrement aux énergies fossiles et au nucléaire, chacun, chacune d’entre nous doit aller vers sa gestion maitrisée de sa propre consommation d’électricité et d’essence.

En diminuant ainsi volontairement notre consommation d’essence, l’argumentation de l’État pour justifier l’augmentation des taxes sur les carburants deviendra plus difficilement soutenable, et notre balance commerciale déficitaire depuis plusieurs années s’en portera mieux.

Refusons de nous laisser taxer par Bercy. Devenons civiques et responsables. Ne consommons en énergies non renouvelables que le « strict nécessaire ».

lundi 22 octobre 2018

Marché de la Colonie : depuis 2014, une histoire mouvementée !

par Bernard Rols, pour EpA

Ce 22 septembre 2018, le nouveau marché de la Colonie a été inauguré par la municipalité, après des travaux estivaux de réhabilitation pour environ 100 000 euros.

Ces travaux ont consisté à poser de coffrages avec spots lumineux incorporés, qui vont illuminer les produits à la vente et rendront les étals plus accueillants ; à mettre l’électricité aux normes ; et, pour finir à réaliser un nouveau revêtement de sol avec marquages.

10 commerçants sont actuellement présents chaque samedi avec l’arrivée d’un nouveau poissonnier et d’un nouveau fromager ; leurs prédécesseurs étaient partis à la retraite ou avaient déserté ce marché.

Rappelons-nous toutefois les déboires passés de ce marché.

L’arrivée de Grand Frais il y a quelques années, avait contribué à une baisse drastique de la fidèle clientèle du quartier de la Colonie, de même que les départs de 2 ou 3 commerçants « locomotives ».

L’orage de grêle du 8 juin 2014 a quasiment achevé ce marché. Il ne restait souvent plus ensuite qu’un charcutier et une vendeuse de primeurs (fruits et légumes)

Dès juillet 2014, notre groupe Engagés pour Argenteuil avait attiré l’attention de la municipalité sur l’urgence des travaux à exécuter.

En septembre 2014, nous avions reçu de l’élue de quartier une réponse qui donnait peu d’espoir d’un règlement rapide. La municipalité était, à l’époque, très occupée à régler des comptes avec l’équipe précédente, en particulier en dissolvant l’agglomération Argenteuil-Bezons.

Devant le peu de réactivité de la municipalité, (décembre 2014, mai 2015, septembre 2015, encore septembre 2015 à la visite de quartier (point 15)) un collectif d’habitants préoccupés par l’avenir incertain du Marché de la Colonie, a pris les choses en main à l’automne 2015.

Début novembre 2015, nous avons mené une première action de nettoyage : désherbage de la halle, démontage de quelques étals abandonnés et délabrés. La semaine précédente, la municipalité avait enfin procédé à la réfection de la toiture !

En mars 2016, invitant les élus responsables à un tour du… propriétaire, le collectif obtient que les portes soient ressoudées après avoir été allégées des bardages bois qui les faisaient céder.

Portes_Colonie_3mars2016.jpg

Le collectif n’en est pas resté là.

Depuis sa création, il organise chaque premier samedi du mois des animations avec la participation d’associations locales.

L’engagement des habitants du quartier autour de leur marché a permis sa survie… mais de nombreux commerçants arrivés en même temps sont déjà repartis. L’état physique du marché restait un repoussoir.

Les travaux de rénovation de cet été étaient donc vitaux pour ce marché.

Travaux_Colonie_4sep2018.jpg

Nous félicitons les divers intervenants pour la résurrection du Marché de la Colonie, qui retrouve une vivacité perdue au fil des années, à la grande joie des habitants du quartier.

Maintenant, il ne faudrait pas que cette nouvelle dynamique retrouvée soit un « feu de paille ».

Tout ne doit pas être accès sur le bio, de nombreux habitants du quartier – principalement les retraités – n’ont pas les moyens pour consommer uniquement bio. Un effort devra être fait sur les prix même s’ils sont comparables aux autres marchés environnants proposant bien entendu, une qualité équivalente, selon l’enquête de terrain du Collectif.

Il faudra que la municipalité et l’association « marché de la Colonie » soient imaginatifs et cherchent des solutions pour diversifier la clientèle et pérenniser celle qui malgré les difficultés, a toujours été fidèle.

Ce marché peut devenir un pôle de vie sociale, culturelle, associative du quartier ; les actions de recyclage en tous genres qui s’y tiennent sont un premier pas.

Braderie_livres_14oct2018.jpg

La braderie de livres organisée par Sous les couvertures le 14 octobre 2018

Les grands projets immobiliers du boulevard Jean Allemane, en construction ou récemment terminés, pourront amener une nouvelle clientèle. Plus largement, ce marché qui est aussi celui « de la gare » devrait attirer une clientèle de tout le quartier de la gare, côté centre ville. C’est une condition pour que sa dynamique perdure.

Nous soutiendrons toutes les actions qui y contribueront !

mercredi 20 juin 2018

Quel avenir pour la SNCF ? Débat interne EpA… ouvert !

par Bernard Rols, Pierre Bruneau, Frédéric Lefebvre-Naré, Pierre Belot

Que pensent de cette réforme ceux qui nous suivent sur ce blog ? À vos commentaires !

Bernard Rols : la Loi sur la réforme de la SNCF vient d’être largement votée par l’Assemblée Nationale et le Sénat.

Cette loi :

  • transforme juridiquement la SNCF, d’EPIC en Société Anonyme à capitaux publics incessibles, pour lui permettre de faire face à la concurrence.
  • met fin au statut de cheminot pour les nouvelles embauches à partir de 2020, ce qui permettra à la SNCF de gagner en productivité afin d’être compétitive.
  • fait reprendre par l’État 35 milliards d’euros de dettes à partir de 2020.

Le point de vue de l'IFRAP ici.

Personnellement, j’approuve le contenu de cette Loi, et je déplore la désinformation médiatique par les syndicats de la SNCF, qui veulent nous faire croire à la disparition du Service Public ferroviaire, auquel les Français sont très attachés.

Pour autant, la SNCF est-elle sauvée ?

Dès 2019 les Régions pourront choisir leur prestataire pour les TER ; Xavier Bertrand déclarait récemment dans une émission politique sur LCI que la Région Hauts-de-France, qu'il préside, n’était pas là pour combler les fins de mois difficiles de la SNCF. À l’autre bout de la France, Christian Estrosi, président de la Région PACA, ne se cache pas de vouloir faire appel à un opérateur privé. De nombreux autres présidents de Régions sont en conflit ouvert avec la SNCF.

Qu'en est-il en Ile-de-France ?

Le 13 juin dernier, nous avons subi une panne générale de signalisation à la Gare Saint-Lazare.

Selon le communiqué de la direction de la SNCF, il s’agissait d’un défaut électrique sur un commutateur de commande de signalisation situé dans un poste d’aiguillage datant de 1966.

C’est la deuxième panne générale à St Lazare depuis le début de l’année.

La gare Montparnasse, rappelez-vous, a aussi subi ces derniers mois, 2 pannes générales de plusieurs jours.

En Ile-de-France comme dans les autres régions, les retards ou les suppressions de trains ne se comptent plus, sur les trains du quotidien.

Pour des raisons de sécurité, des TER sont obligés de réduire leur vitesse vu l’état délabré du ballast.

Ce sont des milliards d’euros qui faudra investir pour remettre à niveau le réseau ferroviaire pour les trains du quotidien.

Combien cela va-t-il coûter aux régions françaises, c'est-à-dire à nous, avec nos impôts ?

Si ces lourds investissements sont faits par la SNCF : à quoi sert alors de la désendetter d’un côté, lui permettant de faire face à la concurrence, si elle s’endette à nouveau, non plus pour les lignes LGV, mais pour ses lignes classiques abandonnées depuis des décennies ?

Pierre Bruneau : Je ne vois pas en quoi le changement de statut va améliorer le fonctionnement du trafic, concernant :

  • le matériel obsolète à l’origine des différents pannes,
  • l’augmentation du nombre de passagers en Ile-de-France le matin et le soir.

Frédéric Lefebvre-Naré : la raison de cette réforme m'échappe.

Quel rapport entre le changement de statut de la SNCF, et l'ouverture à la concurrence ? Le précédent changement de statut, il y a plus de 20 ans je crois, était déjà annoncé comme lié à l'ouverture à la concurrence… Je crois me souvenir d'avoir co-animé des ateliers de cadres SNCF sur le sujet vers 1993 !

Quel rapport entre la fin du statut de cheminot pour les nouvelles embauches et la productivité ? À mon avis, la productivité d'un ensemble aussi complexe de personnel et de systèmes dépend essentiellement de leur bonne coopération, de leur solidarité, de la connaissance capitalisée et partagée depuis des décennies. Les cas que citent Bernard et Pierre, ceux des pannes mal identifiées à Montparnasse et Saint-Lazare, avec leur impact sur la vie économique et sociale, indiquent là où il faudrait progresser. En quoi diviser le personnel en deux catégories, peut-il aider ?

Quant à la dette de la SNCF, chacun savait depuis le début que c'était une dette publique masquée, "hors bilan". L'afficher est certes louable en termes de sincérité des comptes publics, mais ce passage du trou de la poche gauche de l'État, à sa poche droite, ne change rien dans la vraie vie.

Je suis bien d'accord avec Bernard sur les défis auxquels la SNCF va être confrontée. La concurrence de Blablacar et consorts en est un autre. Je regrette l'absence de toute stratégie, de toute réforme, pouvant mettre la SNCF sur une trajectoire d'avenir.

Pierre Belot : Si la réforme a un impact sur la dette, c'est d'inciter la SNCF à se ré-endetter !

Pendant ce temps, les entreprises se financent généralement par la dette et elles y sont fiscalement encouragées.

On ne fait qu'inciter les ménages à s'endetter. On en fait presque une question de civisme !

Résultat, la dette privée mondiale est du même ordre que la dette publique (> 100% du PIB). L'une est valorisée, l'autre stigmatisée. Pourquoi ? La réponse est simple : c'est de l'idéologie néolibérale, "L'État, c'est mal ; rien ne vaut le privé. Le collectif c'est dangereux, l'individualisme est la solution à tout."

TINA, There Is No Alternative ! Ça fait plus de 30 ans qu'on nous le dit.

Chercher des explications rationnelles à ces a priori idéologiques est une perte de temps, d'énergie, et de lucidité.

Pierre Bruneau : La concurrence peut bel et bien arriver : le privé s’occupera des lignes qui permettent de gagner des fortunes, et laissera le reste à la SNCF ! et nous continuerons à combler de plus en plus de déficits…

C'est ce qui s'est passé tout récemment pour les autoroutes et les routes nationales.

C’est aussi le même principe à Argenteuil, comme au niveau de l’État dans son ensemble : je vends mes actifs, souvent à bas prix, mais en prétendant équilibrer ainsi le budget à l’instant T ; et je garde les gouffres financiers.

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