Blog d'Engagés pour Argenteuil

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samedi 23 mars 2019

Ma participation aux enquêtes publiques sur le projet Cap Héloïse et la vente du parking Jean Vilar

par Bernard Rols

Ma réponse à l'enquête environnementale :

Après consultation des documents afférents à la présente enquête publique environnementale, je m’inquiète des conséquences désastreuses si le projet Cap Héloïse se réalisait.

Il est justifié comme un lien à conforter pour renforcer l’attractivité d’Argenteuil et relier le centre ville aux berges de Seine.

Comment une construction aussi massive (40468 m2 de surfaces plancher) dans le paysage urbain actuel, pourrait relier le centre ville à la Seine, et quel serait son impact visuel ?

Pourquoi aucune solution écologique ou en énergies renouvelables n’ont été retenues pour son approvisionnement en énergie, limitant son impact carbone ?

Les 156 logements (10100 m2) partie de ce projet, attireront-ils des habitants pérennes ou allons-nous plutôt vers de l’investissement locatif ?

L’enjeu sur l’emploi serait fort sans être chiffré. Combien d’emplois crées et à l’inverse détruits dans le commerce de proximité existant ?

A-t-on mesuré exactement les risques technologiques (site Safran) dont la capacité de résistance des bâtiments en cas d’accident majeur ?

Comment l’activité de Cap Héloïse pourra-t-elle conjointement s’exercer avec celle mitoyenne du marché Héloïse ?

Quelles mesures de sécurité sont envisagées pour un complexe en zone inondable, éloigné des Centres de Secours ?

D’autres problématiques indissociables au dit projet ont été minorées.

Un complexe comparable en province (Polygone Béziers) permet d’accueillir 4 millions de clients par an.

Les voies d’accès actuelles (bd Héloïse et RN 311) ne pourront pas absorber un flux de véhicules évidemment important avec pour seuls aménagements des « tournez à droite »

L’étude sur l’impact du trafic conclut : « les carrefours autour du site demeurent toutefois en limite de capacité sur un système fragile ».

Le projet présenté élude les contraintes imposées à tout projet économique et environnemental durable.

Je suis donc opposé à la réalisation de ce projet privé sur une parcelle de verdure, publique, qui fait le charme de notre entrée de ville.


Enquête sur le déclassement du parking Jean Vilar :

Je conteste le déclassement du parking public Jean Vilar pour le vendre à un promoteur privé.

Ce parking de 253 places gratuites permet d’absorber un stationnement déjà difficile en centre ville.

La destruction de ces places de stationnement serait[1] compensée par une offre de stationnement sous-utilisée (zone rouge probablement) notamment dans les parkings en sous-sol dont celui de « Coté Seine ».

Je crains plutôt l’aggravation du stationnement anarchique en centre ville cumulé à des voies en limite de capacité.

En effet, le projet Cap Héloïse prévoit 787 places de stationnement dont 179 réservées aux seuls logements.

C’est largement insuffisant.

Je doute fort de la capacité du parking « Coté Seine » à compenser la forte demande croissante des places de stationnement puisque seulement 355 nouvelles places de stationnement (787 – 179 – 253) seraient créées.

Notes

[1] selon le projet présenté.

vendredi 8 mars 2019

"Grand débat" aux Coteaux ce 7 mars 2019 : plein d'idées pour Argenteuil

par Frédéric Lefebvre-Naré

Bernard Rols et moi-même assistions hier au "Grand débat" organisé par la députée Fiona Lazaar à la Maison de quartier des Coteaux. L'animatrice a réussi à enchaîner les 4 sujets en à peine plus de 2 heures, en donnant la parole à toutes celles et ceux qui la demandaient, parmi les 35 participant·e·s : bravo !

Les propositions portant sur la politique nationale remonteront, c'est le principe, par l'organisation nationale du Grand débat. Je zoome ici sur les idées qui concernaient plus directement Argenteuil.

Transition écologique

Selon un entrepreneur, le fonctionnement des appels d’offres publics pour des fournitures exclut les PME productrices : sont sélectionnées des entreprises qui proposent des catalogues complets de produits, donc au final des marchands / importateurs spécialisés dans les appels d'offres publics (comme je le précise en tant que membre de la Commission d'appel d'offres. C'est par exemple ainsi que le Presse-Papier a été exclus de la fourniture de livres.)

Argenteuil manque de transports de nuit ! Entre le train qui actuellement s'arrête le soir à la gare centrale sans aller au Val, et l'absence de bus vers les quartiers des Coteaux, du Val ou d'Orgemont…

La circulation est rendue difficile (pour les bus et les voitures) par les voitures mal garées. Vers la cité Champagne, vers le marché…

Des arbres, des toitures végétalisées… pas seulement dans quelques projets immobiliers de logements neufs… mais d'abord dans les écoles pour nos enfants !

Fiscalité et dépenses publiques

Trop de travaux répétés sur les mêmes sites dans certaines villes : ne plus faire et défaire. (La Ville annonce que la départementale Charles de Gaulle sera prolongée jusqu'à la voie sur berge — en traversant le terrain de boules. Mais ceci ne facilitera pas le demi-tour des camions de livraison annoncés au pôle Héloïse promu par la même municipalité ! Un rond-point à feux, remplaçant l'actuel 'sac de nouilles' au bout de la rue Verte, serait préférable à tous égards).

Repartir de zéro sur le Grand Paris et le Grand Paris Express, sources de dépenses injustifiées.

Matraquage fiscal à Argenteuil par rapport à Paris ou Neuilly. Que l’État encadre les augmentations de taux d’imposition, sur la taxe foncière et la taxe d’habitation. Sinon, tant que la taxe d’habitation n’est pas totalement supprimée, les 20% qui continueraient à payer les TH seraient à la merci des 80% restants. Et comment la suppression de la taxe d’habitation va-t-elle être compensée ? D'où viendra l'argent que l'État a promis aux communes ? Je ne vois nulle part la réponse (dit l'intervenant).

Pourquoi 6 M€ pour des fontaines lumineuses sur les Champs-Élysées, au lieu de les consacrer aux APL et aux soins médicaux ?

Démocratie et citoyenneté

Que nos élus rendent compte de leurs actes — mais ils vont dire qu’ils invitent à des réunions et que les gens ne viennent pas (Fiona Lazaar confirme ! et précise : « je publie mon actualité au quotidien, ce que je pense, vote, etc. »).

Depuis 4-5 mois : la démocratie est en crises. Il faudra continuer ces échanges après le 15 mars. Dans une liste pour les municipales, il faut des citoyens un peu experts, professionnels … Comment les former ? Comment développer la conscience politique ?

Pour le droit de vote des étrangers aux élections locales.

Une fracture entre la jeunesse et les institutions. Aller voter (devient étrange). Le cours d’éducation civique a disparu. Le tutorat dans les écoles a disparu.

Un membre du Conseil Municipal des Jeunes : on n’a plus autant d’actions qu’avant (au CMJ).

Une membre du comité de quartier Val Sud : « les voisins me disent : pourquoi tu continues à y aller ? ça sert à rien ! » Je suis peut-être un petit peu Don Quichotte. Il faudrait publier les comptes-rendus des comités de quartier. Il faudrait « la vraie synthèse : pas ce que les élus veulent voir écrit ! ». « Je pense à Socrate : la démocratie c’est la place publique, c’est la visibilité. » J’ai demandé qu’on affiche le Grand Débat dans les espaces publics multimédias en proposant aux gens de taper pour eux, s’ils sont illettrés. Une dame a demandé « comment accéder aux comptes-rendus des réunions de quartier » à un élu, qui lui a répondu « il y a des relevés techniques, non destinés à être diffusés ». Elle conclut : j’ai l’impression qu’on choisit l’information destinée à être communiquée.

Bernard Badignon rend compte de conclusions du débat organisé sur ce même thème par Perspectives Citoyennes : prise en compte du vote blanc dans les exprimés ; demande d’un service civique obligatoire ; feed-back des élus sur ce qu’ils font et disent : consultations citoyennes obligatoires sur les grands projets qui engagement la ville : référendum local d’initiative citoyenne. Exemple sur Argenteuil : projet à Héloïse, très important, un grand projet, ce serait intéressant qu’il y ait sur cette question-là… L'animatrice répond que, étant par ailleurs commissaire-enquêteur, elle appelle les habitants à participer aux enquêtes publiques que la loi impose. Bernard Badignon : c’est pas le tout d’être dans le cadre de la loi ! C’est « comment on amène les citoyens à prendre la parole, comment on vulgarise le dossier ? » Si on a la volonté de consulter, on y arrive ! Si on joue sur les relais d’opinion, les prescripteurs…

Présidente d’association de parents d’élèves et élus de parents : ce sujet de citoyenneté est passionnant et passionné ! Mais de moins en moins de parents d’élèves viennent voter.

Organisation de l’État et des services publics

Qu’un organisme dirige les gens qui n’ont pas de médecin ; c’est mon cas, j’en cherche un depuis 3 ans que le mien est parti. 17 médecins m’ont refusé. La Sécu m’a « chopé » et me pénalise. Ni l’Ordre des médecins, ni… ne peuvent m’aider ! Ou qu’on ne me pénalise plus !

Pour une faute d’orthographe sur la carte grise, il m'a fallu 6 mois pour régulariser, j'ai dû en faire une fausse pour obtenir la vraie !

J'ai dû créer une première adresse mail pour mon oncle, 90 ans, parce qu'il lui fallait créer un compte Ameli… avec une adresse mail non encore répertoriée par Ameli !

Argenteuil devient un désert médical. Un médecin part, le jeune qui reprend a coupé le téléphone, il ne répond plus que par internet, ça exclut du coup tout une part de la population. Il faut que l’État impose des implantations des médecins.

(Plusieurs intervenants, débat animé :) Conserver les services publics locaux. Le bureau de poste d’Orgemont a été fermé « après que la Poste y ait investi 500000 €, sans place de stationnement ». Tout le quartier, ~10000 habitants dont beaucoup de personnes âgées, n’a plus de distributeur ! Pas de Poste non plus au Val Nord, ~15000 habitants. Ce bureau fonctionnait, il était plein, l’attente était très très longue ! On s’y retrouvait pour discuter dans la file ! Le service public c’est ça aussi, permettre aux personnes de se rencontrer. Fermer les services publics c’est s’enfermer. Que la Poste adapte ses horaires à l’activité ! Fermée à 18h, pour quelqu’un qui travaille de l’autre côté de Paris… qu’elle ferme entre midi et 2… c’est administratif !

Hors des 4 sujets

Argenteuil a la proposition d’expérimenter le projet conduit par une structure qui s’appelle « carte blanche », mandatée par l’État pour questionner les services publics. Je me suis inscrite sur le sujet où j’étais disponible, « comment encourager l’engagement citoyen ». On va travailler pendant un an avec cette équipe de consultants. Rapprochez vous des maisons de quartier pour rejoindre Carte blanche ! Pour les parents d’élèves c’était le matin, il faut être disponible. C’est la première fois que la municipalité, la Police nationale… on nous sollicite pour donner un avis, pour améliorer le système. Nous avons proposé la création d’un tiers lieu. J’espère que vous viendrez ! Une « Maison de la citoyenneté ». Les associations, entre 19 et 22h, on peut trouver des salles.

L’Hôpital d’Argenteuil : la chef de services des Urgences est souvent interviewée à la télévision… tant mieux : l’hôpital est en crise. Parce que les médecins ne peuvent plus prendre en charge les patients. Que l’hôpital se retrouve à devoir prendre en charge les problèmes sociaux en plus des problèmes médicaux.

Créer un écosystème d’anciens élèves des écoles, entraînant les entreprises.

Une personne intervenue dans le collège Lucie Aubrac : j'ai trouvé les élèves de 3ème très refermés sur eux, résignés, défaitistes. Les professeurs sont dans une bonne dynamique mais n’ont pas l’accompagnement nécessaire pour tirer les jeunes vers le haut. A ex-Romain Rolland, Julie-Victoire Daubié, il y a des programmes d’excellence, des partenariats… Ce sont des enfants qui ont envie, mais ils ne peuvent pas y aller pare que les parents n’ont pas les moyens, qu’ils ne sont pas accompagnés (vers des bourses notamment ?)

lundi 4 mars 2019

Marché de la Colonie : et maintenant ?

par Bernard Rols ; avec Frédéric Lefebvre-Naré

Les Argenteuillaises, Argenteuillais ont découvert le nouveau magazine municipal : « Argenteuil en Seine : ma ville »

Une pleine page est dédiée au Marché de la Colonie, titrée « Jouer Collectif »

Chacun(e) sait l’attachement de notre mouvement à la réussite de ce marché du quartier de la Colonie, situé derrière la gare centrale.

Dès juillet 2014, j'avais saisi la municipalité nouvellement élue, du délabrement de la toiture du marché suite à un orage de grêle.

En novembre 2015, nous avons apporté notre aide et notre expérience à la création du Collectif du Marché de la Colonie.

Nous nous sommes impliqués plus d’une année, au coté de ce collectif d’habitants du quartier, participant activement à l’enquête de terrain, aux premiers « Café rencontre »…

Il était urgent d’agir : à l’époque, ce marché comptait, le samedi, 3 à 4 commerçants et approximativement une cinquantaine de clients fidèles…

Nous nous sommes donc réjouis lorsque le marché a été enfin rénové à l’automne 2018.

Il retrouve dans un cadre agréable, une convivialité perdue (mais pas oubliée) depuis des années.

Les associations partenaires lui apportent le lien social souvent absent dans notre société, et lui donnent une attractivité et un cachet supplémentaires.

Pour autant, l’article « Jouer Collectif » masque les difficultés restantes pour se développer et pour perdurer.

Contrairement à la quinzaine de commerçants annoncée dans l’article, le marché regroupe aujourd'hui au plus 7 à 8 commerçants.

Quant aux 500 personnes qui le fréquenteraient chaque samedi selon le magazine municipal… je constate de visu, dans la tranche horaire 10–11 heures, une moyenne d'une quinzaine de clients.

La municipalité et le Collectif semblent vouloir axer principalement ce marché sur le bio : est-ce à la portée de l’ensemble des habitants du quartier, notamment les personnes âgées aux faibles ressources, qui restent une grande proportion des clientes et clients ? La première tentative de marché "bio" du vendredi soir a fait long feu.

Les circuits courts sont demandés, le bio apporte des produits sains et de qualité, mais le marché peut et doit redevenir un pôle d'attraction pour tous les habitants du quartier et les Argenteuillais qui passent par la gare centrale le samedi matin :

  • en augmentant le nombre de commerçants (la municipalité avait annoncé lors des travaux, la présence future de 10 commerçants, non encore atteinte),
  • en diversifiant l’offre marchande,
  • avec un effort visible sur les prix — même si l’enquête de terrain réalisée par le Collectif a montré qu'ils sont comparables à ceux d'autres marchés environnants proposant, bien entendu, une qualité équivalente.

À ces trois conditions : développement, diversité et prix attractifs, la clientèle reviendra nombreuse et ce marché sera durablement viable.

mercredi 20 février 2019

La France « fraternelle » deviendrait-elle « haineuse » ?

par Bernard Rols

Nous assistons, depuis quelques semaines, à une déferlante de haine et de violences en marge des manifestations sociales des Gilets Jaunes.

L’intellectuel Alain Finkielkraut insulté dans la rue, un véhicule de police pris pour cible…. la semaine dernière, l’incendie du domicile personnel du Président de l’Assemblée Nationale, des actes délictueux que nous réprouvons.

Cette intolérance diffuse à l’encontre de nos élus, des corps constitués, des personnels (policiers…) représentant une autorité régalienne, des médias, des juifs et des musulmans, s’exprimait dans une relative impunité, sur les réseaux sociaux.

Elle descend aujourd’hui dans la rue à visage découvert.

La France a été et doit rester le pays de la libre expression, le pays des libertés individuelles.

Débattre sans aucun tabou, confronter nos idées, s’opposer souvent, ont façonné notre histoire.

En revanche, nous ne pouvons plus tolérer que quelques uns jettent l’anathème, avec forte haine, sur tel parti politique, tel média, telle religion, telle profession, telle classe sociale… car ils n’ont pas la même opinion politique, croyance, le même niveau social, plus encore réprobateur, la même origine, culture ancestrale.

Une France fantasmée des « elle est à nous » ou des « on est chez nous », du rejet de l’autre, résolument raciste et antisémite, ne saurait être notre France républicaine, indivisible, la France de l’égalité pour tous ses citoyens et toutes ses citoyennes.

A la question d’une journaliste « allez vous porter plainte ? » Alain Finkielkraut, répondait, dès le lendemain, par la négative : « je ne suis pas là pour punir mais pour comprendre ».

A nous de comprendre, au-delà d’Argenteuil, que le pays des Lumières, des Droits de l’Homme, de l’Humanisme, risque d’être emporté dans la tourmente si nous ne réagissons pas à tous ces coups de boutoir, d’où qu’ils viennent.

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