Blog d'Engagés pour Argenteuil

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jeudi 6 juin 2019

Le 6 juin 1944 : une journée à Paris

par Bernard Rols

Nous commémorons le 75ème anniversaire du D DAY.

Le débarquement des alliés en Normandie amènera quelques mois plus tard aux libérations de Paris et de la France, mettant fin à 4 années sombres d’Occupation de notre pays par les armées du IIIème Reich.

Maurice Garçon, académicien, l’un des plus grands avocats pénalistes de son temps, a tenu son journal qui couvre, jour après jour, parfois heure après heure, la guerre, la défaite, l’Occupation et la Libération.

Voici quelques larges extraits de son journal en ce jour du 6 juin 1944, que l’Histoire a nommé « le jour le plus long ».

9 heures : Marie Darras… (probablement l’épouse de son assistant) m’annonce que les Anglais auraient débarqué au Havre. Elle ne le sait pas directement. C’est son concierge, qui a entendu la radio franco-allemande, qui le lui a rapporté.
Impossible de vérifier. Depuis quelques jours, l’électricité est coupée toute la journée. Excellent moyen pour empêcher d’entendre des nouvelles…

10 heures 30 : ….Il paraît bien qu’il y a quelque chose mais on ne sait pas quoi exactement. Tout se réduit à ce que la flotte anglo-américaine bombarderait du coté de la Normandie, à Boulogne et à Calais. On dit aussi qu’il y aurait des parachutistes du coté de Cherbourg. En somme, rien de précis.

12 heures : Depuis ce matin, les alertes succèdent aux alertes. Le courant est rétabli pendant que les avions menacent pour qu’on puisse éclairer les abris... une nouvelle époustouflante. Le débarquement pratiqué du Havre à Cherbourg et, d’un élan foudroyant, les armées du débarquement auraient avancé de 100 kilomètres.

13 heures 30 : Une amie me dit avoir entendu que les Anglais se seraient emparés de plusieurs aérodromes….

17 heures : Je rentre du Palais (de justice). La rue est calme. Personne n’a l’air de se douter qu’on se bat férocement à 200 kilomètres… Rien de changé avec ce qu’on voyait avant-hier… A peine parlent-ils (les avocats du Palais) des évènements. Notre sort se joue, et pas loin. On n’a pas l’air de s’en douter... Quelques uns, qui veulent paraître renseignés, annoncent la prise de Caen et de Rouen….
La gare Montparnasse et la gare Saint-Lazare sont fermées.

22 heures : ….un ami dont le père est à Radio Paris, affirme qu’un second débarquement vient d’avoir lieu à Cannes, à Fréjus et à Marseille. La TSF n’en dit rien. Les nouvelles sûres sont assez brèves. Le débarquement s’est fait entre l’embouchure de la Seine et celle de l’Orne. On se bat dans Caen. Les Américains, d’autre part, ont débarqué du coté de Cherbourg. En dehors de cela, on ne sait rien. Il n’y a qu’à attendre.
Je crois qu’il ne faut pas tenir compte des mille informations qu’on répand, parmi lesquelles la plus grave serait l’arrestation en masse, demain matin, des hommes de 15 à 60 ans…

Minuit : ….A partir de 10 heures du soir, le courant électrique revenu permet d’écouter un peu tout ce qu’on veut... Chacun des antagonistes déclare que les opérations se déroulent dans des conditions satisfaisantes.

Au-delà de ce que l’on appellerait aujourd’hui les fake news, l’espoir renaissait pour toute une population bientôt libérée.

dimanche 19 mai 2019

Enquête publique : le commissaire-enquêteur dit 2 fois NON au projet "Cap Héloïse"

par Frédéric Lefebvre-Naré, avec Bernard Rols

L'enquête publique sur Jean Vilar / Cap Héloïse a enfin rendu son verdict : c'est deux fois NON.

Non aux remaniements prévus d'un terrain inondable pour y faire des logements (enquête au titre de la loi sur l'eau), et non au permis de construire pour le projet immobilier présenté.

Ce n'est certes qu'un avis. Le Préfet comme le Maire peuvent passer outre.

Mais un avis défavorable est rare : seulement 5% des cas selon ce bilan de 9241 enquêtes (page 51), 3 à 4% selon cette source (le Ministère dit ne pas avoir de chiffres). La grande majorité des commissaires enquêteurs n'ont jamais donné d'avis défavorable ; la première source précise même que 75% des commissaires enquêteurs anciens fonctionnaires, ce qui est le cas du nôtre, n'en ont jamais donné.

Généralement, l'avis est favorable sans aucune nuance (61% des cas), ou assorti de simples recommandations (20%, c'était le cas de l'enquête sur la modification du PLU pour faire ce même projet Héloïse), ou de "réserves" que l'autorité publique devra obligatoirement traiter (14%).

Là, le commissaire-enquêteur a conclu qu'aucune recommandation ou réserve ne ferait l'affaire, et que le projet devait être rejeté dans sa globalité. Sa conclusion est d'une clarté absolue :

La question soulevée par la Mission Régionale d'Autorité Environnementale (service de l'État) "et reprise par le public tout au long de l’enquête peut se résumer ainsi : « pourquoi, en détruisant un lieu culturel symbolique comportant des espaces verts et une salle publique utiles à tous, construire en zone inondable et sur un sol instable un ensemble d’équipements dont l’utilité est loin d’être avérée en créant encore plus de nuisances qu’actuellement ? » ; cette question a reçu des réponses partielles et quelques fois discutables à la fois sur l’utilité et sur le choix du lieu. Même si certaines mesures (d'évitement, réduction et compensation - "ERC" peuvent atténuer l’impact du projet, il est indéniable que celui-ci ne peut que contribuer à dégrader davantage la qualité de la vie dans ce secteur, ce qui, me semble-t-il, ne correspond pas aux attentes de la population."

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Merci une nouvelle fois aux plus de 7500 signataires de la pétition, aux 265 répondants à l'enquête publique, à toutes les personnes qui sont venues aux réunions publiques… et pour leur soutien moral, aux nombreux Argenteuillais qui étaient opposés au projet sans avoir eu l'occasion ou le temps de s'exprimer, ou convaincus, pour beaucoup, que les dés étaient pipés et la décision irréversible.

Nous avons remporté une victoire, une victoire du bon sens et des valeurs de la vie commune à Argenteuil.

Obtenons maintenant que la Ville retire ce projet, revienne sur la décision de privatiser le terrain (vote de 2016) et élaborons un nouveau projet social, culturel, économique, écologique et paysager, tout ça à la fois 😃 car c'est l'accord gagnant pour Argenteuil !

ArgenteuilPromenade.png

mercredi 1 mai 2019

Notre Dame de Paris : « 107 ans » de polémiques ?

par Bernard Rols

Le 15 avril 2019, la cathédrale Notre-Dame de Paris était partiellement détruite par un incendie.

Les Français(es) sont bouleversé(e)s !

Cette cathédrale des XII – XIIIème siècles (connue dans le monde entier par l’œuvre littéraire de Victor Hugo portée à l’écran) est un chef d’œuvre de l’art gothique.

Notre Dame reste depuis 850 ans, un lieu de prières, un des plus prestigieux de la chrétienté, possédant des reliques religieuses inestimables, sauvées in extremis des flammes.

Elle a été le témoin privilégié de nombreux épisodes de notre Histoire Nationale.

Elle est devenue un des monuments historiques les plus visités de Paris et de France.

Malheureusement, depuis cet accident dramatique, Notre-Dame fait l’objet de polémiques, qui ne font pas honneur à notre pays.

Le premier à ouvrir « le feu » (pardon d’utiliser cette métaphore) fut Dupont-Aignan, président de Debout la France, qui les cendres encore chaudes, voulait savoir s’il s’agissait d’un attentat. Le Rassemblement National a aussi émis l’idée d’un possible attentat.

Certes, toute interrogation est légitime mais nous ne pouvons pas ignorer les arrière-pensées de celle-ci, qui fait suite à des déclarations mensongères sur le nombre de migrants accueillis en Europe, ou sur le Pacte de Marrakech.

Dès le lendemain, les familles Arnaud, Pinault et Bettancourt, à la tête de fortunes considérables, ont décidé, par l’intermédiaire de leurs Fondations respectives, d’aider à la reconstruction de Notre Dame – 500 millions d’euros cumulés – ce qui lança aussitôt 2 autres polémiques sur le fait que cet argent aurait pu aider à financer des Services Publics, et qu’ils allaient bénéficier de déductions fiscales.

Certes, cet argent a été certainement gagné sur les marchés financiers au lieu d’être investis dans l’économie réelle, mais qui ira se plaindre de leur générosité ?

Il ne faut pas oublier que tout touriste étranger qui vient à Paris, c’est aussi des nuitées d’hôtel, des restaurants gastronomiques et des achats de maroquinerie, de parfums… Des emplois à la clé dans le tourisme, la restauration et l’industrie du luxe.

Il est donc dans l’intérêt majeur de notre pays (et bien entendu, de leur intérêt) de financer rapidement la reconstruction de Notre Dame.

Quant aux déductions fiscales, elles sont limitées sur le montant des dons.

Il y a eu ensuite la question de savoir s’il fallait la reconstruire ou pas à l’identique, et nous avons un avis très partagé sur le sujet.

Et pourquoi ne pas envisager un concours d’architectes pour imaginer une nouvelle flèche ?

Si Viollet-le-Duc était encore vivant, aurait-il reconstruit sa flèche à l’identique ou aurait imaginé une nouvelle flèche ?

Une partie de la charpente bois, surnommée « la forêt », datait du XIIIème siècle ; c’est son ancienneté et non pas son matériau qui faisait sa renommée.

Je fais entièrement confiance aux architectes des Monuments de France qui refuseront les projets dénaturant la cathédrale.

Beaucoup de collectivités territoriales ont voté des crédits pour la reconstruction de Notre Dame ; le Conseil Municipal d’Argenteuil a voté un don de 10 000 euros.

Certaines reviendraient désormais sur leurs promesses car le patrimoine local reste aussi à sauvegarder, et la somme recueillie à ce jour – 1 milliard d’euros – dépasserait le coût de la reconstruction estimée à 600 000 euros.

D’abord ce n’est qu’une estimation, en l’attente des expertises définitives sur la structure de l’édifice.

Outre la restauration du bâti de la cathédrale, il faudra prévoir les restaurations de l’orgue et des œuvres d’art, endommagées par l’eau déversée pendant 3 heures par les Sapeurs Pompiers.

Enfin, une reconstruction ne peut pas s’envisager sans une restauration complète des vitraux, des façades…

Emmanuel Macron a promis une reconstruction dans 5 ans ; aussitôt, levée de boucliers des architectes du patrimoine, d’historiens… sur les délais.

Notre pays doit prouver qu’il est en capacité de la reconstruire dans des délais raisonnables mais je doute fort de pouvoir tenir un délai aussi court : la restauration du donjon du château de Vincennes, qui menaçait ruine, a pris 12 ans.

La construction aurait pris 107 ans selon la durée communément retenue (1163 – 1270) : l’adage populaire retranscrit l’impatience légitime; conséquence d’une longue attente.

Et nous revenons au début de mon billet.

L’hypothèse d’un accident ou d’une maladresse étant vraisemblable, selon l’enquête judiciaire en cours, Dupont-Aignan lance une nouvelle polémique en déclarant que « sans aucun doute, l’Etat nous cache quelque chose ».

J’ose espérer qu’il s’agit de la dernière polémique que nous entendrons.

Que l’unanimité des Français attachés à notre patrimoine et notre histoire, face à ce drame, ne dévie pas en désunion sur des polémiques stériles qui à l’inverse des tours de Notre Dame ne nous élèvent pas.

samedi 23 mars 2019

Ma participation aux enquêtes publiques sur le projet Cap Héloïse et la vente du parking Jean Vilar

par Bernard Rols

Ma réponse à l'enquête environnementale :

Après consultation des documents afférents à la présente enquête publique environnementale, je m’inquiète des conséquences désastreuses si le projet Cap Héloïse se réalisait.

Il est justifié comme un lien à conforter pour renforcer l’attractivité d’Argenteuil et relier le centre ville aux berges de Seine.

Comment une construction aussi massive (40468 m2 de surfaces plancher) dans le paysage urbain actuel, pourrait relier le centre ville à la Seine, et quel serait son impact visuel ?

Pourquoi aucune solution écologique ou en énergies renouvelables n’ont été retenues pour son approvisionnement en énergie, limitant son impact carbone ?

Les 156 logements (10100 m2) partie de ce projet, attireront-ils des habitants pérennes ou allons-nous plutôt vers de l’investissement locatif ?

L’enjeu sur l’emploi serait fort sans être chiffré. Combien d’emplois crées et à l’inverse détruits dans le commerce de proximité existant ?

A-t-on mesuré exactement les risques technologiques (site Safran) dont la capacité de résistance des bâtiments en cas d’accident majeur ?

Comment l’activité de Cap Héloïse pourra-t-elle conjointement s’exercer avec celle mitoyenne du marché Héloïse ?

Quelles mesures de sécurité sont envisagées pour un complexe en zone inondable, éloigné des Centres de Secours ?

D’autres problématiques indissociables au dit projet ont été minorées.

Un complexe comparable en province (Polygone Béziers) permet d’accueillir 4 millions de clients par an.

Les voies d’accès actuelles (bd Héloïse et RN 311) ne pourront pas absorber un flux de véhicules évidemment important avec pour seuls aménagements des « tournez à droite »

L’étude sur l’impact du trafic conclut : « les carrefours autour du site demeurent toutefois en limite de capacité sur un système fragile ».

Le projet présenté élude les contraintes imposées à tout projet économique et environnemental durable.

Je suis donc opposé à la réalisation de ce projet privé sur une parcelle de verdure, publique, qui fait le charme de notre entrée de ville.


Enquête sur le déclassement du parking Jean Vilar :

Je conteste le déclassement du parking public Jean Vilar pour le vendre à un promoteur privé.

Ce parking de 253 places gratuites permet d’absorber un stationnement déjà difficile en centre ville.

La destruction de ces places de stationnement serait[1] compensée par une offre de stationnement sous-utilisée (zone rouge probablement) notamment dans les parkings en sous-sol dont celui de « Coté Seine ».

Je crains plutôt l’aggravation du stationnement anarchique en centre ville cumulé à des voies en limite de capacité.

En effet, le projet Cap Héloïse prévoit 787 places de stationnement dont 179 réservées aux seuls logements.

C’est largement insuffisant.

Je doute fort de la capacité du parking « Coté Seine » à compenser la forte demande croissante des places de stationnement puisque seulement 355 nouvelles places de stationnement (787 – 179 – 253) seraient créées.

Notes

[1] selon le projet présenté.

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